Archives du mot-clé féminisation

Gendarmerie : « Un métier d’autorité qui se féminise », dit une commandante

INVITÉE RTL – Karine Lejeune, commandante de groupement de l’Essonne et lauréate du « coup de cœur » de la Femme d’influence 2018, fait le point sur la féminisation de la gendarmerie.

Elles représentent aujourd’hui 20 % des effectifs de gendarmerie, dont trois sont commandantes de groupement départemental. « Les femmes sont présentes dans toutes les subdivisions d’armes », se félicite Karine Lejeune, commandante du groupement de gendarmerie de l’Essonne.

Déjà dépositaire de l’ordre national du Mérite en 2015, la militaire a été élue « coup de cœur » de la Femme d’influence 2018. Gendarmerie départementale, mobile et même GIGN…  le métier accueille de plus en plus d’éléments féminins depuis 1983, officiers et sous-officiers…

Pour en savoir plus et lire la vidéo d’appui sur le site de Rtl

 


Quelques repères sur la féminisation de la gendarmerie

La gendarmerie nationale compte presque 18% de femmes. Pourtant, il y a trente ans, celles-ci n’avaient pas leur place dans ce milieu, qui reste malgré tout très masculin.

La présence des femmes au sein de la gendarmerie est une réalité tangible. Fin 2014, elles représentaient 18 041 personnels, soit 17,8 % de l’ensemble des effectifs civils et militaires et, plus précisément, 52,5 % des personnels civils et 16,6 % des personnels militaires.

Pourtant, il y a un peu plus de 30 ans, elles n’avaient pas leur place au sein de la gendarmerie. Après avoir vaincu les réticences, en principe, aucun bastion de la gendarmerie ne leur est fermé aujourd’hui.

Jusqu’en 1983, les seuls militaires féminins de la gendarmerie étaient des personnels de soutien. C’est en 1982 que le ministre de la Défense annonce aux gendarmes français la féminisation des métiers de terrain. Cette étape marque l’ouverture du recrutement de sous-officiers de gendarmerie aux femmes, assorti de quotas. D’emblée, plusieurs questions en termes d’organisation et d’adaptation se posent, comme celle de la tenue, à créer de toutes pièces.

En 1983, la première femme intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Pour en savoir plus infos.emploipublic.

Quelques repères sur la féminisation de la gendarmerie

JN Philippe Poisson

22 décembre 1975 : décrets n° 75-1209 et 75-1214 relatifs aux statuts particuliers des officiers et des sous-officiers de gendarmerie, qui précisent que les emplois dans cette arme ne sont ouverts qu’aux hommes, « en raison des conditions de mise en œuvre et d’intervention de [ses] formations et des sujétions de service » (voir aux 10 février et 9 juin 1983).

16 juillet 1979 : création – avec un statut armée de Terre – d’une spécialité Emplois administratifs et d’état-major de la gendarmerie (EAEMG), qui offre aux gendarmes auxiliaires féminins, recrutés conformément à la loi de 1971, la possibilité de poursuivre une carrière dans l’arme (voir au 13 décembre 1993).

10 février 1983 : réglementation de l’ouverture aux femmes des corps d’officiers et de sous-officiers de la gendarmerie dans la limite de 5% des effectifs recrutés (voir au 9 mai 1985 l’élévation de ce quota) et avec fonctions interdites, dont le périmètre est précisé quatre mois plus tard (voir au 9 juin 1983).

9 juin 1983 : délimitation (modifiée notamment les 24 septembre 1986, 10 novembre 1999 et 25 août 2000) des emplois de sous-officiers ouverts aux femmes dans la gendarmerie départementale (dans les unités territoriales de plus de quinze personnes et les unités spécialisées de plus de huit, à l’exception des pelotons de surveillance et d’intervention, PSIG), ainsi que dans la gendarmerie maritime, la gendarmerie de l’air, la gendarmerie des transports aériens et une partie de la garde républicaine. Pour la gendarmerie maritime, la gendarmerie de l’air et la gendarmerie des transports aériens, et à l’exclusion de tout poste hors de la métropole ou dans les unités navigantes de la gendarmerie maritime, les conditions d’ouverture aux femmes sont les mêmes que dans la gendarmerie départementale.

1984 : premier mariage entre deux gendarmes de terrain (un gendarme mobile et une gendarme départementale).

