Archives pour la catégorie Violence aux femmes

« Ailleurs jusqu’à l’aube » de Marie Murski

« Ailleurs jusqu’à l’aube », ouvrage qui rassemble l’ensemble de mon oeuvre poétique, paraîtra le 18 février prochain aux éditions Les hommes sans épaules avec une préface de Christophe Dauphin de l’Académie Mallarmé.

Cette préface met en lumière comment « l’oeuvre en marche » fut stoppée net en 1992 après ma rencontre avec un homme au-dessus de tout soupçon qui m’enfermera durant quatorze ans dans une violence conjugale qui me laissera exsangue et décervelée.

Doucement, après avoir écrit ce que j’avais vécu, l’indispensable « Cris dans un jardin », en parallèle avec l’écriture de romans et de nouvelles, j’ai réécrit de la poésie ; j’ai retrouvé ce bien précieux que j’avais cru perdu, intact, sorti avec moi des griffes du monstre. Ainsi est né « Le grand imperméable », qui réunit des poèmes inédits dont le thème principal est « la dominance masculine ».

Merci à toute l’équipe des Hommes sans épaules de m’avoir à nouveau accueillie et reconnue après tant d’années d’absence.

Editions « Les Hommes sans Épaules »

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

N’hésitez pas à partager pour que l’on se souvienne de nous.

Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain

La grève victorieuse des « matchgirls » anglaises – Presse RetroNews …

EN 1888, 1 400 OUVRIÈRES DE L’USINE D’ALLUMETTES BRYANT & MAY SE METTENT EN GRÈVE POUR PROTESTER CONTRE LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL. ET SURTOUT REFUSER L’UTILISATION DU PHOSPHORE, QUI DÉFORME LA MÂCHOIRE DE CELLES QUI LE RESPIRENT.

 

Tout commence par un article paru dans l’hebdomadaire anglais The Link. Sous le titre « White slavery in London » (Esclavage blanc à Londres), la journaliste et militante socialiste Annie Besant dénonce les épouvantables conditions de travail des ouvrières de la manufacture d’allumettes Bryant & May.

Ces « matchgirls » – souvent des adolescentes – travaillent plus de 12 heures par jour pour 4 shilling par semaine (pas assez pour payer le loyer d’une chambre), sont à peine nourries dans l’usine et sont, de plus, soumises à des amendes si leurs mains ou leurs pieds sont jugés sales sur leur lieu de travail.

Par dessus tout, elles travaillent au milieu des gaz du phosphore utilisé pour fabriquer les allumettes. Le phosphore provoque des ostéonécroses de la mâchoire, déformant le visage et entraînant d’insupportables douleurs. Le « phossy jaw » (pour « phosphorus necrosis of the jaw ») touche de nombreuses ouvrières de la manufacture.

Lorsque l’article paraît, l’émoi est grand. Le premier geste de la direction de Bryant & May est alors de licencier les ouvrières qui ont parlé avec Annie Besant. Ce renvoi met le feu aux poudres. Le 6 juillet, les « matchgirls » cessent le travail 

Pour en savoir plus lire le billet publié par Michèle Pedinielli le 5 avril 2018 sur le site de Retronews

Nadia Murad : l’ancienne prisonnière de Daesh, prix Nobel de la paix

CULTURES MONDE.  Le 10 décembre, Nadia Murad a reçu le prix Nobel de la paix. 3 ans après s’être échappée des griffes de Daesh, cette ancienne esclave sexuelle, d’origine yézidie, porte aux yeux de la communauté internationale les témoignages des souffrances de sa communauté et les plaies d’un Irak à reconstruire.

> EN SAVOIR PLUS…

Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie »

48407915_1947942378661466_8592245219980738560_oC’est une croix de Lorraine sur une tombe en Californie. C’est l’histoire d’une femme absente de nos livres mais connue outre-atlantique. Son histoire est-elle totalement vraie? Est-elle enjolivée? L’absence de son nom dans nos archives (jusqu’à preuve du contraire) n’enlève rien à l’estime que les organisations de vétérans US lui portent. Qui était-elle? Son nom est Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie ». Cette native du nord de la région bordelaise, étudiante en médecine, montée à Paris, a 20 ans en 1943 quand son école ferme. Tous les étudiants masculins sont réquisitionnés par le STO. Elle retourne vers Bordeaux et trouve un passage vers l’Angleterre. Recrutée par le SOE, elle va être formée pendant six mois avant d’être droppé sur Cherbourg ou elle espionnera sous le couvert de travailler pour un fournisseur des repas aux Allemands. De retour en Angleterre pour debriefing, elle revient en France le 27 avril 1944. Cette fois-ci, elle est arrêtée…à l’atterrissage par la police de Pétain! Ce sera la Gestapo, la torture, les viols. Rolande sera déportée à Mathausen. Délivrée en mai 1945 par la 65ème division US, elle pèse à peine trente kilos. Après-guerre, elle deviendra infirmière, se mariera avec un pilote (Robert Fournet), l’accompagnera en Indochine ou ce dernier sera tué. En 1951, revenue en France depuis deux ans, Rolande devient interprète pour l’ambassade des USA. « Frenchy » est née. Elle se mariera peu après avec le sergent-major Gene Admundson et prendra la nationalité américaine. Vivant désormais outre-atlantique, elle fera partie, avec la chanteuse Martha « colonel maggie » Raye, inlassable supportrice des soldats depuis 1943 lors des tournées USO, de l’association de soutien des « bérets verts », qui l’honoreront en 1977 comme lieutenant-colonel honoraire, lui offrant… un béret vert. Rudolph de Patureaux Ecrivain

« La Paix des ménages. Histoire des violences conjugales, XIXe-XXIe siècle (Victoria Vanneau)

Devenue un « fait de société », la question des violences conjugales avance lestée de chiffres, mais aussi d’une « belle » mythologie : nous autres modernes serions les premiers à lutter contre elles, à les juger réprouvables et même à les punir. A l’heure où les historiens s’emploient à revisiter la place de l’Etat dans l’organisation des sociétés, ce livre est une contribution majeure à la compréhension historique de la place du droit et de la justice dans le processus de pacification des moeurs qui tenaille tant le XIXe siècle.

Nourri des centaines d’affaires de violences conjugales dont les tribunaux n’ont pas cessé d’être saisis, il souligne la difficulté de saisir ces violences bien particulières, pour les victimes notamment, il plonge le lecteur dans l’ambiance des tribunaux et il fait le pari de se placer au plus près des magistrats qui traitent ces affaires. Y apportant des arguments solides et historiquement fondés, il permet également d’alimenter les débats citoyens et d’aller à l’encontre de certaines idées reçues : les hommes battus existent aussi, le XIXe siècle ne fut pas que celui du « droit de correction » et peut-être, ayant fait de ces violences un « fait de droit » et non pas un « fait de société », savait-il mieux les punir qu’aujourd’hui.

Victoria Vanneau est historienne du droit et des institutions, spécialiste des violences de genre en droit pénal français et en droit pénal international. Ancienne chargée de mission au sein du ministère de la Justice, elle est ingénieur de recherche au CNRS (ISP/Mission de recherche Droit et Justice). Elle a enseigné au sein des universités de Paris-2, Rennes-1 et Angers. Elle a co-écrit Le Vase de Soissons n’existe pas & autres vérités cruelles sur l’histoire de France (Autrement, 2013) et est l’auteure de Le Chien ; Histoire d’un objet de compagnie (Autrement, 2014).

  • Date de parution : 03/03/2016
  • Éditeur : Anamosa

Quand nos auteur.e.s présentent leur travail devant 3000 personnes… Bravo à Victoria Vanneau, auteure de « La Paix des ménages. Histoire des violences conjugales, XIXe-XXIe siècle », qui était dimanche au Palais des Congrès à l’invitation des Journéesecf dont le thème était « Gai, gai, marions-nous ! » Anamosa

« Femmes à Boches » – Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre (Emmanuel Debruyne)

Parution du livre le 19 septembre 2018 – Entre 1914 et 1918, les expériences de guerre ne se limitent pas au front et à l’arrière. Il y a aussi l’occupation militaire, subie par près de 10 millions de Français et de Belges. La faim, l’angoisse, la privation et la lassitude sont les conditions de cette situation particulière où se mêlent complémentarité de genre et antagonisme de guerre : des relations intimes naissent entre des femmes et des hommes qui dans d’autres circonstances ne se seraient jamais rencontrés.Mais ces relations ne sont pas simplement une révolte de l’amour contre la haine. La vague de viols qui accompagne l’invasion d’août 1914 participe à terroriser les populations civiles. Et la prostitution connaît un essor fulgurant au cours des années suivantes. Quelle que soit leur nature, ces relations ne laissent pas les occupés indifférents : pendant quatre ans, le corps féminin est l’enjeu de tensions incessantes en pays occupé. « Sources de contamination » pour les uns, « femmes à Boches » pour les autres, celles qui fréquentent l’ennemi font les frais de leur choix. Ostracisées sous l’occupation, tondues à la libération, puis disparues une fois la paix revenue.Cent ans après la fin de la guerre, « Femmes à Boches » est le premier ouvrage à se pencher sur l’histoire de ces femmes.

