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138 – Portrait du jour : Élisa Sebbel, l’auteure du roman « La prisonnière de la mer »

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Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « Portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville, directeur du Clamor et de Criminocorpus.

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

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« … Aujourd’hui, des milliers de touristes visitent les Baléares et c’est à peine si l’on mentionne que des prisonniers français, allemands, polonais, italiens, suisses, belges ont été emprisonnés sur l’île de Cabréra, il y a deux siècles. On ne parle jamais des femmes en tout cas. Cabréra, c’est le parc naturel aux eaux turquoise, la grotte bleue, une île idyllique. J’ai visité l’île plusieurs fois et à chaque fois mon émotion grandissait. Au fil de mes recherches, à chaque lecture des mémoires des prisonniers, à chaque découverte, j’étais de plus en plus bouleversée par le sort de ces oubliés de l’histoire… »

Pour son 138ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus  reçoit avec infiniment de plaisir la romancière Elisa Sebel, l’auteure du roman La prisonnière de la mer

Docteur en littérature française, Elisa Sebbel enseigne dans une université espagnole et vit à Majorque. Découvert dans le cadre du Mazarine Book Day 2018, pour lequel il a reçu la « mention spéciale du jury », son premier roman, La Prisonnière de la mer, dévoile un drame oublié de notre histoire.Éditeur Mazarine

Bienvenue Élisa sur le site du carnet criminocorpus. Ph.P.

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« Née en France où j’ai passé toute ma jeunesse dans le sud, je vis depuis plus de vingt ans à Majorque. J’ai toujours adoré l’histoire et la littérature et ai réussi à combiner mes deux passions en commençant à écrire des romans historiques.

Mon parcours est assez traditionnel, même s’il a pris du temps. J’ai fini mes études avec une maîtrise en poche puis suis partie comme lectrice en Espagne, à Majorque plus précisément. Tombée amoureuse de cette île, je n’en suis jamais repartie. Plus tard, la vie a fait que j’ai eu la possibilité de donner quelques heures de cours de français à l’université. Pour avancer, un doctorat était indispensable. Malgré mes enfants encore très jeunes, je me suis lancée dans la thèse doctorale et ai découvert la recherche pour laquelle je me suis prise d’une véritable passion.

En 2009, le parc national de l’archipel de Cabréra a réuni une équipe de chercheurs internationaux afin de monter une exposition pour le bicentenaire de la captivité napoléonienne (1809-1814) et publier un ouvrage exhaustif sur le thème. J’ai eu la chance de faire partie de ce projet de recherches et me suis alors penchée sur le sort des vingt et une femmes qui eurent le malheur de devoir partager l’emprisonnement des cinq mille soldats prisonniers en 1809. Ces cantinières avaient été complètement oubliées de la mémoire collective et mon article historique « Les femmes à Cabréra » surprit la population majorquine et retint l’attention de la presse locale. On avait osé abandonner des femmes sur cette île aride sans rien, soumises à la soif, à la faim, aux maladies, au froid et à toutes sortes de mauvais traitements. Pendant les guerres, les conventions signées sont souvent violées et si les articles 6 et 7 de la convention de la capitulation de la bataille de Baylen stipulaient que les seize mille prisonniers français devaient être « embarqués sur des vaisseaux avec équipages espagnols et transportés en France au port de Rochefort » (article 6), rapatriés et protégés par l’armée espagnole « contre toute opération hostile » (article 7), il n’en a absolument pas été le cas et tout au contraire la junte centrale de Séville et l’amirauté anglaise allaient transformer la captivité des troupes françaises en un ignoble calvaire jusqu’à la fin de la guerre (1814). Evidemment, le personnel civil qui accompagnait les troupes n’aurait jamais dû être emprisonné. Mais le destin en voulut autrement et les vivandières se virent obligées de partager le sort de leur régiment.

Les chiffres sont assez effarants. Durant les cinq longues années d’emprisonnement à Cabréra (1809-1814), sur un total d’environ onze mille huit cents prisonniers détenus au fils des ans, entre trois mille cinq cents et cinq mille auraient péri sur le rocher, soit 40 %, à en croire l’historien Denis Smith.

46665308_354683748615294_6099570094008958976_nAujourd’hui, des milliers de touristes visitent les Baléares et c’est à peine si l’on mentionne que des prisonniers français, allemands, polonais, italiens, suisses, belges ont été emprisonnés sur l’île de Cabréra, il y a deux siècles. On ne parle jamais des femmes en tout cas. Cabréra, c’est le parc naturel aux eaux turquoise, la grotte bleue, une île idyllique. J’ai visité l’île plusieurs fois et à chaque fois mon émotion grandissait. Au fil de mes recherches, à chaque lecture des mémoires des prisonniers, à chaque découverte, j’étais de plus en plus bouleversée par le sort de ces oubliés de l’histoire. Il fallait en parler. J’avais toujours voulu écrire, mais de là à passer à l’action. La littérature pour moi, c’était la Littérature. Je n’en avais pas le don. Je ne me sentais pas capable ou autoriser à écrire même si depuis toute petite j’en rêvais. Et puis un événement familial qui aurait pu être tragique m’a montré que la vie peut disparaître en une seconde et qu’il fallait avoir le courage de ses envies. En février 2015, j’ai pris la plume. En janvier 2019, vous en avez le résultat : « La prisonnière de la mer ».

Je suis actuellement en train d’écrire la suite de ce premier roman qui parlera d’un nouveau thème historique tout aussi glaçant. »

La prisonnière de la mer (Élisa Sebbel)

« Il est enfin là ! Tellement d’émotions ! Une idée qui trottait dans ma tête depuis 2009. 10 ans plus tard, le voilà ! Il est vraiment très beau. Dans une semaine, vous pourrez vous aussi le trouver en librairie. Un grand grand merci à toute l’équipe de Mazarine et particulièrement à Alexandrine Duhin

J’attends avec impatience vos retours. » Elisa Sebbel

1809. Les guerres napoléoniennes font rage. Alors qu’ils croyaient être rapatriés en France, 5000 prisonniers se retrouvent captifs sur l’îlot de Cabrera, dans les Baléares. Pour survivre, un maigre filet d’eau douce, des rations insuffisantes, des abris précaires qu’il leur faut bâtir eux-mêmes. 21 femmes les accompagnent, parmi lesquelles Héloïse, vivandière de 18 ans dont le mari a succombé en mer, emportant avec lui l’insouciance et la légèreté de la jeune femme.

Si la guerre avait déjà meurtri les hommes, le désespoir leur fait bientôt perdre la raison. Par chance, Henri, chirurgien de l’armée, se prend d’affection pour Héloïse. Entre privations, épidémies et tempêtes, les morts s’accumulent, l’espoir s’amenuise, et Héloïse ne songe qu’à se libérer enfin de cet enfer – jusqu’à ce nouvel arrivage de prisonniers et de Louis qui fait tout chavirer.

À force de ténacité, la jeune femme parviendra-t-elle à se sauver ? Car si l’amour est une captivité volontaire, la mer l’a déjà faite prisonnière…

Docteur en littérature française, Elisa Sebbel enseigne dans une université espagnole et vit à Majorque. Découvert dans le cadre du Mazarine Book Day 2018, pour lequel il a reçu la « mention spéciale du jury », son premier roman, La Prisonnière de la mer*, dévoile un drame oublié de notre histoire.*

Éditeur Mazarine