Etre noir(e) au Brésil

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Le 14 mars 2018 était assassinée Marielle Franco, élue locale de Rio de Janeiro, porte-voix des favelas et des populations noires, militante afro-féministe et LGBT qui dénonçait la violence policière dans ces quartiers. Comment s’articulent, au Brésil, question raciale et question territoriale ?

Le 14 mars dernier était assassinée Marielle Franco, une élue locale de Rio de Janeiro, elle a été abattue de plusieurs balles dans la tête à 21h30, en pleine rue – ainsi que son chauffeur. Cet assassinat a suscité une très grande émotion – et une très grande colère – qui a largement dépassé les frontières de la ville et du pays.

Cette conseillère communale, membre du Parti socialisme et liberté (PSOL), était la porte-voix des favelas, des populations noires, mais aussi une militante afro-féministe et LGBT.

Habitante de Maré, une favela réputée violente, elle dénonçait avec virulence la répression policière dans ces quartiers.

Quatre jours avant son assassinat, Marielle Franco dénonçait le meurtre de deux jeunes garçons noirs de la favela Acari (au nord de Rio), tués et jetés dans une fosse. «Cela est toujours arrivé mais cela a empiré avec l’intervention militaire » avait-elle écrit sur son compte Twitter.

« Combien de gens vont devoir mourir pour que cette guerre prenne fin ? », c’était la question qu’elle posait lors de l’un de ses derniers messages, publié quelques heures avant sa mort.

Le retour des militaires décidé par le président Michel Temer pour tenter de ramener l’ordre dans les favelas a-t-il effectivement aggravé la situation ? Et les noirs font-ils les frais, une fois encore, de l’escalade sécuritaire ? Jusqu’où les inégalités raciales mettent à mal le mythe d’un brésil métissé ?

Pour en savoir plus et écouter le document sonre sur le site de France culture

Au cinquième étage de la faculté de droit (Christos Markogiannakis)

Parution du livre le 29 mars 2018 – Cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie, découvre le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… avant d’être tué à son tour.

Chargé d’enquêter sur ce double meurtre, Christophoros Markou, jeune capitaine fraîchement diplômé, entre dans l’univers secret de l’Université : un effrayant dédale où s’entrelacent ambitions professionnelles, compromissions, lâchetés et vanités.
Markou trouvera-t-il la lumière ?

Puisant dans sa propre expérience, Christos Markogiannakis, diplômé de criminologie et de droit, auteur d’un essai remarqué, Scènes de crime au Louvre, signe un brillant premier polar qui dévoile la personnalité atypique du capitaine Markou, empêcheur de tourner en rond dans une Grèce au bord du chaos. Extrait

Christos Markogiannakis a étudié le droit et la criminologie à Athènes et à Paris et travaillé pendant plusieurs années comme avocat pénaliste.Auteur de romans policiers et d’installations mêlant l’art et le crime, ses « Criminarts », il réside actuellement à Paris.En 2017, il a publié un essai intitulé Scènes de crime au Louvre (éditions Le Passage) qui analyse la représentation du crime dans les tableaux du Louvre, et qui a reçu un très bon accueil critique. Au cinquième étage de la faculté de droit est son premier roman traduit en français.

www.christosmarkogiannakis.com

Traducteur : Anne-Laure Brisac

Albin Michel

En savoir plus sur Christos Markogiannakis – 102 – Portrait du jour – Christos Markogiannakis : avocat, criminologue et écrivain. Ou simplement criminartiste :

https://criminocorpus.hypotheses.org/73173/embed#?secret=SSzQhn6Xk6


« Les diablesses » – Téléfilm dramatique d’Harry Cleven (2007)

Cette fiction retranscrit l’atmosphère austère des instituts du Bon pasteur avec beaucoup de réalisme.

