45 – Portrait du jour : Stéphanie Trouillard, journaliste et auteure de « Mon oncle de l’ombre – Enquête sur un maquisard breton »

« Journaliste TV et Web à Paris, j’ai travaillé plus de trois ans à l’étranger au Maroc et au Canada.

Je suis aujourd’hui spécialisée en actualité internationale et en sports. Je suis également en charge du suivi sur le centenaire de 14-18 et sur les 70 ans de la Libération.

Grâce à ces expériences enrichissantes, je me suis exercée à plusieurs postes : rédactrice, présentatrice ou encore réalisatrice TV. En toute autonomie, je suis aussi capable de filmer, de monter, de poser ma voix et de mettre en ligne des contenus audio et vidéo … »  Stéphanie Trouillard. »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son quarante cinquième Portrait du jour–Criminocorpus,et,à l’occasion de son livre publié en septembre prochain la rédaction du carnet reçoit la journaliste pour France 24, Stéphanie Trouillard.

Originaire de Nantes avec des racines familiales dans le Morbihan, Stéphanie  s’est spécialisée depuis plusieurs années dans l’histoire de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Elle a notamment réalisé en 2017 un webdocumentaire Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky …, l’histoire d’une jeune lycéenne parisienne déportée à Auschwitz. Ce travail de mémoire a été récompensé par de nombreux prix en France et en Europe.

Genèse du  webdocumentaire Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky … :

« En 2010, lors d’un déménagement au sein du lycée Jean-de-La-Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, des lettres et des photographies ont été trouvées dans une vieille armoire. Enfouis là depuis des dizaines d’années, ces documents appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Plusieurs mois durant, cette jeune lycéenne a correspondu avec sa professeure de lettres. Son dernier courrier date du 22 janvier 1944, jour où elle est arrêtée avec sa famille. Internés à Drancy, le père, la mère et les quatre enfants ont été déportés à Auschwitz. Ils n’en reviendront pas.

Informée de cette découverte, Stéphanie Trouillard, journaliste de France 24, a prêté main forte à Khalida Hatchy, une professeure de l’établissement qui souhaitait reconstituer le parcours de cette jeune fille. À partir des documents de Louise, elles ont pu retrouver des témoins, des cousins éloignés et des anciennes élèves. Ce webdocumentaire raconte ce travail de mémoire, qui les mènera jusqu’à Jérusalem. Il rend enfin la parole à Louise, une élève particulièrement douée, qui n’a pas pu vivre l’existence brillante à laquelle elle semblait destinée. » – Pour en savoir plus sur Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky …

Vidéo : « Si je reviens un jour », sur les traces de Louise Pikovsky …

Rencontre : Si je reviens un jour – 30/04/2017 – YouTube

Si je reviens un jour’ Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky on Vimeo

Présentation du livre de Stéphanie Trouillard par l’auteure :

Il y a 74 ans aujourd’hui, le 12 juillet 1944, au petit matin, mon grand-oncle André Gondet tombait sous les balles dans une petite ferme du Morbihan. À 23 ans, il rejoignait la cohorte des héros de l’ombre morts pour la Libération. Après plus de 70 ans, il retrouve la lumière.

Je suis ravie de vous présenter la couverture de mon livre qui lui est consacré et qui sort à la rentrée aux éditions Skol Vreizh, après plus de six ans de travail. Vous pouvez déjà le précommander grâce au bon de souscription ci-dessous. J’espère que son histoire vous touchera et qu’il ne sera enfin plus oublié. N’hésitez pas à partager !

Le livre sort début septembre aux éditions Skol Vreizh. Il est déjà en précommande sur Amazon

https://www.amazon.fr/Oncle-lOmbre-Enquete-Maquisard-Breton/dp/2367580898/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1531947797&sr=1-1&keywords=st%C3%A9phanie+trouillard

La rédaction du carnet criminocorpus remercie vivement Stéphanie de cette publication dont les fidèles lecteurs apprécieront l’énorme travail effectué.

Bienvenue sur notre site Stéphanie. Ph.P.

