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Maria Deraismes (1828-1894), Féministe engagée, oratrice de génie, première femme à avoir été initiée à la franc-maçonnerie

ENGAGÉE POLITIQUEMENT ET SUJETTE À TOUTES LES CONTROVERSES, MARIA DERAISMES EST AUSSI LA PREMIÈRE FRANÇAISE À AVOIR CRÉÉ UN ORDRE FRANC-MAÇON MIXTE EN 1893.

Féministe engagée, oratrice de génie, première femme à avoir été initiée à la franc-maçonnerie, Maria Deraismes (1828-1894) est l’une des grandes figures de son époque.

Née dans une famille bourgeoise aisée et libérale, elle accumule les connaissances dans de nombreux domaines – religieux, philosophiques, scientifiques…

Idéaliste et libertaire, elle croit dans les valeurs transmises par les Lumières. Redoutable oratrice, elle multiplie les conférences et promeut inlassablement l’émancipation politique et civile de la femme. Reconnue de son vivant, elle ne s’attire pas moins l’ironie voire l’hostilité des conservateurs de son temps…

Pour en savoir plus lire le billet publié le 26 septembre 2017 par Marina Bellot sur le site de Retronews

Madeleine Pelletier (1874 – 1939), une femme d’avant-garde

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« Portrait de la doctoresse Madeleine Pelletier, à son bureau ». Madeleine Pelletier (1864-1939), médecin, féministe, militante du droit à l’avortement, candidate aux élections législatives dans le XVIIIème arrondissement de Paris, en 1910. Photographie de Harlingue, 1910. Paris, Bibliothèque Marguerite Durand.

Une vie, une oeuvre par Irène Omélianenko

Il y a ce portrait en noir et blanc. Cheveux noirs coupés courts et jetés en arrière, costume d’homme, mâchoire volontaire : Madeleine Pelletier fait partie de cette première vague féministe de la fin du XIXe siècle et tout en elle respire la femme de combat et de conviction.

Médecin, première femme interne en France, Madeleine Pelletier est atypique, même dans le milieu des féministes…

Intervenants :

  • Christine Bard professeure des universités, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre, université d’Angers ; elle a consacré un colloque en 1991 à Madeleine Pelletier.
  • Charles Sowerwine professeur émérite à l’université de Melbourne, Australie et professeur associé au centre d’histoire culturelle de l’université de Versailles – Saint-Quentin en Yvelines.
  • Felicia Gordon professeure émérite à Wolfson College, université de Cambridge, Grande-Bretagne.
  • Evelyne Rochedereux féministe, présidente de l’association CYBEL, a fait poser une plaque à la mémoire de Madeleine Pelletier rue de Gergovie à Paris.
  • Florence Sitoleux documentariste. Elle prépare un documentaire audiovisuel sur Madeleine Pelletier et nous mène sur ses traces à Perray-Vaucluse, asile où elle est morte.
  • Michel Caire psychiatre et historien.

Pour en savoir plus lire le billet publié le 30 septembre 2017 sur le site de l’émission de France culture

Nathalie Le Mel : une Bretonne révolutionnaire et féministe

ob_62dc14_electre-2-84109-421-9-9782841094219Le personnage de Nathalie Le Mel n’a pas eu dans la mémoire du mouvement communard la fulgurance de ceux de Louise Michel, d’Élisabeth Dmitrieff ou même d’André Léo, il constitue néanmoins le parcours exemplaire d’une militante populaire, liée directement à la classe ouvrière et à ses organisations de type syndical. Organisatrice avec Varlin de la grève des relieurs de 1865, elle représente le féminisme des travailleuses, celui de l’égalité des salaires. Avec Varlin encore elle essaie d’organiser la défense des consommateurs dès la fin de l’Empire, donnant à 1a gestion ouvrière tout son sens. Cette action elle la mènera avec obstination toute sa vie, dans la Commune, pendant sa déportation, après son retour. Fidèle aux options de sa jeunesse elle ne fera jamais de concession à ce qu’elle estime juste.

