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Madame Pasteur : secrets de famille…

Madame PasteurParution du livre le 17 novembre 2013 – MADAME PASTEUR et sa famille, dans les coulisses d’une oeuvre et d’une époque.

Les seuls mérites de Marie pasteur, si grands soient-ils, n’auraient sans doute pas nécessité un ouvrage aussi volumineux. Faire revivre cette «rude bonne femme», cette compagne ignorée, c’est entrer dans l’intimité de son «cher savant de mari» dont la vie privée est souvent occultée par l’importance de l’œuvre.

C’est les replacer l’un et l’autre dans leur environnement social. Grâce à de nombreuses traces, c’est tenter l’expérience de les suivre pas à pas. Tous les détails qui permettent de restituer l’ambiance, les habitudes, les us et coutumes de leur époque et de leur milieu, ont été rassemblés.

C’est aussi évoquer un processus de glorification qui a peu d’équivalents et montrer qu’il a été orchestré par les proches autant que par les autorités.

La recherche de la vérité étant la plus grande source de surprises, il n’y a dans ce récit adressé à madame pasteur, aucune mise en scène romanesque et les citations attestent du respect des documents. Le lecteur accompagne l’auteur dans ses recherches et assiste à ses découvertes.

Les points de vue de divers témoins et historiens sont confrontés.

Le ton reste léger et l’humour de Marie pasteur est mis en valeur.

Biographie de l’auteure :

Agnès Desquand, née le 7 février 1943 à Bourges dans une famille de libraires-imprimeurs, est diplômée de l’École du Louvre, section ethnographie française. On lui doit une étude sur la cuisine à l’âtre dans le Sancerrois et le récit d’une révolte de femmes en Forez pendant la Révolution française : «Éclats de femmes».

Dix années passées au Musée Pasteur, au sein de l’Institut Pasteur, lui ont donné l’idée et l’envie de s’intéresser à l’entourage de Pasteur, particulièrement à sa femme et à la famille de celle-ci.

Extrait du livre : 

Première lettre en guise d’introduction

A Marie-Anne dite Marie Laurent, femme de Louis Pasteur

Chère Madame,

Du haut de votre cadre, vous m’avez sans doute repérée, entrant de façon intempestive dans votre chambre ou dans celle de votre mari, fouillant dans vos tiroirs, tripotant vos petites affaires, faisant de vos souvenirs mes souvenirs… souvenir, par exemple, de l’émotion que j’ai ressentie dans le silence de la chambre de Pasteur quand, découvrant dans votre chiffonnier une longue natte de cheveux blonds enveloppée de papier de soie, j’ai levé les yeux vers le tableau qui se trouve au-dessus de ce meuble et réalisé que cette natte, pieusement conservée, avait appartenu à votre fille Cécile, morte à 12 ans, qui, elle aussi, me surveillait depuis son cadre ovale.

J’ai accaparé votre mobilier, vos bibelots, vos livres, vos papiers et jusqu’à vos bobines de fil pour les mettre en fiche. En accomplissant tout ce qu’on doit accomplir quand on travaille dans le musée qu’est devenu votre appartement de l’Institut Pasteur, j’ai fait votre connaissance et bien malgré vous, vous m’êtes devenu familière.

Je dois vous annoncer que j’ai été beaucoup plus loin encore, trop loin peut-être compte tenu du respect dû aux disparus, pas assez peut-être au regard des historiens les plus rigoureux : j’ai entrepris des recherches pour mieux vous connaître et, ce faisant, j’ai traqué les secrets de famille de ce personnage légendaire qu’est devenu Pasteur.

Je me suis rendu compte que les historiens comme le grand public vous ignorent. Il est rare qu’on ne sache rien de la compagne ou du compagnon des personnages les plus célèbres. Votre mari est peut-être le personnage historique le plus connu dans le monde et vous êtes complètement méconnue. Il est vrai que la vie privée des scientifiques intéresse moins que celle des souverains, des présidents, des écrivains ou des artistes.

J’ai constaté, avec indifférence puis avec regret, que ceux qui vous découvrent grâce aux portraits exposés au Musée Pasteur, vous trouvent en général peu aimable. Peut-être entendez-vous les commentaires que suscite celui d’Edelfelt devenu en quelque sorte votre portrait officiel. C’est une superbe peinture dont vous avez écrit vous-même : «La ressemblance est renversante, les tophus de la main gauche sont d’une exactitude navrante, hélas ! La robe noire est tout à fait digne et calme, ainsi que la coiffure.» Mais, à force d’être digne, vous donnez l’impression d’être austère, «pas drôle», «pas marrante tous les jours»… J’ai surpris le mot «mémère».