Parution du livre le 19 septembre 2018 – 12 juillet 1944. Des rafales de mitraillettes brisent le silence de l’aube dans une ferme du Morbihan. André Gondet, 23 ans, s’écroule sous les balles au milieu de ses camarades résistants. Ce sanglant épisode marque les habitants des environs au fer rouge. Dans la famille Gondet, la douleur serre la gorge et scelle les lèvres. La souffrance est aussi vive que silencieuse. Soixante-dix ans plus tard, André n’est plus qu’un nom sur un monument aux morts. De lui, il reste seulement un portrait dans un vieux cadre accroché sur un mur de la maison familiale. Une photo qui finit par attirer le regard et la curiosité de l’une de ses petites nièces. Qui était cet homme dont son grand père ne prononçait pas le nom? Quel était son combat? Par quoi était-il animé?

Pendant cinq ans, la jeune femme arpente les salles d’archives, interroge des témoins de cette période, s’échine à briser la solide chape de plomb qui continue d’entourer ce massacre. Grâce à ses remarquables recherches, un incroyable travail de fourmi qui l’amène jusqu’en Allemagne, elle assemble petit à petit les pièces du puzzle de la courte existence de ce maquisard breton. En se lançant sur les traces de ce héros ordinaire, elle rencontre aussi tous les acteurs de la guerre, aux rôles plus ou moins troubles, parfois glorieux, parfois honteux.  De son minutieux travail est né un récit poignant, « Mon oncle de l’ombre « .

44 – Portrait du jour : Dorothée Piatek, l’auteure d’un récit poignant inspiré de l’histoire méconnue des prisons pour enfants

 » … Dévoiler des destins injustement abîmés, des faits non raconter dans les livres d’histoire, comme ceux des enfants enfermés jusqu’en 1977 dans le bagne de Belle-île-en-mer. (Le silence des oiseaux, aux éditions du Seuil). Âgés de 12 à 20 ans, combien furent envoyés dans cette maison de redressement où la maltraitance était leur lot quotidien ? Harcelés, violés, brutalisés, certains y perdirent la vie et furent enterrés comme des chiens à même la terre. Le silence des oiseaux on Vimeo … »

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Pour son quarante quatrième Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du carnet reçoit aujourd’hui Dorothee Piatek  auteure en littérature dont la curiosité l’amène à découvrir des sujets historiques ou d’actualité quelle aime mettre en avant dans ses romans.

Mon premier contact avec Dorothée Piatek date de la parution de son  livre Le silence des oiseaux(2014), et, je suis ravi de renouer avec Dorothée pour le plaisir des fidèles lecteurs du Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …

Merci Dorothée pour la spontanéité de l’élaboration du portrait joint ci-dessous. Ph.P.

« « Je n’appelle pas ça un livre » avais-je déclaré après une lecture imposée en classe.

D’abord interloqué, puis bienveillant, mon professeur de français m’avait alors conseillé un roman dont il avait rédigé le titre sur un bout de papier que je glissais dans la poche de mon pantalon. Je m’empressais d’aller acquérir l’ouvrage et d’en démarrer la lecture le soir même nichée sous ma couette.

Je n’avais alors que 11 ans et me trouvais subjuguée par la précision et le détail qui émanait de ce livre. Le Rêve d’Émile Zola bousculait mon esprit, je découvrais des sentiments et des émotions encore méconnues, je ressentais l’impatience de tourner les pages et le désir que ce roman ne s’arrête jamais. Je savourais les mots pour la première fois de ma vie et les mâchais avec délectation. Zola venait de me rendre livrophage.

Quelques années plus tard je découvrais l’incroyable bien être de se plonger dans la rédaction d’un roman et de fouiller les archives pour donner vie aux acteurs du passé.

Ainsi mon premier roman L’Horizon bleu racontait la vie d’un jeune couple séparé par La Grande Guerre. C’était en 2002, nous étions alors bien loin des commémorations du centenaire…

Expliquer l’indicible, transmettre des émotions, raconter sans choquer mais sans épargner des réalités me plaisait et attisait ma propre curiosité. Je comblais alors cette dernière en espérant satisfaire celle de mes futurs lecteurs.

J’enchaînais avec boulimie l’écriture de romans avec la trilogie Le cercle d’or, Je marchais malgré moi dans les pas du diable, Les dents du bonheur, Le silence des oiseaux, La Demoiselle de Wellington , avec toujours ce désir de révéler au plus grand nombre des sujets méconnus.

