Archives pour la catégorie société civile

85 – Portrait du jour : Sylvie Anahory, historienne de l’art et romancière

« … L’incursion vers le noir est donc arrivé très tôt. Mes premiers textes, des nouvelles, sont assez dures me dit-on, imprégnées de corps meurtris, mais pas gore pour autant. J’essaie d’entraîner le lecteur, qui voudra bien me suivre, à imaginer au-delà du texte. C’est d’autant plus violent. L’imagination dépasse le texte et le lecteur fait sa part de création. J’aime beaucoup le suspense, en littérature comme au cinéma… »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son  85ème Portrait du jour – Criminocorpus, le blog d’informations reçoit Sylvie Anahory, romancière auteure de « Aucune terre ne sera mienne » et Terres de sel

Bienvenue Sylvie sur le très sérieux  Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … 

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Sylvie Anahory -« J’ai écrit mon premier texte, illustré s’il vous plaît, vers l’âge de sept ans. Une histoire horrible et noire : la mort de Kiki, petit moineau parisien trouvé entre les roues d’une voiture. L’agonie fut lente : plus de vingt-quatre heures. Ce fait divers devait me marquer à jamais. La découverte des Oiseaux de Hitchcock fit le reste. Bref, les oiseaux et moi, une longue histoire noire ; de fait mon prochain roman évoque souvent les volatiles.

L’incursion vers le noir est donc arrivé très tôt. Mes premiers textes, des nouvelles, sont assez dures me dit-on, imprégnées de corps meurtris, mais pas gore pour autant. J’essaie d’entraîner le lecteur, qui voudra bien me suivre, à imaginer au-delà du texte. C’est d’autant plus violent. L’imagination dépasse le texte et le lecteur fait sa part de création. J’aime beaucoup le suspense, en littérature comme au cinéma.

Ma formation d’historienne de l’art me permet d’aiguiser le regard sur des détails a priori sans importance, mais qui se dévoilent par la suite. J’utilise donc la description pour développer la trame narrative et valoriser le suspense. Progressivement je m’oriente vers une écriture qui développe le suspense. Mes autres formations en histoire et anthropologie m’aident à circonscrire le texte dans un contexte historique pour lequel j’effectue de nombreuses recherches avant de rédiger. Mes premiers romans « Aucune terre ne sera mienne » et Terres de sel,sont fortement ancrés dans l’histoire (Guerre d’Espagne pour le premier et le Béarn de la fin du XVI à la fin du XIX siècle). Le prochain se déroulera à Paris, en 1960. En parallèle je rédige également un polar historique avec plusieurs périodes mêlées. »

79 – Portrait du jour : Ludivine Bantigny, « une intelligence vive au présent féminin »

PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

« … On entend de temps en temps Ludivine Bantigny sur les ondes, sur France culture notamment. On la découvre à la télévision pour des documentaires – elle a notamment été conseillère historique et a interprété un rôle dans 68, la plus grande grève du siècle en direct de Dimitri Kourtchine et Gilles Perez diffusé sur France 3 en avril 2018 – ou pour l’émission 28 minutes sur Arte – elle y intervient comme chroniqueuse dans le « club » du vendredi. De fait, c’est une historienne engagée pour qui le temps presse : elle souhaite consacrer ses prochaines années de recherche à explorer des expériences politiques alternatives, des pensées et pratiques d’un monde où le marché ne serait pas un grand totem, où la concurrence cesserait de nous accabler, où l’exploitation ferait place à l’émancipation… » 

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son 79ème Portrait du jour – Criminocorpus, le blog d’informations  reçoit avec infiniment de bonheur une très noble et jeune dame, l’historienne Ludivine Bantigny.

Depuis longtemps j’ai suivi les travaux de Ludivine … et j’ai été particulièrement touché sur ceux effectués sur la jeunesse et notamment de la guerre d’Algérie … Un peu de mon histoire familiale : un père jeune rural rappelé pour une guerre sans nom …

A Crimino on aime bien Ludivine Bantigny : Une jeune intellectuelle qui a su rester humble et sincère…

Bienvenue au Club Ludivine. Ph.P.

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« Ludivine Bantigny est historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen et chercheuse associée au Centre d’histoire de Sciences Po Paris. Elle a travaillé sur la jeunesse, les générations, les formes de socialisation et d’engagement au XXe siècle et notamment de la guerre d’Algérie à nos jours. Ces dernières années, sa recherche a été consacrée à l’événement 1968 et aux différentes mobilisations qui l’ont suivi (luttes sociales, féminismes, « révolution sexuelle », cultures politiques). Elle s’intéresse actuellement à l’histoire des projets de société et des futurs imaginés.