9 mai 1985 : augmentation d’un demi point par an du quota de femmes officiers et sous-officiers recrutées par la gendarmerie, fixé, à l’origine, à 5% du recrutement (voir au 10 février 1983), et qui doit atteindre 7,5% en 1988.

24 septembre 1986 : ouverture aux gendarmes féminins de l’accès à plusieurs unités de l’arme, au-delà des limites assignées le 9 juin 1983, à l’exception du Groupement de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale (GSIGN, ouvert le 10 novembre 1999), de la Batterie-fanfare et de l’Escadron motocycliste de la garde républicaine (ouverts le 10 novembre 1999), des unités navigantes de la gendarmerie maritime (ouvertes le 25 août 2000, sauf le service en sous-marin), du service en ambassade et des emplois de sous-officiers de gendarmerie mobile (ouverts à partir du 1er juin 2015).

2 septembre 1987 : entrée à l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) des deux premières officiers-élèves féminins (Isabelle Guion de Méritens et Joëlle Vachter).

1989 : nomination de la première femme officier de gendarmerie mobile, la lieutenante Isabelle Guion de Méritens

1992 : nomination du premier officier féminin (Joëlle Vachter) à la tête d’un escadron de gendarmerie mobile.

1993 : nomination de la première femme commandante de brigade (maréchal des logis-chef Cosette Heftre-Guy) à Saint-Mamet-la-Salvetat (Cantal).

21 novembre 1996 : succès (avec 11,5 millions de téléspectateurs) du premier épisode de la série de TF1 Une femme d’honneur, qui raconte les missions d’enquêtes et de régulation sociale de la gendarmerie départementale à travers l’action d’une dynamique commandante de brigade, interprétée par la comédienne Corine Touzet, plusieurs fois primée pour ce rôle. Le 37e et dernier épisode est présenté, sur TF1, le 13 mars 2008, mais des extraits de la série sont rediffusés sur d’autres chaînes (TLC, AB3, TV Breizh)

13 décembre 1996 : remplacement de la spécialité Emplois administratifs et d’état-major de la gendarmerie (EAEMG), créée en 1979 et qui offre un débouché aux gendarmes auxiliaires féminins, par la spécialité Emplois administratifs et de soutien de la gendarmerie (EASG), rattachée à la DGGN et ouverte aussi aux gendarmes auxiliaires masculins.

1997 : nomination de la première gendarme féminin (Carole Drencourt) au Groupe de sécurité de la Présidence de la République (GSPR)

16 février 1998 : suppression des quotas (institués le 10 février 1983 et revus le 9 mai 1985) dans le recrutement des femmes aux postes d’officiers et de sous-officiers de la gendarmerie.

31 juillet 1998 : organisation du recrutement des gendarmes adjoints volontaires (GAV), le 1er août 1998 pour les hommes, le 1er mars 1999 pour les femmes, destinés à remplacer les gendarmes auxiliaires issus de la conscription après la suspension du service national en 1997.

10 novembre 1999 : abrogation (commencée le 29 avril 1998) de certaines dispositions limitant l’accès des femmes à plusieurs emplois dans la gendarmerie (voir au 9 juin 1983, au 24 septembre 1986 et au 25 août 2000) ; ouverture aux gendarmes féminins de toutes les unités de la garde républicaine et du Groupement de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale, GSIGN.

20 avril 2000 : constitution du Mouvement des femmes de gendarmes, qui donne naissance, en 2001, à l’Association nationale des familles de gendarmes (ANFG), à laquelle adhèrent des époux de gendarmes féminins, et qui prend le nom, en 2007, d’Association d’aide aux membres et familles de la gendarmerie (AAMFG).

25 août 2000 : ouverture aux gendarmes féminins des unités navigantes de la gendarmerie maritime (à l’exception des postes à bord des sous-marins) ; seuls les emplois de sous-officiers de gendarmerie mobile restent interdits aux femmes (voir au 24 septembre 1986, au 1er juin 2015 et à fin juin 2016).

Octobre 2000 : nomination de la première officier féminin au régiment de cavalerie de la garde républicaine, où elle occupe les fonctions de commandant du centre d’instruction de cette formation, à Saint-Germain-en-Laye

2003 : nomination des trois premières gendarmes féminins à la tête d’une brigade de recherche.

