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Jalons pour une histoire des pendues de Monterfil

Au mois d’août 2014, de nombreux médias ont publié un article de l’Agence France-Presse consacré à celles qu’il est coutume de nommer les « pendues de Monterfil » et titré  « 70 ans après l’épuration, le tabou des pendues se lézarde à Monterfil »2. A en croire l’auteur, un très lourd secret expliquerait que les commémorations de la Libération s’effectuent dans une relative discrétion. Bien plus : nous découvrons au fil de la lecture que 70 des 1 300 habitants que compte ce petit village situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Rennes ont « enfin osé », en 2014, venir rendre hommage à trois femmes accusées à tort de collaboration et victimes d’une « épuration sauvage » orchestrée par des « résistants de la dernière heure » …

Pour en savoir plus, voir le billet publié par Fabien LOSTEC  sur le site En envor

A Monterfil, les commémorations de la Libération se feront cette année encore dans la discrétion. Le 4 août 1944, cette petite commune près de Rennes a vécu un cauchemar qu’elle n’arrive toujours pas à oublier. Accusées de collaboration, trois femmes y seront torturées puis exécutées par des « Résistants de la dernière heure ». 70 ans après, le drame est encore dans toutes les mémoires et les trois victimes ne sont toujours pas réhabilitées. REPORTAGE. Durée: 02:28

Pour visionner la vidéo You tube Le tabou des pendues de Monterfil

ob_462626_ob-056637-p1150922En parallèle  du blog FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES vous pouvez retrouver également mon activité sur le blog Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des …

Le blog de Criminocorpus présente une grande variété d’informations sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines dans le domaine de la recherche, de l’édition et des manifestations culturelles…

Philippe Poisson – En savoir plus

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 blog de Philippe Poisson

Mireille Balin : la beauté d’une star foudroyée

En pleine période d’émancipation de la femme, cette fille de bourgeois sans histoire n’hésitera pas à affronter les foudres familiales pour se lancer dans le cinéma. Mais sa carrière foudroyante sera stoppée net au sortir de la Seconde Guerre mondiale : elle paiera au pris fort son amour pour un officier de l’armée allemande. C’est une femme brisée et oubliée de tous qui finira sa vie dans la misère et la désespérance …

balin_mireille02… Le 25 août 1944, Paris est libéré.Mireilleet Birl tentent de rejoindre la frontière italienne, espérant se réfugier au Moyen-Orient. Le 28 septembre 1944, ils sont repris par un groupe de partisans FFI. Séparée de son amant, la jeune femme, battue et violée, échoue à la prison de Nice. Nul ne sait ce qu’il est advenu de Birl Desbok.

Rapatriée à la prison de Fresnes, Mireille Balin est interrogée. Sa libération, en janvier 1945, laisse penser que l’on ne put lui reprocher que sa liaison sentimentale avec un officier d’une armée devenue ennemie et sa participation au film de Genina. Mais, en 1945, cela n’était pas une broutille. Recluse dans son appartement de l’avenue d’Iéna, contrainte à vendre les derniers objets de valeur qu’il lui restait, abandonnée de (presque) tous, elle ne tarde pas à s’adonner à la boisson…

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site L’encinémathèque

ob_544e44_mireille-balin-la-star-foudroyee-livreParution du livre 22 avril 2014 – L’auteur, Frank Bertrand, nous dévoile dans cet ouvrage les blessures secrètes d’une femme terriblement émouvante alors que pour des milliers de cinéphiles, MIREILLE BALIN restera l’inaccessible vamp de Pépé le Moko et de Gueule d’amour. La pin-up du cinéma d’après guerre. Inoubliable star de l’entre-deux guerres et après avoir été la vedette d’une trentaine de films, Mireille Balin, subit, en 1945, les foudres des comités d’épuration pour avoir trop aimé un bel officier de la Wehrmacht. Malade, ruinée, prématurément vieillie, l’actrice fera une ultime apparition dans La dernière chevauchée, et jusqu’à sa mort, en 1968, elle mènera une vie solitaire, partagée entre l’errance et la réclusion. Née à Monte-Carlo, elle revient dans le Sud, à Cannes puis retourna finir sa vie à Paris. Destin fulgurant, tragédie moderne en forme de romantique lamento, la carrière cinématographique et la vie amoureuse de cette sublime étoile sont enfin mises en lumière grâce à seize cahiers d’écolier que l’un des trois principaux personnages de cette mystérieuse histoire découvre un jour, « par le plus grand des hasards » … Les grands films avec Jean Gabin, Tino Rossi, les grands films des années 40/50 avec des actrices superbes, films d’amour mais Mireille Balin aime un Allemand à la fin de la guerre: déchéance et persécutions…

  • Auteur : Frank Bertrand
  • Éditeur : ÉDITIONS VAILLANT

 

Triste fin d’une star déchue :

En 1961, Mireille Balin est alors recueillie par l’association «La roue tourne» qui lui permet d’avoir un toit pour  s’abriter. Elle meurt dans la misère totale et dans l’oubli le 9 novembre 1968. Sans l’aide de l’association, elle aurait été enterrée dans la fosse commune.

Elle repose maintenant au cimetière de Saint Ouen, carré 31, et depuis 1973 elle n’est plus seule. Un autre acteur célèbre est venu la rejoindre : il s’agit de Jean Tissier.