Son habilitation à diriger des recherches, soutenue en octobre 2017 avec Nicolas Hatzfeld pour garant, avait pour thème 1968. L’événement y est d’abord et avant tout vu et analysé comme une grève générale et son déploiement dans le monde du travail a nécessité le dépouillement de très nombreuses archives pour décentrer le regard par rapport à Paris, au Quartier latin et au monde étudiant – bien que celui-ci n’y soit pas négligé pour autant. Archives des comités de grève, des comités de quartier et des comités d’action, des syndicats et des organisations, de la police et des Renseignements généraux, des préfets et sous-préfets, des ministères et de l’Elysée : de telles explorations étaient nécessaires pour redonner à ce moment son intensité et sa fascinante diversité. Ce travail entend aussi explorer les questions d’événementialité et de conscience historique surgie dans les moments de temps en suspens. Depuis plusieurs années, Ludivine Bantigny tente en effet de creuser, par une approche tout à la fois théorique et empirique, la notion d’historicité, définie comme la capacité qu’ont les actrices et acteurs d’une société à inscrire leur présent dans une histoire, à le penser comme situé dans un temps non pas neutre mais signifiant. Le temps considéré n’est dès lors pas retenu comme simple grandeur physique mécaniquement mesurable, dans sa durée et dans sa succession, le temps civil du méridien ou de l’horloge atomique. C’est à l’évidence un temps individuel et social, conçu et perçu comme tel. Ces pratiques témoignent d’une conscience historique non seulement prégnante mais en elle-même agissante. Le temps ici est pensé comme sujet de l’engagement, dans la manière qu’ont les protagonistes de le prendre à bras-le-corps, en l’incorporant au cœur de leur expérience comme au sein même de l’événement. En ce sens, l’événement lui-même est littéralement imprégné de temporalités imbriquées, sédimentées et revivifiées et c’est ce qui intéresse entre autres l’historienne dans l’analyse de 1968.

Le champ de recherches qu’explore Ludivine Bantigny porte sur les formes d’engagements politiques et intellectuels, entendus notamment au sens large d’une intelligence collective. La culture politique des gauches de manière générale, dans ses mises en œuvre politiques pratiques, constitue l’un de ses objets de prédilection. Ces approches l’ont conduite à analyser l’historicité des émotions politiques. Le politique ici n’est pas associé à l’affrontement pour le pouvoir et à son exercice, en somme au gouvernement, mais bien plutôt à l’action collective, à l’investissement militant : à l’engagement. Les cultures mobilisent des répertoires d’action et des registres émotionnels propres, jamais figés cependant. En leur sein sont à l’œuvre des imprégnations, des formes d’accommodement et d’ajustement mais aussi de mises à distance, en bref un travail émotionnel. La prise en compte du soubassement émotionnel de la politisation renouvelle l’appréhension des conditions de possibilité qui président aux événements critiques. En cela, elle fait apparaître les émotions dans la puissance de leur étymologie : ce qui meut, ce qui fait (se) mouvoir, ce qui est donc en lien avec l’agir autant sinon plus qu’avec le pâtir. Elle remet également au jour ce que l’émotion, jadis, voulait dire, et renoue avec son sens premier : « disposition dans le peuple à se soulever ».

L’intérêt de l’historienne se porte de longue date sur le croisement entre différents critères contribuant à la construction sociale des identités, en particulier la classe, l’âge et le genre. Elle a consacré plusieurs travaux au genre de l’engagement. L’histoire des sexualités, pour partie liée à l’étude des rôles sociaux de sexe, est l’un des objets connexes de son travail : lorsqu’on aborde les années 1960 et 1970, il est difficile de ne pas s’interroger sur la supposée « révolution sexuelle » qui y a eu cours. Ludivine Bantigny s’est penchée sur le sujet à partir de sources diverses, en tentant de mesurer la pertinence de l’expression.

Ces thématiques ont donné lieu à quelques livres personnels ou collectifs : 1968 de grands soirs en petits matins (Seuil, 2018) ; La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours (Seuil, 2013, rééd. 2019), « Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? ». Le genre de l’engagement dans les années 1968, (PUR, 2017) avec Fanny Gallot et Fanny Bugnon, Hériter en politique. Filiations, générations et transmissions politiques (Allemagne-France-Italie XIXe-XXIe siècle) (PUF, 2011) codirigé avec Arnaud Baubérot, Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France (XIXe-XXIe siècles) (PUF, 2009) codirigé avec Ivan Jablonka ; des numéros spéciaux de revue comme « Circulations révolutionnaires dans les années 1968 » dans Monde(s). Histoire, espaces, relations, (n° 11, mai 2017) codirigé avec Boris Gobille et Eugénia Palieraki, ou bien encore « Historicités du XXe siècle. Coexistence et concurrence des temps » (Vingtième Siècle Revue d’histoire, n° 117, janvier-mars 2013) codirigé avec Quentin Deluermoz ; enfin, un ouvrage qui lui tient tout particulièrement à cœur parce qu’il a été écrit avec Jean-Claude Vimont, Sous l’œil de l’expert. Les dossiers judiciaires de personnalité, (PURH, 2011).

Son prochain livre s’intitule L’Œuvre du temps. Histoire, mémoire, engagement et paraitra en janvier prochain aux Editions de la Sorbonne. C’est un parcours sur les sentiers du temps. À la rencontre de quelques spectres, des fragments d’un passé personnel, intime parfois même, s’y imbriquent dans le récit historien où des questions taraudantes sont soulevées. Quel est le rapport au temps selon les sociétés ? Quels liens l’histoire peut-elle nouer avec la psychanalyse ? L’écriture de l’histoire peut-elle être neutre – et doit-elle l’être ? Quelle part y occupent les émotions et l’intensité des sensibilités ? Ces pages vagabondent aussi à travers des romans, pour agripper en eux la matière du temps, robuste, charnelle, parfois étourdissante. L’ouvrage part à la recherche d’un temps ravivé où surgit l’intensité historique : le temps de l’événement en particulier. C’est l’occasion d’explorer les rapports de générations, leurs conflits et plus encore leurs solidarités. Le livre s’aventure pour finir sur quelques chemins d’espoir ouvrant sur d’autres temps : des futurs imaginés mais non pas imaginaires pour autant.

