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1954 – Simone Veil affectée à la direction de l’administration pénitentiaire – Respect

« L’ancienne ministre Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement en 1974, est morte dans la matinée du vendredi 30 juin, a annoncé son fils Jean Veil. « Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a indiqué l’avocat. Elle était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah.

 Connue pour son fort caractère, celle qui a été l’une des personnalités préférées des Français était affaiblie depuis plusieurs années. L’été dernier, elle avait été brièvement hospitalisée pour des problèmes respiratoires. Présidente du Parlement européen et membre du Conseil constitutionnel puis de l’Académie française, Simone Veil a inspiré le respect de la classe politique, jusque chez ses adversaires.

Née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes) au sein d’une famille juive et laïque, fille d’un architecte, Simone Jacob est déportée en 1944 à Auschwitz avec sa famille. Rescapée de la barbarie nazie avec ses sœurs, elle rencontre à Sciences-Po son futur mari Antoine Veil. Le couple, marié en 1946, aura trois enfants. Antoine Veil est décédé en avril 2013″ – Pour en savoir plus sur France tvinfo

000_arp1857238Sa carrière de magistrate  En 1954, comme l’École nationale de la magistrature n’existe pas encore, pour devenir magistrat, il faut d’abord exécuter différents stages, notamment au parquet pendant deux ans. A l’issue de cette période de formation, Simone Veil est reçue au concours. Elle est alors affectée à la direction de l’administration pénitentiaire. Elle occupe ce poste pendant sept ans. Au cours de ses contrôles dans les prisons, elle se rend compte des conditions de vie déplorables des détenus. Or, à cette époque, les médias comme l’opinion publique ne s’intéressent guère au problème, voire estiment que ces détenus ont mérité ce traitement. Par conséquent, un budget trop restreint pour faire de réelles réformes est consacré aux prisons empêchant d’améliorer la situation. Observant également que la santé des détenus est préoccupante, la magistrate demande à ce qu’un camion radiologique passe dans tous les centres pour dépister les maladies, et crée également des centres médico-psychologiques au sein des maisons d’arrêt. Enfin, quelques bibliothèques et structures scolaires y sont ouvertes. Simone Veil doit s’occuper d’un dossier très délicat : celui du sort des prisonniers en Algérie. Elle se rend donc sur place mais est très mal accueillie par les responsables pénitenciers. Le problème est compliqué : il s’agit de savoir si l’on garde prisonnier des centaines de personnes condamnées à mort alors que le Général de Gaulle a suspendu leur exécution en 1958. Pour trouver un compromis, ces détenus ont été transférés en métropole. En ce qui concerne le sort des femmes algériennes, la magistrate a demandé à ce qu’elles soient regroupées dans le même centre et puissent bénéficier de cours. Pour des raisons familiales, Simone Veil doit changer de poste. René Pleven lui propose alors le secrétariat de la commission d’étude sur l’adoption. Le garde des Sceaux, Jean Foyer, lui donne la Direction des affaires civiles. Quand René Pleven devient ministre de la Justice, dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, elle devient conseiller technique à son cabinet. Elle est ainsi chargée de travailler avec le Parlement. Mais, le travail est harassant alors au bout d’un an, elle accepte le poste de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, poste proposé par Georges Pompidou. Cette fonction lui laisse du temps libre qu’elle met à profit pour représenter la chancellerie dans les commissions du Conseil de l’Europe. Elle est également nommée comme administrateur à l’ORTF pour y représenter l’État …simone veil C’est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne.De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l’une de ses sœurs en mars 1944, jusqu’à ses fonctions les plus récentes, elle a su s’imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s’il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu’elle l’a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l’administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – c’est là qu’elle fait voter, contre son camp, la loi sur l’IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.Fidèle à ce qu’elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu’elle l’a pu, en France comme partout, de son expérience d’Auschwitz.Mais cette femme de mémoire n’est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n’a souci que du monde de demain, celui qu’elle léguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie.Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des «grands» de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l’entend.Simone Veil est née en 1927 à Nice. Âgée de 17 ans, elle est déportée à Auschwitz. Des études de droit puis à l’Institut d’études politiques de Paris la conduisent à entamer une carrière de magistrate. Après un passage par l’administration pénitentiaire, Simone Veil entre au cabinet de René Pleven, Garde des Sceaux. En 1974, elle entre au gouvernement Chirac comme Ministre de la Santé, poste qu’elle occupe jusqu’en 1979. Ardente militante européenne, elle conduit la liste de l’UDF aux premières élections de 1979. Élue députée, elle devient également la première femme présidente du Parlement européen. En 1993, elle entre dans le gouvernement Balladur comme Ministre d’État chargée des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. De 1997 à 1998, elle préside le Haut Conseil à l’intégration. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel.