Triste histoire, n’est-ce pas ?

Un livre a été publié sur la vie de cette actrice. Il s’agit de « Mireille Balin ou la beauté foudroyée» paru aux Éditions de la Manufacture en 1989 et écrit par Daniel Arsand. Hélas, ce livre est devenu introuvable ! »

Une vidéo d’appui sur Youtube

Et ils oublieront la colère …

Parution du livre le 8 janvier 2015 : Dans une petite commune de l’Yonne, le cadavre d’un homme gisant près d’un lac est retrouvé. Cet homme, Mehdi Azem, professeur d’histoire dans un lycée de Sens, s’était lancé dans l’écriture d’un livre sur les tontes de femmes au moment de l’Épuration. Pour le capitaine de gendarmerie Garance Calderon, le meurtre d’Azem est lié à ses recherches. Élevée dans la région par ses grands-parents, Calderon soulève donc le voile qui pèse sur certains événements dissimulés depuis soixante-dix ans et peut-être aussi sur son propre passé.

Et ils oublieront la colère est avant tout une histoire de femmes ou plutôt deux histoires de femmes – celle de Marianne durant l’Occupation et celle de Garance – qui se font écho d’un siècle à l’autre. Des femmes fortes, fières et rebelles, de celles qui séduisent et effraient les hommes et qui en paient parfois le prix. Cet entrelacement de la séduction, de l’amour, de la violence et de la mort qui étaient déjà au cœur du précédent roman d’Elsa Marpeau, L’expatriée (et peut-être de ses autres livres que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire), est très certainement la qualité essentielle de Et ils oublieront la colère. Elsa Marpeau aime en effet à fouiller la psyché de ses personnages féminins, à déballer leurs conflits intérieurs et leurs blessures et elle le fait bien.

Toutefois, ce travail de mise à nue de l’âme de ses héroïnes et cette réflexion sur la violence se fait ici au détriment de la cohérence de l’intrigue. Clairement, là où certains auteurs cherchent à tout pris l’exactitude, Elsa Marpeau ne tient apparemment pas à la véracité des détails quitte à ce que, parfois, des éléments essentiels de son histoire deviennent bancals. C’est là le point faible de ce roman durant lequel le lecteur peut régulièrement tiquer face à certaines situations ; du travail sur les scènes de crimes aux détails qui s’emboîtent trop bien en passant par la présence de cet Allemand qui semble plus prendre de longues vacances qu’occuper réellement le pays. Plus à cheval – et plus agacé sans doute – que moi sur ce genre de détail, Philippe Cottet en a fait une liste assez exhaustive dans sa chronique du Vent Sombre.

Intéressante réflexion sur l’exercice d’une réelle violence sociale à l’égard des femmes, de la vigueur des ressentiments intégrés par le corps social et la cellule familiale avec les non-dits qui vont avec, Et ils oublieront la colère, malgré par ailleurs une écriture agréable, souffre donc aussi de ce manque de réalisme et d’une vision de l’Occupation qui tient trop souvent de l’image d’Épinal. Ce qui donne un roman dont les promesses initiales ne sont en fin de compte qu’à moitié réalisées.

Elsa Marpeau, Et ils oublieront la colère, Gallimard, Série Noire, 2015.

Du même auteur sur ce blog : L’expatriée

 

Elsa Marpeau relie un épisode sordide de la Libération à une enquête policière. Un roman fort où le passé poisse encore.

« Haro sur la « putain », la « sorcière », la « collabo » ! A l’été 1944, dans un village de l’Yonne, la jeune Marianne Marceau est poursuivie par une foule hargneuse, acharnée à lui faire payer sa supposée liaison avec l’officier allemand qui a occupé la propriété familiale.

La « collaboration horizontale », les femmes tondues -près de 20 000 en France entre 1943 et 1946-, l’épuration, c’était précisément l’obsession de Mehdi Azem, 31 ans, prof d’histoire-géo dans un lycée de Sens, abattu près d’un lac en août 2015. Il voulait rencontrer les dernières survivantes, leur consacrer un livre, « Le Retour de la colère », et venait d’acheter la maison du frère de Marianne à l’Hermitage, hameau où vit encore tout le clan Marceau.

Un vrai souffle littéraire sur le passé poisseux

Un clan de chasseurs, soudé, taiseux, honteux du souvenir de cette aïeule qui se serait enfuie avec « son Boche ». Chargée de l’enquête, Garance Calderon, capitaine de gendarmerie, fait vite le lien avec les événements survenus soixante-dix ans auparavant, interroge les anciens comme les plus jeunes. Mais dans ce milieu rural aux mœurs frustes, il ne fait pas bon raviver un passé si poisseux, même pour « une vraie teigne » comme Garance, qui va y risquer sa peau.

L’intrigue semble cousue de fil blanc. A tort : la révélation de la page 202 opère un retournement inattendu. Au-delà d’un scénario qui remplit le contrat « polardeux », Elsa Marceau s’y entend pour restituer cet épisode sinistre de la Libération avec un vrai souffle littéraire. Et à bon escient, en ces temps de commémorations de la Seconde Guerre mondiale… »

Pour lire l’intégralité de cet article sur le site l’Express, , voyez le lien suivant :

Le spectre de la femme tondue