Pour écouter le document sonore les belles lettres

Emmanuel Debruyne est professeur à l’Université de Louvain (UCLouvain), où il enseigne l’histoire contemporaine. Spécialiste des occupations militaires durant les deux guerres mondiales, il est notamment l’auteur de Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance (2015) et, avec Laurence van Ypersele, de Je serai fusillé demain. Les dernières lettres des patriotes belges et français fusillés par l’occupant. 1914-1918 (2011). Il a également dirigé avec James Connolly, Elise Julien et Matthias Meirlaen, En territoire ennemi. Expériences d’occupation, transferts, héritages (1914-1949) (2018).

Introduction
Remerciements

Chapitre 1. Violences sexuelles
« Nymphomanie de guerre »
Viols allemands et enquêtes alliées
« Les faits de ce genre sont, hélas ! assez nombreux »
Combien ?
« la sachant seule dans sa maison à l’extrémité du village… »
Le drame des « visites »
De la menace à la vengeance

Chapitre 2. Amours vénales
L’essor de la prostitution
Les « mesures propres à assurer la santé, la moralité et la tranquillité publiques »
Le « système allemand »
« Refuser des Allemands, toute direction, tout contrôle, toute collaboration » ?
La bataille des cabarets
« On ne saura jamais à quel point ces gens de débauche sont pourris et viciés ! »

Chapitre 3. Intimités
« Ce sont de jolis cocos, ces Allemands du diable ! »
« Mademoiselle ? »
Érotique de la langue
« J’ai passé mes plus belles années dans la peine et la tristesse »
Au cœur de la relation
La rupture
« Est-il possible qu’il y aura des femmes assez lâches pour les épouser ? »

Chapitre 4. Ostracisme
Lamentations
Stigmatisation
Exclusion
Représailles
« Dévouée aux Allemands »
« La guerre ne durera pas toujours, après on verra ! »

Chapitre 5. Maladies vénériennes
La grande peur
À qui la faute ?
« Soldaten ! »
« Sources d’infection »
Les centres de traitement vénériens
« Comme les ignobles loques qu’on rend aux propriétaires des maisons dévastées »
Au croisement du médical et du carcéral
« Parcs à poules »
Le front antivénérien

Chapitre 6. L’enfant du Boche
« Il y a quelques temps, elle était enceinte ; puis plus rien… »
« Rendue mère par une infâme violence »
« De père inconnu »
« Petits Allemands »
Paternités occupantes
Enfants de l’Allemagne ?
Combien ?

Chapitre 7. La défaite du couple
La fuite
« Les cheveux coupés ras avec des ciseaux vengeurs »
« Heur haar af ! Heur haar af ! »
Et en France ?
Rituels expiatoires
« Que ce traitement ne se produise pas toujours avec douceur peut se comprendre »
Face à la justice
Des unions en difficulté
La « libération » de la prostitution
Sortie de guerre vénérienne

Épilogue
L’impossible bilan
Devenir allemande : Louise
Revenir en Belgique : Marie et sa fille Charlotte
La quête du père : Joseph, fils de Julie
Parcours enfouis et mémoires oblitérées

Conclusion
Notes
Sources et bibliographie
Index des noms de lieux
Index des noms de personnes

PRESSE

Un sujet grave et presque essentiel pour tenter d’analyser le ressenti humain d’une frange de la population féminine pendant la guerre de 14-18, vue au-delà du front et à l’arrière de celui-ci. La Libre Belgique – 22/10/2018

L’intérêt du livre tient à la quantité de documents qu’il brasse pour dessiner un tableau complet et réfléchi du trouble alors semé dans les rapports de sexe et de genre. Dense, presque exhaustive, l’enquête interroge les réalités de la natalité et de l’avortement en guerre, et surtout les angoisses et les stéréotypes quien découlent parmi les contemporains. Le Monde des Livres – 08/11/2018.

Éditions Les Belles Lettres