Je semais quelques rêves en écrivant des contes pour enfants Le prince aux grands pieds, Le vieux qui avait un grain dans la tête, Le jouet d’Adèle, La mémoire envolée…

Dévoiler des destins injustement abîmés, des faits non racontés dans les livres d’histoire, comme ceux des enfants enfermés jusqu’en 1977 dans le bagne de Belle-île-en-mer. (Le silence des oiseaux, aux éditions du Seuil). Âgés de 12 à 20 ans, combien furent envoyés dans cette maison de redressement où la maltraitance était leur lot quotidien ? Harcelés, violés, brutalisés, certains y perdirent la vie et furent enterrés comme des chiens à même la terre. Le silence des oiseaux on Vimeo

Dévoiler l’impensable et rendre justice aux âmes blessées en s’adossant aux faits réels, voilà ce qui me pousse à écrire. Je passe ainsi des centaines d’heures à fouiller, dénicher des informations, glaner des pépites qui viendront enrichir chacun de mes livres.

Et toujours cette passion de la précision qui me pousse à m’assurer que rien ne déborde du cadre, du détail d’un tissu à la forme d’un verre en passant par la couleur d’un mur.

C’est depuis des archives nationales, dans les sous-sols de musées ou plongée dans des livres historiques introuvables que je déniche au hasard de mes pérégrinations que j’extrais la moelle des thèmes que j’aborde. Et les années défilent, riches de ce travail passionnant, de ces découvertes fortes et souvent bouleversantes que j’aime partager.

C’est souvent en automne et en hiver, mes saisons préférées pour écrire, que naît le fruit de mes recherches. Une fois débarrassée des tâches ingrates du quotidien, pieds au chaud sur le pelage de mon chien Gustave qui dort sous mon bureau, j’écris en respirant l’air frais qui entre dans mon bureau par la fenêtre souvent maintenue ouverte. Une tasse de thé bien chaude à portée de main, le chat qui ronronne sur son coussin, un bouquet d’hortensias ou de pivoines (en juin) à portée vue, ma main accomplit les bons vouloirs de mon esprit dans lequel se jouent les scènes et défilent des images. Je partage alors mon « moi intérieur » avec une foultitude de personnages qui me laisse endosser leur personnalité, entendre leurs secrets et tous ensemble nous travaillons de concert pour mener à bien ce qui deviendra mon prochain roman »

Dorothée PIATEK auteur – Dorothee Piatek – Auteur littérature

Les maîtres de l’affiche 1890-1940 (Christophe Matho)

Parution du livre le 10 octobre 2017 – L’affiche est la première véritable expression de la publicité. Alors que nous sommes dans l’ère de la communication dématérialisée, alors que l’affiche est depuis longtemps concurrencée par d’autres médias, elle n’en reste pas moins très actuelle, accrocheuse et populaire. Entre 1890 et 1940, l’affiche a été une oeuvre artistique essentielle. Elle a traversé différents genres : Art Nouveau, Modernisme, Art Déco…

Ce livre n’a pas l’ambition d’une encyclopédie ni la prétention d’un ouvrage académique. L’auteur souhaite simplement partager les oeuvres de Mucha, Chéret, Cappiello, tant d’autres affichistes renommés… et aussi celles de formidables artistes dont l’histoire n’a pas retenu le nom. L’ouvrage s’intéresse également à l’approche sociétale. L’affiche est en effet le témoin de son époque : nouveaux moyens de locomotion, nouveaux loisirs, révolution alimentaire, industrialisation des spectacles…

Le livre permet de découvrir la France d’il y a cent ans telle qu’elle était vraiment, avec ses fantasmes, ses stéréotypes et ses préjugés. Une France qui pensait fort différemment de celle d’aujourd’hui.

Christophe Matho dirige les collections de plusieurs maisons d’édition. Il a découvert les affiches de la Belle Epoque et des Années folles en allant à la rencontre des collectionneurs pour l’illustration d’ouvrages traitant du début du XXe siècle. Il a ainsi constitué un important fonds d’affiches. Une collection qui méritait bien un livre, dont la conception graphique se devait d’être à la hauteur de ceux qui ont conçu ces oeuvres il y a un siècle.

Éditeur : De Borée

Christophe Matho – Les maîtres de l’affiche (Éditions De Borée …

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Après les portraits de  Virginie Paultes ,  Laurence Schwalm , Clarisse Enaudeau, le monde de l’édition est encore à la une avec Christophe MATHO qui dirige les collections de De Borée et de Marivole. Trente troisième   Portrait du jour – Criminocorpus 

Christophe a bien voulu nous dresser un Portrait du jour sous forme d’entretien pour la rédaction criminocorpus. Les propos ont été recueillis par Joseph Vebret.

