Archives du mot-clé La Vie des Idées

L’administration des grossesses

Alors que, au début du XXe siècle, l’avortement a été réprimé en métropole sur fond de politique nataliste, il a été encouragé par les autorités dans l’île de La Réunion après 1945. Ces pratiques éclairent la construction d’un biopouvoir au croisement du genre, de la classe et de la race.

Depuis 2015, la question de l’accès à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) connaît une nouvelle actualité. En 2015 et 2016, la remise en cause de ce droit a provoqué des manifestations dans plusieurs pays d’Europe, à l’exemple de la Pologne ou de l’Espagne. La mort récente de Simone Veil, qui avait en 1975 porté la loi de dépénalisation de l’avortement, a suscité de multiples hommages, certains émanant d’anciens adversaires, d’« entrepreneurs de lutte » contre le droit à l’IVG, pour reprendre l’expression utilisée par Fabrice Cahen dans son livre Gouverner les mœurs. La lutte contre l’avortement en France, 1890-1950. Au même moment, le livre de Françoise Vergès, Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme, rappelle que des avortements forcés ont eu lieu à La Réunion en 1970…

Pour en savoir plus lire le billet publié par Caroline Muller , le 6 décembre 2017 sur le site de la La vie des idées

À propos de : F. Cahen, Gouverner les mœurs. La lutte contre l’avortement en France, 1890-1950, Ined, et F. Vergès, Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme,Albin Michel.

____________________________________________________________________________________________

24294005_10155143598643997_666454150986299561_nVous pouvez aussi suivre mon activité principale dans le très sérieux Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …criminocorpus.hypotheses.org/

L’administration révolutionnaire des filles de joie

Alors qu’une légende noire présente la Révolution française comme un temps de débauche, le cas de la prostitution étudié par Clyde Plumauzille montre que 1789 instaure au contraire un ordre moral et politique : femmes indignes, les prostituées sont aussi tenues pour des citoyennes de second rang.

Recensé : Clyde Plumauzille, Prostitution et Révolution. Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804), Ceyzérieu, Champ Vallon, 2016, 398 p., 28 €.

Pour en savoir plus lire le billet publié  par Florence Lotterie , le 16 juin 2017 sur le site de  la vie des idées

Judy Chicago : une iconographie féministe (Entretien avec Fabienne Dumont)

arton3455-727d9Artiste essentielle de l’art féministe des années 1970, l’américaine Judy Chicago reste encore peu connue en France. Une exposition organisée au Musée d’art contemporain de Bordeaux (CAPC) jusqu’au 4 septembre rend hommage à son œuvre et à sa pensée, entièrement consacrées à la cause des femmes.

Fabienne Dumont est historienne de l’art, enseignante et critique d’art. Depuis 2005, elle enseigne l’histoire de l’art contemporain, tout d’abord à l’Université de Paris I/Panthéon-Sorbonne, puis à l’Université Lumière Lyon 2, aujourd’hui à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne. Elle est l’auteure de deux ouvrages importants sur les artistes féministes et les théories féministes en France et dans le monde anglo-saxon : Des sorcières comme les autres – Artistes et féministes dans la France des années 1970, Rennes, PUR, 2014 ; (dir.), La rébellion du Deuxième Sexe – L’histoire de l’art au crible des théories féministes anglo-américaines (1970-2000), Dijon, Presses du réel, 2011. Dans le cadre de l’exposition, « Why not Judy Chicago », elle a participé à un cycle de conférences organisé au CAPC de Bordeaux et son intervention portait sur les « Théories féministes en art et en histoire de l’art  ».

Sa page personnelle est consultable ici et sa bibliographie complète est disponible ici.

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site la vie des idées.fr/Judy-Chicago-une iconographie féministe

Le droit au pantalon : Du pittoresque au symbolique

L’ordonnance de 1800 interdisant aux femmes de s’habiller en homme revient aujourd’hui dans l’actualité à l’occasion d’un récent communiqué du ministère des Droits des femmes. En prétendant abroger une ordonnance désuète, les autorités cherchent à s’attribuer ce qui dans les faits fut obtenu par les femmes. par Christine Bard , le 1er mars 2013

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site de La Vie des Idées

Une histoire politique du pantalonParution du livre le 19 août 2010 – Successeur de la culotte, le pantalon symbolise la masculinité et, partant, le pouvoir, comme en témoigne l’expression  » porter la culotte « . Au cours de la Révolution, il se charge d’une signification plus précise en exprimant les valeurs républicaines et devient un élément-clé du nouvel ordre politique. Mais l’Ancien Régime continue pour les femmes, qui n’accèdent pas, sur le plan vestimentaire (non plus que social), à la liberté et à l’égalité. Enfermées dans une altérité dite  » féminine « , les femmes, privées de droits, assignées à résidence dans leur genre, sont interdites de pantalon. Rien de tel qu’un interdit pour susciter le désir… Surchargé de fantasmes, le pantalon accompagne toutes les transgressions qui jalonnent la route de l’émancipation des femmes. Artistes, féministes, révolutionnaires, voyageuses, actrices, lesbiennes, sportives, innombrables sont celles, connues et inconnues, qui s’approprient l’habit masculin. Il faut attendre les années 1960-1970 – séquence politico-vestimentaire décisive – pour que le pantalon soit féminisé, pour qu’il devienne un vêtement mixte. Fin de l’histoire ? Pas vraiment. Pourquoi l’ordonnance de 1800 interdisant aux femmes de s’habiller en homme n’est-elle toujours pas abrogée ? Pourquoi les collégiennes ne portent-elles plus que des pantalons ? Pourquoi une  » journée de la jupe  » ? L’actualité des questions de sexe et de genre gagne à être située dans l’histoire longue de la peur de la confusion des rôles et de la contestation du pouvoir masculin.

Biographie de l’auteure

Christine Bard est professeure d’histoire à l’université d’Angers (CERHIO / Centre d’histoire de Sciences Po), est notamment l’auteure des Filles de Marianne (Fayard, 1985), des Garçonnes (Flammarion, 1998) et de Ce que soulève la jupe (Autrement, 2010).

 

Une vidéo d’appui ajoutée le 10 mars 2015 collection « Dans le texte » :

Une histoire politique du pantalon

 

 

 

 

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Céline Roux, la juge de trente ans