Extrait – Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d’autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l’objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes soeurs et moi, lors d’un camp d’éclaireuses… On devine que les fées s’étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu’il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d’un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.

Plus tard, mais très vite, le destin s’est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd’hui ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n’auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d’un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n’auront pu mesurer la valeur de l’héritage qu’ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel.

Les années 1920 furent pour eux celles du bonheur. Ils s’étaient mariés en 1922. Mon père, André Jacob, avait alors trente-deux ans et Maman, Yvonne Steinmetz, onze de moins. À l’époque, l’éclat du jeune couple ne passe pas inaperçu. André porte l’élégance sobre et discrète à laquelle il tient, tout comme il est attaché à la créativité de son métier d’architecte, durement secoué par quatre années de captivité, peu de temps après son grand prix de Rome. D’Yvonne irradie une beauté rayonnante qui évoque pour beaucoup celle de la star de l’époque, Greta Garbo. Un an plus tard naît une première fille, Madeleine, surnommée Milou. Une nouvelle année s’écoule et Denise voit le jour, puis Jean en 1925, et moi en 1927. En moins de cinq ans, la famille Jacob s’est donc élargie de deux à six membres. Mon père est satisfait. La France a besoin de familles nombreuses, juge-t-il. Quant à Maman, elle est heureuse. Ses enfants remplissent sa vie.

Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l’un de l’autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d’autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l’arbre généalogique fait état d’une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l’époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j’ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l’entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L’une d’entre elles datait des années 1750. On imagine l’émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village.

Revue de presse – Une vie.Le titre que Simone Veil a emprunté à Maupassant pour ses Mémoires est inexact : «sa» vie n’en est pas simplement «une», tant elle est exceptionnelle. Par le tragique, d’abord, avec la déportation qui détruit sa famille; c’est en rescapée que Simone Veil a traversé le reste de l’existence. Dans le politique, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe de hautes fonctions, toujours liées à ses engagements les plus profonds. Enfin, son parcours est rare par sa grande valeur éthique et philosophique : presque jamais Mme Veil n’a transigé, pour des raisons électorales ou partisanes, avec ses convictions – elle confie, dans Une vie, quelques regrets. Plus que d’autres, elle est donc fondée à juger sévèrement certains acteurs politiques, et ne s’en prive pas. (Christophe Barbier et Philippe Broussard – L’Express du 25 octobre 2007)

D’abord un caractère. Un fichu caractère, forgé dans l’épreuve. Un caractère libre, ardent, attaché aux valeurs morales et républicaines, inculquées très tôt par une famille dont elle vénère le souvenir. Mais aussi un esprit prompt à la rébellion, et parfois à la colère. Son autobiographie, écrite l’année de ses 80 ans et intitulée Une vie (Stock, 400 p., 22,50 euros), le démontre à chaque page, forgeant l’image d’une femme indépendante, rétive à tout embrigadement ou conformisme. Mais qui pensait encore que Simone Veil, personnage charismatique et populaire, était de nature consensuelle ?…

Sans illusion, Simone Veil. Mais avec ce sentiment, commun aux rescapés, que chaque minute de vie est « du rab », que les biens et la richesse matériels ne sont que de l’écume. Avec une sensibilité extrême à tout ce qui génère humiliations et abaissement de l’autre – elle évoque toujours avec passion son travail en faveur des prisonniers lorsqu’elle était magistrate à l’administration pénitentiaire ; avec une détestation viscérale de la promiscuité et un attachement si fort à l’indépendance qu’elle renâclera toute sa vie à s’inscrire dans un parti politique (ce sera, ponctuellement et avant que François Bayrou ne l’en « dégoûte », l’UDF), préférant un cavalier seul discret, plus conforme à son attirance pour « le politiquement incorrect »…