Au milieu des années 1950, Sylvie, 16 ans, orpheline, est surprise par son oncle en train de flirter dans la maison familiale avec son petit ami. L’homme, acariâtre et malveillant, décide de la placer aussitôt dans l’un des établissements du Bon Pasteur, une des institutions religieuses dont la mission est d’accueillir les jeunes filles désoeuvrées ou de mauvaise vie. Rebaptisée Henriette dès son arrivée, Sylvie apprend qu’elle y restera jusqu’à sa majorité. Consternée, la jeune fille y découvre une atmosphère glaciale, la solitude, l’austérité et la sévérité de ses hôtes, notamment de soeur Blandine, la responsable. Outre les travaux de couture ou de buanderie, le quotidien est rythmé par les humiliations morales et les punitions corporelles pour qui déroge aux règles strictes. Mais Sylvie se lie d’amitié avec Denise, une jeune mère célibataire mue par un désir inapaisé : s’enfuir pour retrouver sa fille.

Genre : Téléfilm dramatique

Pays : France – Belgique – Date de sortie : 2007

Réalisateur(s) : Harry Cleven

Acteurs(s) : Anna Mihalcea (Sylvie / Henriette), Soko (Denise)

Mardi 12 mars 2019 – 20h55 – 22h35 (Durée : 1h40mn) Les diablesses RMC Story

Nouvelle collection « Le mot est faible » chez l’éditeur en sciences humaines Anamosa

 

L’éditeur en sciences humaines Anamosa vient de lancer le 7 mars une collection en petit format, « Le mot est faible ». Dirigée par l’historien Christophe Granger, elle présente 3 à 4 textes courts par an où, à chaque fois, un mot est redéfini. L’enjeu ? « L’arracher à l’idéologie qu’il sert et à la soumission qu’il commande pour le rendre à ce qu’il veut dire », défend l’éditeur. Les deux premiers ouvrages disponibles en librairie :

« Révolution » de Ludivine Bantigny

« Peuple » par Deborah Cohen

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 Chloé Pathé est éditrice d’ouvrages de sciences humaines et livres illustrés depuis de nombreuses années, et a fondé en 2016 les éditions Anamosa, qu’elle dirige.

Anamosa se veut un espace d’expériences à la fois savant et populaire. Les ouvrages et les revues proposés relèvent de cette volonté : soigner le fond et la forme parce que la non-fiction peut être lue par tous… comme un roman.

Profondément ancré dans le monde contemporain et les questionnements multiples qu’il suscite, le projet d’anamosa est ainsi d’aborder ces derniers loin des doctrines qui cloisonnent et de l’immédiateté du discours qui peut enfermer.

Nos auteurs sont au centre de ces préoccupations : comment transmettre des savoirs pour aider à mieux comprendre les problématiques qui traversent nos sociétés, comment interroger les contradictions humaines, sans vouloir les résoudre à tout prix en ne négligeant aucunement le plaisir de l’écriture et de la lecture.

 Chez les Sauks, une tribu amérindienne, anamosa signifie « tu marches avec moi ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit : marcher ensemble, longtemps, au gré des livres, avec les auteurs, avec les libraires, avec les lecteurs.

 Diffusée et distribuée en librairie par Volumen, la maison publie entre 6 et 10 ouvrages par an et édite également deux revues, Delta t et Sensibilités. Histoire, critique & sciences sociales.

 

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac

 

 


149 – Portrait du jour : Fátima de Castro – « En temps de guerre – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918) »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 149ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Fátima de Castro, habitante du Val de Loire. Elle a  étudié les lettres à La Sorbonne, et a participé à des travaux de traduction sur le regard portugais porté sur les cultures étrangères notamment en Égypte et Éthiopie.

Ici elle nous présente l’ouvrage qu’elle a traduit en Français pour son homonyme Ana de Castro Osorio . « En temps de guerre »  sous titré  « Aux soldats et aux femmes de mon pays »  est un recueil d’articles compilés durant la première guerre. Ou Ana la première féministe rappelle que le  Portugal a bien participé à cette première guerre mondiale, en y perdant d’ailleurs près de 20 000 hommes lors de la bataille de la Lys , et dans ses écrits d’alors, injustement oubliés, Ana exhorte ses consœurs portugaises à participer activement à la lutte contre l’ennemi germanique, et à changer la société portugaise. Nul doute que cette traduction était nécessaire pour nous éclairer sur le rôle des femmes portugaises en 14/18 …

Après des travaux interrogeant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, Fátima de Castro a voulu répondre à cette question souvent entendue : pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du XXe siècle ?

Dans le cadre d’une association patrimoniale locale Fátima de Castro a réalisé une brochure sur l’attentat que Cadoudal prévoyait à l’encontre du futur Napoléon. Elle s’est basée sur les compte-rendu du procès et des recherches biographiques pour établir ce récit.

