Les « bas-bleus » au XIXe : les femmes de lettres face à la misogynie de la presse

Au XIXe siècle, les « femmes qui écrivent » héritent du qualificatif méprisant de « bas-bleu ». Elles sont l’objet des moqueries systématiques de la part des journalistes masculins, omnipotents dans la presse de l’époque.

Portrait de George Sand par Eugène Delacroix, 1834 – source : Musée national Eugène-Delacroix-Domaine Public

Les « bas-bleu » : tel est le sobriquet dont les femmes de lettres du XIXe siècle se voient affublées par leurs contemporains. Le terme (toujours au masculin) est traduit de l’anglais blue stocking, qui désignait à l’origine les habitués du salon d’Elizabeth Montagu, dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe.

En traversant la Manche au début du XIXe siècle, le mot prend une connotation péjorative et va stigmatiser ce que l’on appelle les « femmes qui écrivent ».

Les journaux de l’époque, entièrement contrôlés et rédigés par des hommes, sont les premiers à se moquer de ces femmes, issues en général de la bourgeoisie, qui voient leur légitimité presque systématiquement remise en cause dès qu’elles prétendent à une carrière littéraire ou journalistique. Le domaine des lettres est en effet perçu alors comme réservé à la part masculine de la population…

le 04/10/2018 par Pierre Ancery – modifié le 26/03/2019

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Travailleur acharné, le docteur Samuel Pozzi, le fils cadet de Benjamin, est crédité d’un cursus exemplaire : externat, internat, médaille d’or de l’internat, agrégation, chirurgien des hôpitaux de Paris, Professeur de la chaire de gynécologie. Mais il est d’abord et avant tout un chirurgien remarquable qui a fait son douloureux apprentissage sur les corps mutilés lors […]

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170 – Portrait du jour : Yvan Michotte, auteur et éditeur nous invite dans son « cargo imaginaire »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le carnet criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique «portrait du jour» permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du CLAMORet de Criminocorpus.

Pour son 170ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit avec infiniment de plaisir Yvan Michotte .

Yvan Michotte sort un premier roman policier en 2012, Rouge Turner , aux éditions Cogito. Cet ouvrage voit naître Joshua Pastorius, son détective privé fétiche. Dans cette enquête, le peintre William Turner se retrouve mêlé à une série de crimes.

« Depuis 2016 marque également la naissance du cargo imaginaire , la maison d’édition qu’Yvan Michotte rêvait de créer depuis longtemps. Cette maison d’édition a pour objet de publier des ouvrages de fiction : du roman policier à la fantasy, en passant par la littérature générale. Yvan Michotte a mille livres en tête, à lui de les écrire. Ses plaisirs d’auteur sont aussi des plaisirs de lecteur… il écrit, il lit et parfois il dort… ou bien il imagine qu’il dort et lorsqu’il se réveille, à nouveau il écrit… »

Bienvenue Ivan sur le site des « ARISTOS DU CRIME ». Ph.P.

« Me voici… Yvan Michotte, bricoleur des mots…

  1. Pourquoi écrire quand on peut prendre l’air, se promener, vivre ?

J’aime écrire par pur plaisir, et ce depuis longtemps. À la base, je suis un lecteur et un spectateur de films. En fait, j’aime suivre des histoires. Ces histoires, ce sont donc celles des autres, ou bien celles qui vivent en moi comme autant de petites vies partagées. Je m’invente un monde quand je suis devant mon clavier, et je regarde ou lis ceux des autres quand je suis un simple spectateur, un lecteur. Mais tout cela vient du même processus, de la même énergie. Sortir de soi, vivre mille vies, être soi et ailleurs en même temps, c’est là un plaisir sans limite, et sans limitations.

Alors oui, pourquoi écrire si l’on peut vivre tout simplement ? Eh bien parce que la vie intérieure est aussi importance que la vraie, celle des chemins, des cafés, des gens drôles ou bien salauds. J’ai ce besoin en moi, cette énergie créatrice qui m’appelle et me pousse à aller voir ce qu’il y a derrière cette idée que je bricole dans un coin de ma tête. Oui, je suis un bricoleur des mots.

  1. C’est quoi un bricoleur des mots ?

C’est un artisan qui cent fois, mais avec une foi immense, allume son ordi et pianote, arrange, refait, réfléchit, recommence, se désole, sourit, se vexe, se réjouit. C’est moi, simple besogneux du clavier qui sait que le talent, c’est 1% d’inné et 99 % de sueur et de satisfaction, de contrariété, de joie, de bonheur de voir les mots s’orchestrer à peu-près comme on le désire.

