Archives du mot-clé résistante

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac

 

 


Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Diên Biên Phu

Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Dien Bien phu. En Aout 1943, Elisabeth, voulant faire médecine, jeune fille de bonne famille de 19 ans, choisit son camp. Celui de la France libre. Elle entre en résistance (jouant de son côté angélique, elle vole des armes aux Allemands) puis au BCRA du colonel Passy. Les services secrets. Elle sera en charge (avec d’autres) et malgré son jeune âge, de l’organisation des opérations aériennes du nord-ouest. Le BOA. Nom de code Galilée 2. Elisabeth devenue « Brigitte » vérifie les zones de parachutages, transporte les valises de radioguidage. Plus tard, Brigitte est sollicitée par l’agent Britannique Yeo-Thomas (voir mon t.4) pour participer à l’évasion de Pierre Brossolette (arrêté le 4 février 1944 en Bretagne). 21 Mars 1944, malheureusement le plan avorte. Suite aux « aveux» d’un agent de liaison, Pierre Manuel, Brigitte (et son compagnon) sont arrêtés au Trocadero. Elle prend une balle dans le ventre lorsque la Gestapo l’appréhende. Tabassée, torturée (on lui cogne la tête contre les murs), Brigitte ne parle pas. Elle va être envoyée en déportation. Direction Ravensbrück (exactement le kommando de Zwodau)! Puis elle survivra aussi à la marche à la mort vers Dachau pendant l’hiver 1945 (470 kms à pied), ne voulant pas laisser ses os en terre allemande et reviendra à Paris. A son retour à Paris, hôtel Lutetia, elle pèse aussi peu qu’un enfant de huit ans (26 kilos). Puis, Brigitte sera attachée de presse d’André Malraux avant de devenir correspondante de guerre en Indochine (1951). Pour suivre les troupes, elle passera son brevet de parachutiste militaire. Brigitte vivra comme un homme, au milieu des soldats (une vie de frousse selon ses dires). Son aventure se terminera à Dien Bien Phu, ou elle sera parachutée. Étant une femme et non militaire, Brigitte sera exfiltrée de « force », alors qu’elle désire rester jusqu’au bout avec les soldats.

Je vous engage à lire ses oeuvres : Regarde-toi qu meurs qui meurs (1947) et les fleurs du ciel (1955)

Brigitte est décédée le 6 mars 2011.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Lire une vidéo sur http://www.memoresist.org/temoignage/brigitte-friang/

Manon Cormier, avocate et résistante bordelaise – Presse RetroNews …

Née le 27 août 1896 dans une famille bourgeoise et républicaine (son père, Jules Cormier, est maire de Bassens), Manon Cormier est la première femme à obtenir, à 20 ans, sa licence de droit à Bordeaux. Elle devient ainsi la première avocate bordelaise en 1921. Cette pionnière sur la région va s’attacher à défendre les plus démunis. Son autre combat, celui qui la portera toute sa vie, c’est son attachement aux droits des femmes.

En 1924, elle devient présidente fondatrice de la section girondine de la Ligue française pour le droit des femmes (LFDF), puis membre du comité central de la Ligue dès 1928, et organise de nombreuses rencontres pour défendre le droit de vote des Françaises.

Ces conférences obtiennent de plus en plus de succès ; les journaux qui en font l’écho se montrent souvent admiratifs devant ses arguments…

Pour en savoir plus lire le billet publié par Michèle Pedinielli le 27 février 2018 sur le site de Retronews.

La résistante et Juste parmi les nation Jeanne Brousse s’est éteinte …

Ce vendredi 20 octobre 2017, la résistante et Juste parmi les nation Jeanne Brousse s’est éteinte. Travaillant à la préfecture de Haute-Savoie dès ses 18 ans en 1939, elle y avait fourni des papiers aux réfugiés clandestins et aidé des familles juives à échapper aux rafles du régime nazi.

Résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, très engagée pour le devoir de mémoire après le conflit, la haut-savoyarde Jeanne Brousse, née Maurier, s’est éteinte vendredi 20 octobre, à l’âge de 96 ans.

Le président du département Christian Monteil fait part de son émotion dans un communiqué. « Résistante haut-savoyarde, Juste parmi les nations, elle était très impliquée dans la transmission de la mémoire auprès des nouvelles générations », écrit-il.

Dès 1939, Jeanne Brousse avait intégré la Préfecture, d’abord au service des naturalisations puis celui des réfugiés. Sa position lui avait permis d’entrer en résistance. Elle avait sauvé des vies en fournissant des faux-papiers aux clandestins et aidant les familles juives, les prévenant de l’imminence des rafles.