On entend de temps en temps Ludivine Bantigny sur les ondes, sur France culture notamment. On la découvre à la télévision pour des documentaires – elle a notamment été conseillère historique et a interprété un rôle dans 68, la plus grande grève du siècle en direct de Dimitri Kourtchine et Gilles Perez diffusé sur France 3 en avril 2018 – ou pour l’émission 28 minutes sur Arte – elle y intervient comme chroniqueuse dans le « club » du vendredi. De fait, c’est une historienne engagée pour qui le temps presse : elle souhaite consacrer ses prochaines années de recherche à explorer des expériences politiques alternatives, des pensées et pratiques d’un monde où le marché ne serait pas un grand totem, où la concurrence cesserait de nous accabler, où l’exploitation ferait place à l’émancipation. Est-ce comme historienne qu’elle s’exprime publiquement ? Oui et non. Oui, parce que ce métier et cette formation ont forgé ses positions, dans l’étude du passé et de ses possibilités, dans ses futurs imaginés. Non, parce que ces engagements la dépassent : ce sont ceux de tout un chacun sur ce qui nous est commun »

81 – Portrait du jour : Krystyna Kowalska, la belle châtelaine de Dordogne

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« … Cela m’avait amené à un septennat de chargé de mission au département juridique du « Gendarme de la Bourse », puis, pendant plus de vingt ans, à celui d’une prestigieuse, bien que confidentielle banque d’affaires. J’y ai pratiqué, entre autres, des travaux d’interprétariat et de traduction franco-polonais dans le monde des affaires après la chute du mur de Berlin. Dès lors, passer un nouveau cap à la faculté de Dauphine était une évidence. Et me voilà avec un nouveau diplôme d’expert traducteur interprète judiciaire auprès des tribunaux … »

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Pour son 81ème Portrait du jour – Criminocorpus,  le blog d’informations  reçoit sous son nom de jeune fille Krystyna Kowalska dite encore « la belle châtelaine de Dordogne ». Retenons mes amis ce nom … car à parier nous le retrouverons fréquemment dans un avenir proche…

Bienvenue au Club chère Krystyna Kowalska. Ph.P

« Krystyna Kowalska – « Le droit à la lettre »

A Varsovie, mon père avait menacé de se tuer pour pouvoir épouser ma mère. J’avais failli faire mourir ma mère en venant au monde. Ma vie débutait donc comme un mélodrame plutôt qu’une chanson douce. Est-ce pour cela que ma vie oscille depuis entre le romanesque et le juridique, le  romantique et le judiciaire ? Jugez plutôt.

Enfant, je n’aimais ni les bonbons, ni les chocolats, ni les jouets, ma poupée Monika mise à part. Ça tombait bien : mon père ne m’offrait que des livres, des livres, toujours des livres et …mangeait mes bonbons ! D’où mon amour des lettres et tout particulièrement des lettres françaises, depuis l’âge de 15 ans, après la rencontre d’une professeur tout droit sortie de l’époque « fin de siècle ». Cinq ans après, me voilà à Paris, sur les bancs de la Sorbonne, où ma dissertation sur les digressions dans Les Misérables de Victor Hugo, qu’habituellement, les lecteurs peu scrupuleux évitent avec allégresse, a failli être publiée. J’ai décliné la proposition, étrangement effrayée par cette perspective. Après une double licence de lettres , j’ai tenté directement la deuxième année de droit à Assas, pour satisfaire à ces autres amours de toujours, vous devinez surement, le droit et la justice. Cela m’avait amené à un septennat de chargé de mission au département juridique du « Gendarme de la Bourse », puis, pendant plus de vingt ans, à celui d’une prestigieuse, bien que confidentielle banque d’affaires. J’y ai pratiqué, entre autres, des travaux d’interprétariat et de traduction franco-polonais dans le monde des affaires après la chute du mur de Berlin. Dès lors, passer un nouveau cap à la faculté de Dauphine était une évidence. Et me voilà avec un nouveau diplôme d’expert traducteur interprète judiciaire auprès des tribunaux.

Et si j’ajoute qu’une des versions filmée des Misérables, du même Victor Hugo, a été tournée quelques années auparavant, dans le moulin de Dordogne, où je me coule désormais les jours heureux, vous allez dire que la boucle est bouclée. Pas encore !