Merci à vous Christophe et Joseph pour ce moment de partage. Cordialement. Ph.P.

Rencontre avec Christophe Matho. Créateur de  Marivole Editions , il a proposé au groupe Centre France de reprendre les éditions De Borée à la barre du tribunal de commerce fin 2015. Il dirige les collections de De Borée et de Marivol

Rédaction de Criminocorpus : Christophe Matho, expliquez-nous votre métier ?

Christophe Matho : (sourire) En fait, je suis directeur de collection, mais par méconnaissance de nos métiers, ignorance de la jurisprudence et un petit zest d’incompétence, les Agessa ont supprimé mon métier à compter du 1er janvier 2019. Je m’apprête donc à faire autre chose.

RC : Devenir éditeur par exemple ?

CM : Ce n’est pas le même métier. L’éditeur est un type qui regarde ce qui se vend et tente de faire la même chose. L’éditeur regarde ce qui se passe sur EDISTAT ou GFK. C’est un homme de lettres prisonnier du marché et des bases de données. Le modèle économique du live pousse à produire chaque année un peu plus de titres. Dans ce contexte de surproduction, les libraires ont bien du mal à connaître toutes les nouveautés. Ils sont obligés d’utiliser des bases de données et des logiciels d’audit marketing qui leur donnent les thèmes et les auteurs qui se vendent. Et c’est ça qu’ils achètent !

Difficile de faire percer une nouvelle collection, difficile de faire percer un nouvel auteur. Vous vous demandez pourquoi vous avez l’impression de voir toujours les mêmes ouvrages dans les librairies ? C’est à cause de cela. N’en faites pas le reproche aux libraires, c’est surtout la faute des éditeurs qui produisent trop ! Conséquence : un phénomène de « best-sellerisation ». Les ventes se concentrent autour de quelques grands succès et la tendance s’accélère depuis 4 ou 5 ans. Les algorithmes Google et Amazon aggravent cette tendance en arrosant là où le sol est déjà mouillé. Un éditeur, c’est celui qui doit coordonner les actions marketing et commerciales pour vendre dans ce contexte.

RC : Et le directeur de collection ?

CM : C’est un concepteur qui s’intéresse aux contenus. Il définit la ligne éditoriale de sa collection. Il cherche les auteurs, il privilégie la nouveauté, l’impertinence, ce qui sort des sentiers battus. Il oriente les manuscrits, il participe à leur rédaction… Je suis un peu provocateur dans ma réponse en disant que je ne suis pas éditeur, mais, en fait, je pense que les fonctions d’éditeur et de directeur de collection n’ont jamais été aussi distinctes qu’en ce moment. La profession évolue : une maison d’édition qui veut fonctionner n’a jamais autant eu besoin de directeurs de collections et d’éditeurs. Ils sont les deux facettes de l’animation de la production éditoriale. Or, c’est le moment que les Agessa choisissent pour flinguer l’un des deux métiers. Ces bureaucrates viennent de faire la démonstration de l’inconnaissance totale des professions qu’ils devraient administrer, c’est hallucinant !

RC : Vous voulez passer toute l’Interview à vous indigner ?

CM : Je pourrais… Je pourrais vous parler de la concentration autour des grands groupes, de l’activité culturelle la plus polluante, du microcosme germanopratin… mais je vais encore me faire trop de copains. On va plutôt parler contenus.

RC : Vous êtes un spécialiste du roman de terroir ?

CM : Pas seulement

RC : Vous ne voulez pas parler des romans de terroir ?

CM : Si ! (sourire)

RC : Alors, Christophe Matho, c’est quoi le roman de terroir ?

CM : Commercialement, c’est un roman qui est placé par le libraire sur une table où il est écrit « roman de terroir ». Sur sa couverture il a un ciel bleu, des champs et une ferme, idéalement un buron. L’action est censée se passer dans une région bien précise… Si on s’intéresse au contenu, c’est l’héritier du roman rustique, posé par George Sand : c’est un roman qui s’inscrit dans le cadre de la campagne et dont les protagonistes sont des paysans. C’est en décrivant les mœurs paysannes du Berry que George Sand affirme véritablement le roman rustique avec André et Mauprat, jusqu’à La Petite Fadette.