  1. Pourquoi écrire du polar ?

Pour sonder notre petit monde, pour être au plus près de ce qui fait que nous sommes nous. Écrire des polars, c’est aller au café du coin dans la peau d’un autre, c’est flinguer, c’est creuser, c’est pénétrer là où personne n’ose aller, c’est avoir peur, c’est avoir faim, c’est sentir la mort et c’est regretter d’être là. Le polar est un merveilleux véhicule pour foncer là où le vent nous mène, tout droit vers l’enfer, ou bien pour tutoyer le paradis. Mon paradis à moi, c’est être dans une forêt sombre, sur le bord d’un fleuve, avec des voyous, des filles superbes, des clodos avinés… grâce à mon clavier !

  1. Comment j’en suis arrivé là ?

J’ai fait des études d’Histoire, j’ai enseigné, j’ai toujours adoré le cinéma. J’ai une passion pour les films de la Hammer par exemple. Un de mes grands plaisirs est de regarder un film avec Peter Cushing, de me retrouver grâce à lui dans la campagne anglaise reconstituée en studios avec des couleurs vives et de faux décors. Ce côté faux et très artificiel m’enchante, tout comme les scènes en extérieur dans la lande. Je vénère en cela Le chien des Baskerville de la Hammer, que j’ai vu un nombre incalculable de fois. J’aime le cinéma du passé essentiellement, quand le monde était naïf, que les écrans modernes n’existaient pas. Le film Les disparus de Saint-Agil, je peux aussi le regarder très régulièrement. J’aime aussi beaucoup la plume de Pierre Very, l’auteur du livre. C’est pourquoi Pastorius, mon détective dans mes polars, est un type d’un autre siècle, un évadé du passé, un nostalgique, un grincheux anar mal dégrossi. Écrire me permet de vivre dans un autre temps, de réfléchir, de creuser toujours et encore un sillon, rien que pour le plaisir de le creuser puisque je sais que l’intérêt est là, c’est-à-dire non pas d’arriver mais de voyager !

Merci à vous, Yvan. »


169 – Portrait du jour : Nathalie Maranelli, romancière engagée dans le combat humaniste pour la défense de l’Amazonie

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Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

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Encore un portrait sympathique avec celui de la romancière Nathalie Maranelli que nous recevons à ce jour sur les pages du carnet criminocorpus

Nathalie Maranelli est née à Paris en 1971, d’une mère brésilienne (gaucha) et d’un père français (charentais). Dès son plus jeune âge, elle vivra à l’étranger en tant qu’expatriée. De retour à Paris, enrichie de ses voyages, elle exercera plusieurs métiers et décidera de se lancer dans ses passions : danse, théâtre et littérature…

Femme engagée dans le combat humaniste pour la défense de l’Amazonie, sa terre et ses cultures, Nathalie Maranelli signe un second ouvrage après « Parfums d’infancia« , récit autobiographique (L’Harmattan 2014).

 Bienvenue sur notre site Nathalie. Ph.P.

1- Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur  :  ce qui a déclenché, votre première publication  ? 

L’écriture est venue à moi comme une évidence, à un moment de ma vie où un vécu douloureux avait besoin de s’exprimer.

Mon premier livre  :  « Parfumsd’Infacia »  aux éditions L’Harmattan a été publié en 2014.

J’y raconte ma vie d’expatriée, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, sillonnant plusieurs pays (Irak, Colombie, Chili, Mexique …)

L’exercice d’écriture m’avait jusque là toujours séduite mais j’ai dû surmonter des blocages avant de me lancer.

Je suis autodidacte, certains disent « debrouillarde » et j’ai effectué plusieurs métiers différents auparavant. Cette « instabilité » aux yeux de certains est devenue aujourd’hui ma force d’écriture …

2- Avez-vous des thématiques de prédilections  ?  

Je suis passionnée de littérature noire-américaine et francophone  :  Toni Morrisson, James Baldwin, Richard Wright, Le Clézio entre autres …

J’ai eu la chance de rencontrer et échanger avec Alain Mabanckou et Dany Laferrière, Jean-Paul Delfino, des écrivains qui m’inspirent et m’encouragent.

3- Que pouvez-vous nous dire à propos de votre dernier roman  ? 