Après la guerre, Jeanne Brousse avait poursuivi son engagement dans le tissu associatif, notamment en témoignant dans les collèges. Elle avait été reconnue dès 1973 comme Juste parmi les nations. 

Pour lire la vidéo sur France3-regions.france tvinfo

Elle, Edmonde

Il y a un an disparaissait Edmonde Charles-Roux.

La première biographie de cette femme aux mille vies.

cro15novembre-tt-width-326-height-468-lazyload-0-crop-1-bgcolor-ffffffParution du livre le 5 janvier 2017 – Elle, c’est Edmonde Charles-Roux. Résistante, grande amoureuse, écrivain à succès, prêtresse de la mode, croisée socialiste, présidente de l’académie Goncourt, égérie d’un groupe de rap… Une femme aux mille vies, passionnée et engagée, romanesque en diable.

Née en 1920, fille d’un ambassadeur à Rome auprès du Saint-Siège, elle est élevée dans des palais italiens, au milieu des artistes, des princes et des papes. Elle semble promise à une vie bien rangée. Mais en 1940, elle s’engage comme infirmière-ambulancière, avant de rejoindre la clandestinité. À la Libération, cette caporal-chef de la Légion étrangère, décorée de la croix de guerre, devient journaliste à Elle, puis révolutionne Vogue. Son premier roman obtient le prix Goncourt. De Gaulle lui confiera : « Madame, vous votez mal mais vous écrivez bien. » Grande bourgeoise aimantée par les marginaux, elle devient la muse d’écrivains célèbres, de peintres et de photographes d’avant-garde. C’est aussi une féministe qui ne craint pas les diables macho. Avec Gaston Deferre, le flamboyant maire de Marseille, ministre de l’Intérieur de Mitterrand, elle forme un couple légendaire qui navigue entre les ors de la République et le monde ouvrier, les bals du gotha et la fête de l’Huma.

Rebelle, courageuse, pétrie de désirs, de talents et de contradictions, Edmonde assume tout. Une femme libre, tout simplement.

Jean-Noël Liaut est écrivain et traducteur. Il a publié plusieurs biographies parmi lesquelles Elsa Triolet et Lili Brik, les sœurs insoumises, prix de la biographie historique de l’Académie française 2015. Livre publié chez Allary

philippe-henri-est-de-retourIndépendamment de mes activités sur les blogs Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des … et FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES : 

Je vous invite à découvrir ce nouveau site, fruit du travail de plusieurs mois de recherche, d’errance vagabonde et d’itinérance. Bonne lecture.

Odyfolio Emirates est le site d’information touristique de référence sur Dubaï, Abu Dhabi, les Émirats Arabes Unis (EAU), Oman, etc

La chaîne You Tube OdyFolio Emirates est désormais lancée …

Pour visiter le site http://www.odyfolioemirates.com/fr/

Philippe Poisson est un ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

Le blog de Philippe Poisson – Articles à votre disposition concernant l …

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« On l’appelait Rainer » : Madeleine Riffaud : Résistante, militante anticolonialiste, puis journaliste …

14067525_1037633246305276_1136017794239470713_nMadeleine Riffaud, née le 23 août 1924

Résistante, militante anticolonialiste, puis journaliste dans nos colonnes, repoussant toujours plus loin les limites de l’investigation. L’occasion de revenir sur un parcours exceptionnel. Pour ses 90 ans Alain Ruscio lui rendit hommage dans cet article de l’Humanité publié le 22 août 2014.