À la fin du XIXe siècle, le roman qui n’est pas parisien s’ouvre vers de nouvelles perspectives avec le mouvement régionaliste. Ce roman trouve ses sources dans une littérature régionaliste qui s’est constituée en réponse aux excès de la centralisation. De nombreux romans encrés dans nos régions vont connaitre un beau succès : Hugues Lapaire, Léon Cladel, François Barberousse, Gaston Chéreau, Ernest Pérochon, René Bazin, Jean Giono… On doit porter une mention particulière à ceux qui se situent entre 1900 et 1920 et qui ont choisi comme cadre « l’arrivée de la batteuse au village ». Ceux-là ont intéressé la doctrine, car ils décrivaient une rupture forte dans la société rurale. Ce sont eux que les professeurs de lettres appellent « Romans de terroir ». Étonnement, la doctrine est allée chercher le nom dans la littérature canadienne. Je n’en trouve pas beaucoup de traces en France avant les années 1940. C’est peut-être même le gouvernement de Vichy qui va introduire le terme dans le cadre de sa propagande visant à « restaurer les valeurs du terroir ». Précisons que ce genre littéraire n’appartenait pas plus à la droite qu’à la gauche. Mais l’appropriation du terroir par Vichy va faire tomber ce genre aux oubliettes après-guerre. Durant les trente glorieuses, la littérature est attirée par ce qu’on appellera plus tard la mondialisation. Le roman de terroir, peut-être trop associé à Pétain, n’a pas le vent en poupe. Paradoxalement, c’est par les mouvements d’extrême gauche et par l’écologie que ce genre qui conteste les effets de la mécanisation et de la modernité va revenir dans le milieu des années 1970. Le succès commercial est immédiat, car ces romans vantent la nostalgie des séniors de l’époque.

RC : Le roman de terroir est-il encore un genre qui marche ?

CM : Oui, encore très bien, mais on note un léger déclin qu’il faut anticiper

RC : Que voulez-vous dire par anticiper ?

CM : Je pense que d’ici 5 à 10 ans, le genre aura perdu beaucoup de parts de marché, car une partie de ses lecteurs sont âgés. Les éditeurs leaders du genre doivent se diversifier.

RC : C’est ce que vous faites ?

CM : De Borée a lancé une collection de polars (Marge noire) et une collection de romans historiques (Vents d’Histoire). C’est l’éditrice Hélène Tellier qui a organisé le lancement de ces collections. Il y a un gros travail marketing à faire, car De Borée étant le leader du roman de terroir, nous avons le désagrément de retrouver nos polars et nos romans historiques sur les tables du roman de terroir dans les librairies.

Chez Marivole, c’est plus simple, car la marque est moins forte et moins typée terroir. On peut lancer plus facilement de la littérature blanche ou des « genres nouveaux ».

RC : Qu’est-ce que vous appelez les genres nouveaux ?

CM : Le roman de terroir touche un public majoritairement féminin qui aime la romance et qui avait moins de 40 ans lorsque ce genre littéraire était à son zénith. Que lit ce public aujourd’hui ? Il lit ces nouveaux genres littéraires. Il faut aller à la rencontre de notre public.

RC : Vous parlez comme un éditeur là !

CM : Mince… j’ai honte ! (rires)

RC : Alors, il est où ce public ?

CM : La chicklit, la dark romance, la romantic fantasy, le feel good…

RC : Vous allez vous lancer dans tout ça ?

CM : Oui. La Chiklit chez Marivole et j’aimerais développer le feel good chez de Borée. Mais ça va être du boulot. De Borée recherche un directeur littéraire, ça vous intéresse ?

Propos recueillis par Joseph Vebret pour la rédaction de Criminocorpus

43 – Portrait du jour : Luce Fontaine l’auteure québécoise du polar « Mortelle destinée »

« … En 2009, un accident d’équitation m’a laissée avec des séquelles permanentes et j’ai eu à me refaire une nouvelle vie. J’ai alors puisé dans le fond de mon tiroir et j’en ai ressorti un petit bonheur enfoui et quasi oublié. Je me suis alors remise à l’écriture sur une base quotidienne. J’ai maintenant écrit des romans jeunesse, et des romans pour adultes qui j’espère, vous permettront de mettre de la fantaisie dans votre vie… »

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Pour son quarante troisième Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du carnet reçoit aujourd’hui Luce Fontaine l’auteure québécoise du polar « Mortelle destinée »

Pour Luce Fontaine peu importe le lectorat, ses personnages véhiculent des valeurs qui lui sont chères et qui sont propres à l’épanouissement de l’être humain, comme la ténacité, la persévérance, le dépassement de soi, la poursuite de ses rêves, l’amitié, l’amour et bien plus…

Bienvenue Luce sur le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …et au plaisir de vous lire ... Ph.P.