« De miel et de saké » aux éditions Lazare et Capucine est né suite à une rencontre avec le cacique Raoni Metuktire (l’homme au plateau labial) que j’avais déjà aperçu à l’Elysée. Cet indien brésilien de la tribu « Guarani » vient en Europe depuis de longues années pour se faire entendre et défendre la cause Amazonienne.

Suite à un échange avec lui et un traducteur,  du guarani au français ,  j’ai pu entendre sa fatigue, son inquiétude et son mal-être …

Cette échange m’a bouleversé et l’écriture de « De miel et de saké » s’est alors imposé à moi, ce jour là …

J’espère qu’à travers ce roman j’ai pu transmettre la difficile et douloureuse vie des indiens au quotidien.

La dégradation de l’Amazonie, nous concerne tous, lisez-le  !

4 – Avez-vous d’autre projet en écriture  ? 

Oui, un roman est en cours …

Je ne pourrais vous dévoiler que quelques mots clefs  : cigare – usurpation – mambo – mijitos – clandestinité – black boy – esclavage – mutité –

D’autres écrits naîtront après celui-là, je l’espère …Il m’a fallut de nombreuses années pour trouver ma place mais à présent, l’écriture est devenue un mode de vie.


Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut

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Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut. Quand la guerre éclate, Maryse Hilsz est un des plus grands noms de l’aviation féminine, cumulant record sur record (comme le Paris-Saigon en 4 jours de 1937, record de hauteur pour une femme sur avion à hélice : 14310 mètres), l’ensemble accompagné de nombreuses blessures. Une risque-tout au caractère bien trempé! Maryse a 38 ans en 1939. La pilote est inquiète. Elle a alerté trois ans auparavant le ministre Pierre Cot du retard de l’armée de l’air, et elle veut servir la France en volant. L’armée de l’air va uniquement proposer à Maryse et à trois autres femmes de devenir convoyeuses d’avion. En effet, l’état-major n’a pas anticipé le problème du convoyage de l’usine vers les zones d’armement. Pour l’entreprise Amiot, Maryse accepte ce rôle. Inlassablement, elle effectue sa mission de transport. Les conséquences du triste mois de mai 1940 la décident tout d’abord de tenter sa chance aux USA comme pilote avant de rentrer en résistance en France, mais sans ses ailes. Elle intègre en septembre 1941, habitant désormais Aix en Provence, sous couvert d’être modiste (son vrai métier), un des 95 réseaux locaux de Maurice Buckmaster, avec le SOE section F. Comme toutes les femmes de l’ombre, Maryse porte des plis, joue les radios ou pose des explosifs. Sa détermination est sans faille. A la Libération Maryse obtient le rang de capitaine dans les FFI. Elle n’a jamais renoncé. A l’automne 1944, le vol va la rattraper sous la forme du projet du ministre Tillon (validé par le général de Gaulle)…intégrer des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Comme les Soviétiques. Maryse est volontaire. Elle reprend le vol. Elle est vite lieutenant. Elle retrouve ses consœurs de 1940 (dont Maryse Bastié et Elisabeth Boselli) . Malgré des combinaisons de vol pas à leur taille, des avions désuets, Maryse et les autres aventurières de l’air retrouvent le goût du ciel. Maryse sera affectée au GLAM (groupe liaisons aériennes militaires), sur Siebel SI 204 (NC-701 Martinet en VF). Malheureusement, le ciel va se venger de celle qui l’a tant défié. Le 30 janvier 1946, se débattant dans un temps épouvantable, commandes givrées et bloquées, elle s’écrase avec ses passagers, lors d’un trajet Villacoublay-Marignane, près de Bourg en Bresse. Elle aura connu la même fin tragique que l’homme de sa vie, André Salel, tué dans le crash de son Farman 420-01, le 18 juin 1934.

La mort de Maryse (et d’autres considérations politiques) arrêtera le projet des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Il faudra attendre…1996 pour qu’à nouveau, le recrutement leur soit ouvert.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

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Bénédicte Rousset publie « Romilda » en mai 2019 aux Editions la Trace

Bénédicte ROUSSET : Elle a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice.

Professeur de Lettres Modernes, l’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Elle est l’auteure de …Romilda à paraître prochainement, en mai 2019 !

Pour en savoir plus lire le beau portrait du jour de Bénédicte sur 111 – Portrait du jour : Bénédicte Rousset, l’auteure talentueuse du roman « Le Lis des teinturiers » https://criminocorpus.hypotheses.org/78756