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Simone Veil : L’Immortelle (Hervé Duphot-Pascal Bresson)

Parution du livre le 27 juin 2018 – Cet album est un vibrant hommage à Simone Veil, figure féministe populaire et discrète. Le récit s’attache aux temps forts de sa vie, de la loi pour l’IVG défendue à l’assemblée nationale, à son enfance à Nice avant d’être déportée avec sa famille.

Simone Jacob est née en 1927 à Nice. À 17 ans elle est déportée à Auschwitz, avec toute sa famille. Ses sœurs et elle reviendront du camp de concentration. Cette période l’a marquée à jamais. En 1946, elle épouse Antoine Veil. Magistrat, elle devient en 1974, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, chargée de défendre la loi sur l’IVG. En 1993, elle occupe à nouveau la fonction de ministre des Affaires sociales et de la Santé dans le gouvernement d’Édouard Balladur. Simone Veil a également été députée européenne et membre du Conseil constitutionnel. Elle était présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Cette femme de conviction s’est très peu confiée. Le grand public ne connaissait que sommairement son parcours de déportée. Elle a attendu d’avoir 80 ans pour écrire ses mémoires (Une Vie, Ed. Stock). Elle raconte que c’est une kapo,  sans doute une prostituée Polonaise, qui lui a sauvé la vie en lui disant : «Tu es trop belle pour mourir ici …».

Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort

Hervé Duphot est né à Créteil en 1972. Après des études en communication visuelle, il travaille comme graphiste dans la publicité. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’enseignement des arts graphiques et la bande dessinée. Il vit à Paris, mais conserve des attaches creusoises.

Pascal Bresson, dessinateur et scénariste, est né à Reims en 1969. Depuis 25 ans, il habite à Saint-Malo. Pascal a appris le métier dès l’âge de 12 ans auprès de deux maîtres du 9e art : Tibet et René Follet. Il a publié plus de 40 bandes dessinées et livres pour la jeunesse et a été récompensé pour son travail par plus de 15 prix, dont le « Grand Prix Public BD Européenne des médias 2015 » pour Plus fort que la haine (Glénat). Sa citation préférée : « Un stylo peut transformer une tragédie en espoir et victoire. » Nelson Mandela

Éditeur : MARAbulles

Collection : Biopic et roman graphique

« L’immortelle », Simone Veil en BD – BFMTV

Simone Veil l’Immortelle. Dessin Hervé Duphot – bradasse

1954 – Simone Veil affectée à la direction de l’administration pénitentiaire – Respect

« L’ancienne ministre Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement en 1974, est morte dans la matinée du vendredi 30 juin, a annoncé son fils Jean Veil. « Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a indiqué l’avocat. Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah.

 Connue pour son fort caractère, celle qui a été l’une des personnalités préférées des Français était affaiblie depuis plusieurs années. L’été dernier, elle avait été brièvement hospitalisée pour des problèmes respiratoires. Présidente du Parlement européen et membre du Conseil constitutionnel puis de l’Académie française, Simone Veil a inspiré le respect de la classe politique, jusque chez ses adversaires.

Née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes) au sein d’une famille juive et laïque, fille d’un architecte, Simone Jacob est déportée en 1944 à Auschwitz avec sa famille. Rescapée de la barbarie nazie avec ses sœurs, elle rencontre à Sciences-Po son futur mari Antoine Veil. Le couple, marié en 1946, aura trois enfants. Antoine Veil est décédé en avril 2013″ – Pour en savoir plus sur France tvinfo