« Bonjour à vous!

J’ai le grand bonheur d’habiter dans la belle campagne québécoise, dans les Cantons-de-l’Est, où je m’occupe d’un gîte touristique, avec ma famille, mon chien, mes chats et mon cheval.

Les plaisirs de la lecture et de l’écriture me sont venus très tôt dans mon enfance.

Par la suite, j’ai voulu partager mon bonheur de lire et d’écrire avec les plus jeunes et je suis devenue enseignante. Je suis bachelière en éducation de l’Université de Sherbrooke et j’ai enseigné au cégep. J’ai d’ailleurs travaillé pendant plus de 25 ans; aux niveaux : préscolaire, primaire et collégial.

Parallèlement à ma carrière d’enseignante, j’explorais un univers ludique et créatif en créant mes propres histoires que je gardais précieusement cachées dans le tiroir de mon bureau.

En 2009, un accident d’équitation m’a laissée avec des séquelles permanentes et j’ai eu à me refaire une nouvelle vie. J’ai alors puisé dans le fond de mon tiroir et j’en ai ressorti un petit bonheur enfoui et quasi oublié. Je me suis alors remise à l’écriture sur une base quotidienne. J’ai maintenant écrit des romans jeunesse, et des romans pour adultes qui j’espère, vous permettront de mettre de la fantaisie dans votre vie.

J’ai publié deux séries jeunesse aux Éditions Guérin éditeur ltée : soit la série Mélo! (5tomes) Et la série Max Mallette (5 tomes). Et une autre série aux Éditions Bouton d’or Acadie : Lizzy d’Armoirie (2 tomes). En 2017, Mortelle Destinée un roman policier pour adultes publié aux Éditions ROD en France et en juin dernier, un roman fantastique : Le Projet Conception aux éditions du Tullinois.

Bienvenue dans mon univers littéraire !

Luce Fontaine auteure

41 – Portrait du jour : Delphine Montariol, historienne, ancienne avocate. Auteure de « Sombres secrets : Worthington & Spencer, détectives privés »

 » … Les enquêtes de « Worthinton & Spencer, détectives privés » ressemblent davantage aux aventures d’Hercule Poirot d’Agatha Christie. Se déroulant à partir de 1890, ces enquêtes portent sur des crimes de droit commun et dévoilent les dessous, parfois peu glorieux, de la société victorienne … »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son quarante et unième  Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du carnet reçoit aujourd’hui Delphine Montariol,  historienne et ancienne avocate, auteure de Sombres secrets : Worthington & Spencer, détectives privés . 

Avec ce polar vous plongerez dans les sombres secrets de la société victorienne en compagnie de la première agence de détectives dirigée par un homme et une femme.

Le premier tome des enquêtes de l’agence Worthington & Spencer paraîtra le 1er août prochain !

Et pour notre plus grand bonheur,  Delphine a décidé de revenir à ses premières amours, l’écriture et l’histoire, auxquelles elle consacre désormais le plus clair de son temps, pour son plus grand plaisir… et le nôtre.

Bienvenue Delphine sur les pages du Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …Ph.P.

Ma plume a pourtant trouvé une autre forme d’expression puisque j’ai écrit un mémoire de DEA en Histoire du Droit consacré aux « Images de Blanche de Castille chez les historiens du XIIIème au XIXème siècle », puis une thèse de Doctorat intitulée « Les droits de la reine. La guerre juridique de Dévolution (1661-1674) », ainsi que quelques articles historiques.« J’ai commencé l’écriture dès mon plus jeune âge. Aux alentours de 10 ans, j’écrivais des nouvelles ou des débuts de romans mais j’ai attendu mes 18 ans pour finir mon premier roman. Toutefois, ayant débuté des études de droit, je n’ai plus disposé du temps nécessaire à l’écriture et j’ai abandonné la fiction pendant de nombreuses années (beaucoup trop à mon goût).