A sa mort à l’hospice d’Ivry le 8 Mai 1921 elle a 96 ans et est oubliée de tous et a perdu tous ses anciens amis communards, mais elle n’a pas faibli.

On sait gré au breton Kerbaul de s’appuyer sur sa solidarité d’appartenance à la fois à la Bretagne et à la tradition ouvrière et de nous permettre à nouveau de saluer Nathalie Le Mel, militante exemplaire. Raoul DUBOIS

ob_bb999d_rubon19Pour beaucoup, la présence des femmes dans la Commune se résume à un seul nom : Louise Michel.

On oublie ou on néglige les Marie Le Roy, Hortense David, Marie  Lecomte, Eulalie Papavoine, Paule Mink, Anne-Marie Menand, Elisabeth Dmitrieff, Aline Jacquier, Adèle  Gauvin, Marceline Leloup, Blanche Lefevre et Nathalie Le Mel.

Eugène Kerbaul consacre un ouvrage chaleureux et informé à celle qui fut proche d’Eugène Varlin, participant activement à la Marmite, cette coopérative où les travailleurs pouvaient prendre leur repas à des prix vrais, chanter, discuter.

Communarde active, Nathalie est condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Cette dirigeante de l’Union des Femmes devait expier. Elle avait osé évoquer le « triomphe de la Commune, c’est-à-dire du Peuple » !

Proche de Louise Michel elle s’en écarte : elles n’ont pas la même vision de la politique. L’une se transforme en porte-voix de l’anarchisme, l’autre choisit une autre forme de lutte.

Malade, diminuée, aveugle, Nathalie s’éteint à 96 ans à l’hospice d’Ivry (8 mai 1921). Trois personnes suivent son convoi.

Cette biographie lutte contre l’oubli. L’affreux oubli qui recouvre trop d’héroïnes de l’épopée. Pierre YSMAL

  (*) « Nathalie Le Mel » par Eugène Kerbaul, Le Temps des cerises, 164 p,

Hommage à Nathalie Lemel : Exposition à Brest

ob_44227b_rechercheLa Maison d’édition a été créée en 1993 à l’initiative de 33 écrivains qui voulaient ouvrir un espace d’expression, hors des sentiers battus de la pensée dominante.

En choisissant comme nom le titre de la chanson de Jean-Baptiste Clément, ils voulaient indiquer à la fois leur attachement aux idéaux de la Commune et à une certaine tradition de poésie populaire, le plus souvent occultée. Le petit E de CERISES disant à sa façon que cette espérance maintenue l’est dans un temps de CRISES… Depuis, le Temps des Cerises a constitué un fonds éditorial de plus de 600 titres!

Sylvie Testud : une actrice idéale pour incarner Louise Michel, communarde, féministe, anticolonialiste, écologiste…

19231472Séquence rétro cinéma Crimino – Sylvie Testud est idéale pour incarner cette femme en noir dont la sobriété contrastait avec son immense générosité.

Il y a dans la vie de Louise Michel tant de combats, que son destin en paraît surnaturel. Proche de Clemenceau et de Victor Hugo, elle fut héroïne de la Commune, féministe, anticolonialiste, écologiste… Le film de Solveig Anspach est à cette image: à peine croyable tant les grandes idées s’y télescopent à la vitesse de la lumière. Et pour que cela tienne en quatre-vingt-dix minutes, la réalisatrice élude la forme linéaire du biopic en se concentrant sur une période de synthèse qui semble contenir toutes les autres: le temps de sa déportation en Nouvelle-Calédonie. Sylvie Testud est idéale pour incarner cette femme en noir dont la sobriété contrastait avec son immense générosité. D’une esthétique austère, à mille lieues de toute luxuriance, le film gagne en pédagogie ce qu’il perd en relief. La faute sans doute à la double nature de cette production prévue pour une diffusion ciné et télé.  (Louise Michel, la rebelle, Sylvie Testud, parfaite (Studio Ciné Live) – l’express.fr/culture

Louise Michel La Rebelle

 