Le sérieux des publications de cette association est assuré par des membres issus du corps universitaire et du CNRS. Pour en savoir plus contacter l’auteure du portrait

fatiperegrine@free.fr

https://www.facebook.com/profile.php?id=100016504086205

Bienvenue Fátima de Castro sur le carnet criminocorpus résolument ouvert aux femmes et aux féministes. Ph.P.

« … Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle … » Fatima de Castro

« Comment se fait-il que vous autres, Portugais, soyez restés loin des champs de bataille de la Première guerre mondiale ? »

« De toute façon, vous, les femmes portugaises, vous êtes habituées à ne rien faire pour améliorer votre condition »

Ces deux remarques récurrentes, tant de fois entendues, m’ont amenée à m’interroger sur ces deux sous-entendus « nordiques » un peu pesants qui supposent que, dans le Sud, on ne fait pas grand chose pour… changer les choses. L’image d’habitants nonchalants, de femmes soumises, semble encore bien ancrée d’après ce que mes écoutilles enregistrent.

Mes recherches universitaires m’avaient amenée à m’interroger sur le regard que porte le Portugal sur les cultures étrangères qu’il lui a été donné de croiser dans sa longue expérience d’explorateur. Comment les premiers Portugais qui ont mis le pied en Ethiopie, à la recherche du mythique Prêtre Jean, ont-ils perçu la réalité de ce pays qui, bien évidemment, n’avait rien de commun avec les rivières d’émeraude et autres flots d’or et de pierres précieuses décrits dans la fameuse lettre mystificatrice de 1170. Loin de s’en émouvoir, les Portugais ouvrent leurs yeux et leurs Jésuites se mettent à publier la réalité du terrain (Pêro Pais : introduction à la lettre d’un jésuite en Éthiopie (1603). In : Cahiers du Centre de recherche sur les pays lusophones – CREPAL, Presses de la Sorbonne Nouvelle, cahier n°11, 2005, p.27-36).

A la fin du 19e siècle, le grand écrivain portugais José Maria Eça de Queiros , encore jeune et auteur en devenir, a la chance de pouvoir fouler les terres égyptiennes et bibliques à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Sensations avides et dépaysement exotique dont il couvre fébrilement ses carnets de voyage qui lui serviront, par la suite, à alimenter ses œuvres de cette expérience qui mêle intérêt culturel et regard personnel (Eça de Queiroz et le Moyen-Orient : réalité et fiction, mémoire de maîtrise, Université Sorbonne-Paris IV, 1996).

Mais les étonnements qui m’arrivent par la suite me portent à inverser ce regard. De Portugal regardant je me trouve face au Portugal regardé. Mal regardé. Ou regardé avec un certain préjugé parce qu’on n’en a jamais entendu parler. Et pourquoi ? me suis-je demandé. La littérature traduite reste très… littéraire, ou axée sur des études relatives aux découvertes, le grand succès du Portugal médiéval et renaissant. Le Portugal lui-même semble n’accorder d’intérêt universitaire à la question du mouvement féministe que depuis récemment. Ce mouvement, je le découvre moi-même très actif dès son apparition. S’il surgit tardivement par rapport aux mouvements américains ou du Nord de l’Europe, il part sur les chapeaux de roues, créé commissions sur commissions, investit la vie publique et éditorialiste. Je découvre le nom tristement oublié aujourd’hui d’Ana de Castro Osório, fer de lance du féminisme, participante active à la mise en place de la République en 1910, la tête pleine de projets pour faire évoluer son pays et la condition de la femme avec. Cerise sur le gâteau, je tombe par hasard sur une publication de 1918 : Ana y regroupe un ensemble d’articles par elle rédigés tout au long du premier conflit mondial.

Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle.