Sous peu, et en collaboration avec Poisson (Philippe), un rôle d’une critique de littérature policière , pourrait m’être confié. Avouez que c’est plus qu’une coïncidence… »

CURRICULUM VITAE€

Krystyna CHAVERNOZ

Née le 13/03/1953, à Varsovie, en Pologne

Nationalité : Française

Adresse : 52, rue Pernety, 75014 Paris

Tél. : 06 72 59 95 24 Courriel : krystyna.bachelet@wanadoo.fr

EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE

1989 – 2013 Lazard Frères et Lazard Frères Banque : Directeur Adjoint

Département Juridique : conseil et montages juridiques des opérations de fusions acquisitions sur les marchés des capitaux

Département de Conformité : établissement et contrôle des règles déontologiques internes des métiers du Groupe Lazard Paris et de contrats engageant Lazard, en liaison avec les règles de Lazard World

1982 – 1989 Commission des Opération de Bourse : Chargé de Mission

Département Juridique : protection de l’épargne et du fonctionnement du marché des capitaux, contrôle des opérations financières des émetteurs, examen des plaintes des épargnants, préparation des projets de lois sur le marché financier

ÉTUDES ET FORMATION

1972– 1974 Université de Varsovie : licence de lettres modernes françaises

1974– 1976 Université de Sorbonne Paris 4 :

▪ licence de lettres modernes françaises

▪ licence pour l’enseignement du français à l’étranger

1976 – 1979 Université d’Assas Paris 2 : maîtrise du droit privé

1979 – 1980 Université d’Assas Paris 2 : DEA du droit privé

Session 2015 Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3 –

Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs :

Diplôme d’Université Traducteur-Interprète Judiciaire

COMPÉTENCES LINGUISTIQUES

* Polonais bilingue

* Anglais courant

78 – Portrait du jour : Vanessa Codaccioni – Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8

PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

« … Ce qui intéresse Vanessa Codaccioni, depuis qu’elle s’est penchée sur les procès politiques de la Libération, de la guerre froide ou de la guerre d’Algérie, ce sont les tribunaux et la justice d’exception. Elle décide alors de travailler sur un tribunal d’exception particulier : la Cour de sûreté de l’État, créée par le général de Gaulle en 1963 pour juger les membres de l’OAS mais qui va finalement servir à réprimer les gauchistes dès mai 68, les indépendantistes (corses, basques, bretons, guadeloupéens, martiniquais) ou les membres d’Action Directe … »

Le carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Comme un bonheur n’arrive jamais seul,et, pour son  soixante dix huitième Portrait du jour la rédaction du blog d’informations de Criminocorpus reçoit Vanessa Codaccioni auteure de La légitime défense – Homicides sécuritaires, crimes racistes et …

Vanessa Codaccioni est maîtresse de conférences HDR au département de science politique de l’université Paris VIII et membre du laboratoire CRESPPA-CSU. Spécialiste de la justice pénale et de la répression, elle est notamment l’auteure, à CNRS Éditions, de Punir les opposants. PCF et procès politiques (1947 … (2013), et Justice d’exception – L’État face aux crimes politiques et terroristes … (2015).

Bienvenue Vanessa dans le cercle très prisé des ami(e)s du carnet criminocorpus !

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« Historienne de formation, Vanessa Codaccioni a découvert la sociologie et la science politique en 2002 à l’Université Montpellier I. Intéressée très tôt par les grandes affaires criminelles, les procès et la prison, elle se passionne alors pour l’affaire Rosenberg, ce couple de communistes juifs américains exécutés sur la chaise électrique en 1953 après leur condamnation à mort pour espionnage au profit de l’Union soviétique. De leur histoire, et des mobilisations pour qu’ils puissent vivre, elle en tirera un mémoire de M2 soutenue 2004 à la Sorbonne et en fera le point de départ d’une thèse sur la répression de l’extrême gauche, et du parti communiste en particulier, entre le début de la guerre froide et la guerre d’Algérie.

Dans ce doctorat de science politique, soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Frédérique Matonti en novembre 2011 et dont la version remaniée paraît en 2013 chez CNRS Éditions, on retrouve tous les thèmes de prédilection de Vanessa Codaccioni : les tactiques et techniques de répression contre les activistes oppositionnels, le procès comme bataille entre ennemis politiques, le rôle des avocats engagés dans la publicisation de cause, ou encore celui des juges dans la criminalisation de l’opposition. On y retrouve aussi son goût pour les archives, pour la socio-histoire, et son analyse des logiques punitives de l’État sur le temps long. Punir les opposants. PCF et procès politiques (1947

Ce qui intéresse Vanessa Codaccioni, depuis qu’elle s’est penchée sur les procès politiques de la Libération, de la guerre froide ou de la guerre d’Algérie, ce sont les tribunaux et la justice d’exception. Elle décide alors de travailler sur un tribunal d’exception particulier : la Cour de sûreté de l’État, créée par le général de Gaulle en 1963 pour juger les membres de l’OAS mais qui va finalement servir à réprimer les gauchistes dès mai 68, les indépendantistes (corses, basques, bretons, guadeloupéens, martiniquais) ou les membres d’Action Directe. En suivant l’histoire de ce tribunal, de sa création à sa suppression par François Mitterrand et Robert Badinter en 1981, Vanessa Codaccioni montre comment les gouvernements justifient l’exception, l’emploient pour d’autres cibles que celles officiellement prévues et finalement la banalisent en la rendant permanente. En prolongeant son étude jusqu’à l’antiterrorisme contemporain, elle montre que celui-ci innove peu et que, précisément, la lutte antiterroriste française a puisé dans le passé répressif français : Vichy, la guerre d’Algérie, la Cour de sûreté de l’État. Cette étude sur la généalogie de l’antiterrorisme, Vanessa Codaccioni la publie en novembre 2015 sous le titre : Justice d’exception – L’État face aux crimes politiques et terroristes …