926ec030f29f83ce5318754fdb631a33-2Née d’une mère comptable d’origine italienne et d’un père qui les abandonne lorsqu’elle a deux ans, Sylvie Testud grandit dans le quartier populaire de la Croix-Rousse à Lyon. Très tôt fascinée par le cinéma, la jeune fille s’identifie notamment au personnage d’ado complexée incarné par Charlotte Gainsbourg dans L’ Effrontée. Montée à Paris pour suivre des études d’histoire, elle se lance bientôt dans la comédie en intégrant la classe libre du Cours Florent puis le Conservatoire, où elle a pour professeurs Jacques Lassalle et Catherine Hiegel. Elle fait sa première apparition à l’écran en 1994 dans Couples et amants.

La même année, Sylvie Testud est engagée pour une coproduction franco-allemande, Maries Lied. Mais les Français se retirent du projet, et l’actrice est promue, lors de la sortie de ce film remarqué, jeune espoir du cinéma d’outre-Rhin. Pour les besoins de Jenseits der Stille, elle apprend la langue de Goethe, mais aussi la clarinette et le langage des signes, une performance qui lui vaut l’équivalent allemand du César de la Meilleure actrice. C’est en 1999 que les Français découvrent le sourire malicieux de Sylvie Testud dans Karnaval, la chronique dunkerquoise de Thomas Vincent. Choisie par Akerman pour être l’héroïne de La Captive (2000), adaptation de La Prisonnière de Marcel Proust, elle apparaît ensuite chez Jacquot et Oliveira

Pour lire la biographie complète : http://Sylvie Testud : Sa biographie – AlloCiné

9782846211802_1_75La vie romancée de Louise Michel, depuis son enfance, ses illusions d’institutrice jusqu’à son insolent courage de communarde puis de déportée en Nouvelle-Calédonie

2747520099rLOUISE MICHEL L’INDOMPTABLE

Paule Lejeune
HISTOIRE EUROPE France

Il s’agit ici de réinsérer la Résistante dans sa quotidienneté. On la suit, pour mieux comprendre, de son village de Haute-Marne à sa déportation en Nouvelle-Calédonie ; on la voit entrer dans l’Histoire, en spectatrice enthousiaste d’abord, puis en protagoniste indomptable parce que certaine de la justesse de la cause qu’elle défend. On l’écoute parler avec sa fougue, avec son humour de ce qu’elle a vécu, anonyme petite institutrice de campagne, communarde, le fusil à la main.

9782253152163-gEn politique on sait ce que valent, le plus souvent, les amitiés. Celle qui unit Louise Michel et Georges Clemenceau demeure un exemple passionnant de constance, au cœur d’événements fort mouvementés. Ils firent connaissance pendant le siège de Paris, à Montmartre. Clemenceau, âgé de trente ans, était le maire de cette commune misérable où Louise Michel, quarante et un ans, avait créé une école pour enfants pauvres. L’un et l’autre, admirateurs de Blanqui – et de sa devise « Ni Dieu ni maître » -, avaient la même ardeur libertaire.

Combattante anonyme de la Commune, Louise Michel se « révéla » par son éloquence lors de son procès à Versailles. Spécialiste du mouvement anarchiste, et profondément attaché à cette période, Michel Ragon est le premier, dans Georges et Louise, à faire resplendir cette amitié. C’est sur le tard, à propos des attentats anarchistes de Ravachol et Cie, que Georges et Louise commencèrent à avoir une attitude divergente. « Comme si un moyen pacifique contre la bêtise ou la méchanceté était possible! » s’exclamait-elle. Divergence aggravée à propos de Dreyfus. Il prit parti pour le capitaine. Et publia « J’accuse…! » de Zola, dans son journal L’Aurore. Elle ne se mêla pas de l’Affaire qui, à ses yeux, ne concernait que des ennemis de classe. Des bourgeois, des militaires.

