Archives du mot-clé Ravensbrück

Ravensbrück, mémoires de femmes … et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Elles sont si peu nombreuses à être revenues du camp de Ravensbrück. Leurs voix n’ont jamais eu la possibilité de nous raconter et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Ravensbrück est le nom de l’ancienne commune d’Allemagne située à 80 km au nord de Berlin dans laquelle le régime nazi établit de 1939 à 1945 un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants…

Auteur / Réalisateur : Léon Desclozeaux
Coproduction : France 3

Ravensbrück, mémoires de femmes 

Portrait de madame Jacqueline Pery d’Alincourt :

 « … Un jour la porte s’ouvre. Un homme entre en uniforme d’officier allemand. Je suis sur la défensive. A mon étonnement, il me prend la main et me regarde avec une expression de profonde bonté. Je comprends que je n’ai rien à craindre de lui. C’est l’aumônier qui m’apporte la communion. Dans la détresse et la solitude de notre vie de prisonnières, cette visite inattendue me bouleverse. II revient encore une fois et m’apporte une bible. Je peux lire enfin. Les jours paraissent moins longs. Au revers de la couverture j’ai découvert le tampon d’un couvent où habite un prêtre ami de la famille. C’est un signe des miens. Mon sort n’est donc plus inconnu, et c’est aussi la preuve que l’aumônier allemand, au péril de sa vie, essaie d’aider les prisonniers.

Une autre surprise va changer mon existence. Je me sens mal, couchée sur la paillasse, Il est tard l’après-midi. Les gardiens sont occupés à distribuer le faux café. Tout à coup j’entends une voix qui vient du conduit d’aération. « Prends ton matelas. Roule-le. Mets ta chaise dessus. Essaie de monter sur l’étagère pour atteindre le conduit d’aération. Nous allons t’envoyer quelque chose. » Je me précipite, essayant encore et encore d’atteindre cette étagère très haute, très étroite, mais je suis bien trop faible pour réussir cet exercice d’acrobatie. Je tombe et retombe. Enfin je parviens à la hauteur de l’orifice et passe mon bras. A tâtons, je trouve un très petit paquet : un morceau de sucre, un mouchoir en papier, une mine de crayon et un message : « Nous t’enverrons quelque chose tous les jours à cette heure. Pour envoyer des nouvelles à l’extérieur, écris sur le mouchoir. Tu nous le renverras demain. » Ce miracle vient d’une cellule située deux étages au-dessus de la mienne. Les prisonnières qui ne sont pas au secret sont autorisées à recevoir des colis et à envoyer leur linge à l’extérieur. Les messages sont cachés dans les ourlets et parviennent ainsi au dehors. Les réponses arrivent par le même moyen. Tout étant soigneusement fouillé à l’aller comme au retour, je n’écris pas en clair, mais demande qu’on envoie du fil de telle couleur si ma mère est arrêtée, de telle autre si elle ne l’est pas, si mes frères et sœurs sont libres ou non, si Daniel Cordier et Claude Serreulles ont échappé à l’arrestation. La réponse parvient à ma nouvelle amie dans le colis suivant. Ce sont les bonnes couleurs. Ma famille est sauve, Daniel et Claude ne sont pas pris, notre combat continue. Je suis délivrée d’un poids d’angoisse. Aux environs de Noël 1943, je reçois par le même moyen un message de mon amie Claire. Elle est donc libre, elle aussi. Elle m’écrit en termes voilés que les alliés sont attendus pour Pâques. Cette date me paraît hors d’atteinte, je m’affaiblis de jour en jour… »

Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site

Larochebrochard.free.fr/perydalincourt

Biographie publiée le 23 avril 2009 dans la revue Le Point –  La résistante Jacqueline Péry d’Alincourt, une des collaboratrices de Jean Moulin, déportée à Ravensbrück, est décédée mardi à l’âge de 89 ans, a annoncé jeudi sa famille dans le carnet du Figaro.

Née de la Rochebrochard, en décembre 1919, dans les Deux-Sèvres, au sein une famille nombreuse de vieille noblesse bretonne, jeune veuve de guerre, elle décide de rejoindre la Résistance en 1942 après avoir vu un enfant portant l’étoile jaune dans le métro parisien. Elle est alors recrutée par Gautier, proche collaborateur de Jean Moulin, pour coder les messages destinés au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), services de renseignement de la France libre installés à Londres. Elle travaille ensuite sous les ordres de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin. « Elle était chargée de trouver des endroits sûrs pour la tenue de réunions de la Résistance ou pour le logement d’aviateurs anglais », a précisé Daniel Cordier à l’AFP.