Quand je suis arrivée au Musée Pasteur, je me suis laissé influencer par ces jugements qui ne reposaient que sur la vision rapide d’une image. J’ai vite réalisé que ce portrait vous montre à soixante trois ans, grand âge à votre époque, que votre sévérité est accentuée par le port, courant alors, du voile noir qui proclame votre veuvage et qu’il n’était pas d’usage de sourire quand on posait. J’ai trouvé des témoignages élogieux vous décrivant comme quelqu’un de charmant et, pour combattre le peu d’enthousiasme des visiteurs arrivant devant ce tableau, j’ai pris l’habitude de leur faire savoir que vous étiez «une femme très gaie».

Ma collection d’avis favorables vous concernant prenait peu à peu de l’ampleur. Quelques rares avis défavorables dénoncent votre éventuel mauvais goût, défaut que vous suggérez vous-même, votre franc-parler ou votre sens de l’économie qui peuvent tout aussi bien passer pour des qualités. D’autres défauts que l’étude de votre vie pourrait dévoiler, n’ont pas été relevés par ceux qui vous ont connue. Nous verrons qu’une qualité vantée hier peut être vue comme un défaut aujourd’hui. Certains de vos comportements permettent de mettre en lumière ces changements de mentalité.

Si les femmes de savants sont oubliées dans les biographies de leur mari, elles sont évoquées, par politesse, quand elles sont présentes lors des discours funéraires ou des inaugurations de statue. Les mêmes mots servent alors à rendre hommage à toutes ces dames : «Compagne douce et dévouée… sachant s’effacer». On ne vous a pas épargné ce fameux dévouement. Il était évident. Mais beaucoup d’autres qualités vous ont été attribuées. Pasteur étant devenu un mythe, on peut se demander si la pureté de ce mythe n’exige pas la perfection de tout ce qui s’y rapporte. Votre gendre bien-aimé, René Vallery-Radot, premier biographe de Pasteur, a tout mis en œuvre pour vous sanctifier tous les deux. (…)

Genre : Biographies, mémoires, correspondances…

Éditeur : Dmodmo éditions, Dole, France

Les femmes, l’enseignement et les sciences – Un long cheminement (XIXe-XXe sicèle)

Les femmes, l'enseignement et les sciences - Un long cheminement (XIXe-XXe sicèle)Parution du livre le 1er avril 2008 – L’histoire de l’enseignement féminin est peu connue. En France, cet enseignement s’est constitué au niveau secondaire, avec la loi Sée de 1880, en double décalage par rapport à son homologue masculin organisé au début du XIXe siècle, décalage dans le temps et dans sa conception même ; ne menant pas au baccalauréat, il ne permet pas l’accès aux facultés. L’ouvrage, centré sur la partie scientifique de l’enseignement, retrace les étapes qui ont conduit, en un siècle, l’enseignement féminin d’une organisation spécifique, tant au niveau secondaire qu’à celui du recrutement des professeurs, à la fusion complète avec l’enseignement masculin : identité des cursus, des contenus et des épreuves, unicité des concours et des classements, mixité. Ce parcours historique montre tous les progrès réalisés et les acquis obtenus, mais aussi l’engagement et les succès des pionnières qui ont permis de vaincre les préjugés sur l’inaptitude des femmes pour les sciences, en particulier les sciences abstraites. La connaissance de cette évolution spectaculaire peut permettre de vaincre certains blocages, dus à l’atavisme des générations auxquelles on déniait de bonnes capacités pour les sciences, afin de gommer un ultime décalage au niveau des orientations vers les études scientifiques supérieures.

Biographie de Nicole Hulin :

Ancienne élève de l’École normale supérieure (Sèvres), Nicole Hulin est titulaire de l’agrégation masculine de physique, d’un doctorat et d’une habilitation de l’École des hautes études en sciences sociales. Maître de conférences honoraire à l’Université Paris VI et chercheur au Centre Alexandre Koyré, ses travaux portent sur l’histoire de l’enseignement scientifique aux XIXe et XXe siècles.

Sommaire :

    • L’enseignement secondaire des jeunes filles ; constitution et évolution
    • Des cours Duruy à la loi Sée
    • L’enseignement des sciences dans les lycées de jeunes filles
    • La question de l’identification des deux enseignements masculin et féminin
    • Les changements des années 1920
    • Un premier bilan
    • Le recrutement des professeurs, L’agrégation
    • Les agrégations scientifiques féminines au XIXè s
    • Évolution et unification
    • Les femmes et les concours masculins
    • De l’unification à la fusion des concours

 Éditeur : L’Harmattan

Collection : Histoire des Sciences Humaines