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Lors ses recherches, Vanessa Codaccioni a particulièrement étudié ceux qu’elles appelle « les juges politiques », ceux qui servent volontiers le pouvoir central et qui diffusent une idéologie répressive et sécuritaire. Dans son nouveau livre paru récemment (août 2018) et qui est la version remaniée de son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR), ce sont certains de ces juges qu’elles retrouvent défenseurs d’un « droit à la légitime défense » et « d’un droit de tirer » sur ceux qui représenteraient un danger pour la société. Plus généralement, la chercheuse entend faire l’histoire et la sociologie de la légitime défense en France. En se penchant sur les homicides commis en état de légitime défense par les policiers mais aussi par les citoyens « ordinaires » et sur les usages sécuritaires des armes, elle pose ainsi dans ce dernier ouvrage plusieurs grandes questions : Qui tue ? Qui est tué ? Comment expliquer que les auteurs d’homicide soient quasiment tous acquittés et comment l’État réagit-il d’un côté aux violences policières, de l’autre à ce qui peut s’apparenter à une forme de justice privée ? »

Parution du livre le 30 août 2018 – La légitime défense est au coeur de l’actualité politique et judiciaire : multiplication du nombre de femmes battues qui tirent sur leur mari ou leur compagnon violent, mobilisations pour soutenir des commerçants qui ont tué des voleurs, et, plus récemment, facilitation de l’usage des armes par la police dans le cadre du renforcement de la lutte antiterroriste.

Si la légitime défense fascine et fait débat – est-elle un permis de tuer ou l’arme du faible ? –, elle a aussi ses partisans radicaux : des militants pro-armes réclamant un « droit de tirer » et un « droit de tuer » ceux qui représenteraient un danger pour eux-mêmes et pour la société.

Parallèlement à l’étude de leurs mobilisations, Vanessa Codaccioni se penche sur les grandes affaires de légitime défense depuis la fin des années soixante-dix. Elle montre qu’il s’agit le plus souvent d’homicides sécuritaires, de crimes racistes ou de violences policières, et analyse la manière dont leurs auteurs tentent d’échapper à la justice, notamment par un renversement des figures du coupable et de la victime.

Par l’étude socio-historique des homicides « défensifs » et des usages sécuritaires des armes, ce livre explore la manière la plus radicale de se faire justice. Il interroge plus généralement les liens entre politiques du « faire mourir », pouvoir de mort et atteintes au droit à la vie dans les régimes démocratiques.

72 – Portrait du jour : Elisabeth Larbre : scientifique par conviction, littéraire par passion et aptitudes

« … Ce roman relate la rencontre de deux solitudes au bout du monde (pen ar bed en breton) ; un vieux marin et une jeune asiate aux meurtrissures profondes venue curieusement s’échouer sur les terres finistériennes. Le triptyque du « Pourquoi ? Comment ? Où nous emmènent-ils ? » demeure, page après page, la clé de voûte de ce récit où tout est volontairement, humainement, charnellement contrasté … »

Le carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, la rédaction du blog d’informations de Criminocorpus pour son soixante douzième Portrait du jour reçoit Elisabeth Larbre , l’auteure du roman Les embruns du fleuve Rouge

Élisabeth Larbre habite dans les Côtes-d’Armor

Tout en préservant sa passion pour l’écriture et la littérature, Elisabeth a exercé de nombreuses années dans l’industrie en tant que biochimiste et chef de projet.

En 2010, elle choisit de mettre cette expérience au service des jeunes et dirige aujourd’hui un établissement d’enseignement supérieur.

Merci Elisabeth de votre aimable contribution à la rédaction de ce portrait pour nos lecteurs.

Bienvenue sur notre site. Ph.P.

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« Le parcours d’Elisabeth Larbre se situe hors des sentiers battus…

Scientifique par conviction, études, et formation (cf. Réf. 1), littéraire par passion et aptitudes, cette bretonne d’adoption née dans le 17ème arrondissement de Paris s’est employée dès son adolescence à ne jamais sacrifier l’un pour l’autre. Elle a cultivé sa curiosité dans ces deux domaines, alliant avec fougue : apprentissage minutieux de la chimie du vivant et découverte gourmande des auteurs de la littérature française comme étrangère. Son envie latente d’écriture, présente dès son plus jeune âge, a mûri et s’est enrichie avec les années jusqu’à se transformer en un besoin impérieux et irrépressible d’écrire, devenu aujourd’hui sa raison d’être.

Elisabeth Larbre est l’auteure de plusieurs nouvelles, toutes distinguées ou primées (cf. Réf. 2 à 5). Son premier roman « Les embruns du fleuve Rouge » (cf. Réf.6) édité chez Carnets Nord (Paris 14ème) (cf. Rf.7) paraîtra le 28 septembre prochain. À l’origine simple manuscrit déposé sur la plateforme numérique d’autoédition Monbestseller (cf. Réf.8), il s’est fait remarquer parmi plus deux mille ouvrages, a reçu le prix du Livre Indépendant, avant de devenir le coup de cœur de Mr Renaud Delourme (cf. Rf 9a et 9b), directeur des Éditions Carnets Nord qui a souhaité l’éditer.