J’ai ensuite exercé la profession d’avocat pendant plus de huit années avant de retourner à mes premières amours, l’écriture et l’histoire. En 2013, j’ai obtenu un diplôme de scénariste dans une école de cinéma à Québec, ce qui m’a fourni les outils nécessaires à l’écriture, comme la connaissance approfondie des structures du récit, la création de personnages complexes et plausibles ou la capacité de créer des images fortes par les mots.

Quel meilleur champ d’expression pour une historienne et ancienne avocate que le polar historique ? Aucun ! J’ai donc écrit avec délice les trois premiers volumes des « Enquêtes des cousins Clifford » ainsi que le premier volume de ma nouvelle série « Worthington & Spencer, détectives privés ». La première série suit les aventures internationales de quatre espions britanniques aux services de la reine Victoria puis d’Edouard VII. Basées sur des recherches sérieuses afin de rendre l’arrière-plan historique le plus plausible possible, chaque tome des « Enquêtes des cousins Clifford » se passe dans une ville différente d’Europe et constitue une histoire indépendante. Toutefois, si le lecteur lit les ouvrages dans l’ordre, il verra les personnages vieillir et le contexte politique du début du XXème siècle se déployer de tome en tome. Les enquêtes de « Worthinton & Spencer, détectives privés » ressemblent davantage aux aventures d’Hercule Poirot d’Agatha Christie. Se déroulant à partir de 1890, ces enquêtes portent sur des crimes de droit commun et dévoilent les dessous, parfois peu glorieux, de la société victorienne.

Vous trouverez à la fin de chaque roman historique, quelle que soit la série, les principales sources et notes bibliographiques utilisées dans le chapitre intitulé « Pour les curieux ».

En espérant que mes lecteurs apprécieront mes romans, il me reste à vous remercier d’être parvenu(e) jusqu’à ce point de mon texte et à vous souhaiter (bien évidemment) une bonne lecture ! » Delphine Montariol

Romans parus :

« Premières armes. Les enquêtes des cousins Clifford ».

« Près du tsar, près de la mort. Les enquêtes des cousins Clifford ».

« Voir Venise et mourir. Les enquêtes des cousins Clifford ».

« Sombres secrets. Worthington & Spencer, détectives privés », à paraître le 1er août 2018.

Ouvrage historique :

« Les droits de la reine. La guerre juridique de Dévolution (1661-1674) ».

Pour suivre mon actualité :

http://www.delphinemontariol.com/

https://www.facebook.com/delphinemontariol.auteur/

https://www.facebook.com/enquetesdescousinsclifford/

https://www.facebook.com/Worthington.Spencer.DP/

Parution le 18 juillet en kiosques d’une nouvelle revue d’histoire d’un genre inédit « HISTOIRE MAGAZINE »

Parution le 18 juillet en kiosques d’une nouvelle revue d’histoire d’un genre inédit « HISTOIRE MAGAZINE » avec un dossier spécial Marie-Antoinette et les historiens Clémentine Portier-Kaltenbach, Cécile Berly, Emmanuel de Waresquiel, Eric Teyssier, Jean des Cars, Bruno Fuligni, Charles Eloi Vial, Alexandre Maral, Didier Masseau… et une sélection de livres « histoire » pour l’été, des lieux à visiter, et tout savoir sur les gladiateurs. Bonne lecture ! Sylvie Dutot

Sylvie Dutot : « Un déclic, comme une évidence : France Terres d …

40 – Portrait du jour : Lyliane Mosca, romancière et auteure de « La vie rêvée de Gabrielle »

 » … Je suis comblée. L’écriture me rend heureuse et me console de tout. J’adore inventer des intrigues. Je vis avec mes personnages, je vibre avec eux et leurs aventures me touchent… Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir fait ce cadeau qui illumine ma vie. Comédienne amateur, le théâtre vient en complément pour donner du piment à mon existence. Un jour où je n’écris pas est un jour sans soleil … »

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Pour son quarantième  Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du carnet reçoit la romancière  Lyliane Mosca, l’auteure de La vie rêvée de Gabrielle –  La destinée hors du commun de Gabrielle Renard, fille de la campagne champenoise qui, de Paris à Grasse et jusqu’aux Etats-Unis, sera tour à tour employée de maison, nourrice, muse et figure féminine incontournable de deux artistes majeurs du xxe siècle : le peintre Auguste Renoir et le cinéaste Jean Renoir…

Lyliane Mosca a passé son enfance à Ancy dans l’Yonne. Diplômée d’un bac littéraire, elle s’installe dans l’Aube en 1965. Après une vingtaine d’années passées au sein de différentes entreprises, elle change de voie devient pigiste puis journaliste pour L’Est-Eclair.