« Tous les combats de Madeleine Riffaud » Ce 23 août, Madeleine Riffaud – mais elle est, elle reste, pour des milliers de ses amis, Madeleine, tout simplement – a 90 ans. La connaissant, nous savons déjà que nous allons subir ses foudres, pour ne pas dire plus, de rappeler ce simple fait. « Je n‘ai jamais fêté mes anniversaires, ce n’est pas maintenant que je vais commencer ! » Et pourtant, Madeleine doit l’accepter : son destin appartient un peu à la grande communauté de ses amis, de ses camarades. Et nous avons bien le droit, nous, de saisir chaque occasion pour lui dire combien nous l’aimons, nous l’admirons. Un jeune cinéaste franco-vietnamien, Philippe Rostan, avait réalisé, il y a quelques années, un film remarqué, les Trois Guerres de Madeleine Riffaud (Résistance, Algérie, Vietnam). Nous pourrions ajouter : … et tout le reste, alors ? Elle a 18 ans lorsqu’elle établit le contact avec la Résistance à la faculté de médecine de Paris. Elle y adopte le nom de guerre de Rainer (clin d’œil internationaliste au grand poète allemand Rainer Maria Rilke). Et son courage amène ses camarades de lutte à lui confier des missions de plus en plus périlleuses. En 1944, alors que la Wehrmacht est partout en recul, la Résistance décide de franchir un cran dans la lutte armée dans la capitale, avant l’arrivée des troupes alliées. « Nous voulions que Paris se libère elle-même », rappelle-t-elle (Madeleine Riffaud toujours en Résistance, film de Jorge Amat). Elle est volontaire pour une mission périlleuse : abattre un officier allemand. Elle passe à l’acte sur le pont de Solferino. « Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi. » Arrêtée par un milicien, livrée à la Gestapo, torturée, condamnée à mort, elle échappe in extremis au peloton d’exécution grâce à un échange de prisonniers. Cela se passe le 19 août, au moment précis où commence l’ultime combat pour la libération de Paris. Madeleine, rejoint son groupe, Saint-Just (quel plus beau nom trouver ?), commandé par le capitaine Fénestrelle, dont elle prend le commandement d’un détachement et sera élevée au grade de lieutenant FFI. Le 23 août, ce groupe prend d’assaut et bloque un train blindé allemand au tunnel des Buttes-Chaumont. 23 août 1944 ? Le jour de ses 20 ans. Mais pour elle, pas de trêve : le 25, elle est, toujours à la tête de sa compagnie, à l’assaut du tout dernier bastion allemand, la caserne de la place de la République. C’est ce jour-là que de Gaulle prononce sa célèbre phrase : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !… » Libéré par son peuple, oui. Mais à ce moment, Michel Tagrine, jeune héros FTP de 22 ans, compagnon d’armes de Madeleine, vient d’être fauché, l’un des derniers martyrs de la Libération. Ce soir-là, raconte Madeleine, alors que tout Paris riait, nous, ses compagnons d’armes, pleurions comme des gosses… Cette première expérience exceptionnelle, cette Résistance d’une très jeune femme, sera plus tard contée par elle sous le titre « On l’appelait Rainer ».

« Ta place est en France, pour y éclairer ton peuple, pour y participer aux luttes »

C’est ensuite, après la Libération, une nouvelle vie, le tourbillon un peu fou de la victoire, d’un début de célébrité. « Je suis tombée dans la légalité comme on plonge les fesses dans un seau d’eau froide », dit-elle (film Jorge Amat). Elle rencontre les dirigeants du PCF, fait la connaissance d’Éluard, de Picasso (qui fera plus tard son portrait), d’Aragon, de Vercors, à qui elle voue depuis une grande admiration. Elle devient l’épouse de Pierre Daix, un autre héros de la Résistance, dont elle se séparera dès 1947. Madeleine dit : « À cette époque, je ne savais que manipuler les armes. » Trop de modestie ! Il n’y a pas que cela : elle écrit. Des poèmes. Et magnifiquement. Son premier ouvrage, le Poing fermé, est préfacé par Paul Éluard. Simultanément, elle choisit la carrière journalistique. Elle entre à Ce soir, alors l’un des grands quotidiens progressistes français, dirigé par Aragon. Elle y croise une grande, grande dame, qui sera d’une influence déterminante sur le cours de sa vie : Andrée Viollis, naguère auteure de SOS Indochine (1935). Andrée Viollis lui présente alors Hô Chi Minh, en visite officielle en France pour tenter d’éviter le déclenchement de la guerre d’Indochine – ce qu’il ne parviendra pas à faire. Madeleine a gardé un souvenir ému de cette première rencontre (il y en eut tant d’autres !). L’oncle Hô lui dit : « Ma fille, le journalisme est un métier. Apprends, apprends, puis ensuite viens me voir dans mon pays. » Ce qu’elle fit dix ans plus tard. Entre-temps, de Ce soir, elle est passée à la Vie ouvrière, où elle participe, par la plume, aux campagnes de la CGT (appel de Stockholm, luttes contre la guerre d’Indochine, notamment lors de l’affaire Henri Martin). Elle trouve pourtant, toujours, le temps de poursuivre une carrière littéraire (le Courage d’aimer, recueil de poésies, les Baguettes de jade, récit romancé des rencontres faites avec la délégation vietnamienne, notamment du poète Nguyen Dinh Thi, lors du festival de Berlin, en 1951). La guerre « française » d’Indochine, justement, s’achève. Madeleine avait été de ceux qui, depuis le début, avaient soutenu l’indépendance du Vietnam, avaient prédit les impasses tragiques de la politique française. Diên Biên Phu leur donna raison. Madeleine est volontaire pour partir, toujours pour la VO, couvrir les tout premiers temps de l’existence du nouvel État indépendant vietnamien, installé à Hanoi. Mais aussi, pourquoi le masquer, pour retrouver Nguyen Dinh Thi. Elle passera là, sans doute, les plus belles années de sa vie, au milieu de ce peuple qui alors commence la reconstruction, croyant éviter une seconde guerre, contre les États-Unis cette fois. Sa proximité avec Hô Chi Minh est une chose connue de tous. Pour beaucoup, Madeleine est un peu « la fille française de l’oncle ». Épisode heureux, épisode trop court. « Ta place est en France, pour y éclairer ton peuple, pour y participer aux luttes », lui dit alors Hô. Grandeurs et douleurs de l’engagement…