000_arp1857238Sa carrière de magistrate  En 1954, comme l’École nationale de la magistrature n’existe pas encore, pour devenir magistrat, il faut d’abord exécuter différents stages, notamment au parquet pendant deux ans. A l’issue de cette période de formation, Simone Veil est reçue au concours. Elle est alors affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle occupe ce poste pendant sept ans. Au cours de ses contrôles dans les prisons, elle se rend compte des conditions de vie déplorables des détenus. Or, à cette époque, les médias comme l’opinion publique ne s’intéressent guère au problème, voire estiment que ces détenus ont mérité ce traitement. Par conséquent, un budget trop restreint pour faire de réelles réformes est consacré aux prisons empêchant d’améliorer la situation. Observant également que la santé des détenus est préoccupante, la magistrate demande à ce qu’un camion radiologique passe dans tous les centres pour dépister les maladies, et crée également des centres médico-psychologiques au sein des maisons d’arrêt. Enfin, quelques bibliothèques et structures scolaires y sont ouvertes. Simone Veil doit s’occuper d’un dossier très délicat : celui du sort des prisonniers en Algérie. Elle se rend donc sur place mais est très mal accueillie par les responsables pénitenciers. Le problème est compliqué : il s’agit de savoir si l’on garde prisonnier des centaines de personnes condamnées à mort alors que le Général de Gaulle a suspendu leur exécution en 1958. Pour trouver un compromis, ces détenus ont été transférés en métropole. En ce qui concerne le sort des femmes algériennes, la magistrate a demandé à ce qu’elles soient regroupées dans le même centre et puissent bénéficier de cours. Pour des raisons familiales, Simone Veil doit changer de poste. René Pleven lui propose alors le secrétariat de la commission d’étude sur l’adoption. Le garde des Sceaux, Jean Foyer, lui donne la Direction des affaires civiles. Quand René Pleven devient ministre de la Justice, dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, elle devient conseiller technique à son cabinet. Elle est ainsi chargée de travailler avec le Parlement. Mais, le travail est harassant alors au bout d’un an, elle accepte le poste de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, poste proposé par Georges Pompidou. Cette fonction lui laisse du temps libre qu’elle met à profit pour représenter la chancellerie dans les commissions du Conseil de l’Europe. Elle est également nommée comme administrateur à l’ORTF pour y représenter l’État …simone veil C’est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne.De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l’une de ses sœurs en mars 1944, jusqu’à ses fonctions les plus récentes, elle a su s’imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s’il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu’elle l’a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l’administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – c’est là qu’elle fait voter, contre son camp, la loi sur l’IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.Fidèle à ce qu’elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu’elle l’a pu, en France comme partout, de son expérience d’Auschwitz.Mais cette femme de mémoire n’est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n’a souci que du monde de demain, celui qu’elle léguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie.Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des «grands» de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l’entend.Simone Veil est née en 1927 à Nice. Âgée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études de droit puis à l’Institut d’études politiques de Paris la conduisent à entamer une carrière de magistrate. Après un passage par l’administration pénitentiaire, Simone Veil entre au cabinet de René Pleven, Garde des Sceaux. En 1974, elle entre au gouvernement Chirac comme Ministre de la Santé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1979. Ardente militante européenne, elle conduit la liste de l’UDF aux premières élections de 1979. Élue députée, elle devient également la première femme présidente du Parlement européen. En 1993, elle entre dans le gouvernement Balladur comme Ministre d’État chargée des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. De 1997 à 1998, elle préside le Haut Conseil à l’intégration. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel.

Extrait – Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes soeurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.

Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.

Les années 1920 furent pour eux celles du bonheur. Ils s’étaient mariés en 1922. Mon père, André Jacob, avait alors trente-deux ans et Maman, Yvonne Steinmetz, onze de moins. À l’époque, l’éclat du jeune couple ne passe pas inaperçu. André porte l’élégance sobre et discrète à laquelle il tient, tout comme il est attaché à la créativité de son métier d’architecte, durement secoué par quatre années de captivité, peu de temps après son grand prix de Rome. D’Yvonne irradie une beauté rayonnante qui évoque pour beaucoup celle de la star de l’époque, Greta Garbo. Un an plus tard naît une première fille, Madeleine, surnommée Milou. Une nouvelle année s’écoule et Denise voit le jour, puis Jean en 1925, et moi en 1927. En moins de cinq ans, la famille Jacob s’est donc élargie de deux à six membres. Mon père est satisfait. La France a besoin de familles nombreuses, juge-t-il. Quant à Maman, elle est heureuse. Ses enfants remplissent sa vie.

Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l’un de l’autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d’autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l’arbre généalogique fait état d’une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l’époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j’ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l’entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L’une d’entre elles datait des années 1750. On imagine l’émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village.