2006 : nomination de la première femme (Isabelle Guion de Méritens) au grade de colonel de gendarmerie. La nouvelle officier général prend le commandement du groupement de la gendarmerie des Yvelines, puis, en 2012, celui de la Gendarmerie maritime.

4 mars 2013 : nomination de la colonelle de gendarmerie Joëlle Vachter, dotée d’une bonne expérience internationale, comme adjointe auprès du chef de mission d’EULEX, l’importante mission européenne « État de droit » (EULEX) déployée au Kosovo.

27 mars 2013 : nomination de la première femme (la colonelle Isabelle Guion de Méritens) au grade de général de brigade de gendarmerie.

27 février 2014 : publication de l’ouvrage de Leila Minano et Julia Pascual, La Guerre invisible. Révélations sur les violences sexuelles dans l’armée française (Les Arènes et Causette), qui met en lumière des pratiques de harcèlement et des agressions contre des femmes soldats au sein des troupes françaises, les plus féminisées d’Europe, et de la gendarmerie (le 15 avril 2014, le ministre de la Défense annonce un plan d’action contre les « harcèlements, violences et discriminations », inspiré par un rapport d’enquête interne, commandé à la suite de la parution de ce livre).

3 mars 2014 : mise en place de « Stop discri », un outil permettant de signaler des faits de discrimination et de harcèlement à l’inspection générale de la gendarmerie sans passer par la voie hiérarchique ; ce dispositif participe à un programme national de lutte contre le harcèlement dans la fonction publique.

1er juin 2015 : début de l’expérimentation dans trois escadrons, et dans le cadre d’un plan d’action pour l’égalité professionnelle, de l’intégration pendant un an de sous-officiers féminins volontaires dans la gendarmerie mobile (voir fin 2016).

1er août 2015 : nomination de la générale Isabelle Guion de Méritens au commandement de l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN)

29 février 2016 : nomination d’une lieutenante-colonelle au premier poste de porte-parole de la gendarmerie.

Fin juin 2016 : décision de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) de permettre aux sous-officiers féminins volontaires de servir dans les escadrons de gendarmerie mobile en raison des bons résultats de l’essai réalisé pendant une année (voir au 1er juin 2015)

Ces quelques repères sur la féminisation de la gendarmerie m’ont été fournis par monsieur Jean-Noël Luc que je remercie infiniment

  • Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud
  • Agrégé d’Histoire
  • Docteur de troisième cycle
  • Docteur d’État

84736100125190lParution du livre le 27 septembre 2016Une énième histoire de la gendarmerie ? Non : une première histoire des hommes et des femmes qui incarnent cette institution

Et qui résume en plus, pour la première fois, les résultats des recherches récentes. Cette nouvelle approche prend en compte les relations des gendarmes avec la population et les autres acteurs de l’ordre public et de la défense. Elle analyse le rôle spécifique des « soldats de la loi » au sein de l’État et de la société. Elle apporte un autre éclairage à l’histoire des systèmes policiers, des forces armées et des politiques de sécurité…

Histoire des gendarmes : De la maréchaussée à nos jours (Poche …

Des femmes dans la 2e division blindée du général Leclerc – Le Groupe Rochambeau : un exemple de féminisation de l’Armée française

tgs_025_l204En 1943, à New York, une riche américaine, Florence Conrad, soutenue par de puissantes ligues fémininesFlorence Conrad est dotée d’une grande fortune personnelle…, crée le « groupe Rochambeau  Du nom du Maréchal de France qui commandait l’armée… », plus tard surnommé « les Rochambelles » par les hommes de la 2e Division Blindée (2e db). Il s’agit alors d’engager des volontaires féminines pour rallier l’Armée de la France Libre outre Atlantique. D’abord recrutées à New York, les quatorze premières Rochambelles débarquent à Casablanca la même année pour rallier la 2e db du général Leclerc.