Ce roman relate la rencontre de deux solitudes au bout du monde (pen ar bed en breton) ; un vieux marin et une jeune asiate aux meurtrissures profondes venue curieusement s’échouer sur les terres finistériennes. Le triptyque du « Pourquoi ? Comment ? Où nous emmènent-ils ? » demeure, page après page, la clé de voûte de ce récit où tout est volontairement, humainement, charnellement contrasté. Impressions, sensations, humeurs, sentiments, paysages tout se frotte, se heurte, se cogne, s’affronte. Force et douceur. Froid humide et moiteur tropicale. Landes émoussées et végétation luxuriante. Désespoir et fatalisme. Mort et renaissance à la vie. Folie et sagesse…

Le titre, expression directe de l’atmosphère du roman, fait appel à nos sens : le toucher et l’ouïe par la fraîcheur revivifiante des embruns qui accompagne le ressac des vagues tumultueuses du fleuve, la vue par la couleur empourprée des eaux, l’odorat et le goût par les émanations iodées charriées par ces mêmes embruns qui se collent à notre peau et se déposent sur nos lèvres… « Les embruns du fleuve Rouge » évoque surtout le choc de deux cultures, la rencontre de deux mondes : l’Occident et l’Orient (cf. Réf.10). Deux mondes diamétralement opposés qui ne sont pas, normalement, amenés à se connaître, ni à s’apprivoiser… Le fleuve Rouge, appelé Yuan Jiang ou « rivière originelle » annonce un retour aux sources, cheminement géographique, certes, mais plus encore parcours intérieur à la recherche de soi-même, de ce que l’on est vraiment… Sujet et source de réflexion chers au cœur d’Elisabeth Larbre, et, qui sait, peut-être fil rouge de ses prochains roman. »

Références : Réf.1 https://www.linkedin.com/in/elisabeth-larbre-52639786/ Réf.2. http://www.revue-bancal.fr/revue/at-mevader-de-lenfer-de-fresnes/ Réf.3 https://www.monbestseller.com/membre/elisabeth-larbre Réf.4 https://www.ipagination.com/fr/livres-ipagination-editions/35-la-langue-de-l-amour-version-papier-9782367910291.html Réf.5 http://www.ipaginablog.com/je-suis-parce-que-nous-sommes-de-yor-pfeiffer/ Réf.6 https://www.facebook.com/pg/Les-embruns-du-fleuve-Rouge-182541135783223/community/?mt_nav=0&msite_tab_async=0 Réf.7 http://www.carnetsnord.fr/titre/les-embruns-du-fleuve-rouge Réf.8 https://www.monbestseller.com/book-search/83?sort=Mbs Réf.9a https://www.editionsmontparnasse.fr/blog/author/renaud/ Et 9b https://www.telerama.fr/cinema/films/la-terre-vue-du-ciel,185222.php Réf.10 https://www.facebook.com/153258568038821/posts/2124824274215564/

71 – Portrait du jour : Anne Carol, professeure des universités, historienne du corps, du cadavre et de la médecine

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Comme un bonheur n’arrive jamais seul, la rédaction du blog d’informations de Criminocorpus pour son soixante onzième Portrait du jour reçoit l’historienne Anne Carol,  historienne du corps, du cadavre et de la médecine

« Fille de petits employés pas intellectuels mais qui cultivent des idées de gauche, Anne Carol grandit en banlieue parisienne. Elle obtient Normale sup, passe l’agrégation d’histoire puis devient professeure à l’université d’Aix-en-Provence. Depuis plus de trente ans, elle effectue des recherches sur l’histoire du corps, du cadavre et de la médecine.

Le corps, c’est important. C’est la raison pour laquelle Anne Carol pratique intensivement la course, marche ou fait de la gym quotidiennement. Elle habite Aix-en-Provence mais elle s’aère auprès d’une ferme du Puy-de-Dôme qu’elle retape parce qu’elle aime les choses et les lieux qui ont une histoire. Dans sa bibliothèque qui se remplit à mesure qu’elle fréquente les vide-greniers se découvrent des romans policiers de Joe R. Lansdale , Robert B. Parker ou encore Dennis Lehane . Elle entame une correspondance avec Lansdale initiée par la mort de Parker, qu’elle qualifie elle-même comme le summum de sa vie peoplek-libre – auteur – Anne Carol

Anne est historienne. Professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille I et membre de l’Institut universitaire de France, elle a notamment publié Histoire de l’eugénisme en France. Les médecins et la procréation, XIXe-XXe siècle (Seuil, 1995), Les Médecins et la mort, XIXe-XXe siècle (Aubier, 2004, Prix de la Société française d’histoire de la médecine) et Physiologie de la veuveUne histoire médicale de la guillotine (Champ Vallon, 2012). Elle co-anime un séminaire sur l’histoire du corps à l’EHESS et participe à la monumentale Histoire des émotions (Seuil) sous la direction d’Alain Corbin. Dernier livre publié Au pied de l’échafaud – Une histoire sensible de l’exécution …

Ce livre fait partie de la sélection des meilleurs livres d’idées et de savoirs 2018 de la revue IDÉES et des Influences.

Lire Anne Carol c’est le plaisir d’un jour mais un plaisir toujours !

Bienvenue Anne dans le cercle très prisé du Carnet de l’histoire de la justice, des crimes ,  le seul site qui décoiffe en période caniculaire ! »  Ph.P.