Aujourd’hui, Lyliane Mosca se partage entre ses chroniques littéraires, le théâtre, le bénévolat et bien sûr l’écriture. Auteur d’une dizaine de romans dont Une femme en mauve remarqué et préfacé par Philippe Besson, Les Gens de Laborde, Prix du Conseil Général de l’Aube en 2010, elle se distingue par un goût pour le romanesque ; d’une écriture vive et contemporaine, elle est passée maître dans l’analyse des sentiments les plus intimes.

Merci infiniment Lyliane Mosca pour ce petit exercice d’écriture destiné aux fidèles lecteurs du carnet … Ph.P.

30d86b2644313531383136363432373530333536« J’ai découvert la lecture très tôt grâce à la Comtesse de Ségur et ensuite je n’ai plus arrêté. Je dévorais plusieurs livres par mois lorsque j’étais au collège et au lycée (au détriment de l’apprentissage des leçons d’ailleurs…). J’adorais la littérature et, aux poèmes que je composais enfant, se sont ajoutées des nouvelles que je prenais plaisir à écrire. Je n’imaginais pas, alors, que je deviendrais romancière un jour. J’y pensais souvent, certes, mais je croyais ce rêve inaccessible et il est allé rejoindre mes textes dans mes tiroirs.

Je me suis mariée jeune. Deux enfants sont arrivés assez vite, il fallait travailler pour faire vivre la famille ! J’ai alors enchaîné les emplois qui, sans me déplaire vraiment, ne m’apportaient pas grande satisfaction. Il me manquait quelque chose. Secrétaire de direction dans diverses entreprises, responsabilités dans un service export …, je m’ennuyais à mourir.

C’est un licenciement économique qui a changé ma vie. J’avais 45 ans, davantage de temps et toujours cette envie d’écrire. J’ai eu l’opportunité d’intégrer un quotidien comme pigiste (Libération Champagne), puis j’ai été embauchée comme journaliste à l’Est Éclair. Ma vie professionnelle me comblait. Enfin. D’autant que je rédigeais souvent des articles culturels dans lesquels je pouvais exprimer mes émotions.

A l’âge de la retraite (et veuve, hélas), j’ai continué de rédiger la page « bouquins » pour le journal du dimanche ( je continue…) et je lisais forcément beaucoup, disons encore plus que d’habitude, et j’ai pensé alors : pourquoi pas moi ? Pourquoi pas me lancer ? Je l’ai fait. Les éditions De Borée ont édité mon premier roman « Les Gens de Laborde ». C’était parti ! Et beaucoup plus facilement que je l’avais imaginé. Un envoi. Une réponse ! Six autres ouvrages ont suivi. (Voir ci-dessous).

J’ai ensuite suivi Clarisse Enaudeau, directrice littéraire des Presses …, aux Presses de la Cité où trois romans sont déjà parus.

Je suis comblée. L’écriture me rend heureuse et me console de tout. J’adore inventer des intrigues. Je vis avec mes personnages, je vibre avec eux et leurs aventures me touchent… Je remercie le ciel tous les jours de m’avoir fait ce cadeau qui illumine ma vie. Comédienne amateur, le théâtre vient en complément pour donner du piment à mon existence.

Un jour où je n’écris pas est un jour sans soleil. »

Ouvrages parus de Lyliane Mosca

Les Gens de Laborde – De Borée (+ poche)

Les amants du Moulin ‘’ (+ poche)

La fille de la Buissonnière ,, (+ poche)

La dame de Champbrise ,, (+ France Loisirs)

Un parfum de Trahison ,,

Une femme en mauve ,,

La malédiction de Bois d’Orville ,, ( + France Loisirs)

La Villa Amarante – Presses de la Cité

Les amants de Maulnes ,, (+ France Loisirs)

Le tombeau secret. Polar historique coécrit avec Thierry Leroy. Editions le Pythagore

La vie rêve de Gabrielle Presses de la Cité. Sorti le 15 ars 2018

A venir :

La promesse de Bois Joli (début août- en avant première à France Loisirs)