Dans son En temps de guerre, Ana de Castro Osório analyse l’effondrement social et économique du pays mis en évidence par l’entrée en guerre et dû à la défaillance d’une approche politique qui n’a jamais souhaité faire de la femme un membre actif de la société, un membre dont l’énergie serait bien utile à un moment où les hommes sont sur le front. Elle souligne les dysfonctionnements dans toutes les branches : administration, agriculture, industrie, enseignement, l’abandon des soldats portugais par les leurs. Elle interpelle les politiques, ses concitoyennes, citant l’exemplarité des Françaises, des Anglaises, des Russes et même des Chinoises. Pour elle, la passivité féminine est devenue une tare. La femme portugaise doit se réveiller, agir, ne plus simplement attendre dans la quiétude de son foyer. Dans ce recueil d’articles, Ana de Castro Osório va au-delà du féminisme comme simple notion sociale. Elle lui donne une envergure pratique, propose des solutions, enguirlande ses consœurs et tente d’éveiller la part active qu’elles peuvent devenir au sein de la société, qu’elles doivent devenir au sein de la société.

Ana de Castro Osório, En temps de guerre : aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918), traduction Fatima de Castro, éditions l’Harmattan, 2018.

 

 

148 – Portrait du jour : Coralie Akiyama, une romancière passionnée par le Japon et l’écriture…

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « Portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 148ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Coralie Akiyama. Passionnée par le Japon et l’écriture. « Féérie pour de vrai  » (éditions Moires  ) est son premier roman.

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lyon, Coralie Akiyama est consultante dans le domaine de la mode. Passionnée par le Japon, elle vit à Tokyo depuis dix ans. Elle écrit pour le quotidien, Senken Shinbun, célèbre dans le milieu de la mode.

Bienvenue Coralie sur le carnet criminocorpus qui accueille les femmes de talent… Ph.P.

De quand date votre désir d’écrire ?

J’ai commencé à écrire et peindre à 16 ans. Ce n’était pas un désir mais un besoin impérieux, vital.

Comment présenteriez-vous votre roman ?

On peut le lire comme un rêve, ou un cauchemar éveillé. L’imaginaire effleure le réel, s’y insinue et l’étreint de façon croissante au fur et à mesure du récit. J’ai peint un univers féérique à l’intérieur duquel des thèmes majeurs de notre époque sont abordés, comme l’éducation, la violence ou la justice. L’action se passe en France, au sein de la petite bourgeoisie de province. Les personnages ont des sensibilités, des opinions différentes mais ressentent un commun malaise par rapport au monde dans lequel ils évoluent. J’ai voulu décrire l’ombre, celle d’un individu, d’une famille et d’une société. Je vois en général la littérature et les autres formes d’art comme l’expression de l’ombre d’une culture.

Comment s’est déroulée l’écriture de votre roman ?

J’ai essayé d’écrire avec le plus de sincérité possible, au plus près du vrai. Le vrai de l’émotion, celui des sens. Jusqu’au dernier moment, je n’étais pas sûre de pouvoir parvenir au point final. Je suis rentrée dans ce monde jusqu’à y perdre pied.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour créer l’univers de Féérie pour de vrai ?

Je me répète souvent cette phrase de Truffaut « la vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». Je lui ai emprunté quelques fragments choisis. Mon écriture est aussi marquée par des lectures : Kafka, Céline, des oeuvres comme « L’homme-boîte », « La femme des sables » de Kôbô Abe, « L’écume des jours » de Boris Vian, « Le double » de Dostoïevski, la poésie de Francis Ponge ou de René Char… Je suis également très influencée par le fantastique nippon, sous toutes ses formes : films d’animation, contes, oeuvres sonores et visuelles classiques ou contemporaines. Cela fait dix ans que je vis à Tokyo, le Japon est un pays fascinant qui nourrit l’imagination.

Vos personnages sont épuisants, déjantés. Vous êtes-vous inspiré de personnes réelles ?

Oui, mais la source a peu d’importance pour moi, c’est le personnage qui compte. Le modèle d’un peintre peut être une bourgeoise ou une prostituée, la différence ne se voit pas forcément sur le portrait…

Vous reconnaissez-vous en Célia, votre personnage principal ? Lui avez-vous prêté quelques uns de vos traits biographiques ?

Comme elle je suis sidérée par des coïncidences, des enchaînements de faits. Je ne sais pas si nous avons d’autres points communs.

Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours ?

J’ai commencé l’écriture d’un roman à l’esprit kafkaïen sur le Japon. J’y explore des thèmes nouveaux, toujours en mêlant l’intime et le social, le réel et l’imaginaire. Il sera en résonance avec le climat actuel.