Elle échappe miraculeusement à un attentat de l’OAS mais est gravement blessée

Nous sommes alors en 1956. Depuis deux ans, une nouvelle épreuve vient de commencer. L’aveuglement colonialiste, qui n’a aucune limite, amène les dirigeants français à engager le pays dans une nouvelle guerre, en Algérie. C’est pour l’Humanité, cette fois, que Madeleine va reprendre le combat. Elle intègre l’équipe prestigieuse de la rubrique internationale, dirigée par Pierre Courtade, où elle se fera des amitiés définitives, les si regrettés Yves Moreau, Robert Lambotte, Jean-Émile Vidal, François Lescure… Madeleine va partager tous les combats de ce journal. De Paris, elle écrit des pages émouvantes (qui a pu oublier son « Adieu aux martyrs de Charonne » ? ses polémiques, elle, l’ancienne résistante, avec l’ex-collabo Papon devenu préfet de police ?). Mais ce diable de femme n’aime que le terrain. Avec l’accord de son journal, elle part, clandestinement, en Algérie, avec les dangers encourus que l’on imagine, en cette période où les « ultras » de l’Algérie française haïssent les journalistes de métropole et tout ce qui ressemble à la gauche. Alors, une journaliste communiste… Elle échappe d’ailleurs miraculeusement à un attentat de l’OAS mais est gravement blessée. La guerre d’Algérie se terminant comme la précédente, en Indochine, par l’accès à l’indépendance du peuple colonisé, Madeleine est de retour à Paris. Pas pour longtemps. Le cycle infernal des guerres menées par l’Occident contre la liberté des peuples ne cessant pas, c’est de nouveau sur le Vietnam que l’actualité braque ses projecteurs. Là, les États-Unis, prenant le relais de la France coloniale – c’est l’époque où le monde ne voit que le beau sourire de Kennedy, oubliant un peu vite l’impérialisme américain –, ont décidé d’ériger une barrière « contre le communisme », en fait d’interdire au peuple vietnamien de s’unir et de choisir son destin. Madeleine, qui a évidemment gardé le Vietnam au cœur, y repart, toujours pour l’Humanité. Ce journal aura alors sur place un tandem d’exception : Charles Fourniau, historien devenu un temps journaliste, pour les analyses de fond, les éclairages indispensables ; Madeleine Riffaud, pour le vécu, la sensibilité. Madeleine l’intrépide est sur le terrain, parmi ses sœurs et ses frères vietnamiens, au sud, Dans les maquis viêt-cong (titre d’un ouvrage paru en 1965 reprenant ses reportages) ou Au Nord-Vietnam : écrit sous les bombes (autre ouvrage, 1967). Ses reportages d’ailleurs dépassent largement le lectorat habituel de l’Huma. Ses textes sont traduits dans plusieurs langues, les micros se tendent vers elle à chaque nouvelle étape de la lutte du peuple vietnamien. Enfin, Madeleine ne sait pas seulement écrire : elle parle. Tous ceux (une génération entière !) qui sont venus l’écouter à la Mutualité raconter, toujours avec des détails choisis, significatifs, teintés souvent d’humour, le quotidien de la résistance du Vietnam, n’ont pu oublier la sensation de cette femme, apparemment frêle, à l’héroïsme (elle n’aime pas, mais pas du tout, le mot) tranquille, parlant simplement des dangers encourus.

