Archives du mot-clé Esprit de Pays

L’Épuration et les femmes en Dordogne (1944-1951) – 2

Dans 1944 en Dordogne, Jacques Lagrange voit dans « l’acharnement que certains mettent à poursuivre les belles de Périgueux, de Bergerac et de Sarlat » la preuve que « ce mouvement est essentiellement populaire. Avec ce qu’il a de spontané, de sauvage, de cruel, il n’échappe pas au cortège des faits divers accompagnant toute révolution. (11) » Or, il semble maintenant clairement établi que l’Épuration a été, réfléchie, organisée, planifiée. En dépit de quelques débordements dont on ne peut nier qu’ils sont le fait d’actions populaires spontanées, l’Épuration a, le plus souvent, été mise en place, pour ne pas dire mise en scène. C’est le cas des tontes de « collaboratrices » qui ont lieu à Bergerac sur les marches du palais de Justice. Le choix du lieu n’est pas innocent. Sous le porche d’un tribunal où justice est rendue, des femmes soupçonnées de s’être « compromises avec les Boches » sont châtiées, publiquement. Les marches les plus hautes font office de podium, et du haut de cette estrade improvisée, officient les « coiffeurs » en blouse blanche. Ils président à une cérémonie qualifiée par Alain Brossat de « carnaval moche » (12). Le rituel public de la tonte, écrit cet auteur, est « une fête, un jeu, une exhibition, une cérémonie (…) Pour souligner qu’il s’agit d’un jeu, d’un “ théâtre ”, le marquage, ébauche de déguisement, joue un rôle décisif dans la cérémonie des tontes ; le “degré zéro” du travestissement, c’est la croix gammée que l’on trace à la peinture, au goudron, que l’on “sculpte” avec des ciseaux sur le crâne, que l’on dessine sur le visage, les seins, les fesses, voire le corps entier de la tondue. »

Dans son journal personnel, Renée Guimberteau relate la Libération de Mussidan (Dordogne), le 22 août, et mentionne « l’enlèvement des collaboratrices » le jour même. « Malheureusement il pleuvait à torrent et nous n’avons pas pu les voir » écrit-elle. Le 24 août, « la promenade » des collaboratrices n’avait toujours pas eu lieu « car la foule les aurait esquintées ». Il faut attendre que les esprits échauffés s’apaisent pour que le « spectacle » puisse commencer. Le 2 septembre 1944, soit 11 jours après la Libération, elle écrit : « Ce matin on a bien ri. Les FFI ont tondu sur la place les collaboratrices (…) Il y avait un monde fou. On les a promenées dans toutes les rues puis ramenées en prison (13) » … ( Le spectacle des tondues, exhibées en place publique de Bergerac, septembre 1944. Collection Bondier-Lecat.)

Pour en savoir plus voir le billet publié Par 17 juin 2015 sur le site Esprit de pays

Remarque : cet article est divisé en quatre parties : 1e Partie, 2e Partie, 3e Partie et 4e Partie.

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

Philippe poisson – Google+

 blog de Philippe Poisson

Souvenirs de Bals

Depuis le Moyen Âge, les pastourelles ou chansons d’amour, chantées par les troubadours, animaient les soirées chevaleresques. La mention la plus ancienne concernant la danse en Périgord date de 1530. Elle évoque la venue d’Henri d’Albret à Périgueux. L’auteur rapporte qu’une bourrée exécutée par des jeunes gens fut particulièrement appréciée par le prince et ses convives. Deux siècles plus tard, le 14 juillet 1790, à l’occasion de la fête de la Fédération et sous le nom de la Périgourdine, la bourrée fit danser les Parisiens sur le Champ de Mars.

Grâce au recueil Les vieilles chansons patoises du Périgord des abbés Emmanuel Cassé et Eugène Chaminade (1902), nous savons que les veillées campagnardes et les mariages étaient égayés par des chants et des danses : chants profanes, parfois chants religieux, chants de légendes, mais surtout des chants propres aux travaux rustiques permettant de célébrer en dansant la fin des moissons ou celle des vendanges.

À partir de l’ère industrielle, les comices agricoles voient le jour en milieu rural. En 1867, à Lalinde, un chroniqueur remarque que « pour attirer les personnes qui ne se passionnent pas pour les vaches et les taureaux, on avait eu l’idée d’ajouter au comice une sorte de fête municipale, où rien ne manquait : régates, feux d’artifice, bal, aussi toute la jeunesse bergeracoise avait-elle émigré vers les lieux… ».

Pour en savoir plus voir le billet publié par le 11 avril 2016 sur le site Esprit de Pays

cropped-11232117_10152999472353997_1356031260931184515_n1.jpgEn parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

Philippe poisson – Google+

 blog de Philippe Poisson

“Eysses la maudite”

Le projet expérimental « Respecto »