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« D’accord, l’ambrotype d’Anne Carol fait un peu peur : normal, quand on travaille depuis 25 ans sur des sujets comme la mort, les cimetières, les usages du cadavre, la guillotine et qu’on collectionne les photographies mortuaires. Des sujets pas très glamour, mais qui nous concernent tous : nous mourrons bien, un jour ou l’autre…

Anne Carol est pour l’instant bien vivante : elle est professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille. Elle a d’abord fait une thèse d’histoire sur les médecins français et l’eugénisme, commencée avec Jacques Léonard (†1988), et terminée avec Alain Corbin (Histoire de l’eugénisme en France, Seuil, 1995). Mais cette histoire essentiellement intellectuelle l’avait laissée sur sa faim, et elle a voulu poursuivre en travaillant sur les pratiques médicales. L’euthanasie, rencontrée lors de sa thèse, en était une, et l’envie lui est venue de faire l’histoire de la médicalisation de la mort depuis le XIXe siècle, du pronostic fatal jusqu’à la tombe ou l’amphithéâtre (Les médecins et la mort : XIXe – XXe siècle , Aubier, 2004). Ce faisant, elle a fait trois rencontres : celle du corps, dont l’histoire était alors à la mode –sous sa forme vivante, toutefois ; celle de la question de la frontière entre la vie et la mort et de la mort apparente, une des phobies du XIXe siècle ; celle d’un autre historien aixois, élève de Michel Vovelle avec qui elle a entrepris une collaboration au long cours.

De cette dernière amitié, un projet de recherche est né, sur l’histoire du corps mort, de ses usages et de son statut depuis la fin de l’époque moderne, qui a donné lieu à des publications collectives : sur l’exécution capitale (R. Bertrand, A. Carol, L’exécution capitale, une mort donnée en spectacle, PUP, 2003), sur le cadavre dans l’art (A. Carol, I. Renaudet, La mort à l’œuvre, PUP, 2013), sur les cimetières modernes (R. Bertrand, A. Carol, Aux origines des cimetières contemporains, PUP, 2016); d’autres devraient suivre bientôt, sur le cadavre et la modernité, sur les figures de l’anomie mortuaire.

Travailler sur l’énorme masse documentaire qui touche à la mort apparente oblige, à un moment où à un autre, à se confronter à l’hypothèse de la survie des décapités, soutenue dès le XVIIIe siècle et que la guillotine propulse dans l’actualité. Comment admettre en effet qu’un corps plein de vie peut se trouver si totalement mort en une fraction de seconde, alors qu’au même moment la science enseigne que la mort est un processus ? A la lumière de ses recherches sur l’investissement médical de la mort, Anne Carol a donc entrepris de reprendre l’histoire de la conception de la guillotine par le docteur Guillotin et le chirurgien Louis, puis des usages des cadavres de guillotinés par la science expérimentale, des expériences de galvanisation de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle aux tentatives de transfusion menées dans les années 1880. La survie possible des têtes coupées a nourri par ailleurs tout un imaginaire de l’expérience impossible de l’après-mort, qui ne peut se dissocier de l’explosion parallèle des récits d’enterrés vifs. Le livre tiré de ces recherches, Physiologie de la Veuve – Une histoire médicale de la guillotine (Champ Vallon, 2012) a reçu le prix Mauvais genre France Culture &Nouvel Obs.

Après un intermède voué à tracer une histoire totale (technique, économique, sociale, culturelle et sensible) de l’embaumement au XIXe siècle (L’embaumement, une passion romantique, Champ Vallon, 2015) Anne Carol est revenue à la guillotine, dont l’ombre, dit-elle, plane inévitablement sur tous ceux qui travaillent sur le XIXe siècle (Au pied de l’échafaud – Une histoire sensible de l’exécution). Le point de départ a été la découverte d’une source magistrale : les rapports envoyés par les procureurs au garde des Sceaux sur les exécutions capitales, conservés dans les 120 et quelques cartons de la série BB/24/2000à 2122 des Archives nationales , complétés du dossier Ba 887 des archives de la Préfecture de Police. Quoi qu’administrative, la source se révélait d’une grande richesse de notations précises sur le comportement corporel du condamné, ses gestes, et la façon dont il trahissait ou non ses émotions. En outre, la série longue des rapports, des années 1830 à la première guerre mondiale, permettait de dépasser le récit convenu des exécutions dans la presse, plutôt parisien et fin de siècle.

« L’exécution capitale est à la fois un geste d’une grande violence, puisqu’il s’agit de couper un homme en deux, mais qui doit être en apparence dénué de brutalité, puisque la justice punit sans passion. J’ai voulu, dans un premier temps, déconstruire ce mirage et simplement restituer la dimension concrète, corporelle, faire sentir la durée, la pénibilité de ces exécutions qui durent encore des heures au début du siècle, pour le condamné comme pour les autres protagonistes de l’exécution : aumônier, gardiens, bourreaux… Chemin faisant, je me suis rendu compte qu’un des enjeux majeurs de l’exécution, de sa réussite ou de son échec, était de réussir à gérer les émotions d’une intensité inouïe qu’elle fait naître chez tous ceux qui y participent ; et qu’une part importante des techniques, des routines, voire des rituels solennels mis en œuvre poursuivait ce but ; j’ai donc articulé mon travail autour de cette question des émotions et du corps. Cela m’a permis aussi de restituer une place et un rôle actif au condamné dans son exécution, soit qu’il adhère au modèle de bonne mort qu’on lui propose, soit qu’il invente sa propre mise en scène et subvertisse la cérémonie. En définitive, je fais l’hypothèse que c’est peut-être en réduisant progressivement la mise à mort à une course contre la montre pour fermer le champ à tout émotion et interdire l’expression de toute subjectivité qu’on a fini,paradoxalement, par la rendre insupportable à ceux qui la mettaient en œuvre, tant sa violence ainsi dénudée était éclatante ».