« Trois guerres de Madeleine Riffaud », « trois victoires partagées »

Cette phase américaine de la guerre du Vietnam s’achève en 1975. Madeleine, à sa place, celle d’une journaliste-écrivain-témoin d’exception, y a contribué. Les « trois guerres de Madeleine Riffaud » s’achèvent. On pourrait plus précisément dire les « trois victoires partagées »… Madeleine continue ensuite ses combats humanistes de mille manières. L’une d’entre elles est de se couler incognito, durant plusieurs mois, dans la peau d’une aide-soignante, de connaître là encore de l’intérieur le travail, les luttes, les espoirs et parfois les désespoirs du personnel hospitalier. Au terme de cette expérience naîtra un livre choc, lu encore aujourd’hui, sur la vie quotidienne de ces autres héroïnes, les Linges de la nuit. Même si les années ont passé, elle est encore et toujours active. L’un des derniers témoins de la Libération de Paris, elle est très sollicitée, en ce 70e anniversaire de ce grand événement. Et le Vietnam, toujours, la taraude… On l’a vue, il y a quelque temps, sur le parvis des Droits-de-l’Homme, aux côtés d’Henri Martin, dénoncer les effets terribles de l’agent orange, aujourd’hui encore, sur les enfants de ce pays. Elle était présente, parlant debout, droite, une heure durant, lors de la soirée d’hommages qui fut rendue récemment au Centre culturel vietnamien, à elle-même, à Raymonde Dien, elle aussi présente, et à Henri Martin. Alors, oui, nous savons que nous allons nous faire houspiller. Mais nous prenons le risque de dire, avec tant d’autres : « Bon anniversaire, Madeleine. »

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

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Témoignage. Yvonne Abbas, syndicaliste CGT, communiste, résistante, déportée

Témoignage inédit mai 2015 Journal l’Humanité . Yvonne Abbas naît en 1922 à Pérenchies. Elle fait sa scolarité à La Madeleine jusqu’au certificat d’études. Issue d’une famille modeste, orpheline de père, elle commence à travailler dès l’âge de 13 ans et devient syndicaliste. Elle se marie à Florent Debels à 16 ans et adhère notamment à l’Union des jeunes filles de France dès sa fondation, en 1936. Elle fréquente de grands noms de la future Résistance.

Elle s’engage elle-même dans la Résistance dès le début de l’occupation, sa « piaule » sert d’hébergement et de dépôt de matériel. Presse clandestine, tracts, faux-papiers : ses activités lui valent d’être arrêtée par la « Police Spéciale » française le 29 avril 1942 – le jour de ses 20 ans – avec Louis Petit et Jean Bracq (qui seront fusillés par les nazis). Elle est emmenée au commissariat central de Lille, subit des interrogatoires musclés, de la torture morale mais ne parle pas.

Devant la cour spéciale de Douai, elle se défend seule, estimant que tous les avocats sont des collabos et est condamné à huis clos, comme « bandit ». Elle est incarcérée à la prison de Cuincy,

Elle est ensuite transférée à la prison de la Petite Roquette, à Paris.

Yvonne Abbas est ensuite transférée à la Centrale de Rennes, avant d’être confiée à la Gestapo, puis envoyée à Romainville.

De là, elle est déportée en train au camp de concentration de Ravensbrück, le plus grand camp de femmes.

Le convoi ferroviaire durera 5 jours et 4 nuits dans des conditions épouvantables avant d’arriver dans ce camp pour femmes dont 92 000 déportées ne sont jamais revenues.

À son arrivée, elle devient le matricule 35138. Elle est ensuite déplacée dans le camp de travail d’Holleischen, en Tchécoslovaquie.

Le 5 mai 1945, « Vony » comme on l’appelait dans le camp, vit la Libération.

Elle apprend alors que son mari, Florent Debels, a été arrêté le 2 mai 1942, à Sin-le-Noble (Nord) à la suite « donné » par un résistant gravement blessé, puis torturé et fusillé. De la prison de Cuincy, il avait été envoyé à la prison de Louvain (Belgique) où le tribunal militaire allemand l’avait condamné à mort le 5 juin 1942 pour « détention d’armes à feu et propagande illégale communiste ». Il est fusillé au crépuscule du 1er juillet 1942 au fort du Vert-Galant, à Wambrechies (Nord) avec Louis Petit et Jean Bracq.

Yvonne a consacré la fin de saviez à témoigner et à se battre pour la mémoire, notamment auprès des jeunes, souvent accompagnée de sa tenue de « bagnarde ». Elle est décédée en décembre 2014.

Le témoignage livré ici a été recueilli par Laurence Mauriaucourt en octobre 2007, alors que Nicolas Sarkozy venait de s’appuyer sur la dernière lettre du jeune fusillé communiste Guy Môquet, à des fins électoralistes .

Pour en savoir plus visionner sur You Tube le document Témoignage. Yvonne Abbas

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