Si, dans l’Histoire, les Rochambelles sont traditionnellement associées à la Deuxième Guerre mondiale, elles ont également joué un rôle non négligeable en « rempilant » pour l’Indochine. Sitôt la France libérée, certaines débarquent à Saïgon dès le 15 octobre 1945. On parle alors volontiers de « l’aventure » ou de « l’épopée » des Rochambelles. Mais les rangs des « filles de la 2e db » grossissent encore avec l’arrivée de nouvelles recrues en Extrême-Orient. Le parcours de ces femmes qui quittent leur rôle « naturel » pour embrasser la carrière militaire, ambition masculine par excellence, sera mis en lumière ici… (Photographie à la une :  Avant d’embarquer sur le liberty ship à Southampton : Florence Conrad, suivie de Suzanne Torrès, Biquette Ragache, Raymonde Brindjonc-Jeanmougin, Anne-Marie Davion, Jacqueline Fournier.)

elodie-jauneau-septembre-2016Élodie Jauneau – Monitrice en Histoire contemporaine à Paris Diderot, Laboratoire ict « Identités, Cultures, Territoires » est allocataire de l’Institut Émilie du Châtelet. Elle écrit sa thèse, sous la direction de Gabrielle Houbre, « Quand les femmes deviennent soldats. France 1938-1962 ». Ses thèmes de recherche sont : histoire des femmes et du genre, mixité et parité professionnelles, histoire des représentations, guerres, conflit et décolonisation au xx e siècle. Élodie Jauneau a publié : 2009, « L’engagement militaire des femmes dans la France en guerre entre 1939 et 1962 », La Charte, organe de la Fédération Nationale André Maginot (fnam), pp. 8-13 ; 2008, « Des femmes dans la France combattante pendant la Deuxième Guerre Mondiale : le Corps des Volontaires Françaises et le Groupe Rochambeau », Genre & Histoire, n° 3, accessible sur <http://www.genrehistoire.fr/document.php?id=373> ; 2008, « L’engagement des femmes dans l’Armée française durant la guerre d’Algérie (1954-1962) », Sextant, « Colonialismes », n° 25, pp. 71-85 ; 2007, « Quand les femmes deviennent soldats. À l’origine de nouveaux rapports de genre dans l’armée française (1938-1976) », Genre & Histoire, « Travaux soutenus », n° 1, accessible sur <http://genrehistoire.fr/document.php?id=201>.

Adresse postale institutionnelle : Université Paris Diderot, ufr ghss, 105 rue de Tolbiac, Dalle des Olympiades, 75013 Paris

Adresse mél : elodiejauneau.at.gmail.com

Pour lire l’intégralité de l’article voir le billet publié par Élodie Jauneau dans Travail, genre et sociétés 2011/1 (n° 25) Pages : 248 ISBN : 9782707167699 DOI : 10.3917/tgs.025.0099 Éditeur : La Découverte

cairn.info/Des femmes dans la deuxième DB

Enregistrer

La féminisation à l’épreuve de la prison – (Cécile Rambourg)

1391682930Parution le 6 février 2014 – Ce rapport de recherche se centre sur l’analyse du processus de féminisation des personnels de surveillance et des personnels de direction des établissements pénitentiaires. Il vise à dégager les fondements qui définissent les différents métiers de la détention comme masculins mais aussi à saisir les effets de ces assignations sur les professionnels et les pratiques. Étudier le processus de féminisation dans ce cas, prend le parti théorique de traquer ce qui se conserve dans le changement et donc de déceler et d’analyser ce qui se transforme mais également ce qui rentre dans l’ordre.

Ces différents choix passent, dans un premier temps, par une analyse de la genèse du processus de féminisation afin de mettre au jour l’origine et l’allure du décalage entre les métiers définis par l’histoire institutionnelle, et l’entrée des premières femmes pénitentiaires. Ils impliquent ensuite de faire un point actuel et chiffré sur les incidences de ce processus en termes de présence, répartition et dissémination des femmes, avant de pouvoir analyser, chez les acteurs eux-mêmes, les effets de cette histoire et de ce processus, d’abord chez les DSP puis chez les personnels de surveillance.

Cécile Rambourg est docteur en sociologie, enseignant-chercheur à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire (CIRAP)

La féminisation à l’épreuve de la prison. Recompositions et permanences d’ordre. Cirap, avril 2013

Lire le rapport de recherche

14517545_10153977026178997_6850225696966334889_n
En parallèle  du blog  FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …
 
 

Accéder au Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson est un ancien formateur des personnels à l’administration pénitentiaire. Membre correspondant du CLAMOR (UMS 3726), il contribue régulièrement au carnet de recherche de Criminocorpus.

Philippe poisson – Google+ 51 053

 blog de Philippe Poisson

Enregistrer