Mais ces désaccords n’entamèrent jamais le respect ni la confiance qu’ils avaient l’un pour l’autre. Quand Louise meurt, en 1905, Clemenceau, sénateur, n’en est qu’au début de son reniement. Sa vieille amie, irréductible adversaire de toute forme de pouvoir, ne verra pas comment, une fois au gouvernement, il trahira leur idéal commun. Mais il se montrera digne d’elle quand, en 1919, il refusera de porter plainte contre un anarchiste qui l’avait pris pour cible, à coups de revolver. Elle avait agi de même à l’égard d’un homme qui avait tenté de l’assassiner.

http://dutron.files.wordpress.com/2008/12/michel-ragon.jpgMichel Ragon nous entraîne dans une formidable série d’aventures vécues au nom de la justice et de la dignité. Mais son livre aurait aussi bien pu s’intituler « Louise, Georges et Henri », car Henri Rochefort a également fait preuve d’une infatigable amitié à l’égard de « la nonne rouge ». Une amitié née en Nouvelle-Calédonie où ils avaient été l’un et l’autre déportés. Henri, marquis de Rochefort-Luçay, apporta toute sa vie un soutien moral et matériel – car il avait un grand cœur et une immense fortune – à Louise Michel.

Un autre marquis, de Talleyrand-Périgord, était prêt à s’occuper de la vieille mère bien-aimée de « la sainte laïque». Avec Kropotkine, qui était prince, et la duchesse d’Uzès, ils firent partie de ces aristocrates dont Louise n’eut jamais à se plaindre. Elle compta même parmi ses défenseurs Mauté de Fleurville, beau-père de Verlaine. Exilée à Londres, elle trouvait d’ailleurs la reine Victoria sympathique. Paradoxe, parmi d’autres, d’une militante devenue une gloire internationale. Les organisateurs de ses dernières tournées de conférence recouraient aux méthodes de Barnum pour attirer le chaland et elle était parfois dépassée par les événements… Michel Ragon nous raconte tout cela avec la chaleur communicative qui le caractérise. Et sans cacher sa préférence pour les anars.

Emma Watson lance un club de lecture féministe en ligne

Après avoir fait appel à Twitter pour trouver le nom de son club de lecture, l’actrice britannique a ouvert Our Shared Shelf sur la plateforme Goodreads, jeudi 7 janvier.

Emma Watson s’engage pour les femmes et pour le livre. Jeudi 7 janvier, l’actrice britannique a lancé un « club de lecture féministe » hébergé sur le site de recommandations de lecture Goodreads et baptisé Our Shared Shelf (notre étagère commune, en français)…
Pour lire l’intégralité de l’article, voyez le lien suivant sur le site livreshebdo.fr par Marine Durand, le 08.01.2016 :

Martha Desrumaux. Une femme du Nord, ouvrière, syndicaliste, déportée, féministe

Date de parution du livre le 10 octobre 2006 – – Dès son enfance, Martha Desrumaux fut de tous les combats : ouvrière du textile à l’âge de 10 ans, lorsque le travail des enfants était encore chose courante en France. Elle adhère à la CGT dès l’âge de 13 ans ! Son tempérament et sa clairvoyance l’amènent à diriger sa première grève à 20 ans, alors qu’elle ne sait encore ni lire ni écrire. A une époque (lointaine ?) où les femmes en politique font office de curiosité exotique, elle gagne rapidement des responsabilités syndicales à un niveau national, et devient une figure de proue du mouvement ouvrier lors du Front populaire.

Martha Desrumaux fut alors de tous les combats, y compris les plus précurseurs : cette pionnière du féminisme exigea ainsi un salaire égal aux hommes pour les ouvrières, et lutta pour que les femmes puissent obtenir des postes à responsabilités. Son action dans la Résistance lui valut d’être déportée durant la guerre, avant qu’elle ne devienne l’une des premières femmes députées à la Libération.

Aujourd’hui, ce sens de l’engagement, quelle que soit notre condition d’origine, reste on ne peut plus d’actualité et peut toujours nous inspirer. Pierre Outteryck, professeur d’histoire en université, a publié une biographie de cette grande dame aux éditions locales et militantes du Geai Bleu.

Pierre Outteryck

Éditeur : Éditions Le Geai Bleu