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Le témoignage des femmes victimes de viols au XIXe siècle

Les femmes peuvent-elles avoir recours à la justice en cas de violences sexuelles au XIXe siècle ? La démarche de la plainte est socialement et psychologiquement extrêmement difficile. La procédure judiciaire est également longue et périlleuse avant qu’une condamnation des violeurs n’intervienne. Le Code pénal devait a priori permettre aux femmes de se plaindre, mais les échos de l’enquête, le caractère public des sessions d’assises et un jugement quelque peu aléatoire permettent d’en douter. Vu la quasi-impossibilité de porter plainte pour viol, il importe à l’historien de voir qui sont les rares femmes qui le font et les difficultés qu’elles rencontrent. Il convient aussi de voir dans quelle mesure leur démarche est couronnée de succès… (Femmes et justice pénale | Christine Bard Frédéric Chauvaud Michelle Perrot p. 129-138.)

16148-225x270Ensemble articulé d’une trentaine d’études sur les femmes et la justice, cet ouvrage constitue la première synthèse sur ce sujet peu connu qui s’intercale entre le domaine du droit en amont, et celui de la peine – et notamment de la prison – en aval. Il se concentre sur l’histoire contemporaine de quelques pays occidentaux, particulièrement la France et le Canada. Femmes et justice : ce thème dessine d’abord les contours d’une histoire spécifique, celle des illégalismes féminins (vol domestique, infanticide, avortement, prostitution) du XIXe et du début du XXe siècle… Le fonctionnement judiciaire, marqué par la différenciation des sexes, est aussi mis en lumière. Cette asymétrie qui produit tantôt de l’indulgence, tantôt un surcroit de sévérité à rencontre des femmes jugées s’explique en partie par les représentations collectives qui érigent en modèle la femme-mère, douce et soumise. Toute déviance paraît dès lors monstrueuse : la criminelle occupe une place de choix dans l’imaginaire misogyne. Autre facette, la femme victime des violences masculines, privée du droit de se défendre, suspectée dans ses dires. Un long combat sera nécessaire pour que sa parole soit reconnue. La féminisation toute récente des métiers de justice n’est pas étrangère à cette révolution impulsée par les féministes. Publication sur OpenEdition Books : 09 juillet 2015

Pour en savoir plus voir le billet publié par Laurent Ferron sur le books.openedition.

14568042_10154039133838997_4135132077425372860_nIndépendamment de mes activités sur les blogs Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des … et FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES

Je vous invite à découvrir ce nouveau site, fruit du travail de plusieurs mois de recherche. Bonne lecture.

Odyfolio Emirates est le site d’information touristique de référence sur Dubaï, Abu Dhabi, les Émirats Arabes Unis (EAU), Oman

Pour visiter le site http://www.odyfolioemirates.com/fr/

Témoignage. Yvonne Abbas, syndicaliste CGT, communiste, résistante, déportée

Témoignage inédit mai 2015 Journal l’Humanité . Yvonne Abbas naît en 1922 à Pérenchies. Elle fait sa scolarité à La Madeleine jusqu’au certificat d’études. Issue d’une famille modeste, orpheline de père, elle commence à travailler dès l’âge de 13 ans et devient syndicaliste. Elle se marie à Florent Debels à 16 ans et adhère notamment à l’Union des jeunes filles de France dès sa fondation, en 1936. Elle fréquente de grands noms de la future Résistance.

Elle s’engage elle-même dans la Résistance dès le début de l’occupation, sa « piaule » sert d’hébergement et de dépôt de matériel. Presse clandestine, tracts, faux-papiers : ses activités lui valent d’être arrêtée par la « Police Spéciale » française le 29 avril 1942 – le jour de ses 20 ans – avec Louis Petit et Jean Bracq (qui seront fusillés par les nazis). Elle est emmenée au commissariat central de Lille, subit des interrogatoires musclés, de la torture morale mais ne parle pas.

Devant la cour spéciale de Douai, elle se défend seule, estimant que tous les avocats sont des collabos et est condamné à huis clos, comme « bandit ». Elle est incarcérée à la prison de Cuincy,

Elle est ensuite transférée à la prison de la Petite Roquette, à Paris.

Yvonne Abbas est ensuite transférée à la Centrale de Rennes, avant d’être confiée à la Gestapo, puis envoyée à Romainville.

De là, elle est déportée en train au camp de concentration de Ravensbrück, le plus grand camp de femmes.

Le convoi ferroviaire durera 5 jours et 4 nuits dans des conditions épouvantables avant d’arriver dans ce camp pour femmes dont 92 000 déportées ne sont jamais revenues.

À son arrivée, elle devient le matricule 35138. Elle est ensuite déplacée dans le camp de travail d’Holleischen, en Tchécoslovaquie.

Le 5 mai 1945, « Vony » comme on l’appelait dans le camp, vit la Libération.

Elle apprend alors que son mari, Florent Debels, a été arrêté le 2 mai 1942, à Sin-le-Noble (Nord) à la suite « donné » par un résistant gravement blessé, puis torturé et fusillé. De la prison de Cuincy, il avait été envoyé à la prison de Louvain (Belgique) où le tribunal militaire allemand l’avait condamné à mort le 5 juin 1942 pour « détention d’armes à feu et propagande illégale communiste ». Il est fusillé au crépuscule du 1er juillet 1942 au fort du Vert-Galant, à Wambrechies (Nord) avec Louis Petit et Jean Bracq.

Yvonne a consacré la fin de saviez à témoigner et à se battre pour la mémoire, notamment auprès des jeunes, souvent accompagnée de sa tenue de « bagnarde ». Elle est décédée en décembre 2014.

Le témoignage livré ici a été recueilli par Laurence Mauriaucourt en octobre 2007, alors que Nicolas Sarkozy venait de s’appuyer sur la dernière lettre du jeune fusillé communiste Guy Môquet, à des fins électoralistes .

Pour en savoir plus visionner sur You Tube le document Témoignage. Yvonne Abbas

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

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