Revue de presse – Une vie.Le titre que Simone Veil a emprunté à Maupassant pour ses Mémoires est inexact : «sa» vie n’en est pas simplement «une», tant elle est exceptionnelle. Par le tragique, d’abord, avec la déportation qui détruit sa famille; c’est en rescapée que Simone Veil a traversé le reste de l’existence. Dans le politique, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe de hautes fonctions, toujours liées à ses engagements les plus profonds. Enfin, son parcours est rare par sa grande valeur éthique et philosophique : presque jamais Mme Veil n’a transigé, pour des raisons électorales ou partisanes, avec ses convictions – elle confie, dans Une vie, quelques regrets. Plus que d’autres, elle est donc fondée à juger sévèrement certains acteurs politiques, et ne s’en prive pas. (Christophe Barbier et Philippe Broussard – L’Express du 25 octobre 2007)

D’abord un caractère. Un fichu caractère, forgé dans l’épreuve. Un caractère libre, ardent, attaché aux valeurs morales et républicaines, inculquées très tôt par une famille dont elle vénère le souvenir. Mais aussi un esprit prompt à la rébellion, et parfois à la colère. Son autobiographie, écrite l’année de ses 80 ans et intitulée Une vie (Stock, 400 p., 22,50 euros), le démontre à chaque page, forgeant l’image d’une femme indépendante, rétive à tout embrigadement ou conformisme. Mais qui pensait encore que Simone Veil, personnage charismatique et populaire, était de nature consensuelle ?…

Sans illusion, Simone Veil. Mais avec ce sentiment, commun aux rescapés, que chaque minute de vie est « du rab », que les biens et la richesse matériels ne sont que de l’écume. Avec une sensibilité extrême à tout ce qui génère humiliations et abaissement de l’autre – elle évoque toujours avec passion son travail en faveur des prisonniers lorsqu’elle était magistrate à l’administration pénitentiaire ; avec une détestation viscérale de la promiscuité et un attachement si fort à l’indépendance qu’elle renâclera toute sa vie à s’inscrire dans un parti politique (ce sera, ponctuellement et avant que François Bayrou ne l’en « dégoûte », l’UDF), préférant un cavalier seul discret, plus conforme à son attirance pour « le politiquement incorrect »…

Débarrassée de toute fonction officielle, Simone Veil n’a jamais été aussi libre. (Annick Cojean – Le Monde du 8 novembre 2007)

  • Éditeur : Stock (31 octobre 2007)
  • Langue : Français

Simone Veil : « Je ne peux pas prendre les choses à moitié »

Le 6 mai 1975, Jacques Chancel reçoit Simone Veil

En 1975, Simone Veil occupe depuis un an le poste de Ministre de la Santé, et la loi qui porte son nom, dépénalisant l’avortement, vient d’entrer en vigueur depuis quelques mois, après une période de débats très virulents. C’est donc une femme politique de 48 ans, libre et décidée, mais aussi sensible et pudique, que les Français commencent seulement à mieux connaître. Cette émission, diffusée les premiers jours du mois de mai 1975,  y contribuera encore largement.

Pour écouter l’intégralité de l’émission Radioscopie par Jacques Chancel

https://www.franceinter.fr/emissions/radioscopie-par-jacques-chancel/radioscopie-par-jacques-chancel-01-aout-2016

Il y a quarante deux ans, face aux insultes et aux calomnies, Simone Veil défendait l’IVG

Isabelle Gautier France Télévisions

Isabelle Gautier
France Télévisions

Le 26 novembre 1974, Simone Veil montait à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre la légalisation de l’avortement, malgré la violence des attaques proférées contre elle.

En 1974, le président Valéry Giscard d’Estaing a nommé Simone Veil au gouvernement en tant que ministre de la Santé pour défendre une loi extrêmement contestée à l’époque : celle autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Dans cet extrait de l’émission de Laurent Delahousse « Un jour, une histoire »,  « Simone Veil, l’instinct d’une vie », diffusé le 28 octobre, Simone Veil monte à la tribune, le 26 novembre 1974. Devant l’Assemblée nationale, qui ne compte alors que neuf femmes pour 490 députés, la nouvelle ministre se lance dans le combat, avec force et détermination, pour faire passer son texte…

Pour en savoir plus voir le billet publié par Isabelle Gautier France Télévisions le 26 novembre 2014   sur le site francetvinfo

14568042_10154039133838997_4135132077425372860_nEn parallèle  du blog  FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …
 
 

Accéder au Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson est un ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

Philippe poisson – Google+ 51 890

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Hors-série « Marianne » de mars : Simone Veil, un destin français

Le magazine Marianne consacre un hors-série à Simone Veil.