Débarrassée de toute fonction officielle, Simone Veil n’a jamais été aussi libre. (Annick Cojean – Le Monde du 8 novembre 2007)

  • Éditeur : Stock (31 octobre 2007)
  • Langue : Français

« Le soignant face au sujet bordeline »

 Santé Mentale – « Le soignant face au sujet bordeline ». Sur fond d’insécurité intérieure quasi permanente, d’une grande fragilité narcissique, les personnalités borderline souffrent d’une instabilité identitaire responsable de perturbations relationnelles, d’une dysrégulation des affects et de comportements impulsifs.

Face à ces patients tout à la fois fascinants et désespérants, chez qui chaque frustration, chaque déception, provoque des effets cataclysmiques, les soignants sont en perpétuel déséquilibre. Le point sur une clinique hétérogène, où l’enjeu reste le maintien du lien.
http://www.santementale.fr/la-revue/numero-du-mois/

La triste histoire des femmes incarcérées dans des asiles sous Mussolini

Entre 1922 et 1943, l’Italie fasciste a emprisonné des milliers de « dégénérées » dans des institutions psychiatriques.

Cet article a été initialement publié sur VICE Italie.

Sous la dictature de Mussolini en Italie – de 1922 à 1943 – des milliers de gens furent internés dans des asiles pour ne pas avoir voulu se conformer aux mœurs imposées par le régime. Annacarla Valeriano et Costantino Di Sante, chercheurs à l’université de Teramo, ont passé des années à étudier des récits et journaux intimes évoquant l’emprisonnement inhumain de milliers de personnes – en particulier des femmes –, considérées comme des malades mentaux car « moralement anormaux » pour s’intégrer à la société.

Leur étude a donné lieu à une exposition – mêlant photos, registres médicaux et lettres personnelles – qui s’est tenue un peu partout en Italie. J’ai discuté avec Annacarla Valeriano au sujet de son travail et du traitement qu’a fait subir le régime aux femmes qui ne voulaient pas écouter…

Pour en savoir plus lire le billet publié par ELENA VIALE le 15 juin 2017 sur le site Vice.com

Trotula de Salerne, obstétricienne du XIe siècle

Trotula de Salerne était une obstétricienne du XIe siècle. Oui, parfaitement, une chirurgienne, une obstétricienne !

Elle fut formée à l’école de Salerne. Il s’agissait à l’époque d’un des plus grands centres médicaux du monde où accouraient les étudiants de toute l’Europe pour se former de façon libre et laïque à la chirurgie. Des femmes ont eu l’autorisation de venir étudier aux cotés des hommes. Parmi elles, la plus connue était Trotula De Salerne. Elle exerçait la méde… Afficher la suite

Des Américaines avant les Américains : les infirmières américaines en Bretagne en 1914-1915

Dans un article publié en 2014, Claudia Sachet révélait le rôle – méconnu – joué, dès l’été 1914, par une infirmière bénévole américaine au sein d’un de ces hôpitaux complémentaires apparus en Bretagne dans les semaines suivant le déclenchement des hostilités, en l’occurrence l’HC n° 28 de Dinard1. Miss Mina Gladys Reid, en villégiature en France depuis mai 1914, s’était portée volontaire dès l’entrée en guerre : elle était restée en Bretagne jusqu’à son mariage aux Etats-Unis en octobre 1917, avec un jeune Américain lui-même ambulancier volontaire en France, puis instructeur dans l’aviation américaine à partir du mois d’avril de la même année. Le dévouement de la jeune Américaine n’était d’ailleurs pas passé inaperçu, lui valant de recevoir la médaille d’argent des épidémies… (Photographie à la une, bande défilante : Elsie Deming Jarves. Archives privées Yann Lagadec.)

Pour en savoir plus lire le billet publié par Yann LAGADEC sur le site En envor

En Envor est la revue électronique gratuite d’histoire de la Bretagne contemporaine. