Décès de l’anthropologue Françoise Héritier, l’amoureuse des « ailleurs »

Disparition |L’anthropologue Françoise Héritier vient de disparaître, à l’âge de 84 ans. Elle a notamment travaillé sur la domination masculine et la notion d’ « universel féminin » , qu’elle était venue évoquer récemment sur notre antenne.

Pour en savoir plus lire le billet publié le 15 novembre 2017 sur le site de l’émission France culture.

C’était à la une ! 1890, le droit à l’avortement

LA LECTURE DU JOUR PRÉSENTE UN ARTICLE SIGNÉ SÉVERINE. LA FÉMINISTE DÉNONCE L’HYPOCRISIE DES MŒURS BOURGEOISES, QUI CONDAMNENT À LA MISÈRE LES PLUS PAUVRES À QUI ON DEMANDE DE NE JAMAIS AVORTER.

En partenariat avec « La Fabrique de l’Histoire » sur France Culture

Cette semaine : Le droit à l’avortement, Gil Blas, 4 novembre 1890

« L’avortement ! Je voudrais bien qu’on me dise, d’abord, où et quand il commence ? » – 1890, Séverine dénonce l’hypocrisie des moeurs bourgeoises.

Lecture de l’article en partenariat avec « La Fabrique de l’Histoire », sur France Culture.

Dans le cadre de la prochaine édition du festival Paris Polar de littératures policières, Pierre Piazza présente une exposition consacrée à « L’ogresse de la Goutte-d’Or ».

Dans le cadre de la prochaine édition du festival Paris Polar de littératures policières portant sur le thème « Femmes face au crime » (16-19 novembre 2017, mairie du 13ème arrondissement de Paris), Pierre Piazzaprésentera une exposition consacrée à « L’ogresse de la Goutte-d’Or ». :

« Au début du XXe siècle, on soupçonne Jeanne Weber – une jeune paysanne bretonne venue s’installer à Paris pour y travailler – d’être la meurtrière d’enfants dont elle assurait la garde.

Ce fait divers commence à passionner l’opinion publique et nombre « d’experts » qui sont amenés à émettre des avis contradictoires sur la personnalité et les actes de celle que l’on qualifie désormais d’« ogresse de la Goutte-d’Or ».

Jugée à Paris, Jeanne Weber est acquittée et – sous un faux nom – elle part refaire sa vie en province… Où rapidement on la surprendra en train d’étouffer de jeunes garçons de son entourage ! »

Cette exposition se propose notamment – en valorisant des articles et de l’iconographie relatifs à cette affaire publiés dans la presse française à grand tirage de l’époque – de donner à voir certaines analyses et représentations dont peut alors faire l’objet la femme criminelle ».

Le dimanche 19 novembre à 17 heures, en clôture du festival Paris Polar 2017, sera organisée une reconstitution de la garde à vue de l’ogresse de la Goutte-d’Or (librement imaginée et mise en scène par Gilles Reix).

Pierre Piazza est   » Maître de Conférences en Science politique à l’Université de Cergy-Pontoise ».

Membre du CESDIP et du LEJEP. Ses travaux de nature socio-historique portent principalement sur les dispositifs étatiques d’identification des individus et leurs enjeux. Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur le bertillonnage, la dactyloscopie, l’encartement et la biométrie.

Il assure la responsabilité scientifique du développement de la collection « Police scientifique et bertillonnage« de la bibliothèque numérique de Criminocorpus…

Pour en savoir plus sur Criminocorpus

BPI: Pierre Piazza, maître de conférence, université Cergy – vidéo …

Les RG l’ont rêvé, Facebook l’a fait…

La Séquestrée de Poitiers – Une affaire sans précédent (Viviane Janouin-Benanti)

Vous aimez les histoires vraies ? En voici une incroyable, autour de deux êtres attachants au possible… Fin mai 1901, des journalistes de toutes les régions de France déferlaient sur Poitiers. À la suite d’une dénonciation anonyme, on venait de découvrir une femme squelettique, entièrement nue, poussant des cris inarticulés, dans une chambre aux volets cadenassés, de l’hôtel particulier de la veuve de l’ancien doyen de la Faculté des Lettres. C’était la fille de la maison, sœur d’un ancien sous-préfet qui habitait en face. Une affaire judiciaire impensable – une femme séquestrée vingt-cinq ans durant – venait d’éclater. Elle allait occuper l’opinion jusqu’au procès. Trente ans après, l’événement était encore dans toutes les mémoires et André Gide écrivit le compte-rendu du procès dans Ne jugez pas (1930)..

Alors que le centenaire de l’affaire a été célébré, j’ai décidé de relater l’histoire de Blanche, la séquestrée. C’est l’histoire de deux familles rivales de Poitiers, celle du doyen de la Faculté de Lettres, le père de Blanche Monnier, catholique et royaliste et celle de la famille Lomet, avocats républicains protestants.

La toile de fond historique est très forte. Dans cette France du 19e siècle où les royalistes se battaient de toutes leurs forces pour conserver le pouvoir et où les républicains s’emparaient à leur tour des rênes du pays, un homme, Gilles, le fils d’un avocat républicain protestant et Blanche, la catholique, fille du doyen royaliste, s’aimèrent en dépit de tous, malgré l’acharnement du doyen et de sa femme, résolument opposés à cette union, au point qu’ils finirent même par séquestrer leur fille

C’est une photo de Blanche prise le jour où elle a été découverte par la police qui m’a poussée à écrire sur cette affaire. Quand je faisais mes études de Droit, nous avions étudié les arrêts du procès de la séquestrée. Je me disais à l’époque que c’était une affaire incroyable, et je voulais la connaître, aller au-delà des arrêts.

Le drame de Blanche Monnier est indissociable du climat politique de l’époque. Si Paris était acquise aux idées républicaines, il n’en était pas de même en province. Petit à petit les nouvelles idées font leur chemin, mais la route est cahoteuse et si certains royalistes sont progressistes, d’autres s’enferment dans leurs convictions et c’était le cas des parents de Blanche, pour son plus grand malheur.

L’histoire commence au milieu du XIXe siècle à Poitiers. Blanche est la fille de Martin et d’Henriette Monnier, qui ont déjà un fils Honoré. Les événements nationaux se répercutent sur le Poitou : la deuxième République, le Second Empire, la guerre de 70, la Commune, la IIIe République, les réformes républicaines, dont celles de l’enseignement, le scandale de Panama…

Les ambitions du père, de la mère et du frère vont s’opposer au bonheur de Blanche. Martin Monnier va aller à Paris préparer sa thèse. De retour sur Poitiers il va vouloir devenir doyen de la faculté de Lettres en s’appuyant sur les monarchistes. Sa femme va servir cette ambition. Le père de Blanche va préférer sa carrière au bonheur de sa fille. Honoré, le frère de Blanche, brigue un poste de Préfet après sa thèse de droit. Il ne sera que sous-préfet, la victoire des républicains brisera sa carrière. Dans cette affaire, sa seule excuse sera d’être très loin de Poitiers lors de l’affrontement de la mère et de la fille. Car avant d’être brisée par sa mère Blanche va lutter et ruser pour vivre son amour avec Gilles.

Poitiers n’est pas Vérone, mais c’est la même tragédie que dans le drame de Shakespeare qui sépare les amoureux. La fin, dans cette histoire réelle, sera plus lâche et plus révoltante.

Lire un extrait de la Séquestrée de Poitiers sur : Extrait de la Séquestrée de Poitiers

De formation juridique, politique et santé publique, Viviane Janouin-Benanti a longtemps été membre actif du monde associatif. De cette expérience elle a tiré deux premiers livres (essais).

L’auteur se consacre maintenant à l’écriture et écrit des romans. Passionnée par les histoires vraies, elle a choisi de redonner vie aux protagonistes de grandes affaires criminelles ou historiques.

Pour en savoir plus sur Janouin-benanti

Le site officiel de Viviane Janouin-Benanti et Serge Janouin-Benant

Un ouvrage de qualité.
Livre broché : 250 pages + cahier photos, 9 euros.

Format livre électronique à 4,99 euros.

Précédentes éditions, livre broché :
– éditions Cheminements : 2001, 19,67 € ;
– L’apart éditions : 2012, version poche à 9,90 €.

Femmes, militaires, jeunesse et éducation dans la guerre d’Algérie

Parution du livre le 9 novembre 2017 – Ce livre offre un autre regard sur la guerre d’Algérie en présentant l’histoire du service de formation des jeunes en Algérie (SFJA), créé en 1958. Organisme hybride, civil et militaire, son rôle était de prendre en charge l’instruction générale et préprofessionnelle des jeunes non alphabétisés. Le SFJA a été une expérience inédite dans un contexte de contre-insurrection. Pour ce faire, ses équipes de monitrices furent parmi les premières femmes envoyées en zone opérationnelle pour travailler au contact entre civils et militaires. Le livre articule l’histoire du SFJA à une biographie collective des ex-monitrices sous la forme d’un récit choral.

Avec le soutien de l’Association nationale SFJA et de l’ANR.

Luc Capdevila est membre de l’UMR 6051 Arènes/CNRS et professeur à l’université Rennes 2. Historien du temps présent, ses recherches portent principalement sur les dynamiques sociales et culturelles des sociétés en guerre et en situation coloniale.

Sommaire :

  • L’école, l’armée et la jeunesse en Algérie avant mai 1958
  • Projet et création du SFJA : des jeunes et des femmes entre stratégie contre-insurrectionnelle et projet de développement
  • Les monitrices du service de formation des jeunes en Algérie : femmes, guerre et engagement en Algérie, 1959-1962
  • Le SFJA en action : instruire, former, convaincre, 1959-1962
  • Être monitrice du SFJA : activités, trajectoires, ressentis
  • Les derniers mois du SFJA
  • Éditeur : PUR (Presses universitaires de Rennes)
  • Collection : Histoire

Cartographies corporelles, conflits de temporalités et continuum de violences : Femmes meurtries et médicaments nocifs

En raison des cycles spécifiques qui marquent leurs existences, les femmes sont plus susceptibles de subir des complications graves sur leur santé. Moyens de contraception, médicaments pris durant la grossesse, et autres prothèses mammaires sont autant de dangers auxquels s’exposent les femmes et leurs enfants. A travers les préjudices causés par les crimes en col blanc, cet ouvrage retrace les tactiques des organisations qui tentent de maintenir à tout prix leurs produits nocifs sur le marché.

Louise Fines enseigne à l’université d’Ottawa, au département de criminologie, tout en poursuivant ses travaux sur les crimes en col blanc.

Editions Harmattan

Questions contemporaines
QUESTIONS DE GENRE SANTÉ, MÉDECINE 

Présentation des ouvrages « Lectures de prison » et « Le Massicot »

Les éditions Le Lampadaire présentent le 24 novembre 2017 de 18 heures 30 à 21 heures à la librairie Le Monte-en-l’air (2, rue de la Mare, 75020 Paris) les ouvrages Lectures de prison et Le Massicot.

Ces deux ouvrages sont en vente sur le site des éditions Le Lampadaire à l’adresse suivante : http://le-lampadaire.fr/

Présentation des éditions Le Lampadaire

Ligne éditoriale du Lampadaire

L’originalité du Lampadaire est de proposer systématiquement deux collections en parallèle :

– la collection des Nouveautés qui publie des romans résolument contemporains, français ou étrangers ;

– la collection des Curiosités qui enrichit les Nouveautés en publiant leur(s) sous-texte(s) : objets littéraires rares, oubliés, ou textes au statut inclassable qui acquièrent un statut littéraire par leur mise en parallèle avec les Nouveautés. Cette collection constitue une sorte de Cabinet des curiosités.

→ Chaque Nouveauté est donc associée à une Curiosité, et les deux ouvrages paraissent en même temps.

Les deux premières publications :

Nouveautés 1 : Le Massicot de Sophie Saulnier, roman dans lequel on croise Saint Jérôme, son lion, un chat, un chien, un ours qui enquêtent sur la mort mystérieuse d’un éditeur. Cette drôle d’enquête policière qui se transforme en enquête littéraire se déroule pour une part en prison et évoque une bibliothèque idéale pour les détenus.

Format 11×17,5cm, 204 pages, papier Munken Lynx 80 g/m².

Curiosités 1 : Lectures de prison, ensemble de documents sur les lectures des détenus : que lisent les détenus et dans quelles conditions ?

L’étude croise une ligne diachronique – les documents vont du XVIIIe siècle à aujourd’hui – avec une ligne synchronique : cinq grands chapitres thématiques permettent de traiter les principales problématiques liées aux bibliothèques de prison. Une séquence de 98 images (au statut, elles aussi, de documents) vient appuyer la recherche et contextualiser le propos.

Il s’agit d’un ouvrage ambitieux tant sur le plan scientifique (histoire et sociologie) que littéraire (vertige des listes, enquête littéraire sur les livres lus par les détenus) et esthétique (mise en page de l’objet-livre)

Format 21x27cm, 464 pages, papier Munken Lynx Rough 120 g/m².

→ Nous publions donc en parallèle un roman qui évoque le monde de la prison sur le mode de la fantaisie littéraire accompagné d’un document sur la réalité des lectures de prison. Ce face-à-face qui permet d’interroger le statut de la fiction et celui du document est au principe de la ligne éditoriale du Lampadaire ; il en fonde le programme.

Et en effet, la mise en parallèle entre Le Massicot et les Lectures de prison est productrice de sens, elle fonctionne comme un outil d’analyse pour étudier le rôle de la bibliothèque dans les établissements pénitentiaires. En établissant une comparaison entre le purgatoire « troisième lieu », tel qu’il est analysé par Jacques Legoff (la Naissance du purgatoire), le souterrain dans lequel se passe une partie de l’enquête du Massicot, et la bibliothèque pénitentiaire telle qu’elle fonctionne, nous pouvons montrer que celle-ci est conçue comme un purgatoire. C’est la fiction qui permet ici de mieux appréhender le réel.