MARIVEIL_001.pdfRescapée de la Shoah, cette femme d’exception a été ministre et présidente du Parlement européen. Membre de l’Académie française, elle est aussi présidente d’honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

La nomination de Simone Veil comme ministre de la Santé était déjà une révolution : pour la première fois sous la Vème République, une femme devenait ministre de plein exercice. Sous Charles de Gaulle et Georges Pompidou, les femmes se contentaient de secrétariats d’Etat, avec des attributions réputées féminines, comme la famille, l’enfance et les personnes en détresse. Valéry Giscard d’Estaing et son Premier ministre Jacques Chirac avaient pris la mesure des changements de la société française.

Encore inconnue du grand public, l’ancienne magistrate, chignon serré et tailleur strict, entra dans l’histoire en prononçant, du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, une phrase qui sonnait comme une provocation : « Je veux tout d’abord vous faire part d’une réflexion de femme »…

Pour en savoir plus voir le billet publié par Guy Konopnicki sur le site de Marianne

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

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le blog de Philippe Poisson

17’46” de bonheur : La Prison au cinéma – Blow Up – ARTE

L’affaire Ida Beaussart – Histoire d’un parricide

Les Presses de l’Énap

La bataille de l’avortement

« Avortement, libre et gratuit ! »

Comment la loi sur l’avortement est elle passée ? Qui la soutenait ? Quel fut le rôle de Simone Veil, de Valery Giscard D’Estaing et de leurs opposants pendant ce débat ? Revivez la bataille pour l’avortement dans ce podcast de 2000 ans d’histoire.

Découvrez les livres sur l’avortement en cliquant ici.

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site de 2000 ans d’Histoire

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

12 février 1894 : attentat au café Terminus de la gare Saint-Lazare

1954 – Simone Veil affectée à la direction de l’administration pénitentiaire

Sa carrière de magistrate En 1954, comme l’École nationale de la magistrature n’existe pas encore, pour devenir magistrat, li faut d’abord exécuter différents stages, notamment au parquet pendant deux ans. A l’issue de cette période de formation, Simone Veil est reçue au concours. Elle est alors affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle occupe ce poste pendant sept ans. Au cours de ses contrôles dans les prisons, elle se rend compte des conditions de vie déplorables des détenus. Or, à cette époque, les médias comme l’opinion publique ne s’intéressent guère au problème, voire estiment que ces détenus ont mérité ce traitement. Par conséquent, un budget trop restreint pour faire de réelles réformes est consacré aux prisons empêchant d’améliorer la situation.

Observant également que la santé des détenus est préoccupante, la magistrate demande à ce qu’un camion radiologique passe dans tous les centres pour dépister les maladies, et crée également des centres médico-psychologiques au sein des maisons d’arrêt. Enfin, quelques bibliothèques et structures scolaires y sont ouvertes.

Simone Veil doit s’occuper d’un dossier très délicat : celui du sort des prisonniers en Algérie. Elle se rend donc sur place mais est très mal accueillie par les responsables pénitenciers. Le problème est compliqué : il s’agit de savoir si l’on garde prisonnier des centaines de personnes condamnées à mort alors que le Général de Gaulle a suspendu leur exécution en 1958. Pour trouver un compromis, ces détenus ont été transférés en métropole. En ce qui concerne le sort des femmes algériennes, la magistrate a demandé à ce qu’elles soient regroupées dans le même centre et puissent bénéficier de cours.

Pour des raisons familiales, Simone Veil doit changer de poste. René Pleven lui propose alors le secrétariat de la commission d’étude sur l’adoption. Le garde des Sceaux, Jean Foyer, lui donne la Direction des affaires civiles. Quand René Pleven devient ministre de la Justice, dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, elle devient conseiller technique à son cabinet. Elle est ainsi chargée de travailler avec le Parlement. Mais, le travail est harassant alors au bout d’un an, elle accepte le poste de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, poste proposé par Georges Pompidou. Cette fonction lui laisse du temps libre qu’elle met à profit pour représenter la chancellerie dans les commissions du Conseil de l’Europe. Elle est également nommée comme administrateur à l’ORTF pour y représenter l’État …

simone veilC’est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne.

De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l’une de ses sœurs en mars 1944, jusqu’à ses fonctions les plus récentes, elle a su s’imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s’il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu’elle l’a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l’administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – c’est là qu’elle fait voter, contre son camp, la loi sur l’IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Fidèle à ce qu’elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu’elle l’a pu, en France comme partout, de son expérience d’Auschwitz.

Mais cette femme de mémoire n’est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n’a souci que du monde de demain, celui qu’elle léguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie.

Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des «grands» de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l’entend.