Après l’arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943, à Caluire, près de Lyon, la jeune femme est chargée de trouver les « boîtes aux lettres », endroits où étaient déposés les courriers de la Résistance. Arrêtée le 24 septembre 1943 à Paris, elle est torturée pendant cinq jours, rue des Saussaies (VIIIe), par la Gestapo qui tente vainement de la faire parler. Emprisonnée à Fresnes, elle est ensuite déportée en avril 1944 à Ravensbrück, dans le nord de l’Allemagne, où elle partagera pendant des mois la même paillasse que Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du chef de la France libre.

Sauvée par la Croix-Rouge suédoise, elle quitte le camp de concentration en avril 1945.

Après la guerre, elle n’a jamais cessé de témoigner sur la déportation et Ravensbrück, notamment dans des universités américaines, où elle était régulièrement invitée. Son témoignage sur la Résistance, la prison et la déportation a fait l’objet d’un livre publié en janvier 2008 : Témoignages sur la Résistance et la déportation, autour de Jacqueline Péry d’Alincourt, par François Berriot (éditions de L’Harmattan). Jacqueline Péry d’Alincourt était commandeur de la Légion d’honneur et grand-croix de l’ordre national du Mérite. Elle était également titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes et de la Médaille de la Résistance.

Lettres de Milena Jesenska, 1938-1944 : de Prague à Ravensbrück

27574100810630lParution du livre le 18 août 2016 – Milena était connue du public par les lettres de Kafka, qui avait su voir en elle un être hors du commun, «un feu vivant». Milena Jesenská, journaliste à Prague, a payé de sa vie son engagement aux côtés des opprimés, Juifs, communistes, antifascistes.

Aujourd’hui, ses lettres au publiciste émigré Willi Schlamm, en 1938-1939, offrent le portrait d’une femme passionnée, mais aussi un témoignage sur la fin de la première République tchécoslovaque, abandonnée par les puissances européennes et livrée à elle-même quand le mal envahit ses rues et ses places le 15 mars 1939.

Dans les lettres de captivité, découvertes par un incroyable enchaînement de hasards, Milena, au bout du chemin, se montre telle qu’elle fut toujours : vraie, soutenue par ses convictions et son immense volonté de vivre, libre en dépit de tout.

Milena Jesenskáest morte à Ravensbrück le 17 mai 1944, l’État d’Israël lui a exprimé sa reconnaissance en l’honorant comme «Juste parmi les nations».

(La Musa de Kafka) – YouTube

Auteur : Milena Jesenská

Préface : Hélène Belletto-Sussel | Alena Wagnerova

Traducteur : Hélène Belletto-Sussel

Genre : Biographies, mémoires, correspondances…

Éditeur : Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d’Ascq, France

Collection : Littératures

Pour lire un extrait du livre voir le billet publié sur le site lechoixdeslibraires

« Thérèse Menot, à force de Résistance »

Therese_MENOT-49f15Elle ne mesurait même pas un mètre quarante, mais elle était une des plus grandes figures de la Résistance de la région.

Née en 1923, Thérèse Menot avait à peine 20 ans lorsqu’elle s’est engagée dans le mouvement Combat. Arrêtée sur dénonciation puis déportée à Ravensbrück d’où elle revint, elle n’a eu de cesse de transmettre son témoignage, notamment dans les établissements scolaires. Décédée en 2009, elle aurait eu 89 ans dans quelques jours.

Pour visionner la vidéo You Tube Thérèse Menot

En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson est ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

Philippe poisson – Google+

 blog de Philippe Poisson

Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion – L’honneur de vivre

Diffusé mardi 8 mars 2016. Alors que les cercueils de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion font leur entrée, le 27 mai 2015, au Panthéon, retour sur les destins exceptionnels de ces deux femmes à l’aide de documents, de textes et d’archives. Les deux résistantes se sont rencontrées pour la première fois en déportation dans un baraquement de Ravensbrück en 1944 et elles ne se sont jamais quittées, dans leur militance comme dans leur amitié. La résistance à l’oppression et le refus de l’indignité et de la misère sont les références constantes de leur engagement, tout au long d’un parcours d’action de 1940 à 1998. Geneviève de Gaulle-Anthonioz est aussi la nièce de Charles de Gaulle. Quant à Germaine Tillion, elle a reçu le prix Putlizer en 1947 pour ses actes héroïques au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Infrarouge propose des documentaires qui s’intéressent à l’évolution et aux mutations de notre société et cherche à donner des clés de compréhension sur ce qui pose encore problème dans la vie des français. Des thématiques adjacentes sont également abordées.