Anne Carol ne s’intéresse pas qu’à la mort : elle travaille aussi sur les monstres, la masturbation, les opérations chirurgicale borderline, les affaires de castration, la virilité, toutes choses où le corps est en jeu, notamment sous le regard ou le scalpel des médecins. Elle revendique une histoire du corps et de la médecine plus façon Jacques Léonard que Michel Foucault, plus proche des archives et attentive aux « bricolages » du réel que des concepts et des dispositifs. Des projets ? Une histoire des tribulations du corps de Gambetta, l’exploitation des carnets de visite d’un médecin provençal, un panorama de l’économie de la mort au XIXe siècle, une histoire de l’éthique chirurgicale, et, qui sait, une série de polars gothiques auquel la matière historique ne manquera pas ! »

Anne Carol : biographie, actualités et émissions France Culture

Anne Carol – Criminocorpus

Les médecins et la mort : XIXe – XXe siècle (Anne Carol …

« Contre la peine de mort » (Anne Carol, Grégoire … – Criminocorpus

« Vivre la peine de mort » – À propos de : Anne Carol … – Criminocorpus

67 – Portrait du jour : Mireille Maquoi, auteure du roman « Le 4X4 »

PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

« … De l’école à l’écriture… Ces deux centres d’intérêt, je devrais plutôt dire ces deux passions, ont habité ma vie et leurs relations furent tantôt harmonieuses, tantôt conflictuelles. De l’école à l’écriture certes mais aussi de l’écriture à l’école, en ce qui me concerne, ce ne fut qu’une série d’aller-retour. On sait que cette diablesse d’écriture, quand elle a jeté sur vous son dévolu, s’obstine et ne vous lâche plus, jusqu’à ce qu’elle vous occupe tout entier. Mais dans mon cas, elle a eu la vie dure, il lui a toujours fallu composer avec mon amour de l’école car je fus une bûcheuse puis une enseignante passionnée. Me présenter à vous, chers lecteurs, m’a donné l’occasion de chercher un sens à tout cela et, comme on s’en doute, je l’ai trouvé en bonne partie dans mon enfance et mon éducation… »

Le carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son soixante septième Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du blog reçoit la romancière Mireille MAQUOI auteure du livre “LE 4X4” . Ce livre est disponible en librairie et aux éditions Ex Aequo

D’un commun accord avec Mireille Maquoi et la rédaction du blog d’informations criminocorpus, nous renvoyons nos fidèles lecteurs à la biographie de l’auteure :

Bienvenue Mireille Maquoi sur notre site.

« Ma mère était institutrice maternelle dans le village de Hesbaye où j’ai grandi, et quand j’étais en congé, j’aimais bien la rejoindre dans sa classe, j’étais en quelque sorte l’assistante de la maîtresse, j’organisais des jeux, j’aidais les bambins à déchiffrer les lettres ou à s’habiller, je me rendais utile. Ce dernier mot était le préféré de ma mère, pour elle chaque geste devait servir à quelque chose. Lire en journée par exemple lui semblait un divertissement répréhensible, elle ne l’a toléré que quand l’étude de mes cours, plus tard, l’a exigé. A l’inverse, mon père avait toujours le nez dans son journal ou dans un livre, l’image que je garde de lui est celle de ses énormes lunettes à monture noire. Quand il me laissait un message, il ne manquait jamais d’utiliser des mots ou des expressions peu usités, qui m’obligeaient à recourir au dictionnaire. Je me souviens d’un soir où, rentrant d’une balade en ville avec ma mère, je devais avoir sept ou huit ans, je découvris ce billet à mon intention : Ton alter ego est venu prendre de tes nouvelles. J’ai dû me documenter pour savoir qu’il s’agissait de ma meilleure amie. L’antagonisme entre cet amoureux de la chose intellectuelle et cette championne du pragmatisme a pesé lourd dans mes choix de vie… »

Pour en savoir plus sur Mireille-maquoi.be/biographie-mireille-maquoi/

Mia, Rosine et Chloé se connaissent depuis l’école maternelle. À présent trentenaires, elles se retrouvent à chaque changement de saison pour une soirée riche en confidences.

Cette année, elles font toutes trois l’expérience d’une relation déstabilisante, qu’elles se racontent au fil des rendez-vous. Mia craint pour l’équilibre de sa famille depuis l’arrivée surprise d’un premier enfant ignoré de son mari. Chloé vit une passion chaotique avec son patron libraire, marié à une femme dépressive, et Rosine, riche propriétaire, subit les caprices de son bel amant.

Le rendez-vous de l’hiver a lieu dans un restaurant où les trois femmes font la connaissance de Célie, la serveuse.

Cette rencontre cristallise leur révolte et leur désir de se venger des abuseurs. Elles se liguent en un commando meurtrier à bord d’un allié d’exception : le 4×4 de Rosine.

Ce livre est disponible en librairie et aux éditions Ex Aequo

Je recevrai avec grand plaisir vos avis sur mon roman via le formulaire de contact