Simone Veil est née en 1927 à Nice. Âgée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études de droit puis à l’Institut d’études politiques de Paris la conduisent à entamer une carrière de magistrate. Après un passage par l’administration pénitentiaire, Simone Veil entre au cabinet de René Pleven, Garde des Sceaux. En 1974, elle entre au gouvernement Chirac comme Ministre de la Santé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1979. Ardente militante européenne, elle conduit la liste de l’UDF aux premières élections de 1979. Élue députée, elle devient également la première femme présidente du Parlement européen. En 1993, elle entre dans le gouvernement Balladur comme Ministre d’État chargée des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. De 1997 à 1998, elle préside le Haut Conseil à l’intégration. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel.

Extrait – Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes soeurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.

Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.
Les années 1920 furent pour eux celles du bonheur. Ils s’étaient mariés en 1922. Mon père, André Jacob, avait alors trente-deux ans et Maman, Yvonne Steinmetz, onze de moins. À l’époque, l’éclat du jeune couple ne passe pas inaperçu. André porte l’élégance sobre et discrète à laquelle il tient, tout comme il est attaché à la créativité de son métier d’architecte, durement secoué par quatre années de captivité, peu de temps après son grand prix de Rome. D’Yvonne irradie une beauté rayonnante qui évoque pour beaucoup celle de la star de l’époque, Greta Garbo. Un an plus tard naît une première fille, Madeleine, surnommée Milou. Une nouvelle année s’écoule et Denise voit le jour, puis Jean en 1925, et moi en 1927. En moins de cinq ans, la famille Jacob s’est donc élargie de deux à six membres. Mon père est satisfait. La France a besoin de familles nombreuses, juge-t-il. Quant à Maman, elle est heureuse. Ses enfants remplissent sa vie.
Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l’un de l’autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d’autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l’arbre généalogique fait état d’une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l’époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j’ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l’entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L’une d’entre elles datait des années 1750. On imagine l’émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village.
Revue de presse – Une vie.Le titre que Simone Veil a emprunté à Maupassant pour ses Mémoires est inexact : «sa» vie n’en est pas simplement «une», tant elle est exceptionnelle. Par le tragique, d’abord, avec la déportation qui détruit sa famille; c’est en rescapée que Simone Veil a traversé le reste de l’existence. Dans le politique, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe de hautes fonctions, toujours liées à ses engagements les plus profonds. Enfin, son parcours est rare par sa grande valeur éthique et philosophique : presque jamais Mme Veil n’a transigé, pour des raisons électorales ou partisanes, avec ses convictions – elle confie, dans Une vie, quelques regrets. Plus que d’autres, elle est donc fondée à juger sévèrement certains acteurs politiques, et ne s’en prive pas. (Christophe Barbier et Philippe Broussard – L’Express du 25 octobre 2007)
D’abord un caractère. Un fichu caractère, forgé dans l’épreuve. Un caractère libre, ardent, attaché aux valeurs morales et républicaines, inculquées très tôt par une famille dont elle vénère le souvenir. Mais aussi un esprit prompt à la rébellion, et parfois à la colère. Son autobiographie, écrite l’année de ses 80 ans et intitulée Une vie (Stock, 400 p., 22,50 euros), le démontre à chaque page, forgeant l’image d’une femme indépendante, rétive à tout embrigadement ou conformisme. Mais qui pensait encore que Simone Veil, personnage charismatique et populaire, était de nature consensuelle ?…
Sans illusion, Simone Veil. Mais avec ce sentiment, commun aux rescapés, que chaque minute de vie est “du rab”, que les biens et la richesse matériels ne sont que de l’écume. Avec une sensibilité extrême à tout ce qui génère humiliations et abaissement de l’autre – elle évoque toujours avec passion son travail en faveur des prisonniers lorsqu’elle était magistrate à l’administration pénitentiaire ; avec une détestation viscérale de la promiscuité et un attachement si fort à l’indépendance qu’elle renâclera toute sa vie à s’inscrire dans un parti politique (ce sera, ponctuellement et avant que François Bayrou ne l’en “dégoûte”, l’UDF), préférant un cavalier seul discret, plus conforme à son attirance pour “le politiquement incorrect”…
Débarrassée de toute fonction officielle, Simone Veil n’a jamais été aussi libre. (Annick Cojean – Le Monde du 8 novembre 2007)
  • Éditeur : Stock (31 octobre 2007)
  • Langue : Français