Pour en savoir plus visionner le document sur You tube

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

philippe poisson – Google+

le blog de Philippe Poisson

Les Presses de l’Énap

Harkis, Les camps de la honte (Hocine, le combat d’une vie)

Commissaire Neyret. Chute d’une star de l’antigang

Rencontres – Ravensbrück : portraits de femmes dimanche 10 avril 2016 à 16h30 (Mémorial de la Shoah)

ravensbruck-portraits-femmes-memorial-shoahÀ l’occasion de la parution de Si c’est une femme, dans le camp de Ravensbrück1939-1945 de Sarah Helm, traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup, éd. Calmann- Lévy, 2016, et de Souvenirs de Marie Rameau, éd. La Ville brûle, 2015 ; Les armes de l’esprit, Germaine Tillion, 1939-1954, Musée de la Résistance et de la Déportation, Besançon, 2015

De par le monde, Sarah Helm a rencontré les dernières rescapées de Ravensbrück. Marie Rameau a photographié des objets fabriqués en cachette par ces femmes. De leur travail se dégagent des portraits de femmes résistantes.

En présence de Sarah Helm, journaliste, Pierre- Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup, traducteurs, Marie Rameau, photographe, et Marie-Claire Ruet, conservatrice au musée de la Résistance et de la Déportation, Besançon.

Lecture de textes par Pierre Daubigny, comédien.

Animée par Aurore Callewaert, directrice du musée de la Résistance en Morvan.

Pour accéder au centre de documentation du Memorial de la Shoah

Parution du livre le 6 avril 2016 – Elles étaient, pour les nazis, des déclassées, des « bouches inutiles » : résistantes, Tziganes, Témoins de Jéhovah, malades, handicapées physiques et mentales, prostituées ou juives bien entendu. Venues de trente pays différents, de plus en plus nombreuses au fil des conquêtes allemandes, ces femmes endurèrent la brutalité et la perversité des nazis dans le camp de Ravensbrück.

Ouvert en 1939, le camp, situé à 80 kilomètres au nord de Berlin, est le seul camp à avoir été construit dans le but d’y enfermer des femmes. Elles y étaient battues, affamées, torturées, exécutées par balles, gazées, empoisonnées, mordues par des chiens, elles servirent de cobayes pour des expériences pseudo-médicales, subirent des avortements forcés, étaient assommées et tuées par le travail forcé (notamment pour l’usine Siemens).

La journaliste britannique Sarah Helm a mené un travail d’enquête minutieux pour retrouver les familles des déportées, en Pologne, en France, en Hollande, en Israël, elle a même rencontré les dernières rescapées encore en vie, dispersées partout dans le monde. De ce babel géographique et social, naissent des portraits de femmes qui ont, toute leur vie durant, gardé le silence. Pourquoi ? Par peur de ne pas être crues, mais aussi, disent-elles, parce qu’il fallait vivre et que se rappeler la terreur et les souffrances aurait été de trop. Arrivées au crépuscule de leur vie, leur parole se libère.

Entre 1939 et 1945, 132 000 femmes– dont 8 000 Françaises – et enfants ont séjourné à Ravensbrück, et jusqu’à 50 000 ont été exterminés. Pourtant, pendant plusieurs décennies, l’histoire du camp de Ravensbrück est restée plutôt marginale. Cet ouvrage vient aujourd’hui combler ce vide et compléter les travaux pionniers de Germaine Tillion.

En écho à Si c’est un homme de Primo Levi, Sarah Helm interroge l’indicible, cette impossibilité de raconter l’horreur, mais elle tente surtout de répondre à l’exhortation de Primo Levi, celle de ne « jamais oublier ce qui s’est passé ».

Publisher Calmann-Lévy

Collection Documents, Actualités, Société

 

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

philippe poisson – Google+

le blog de Philippe Poisson

Les Presses de l’Énap

Harkis, Les camps de la honte (Hocine, le combat d’une vie)

Commissaire Neyret. Chute d’une star de l’antigang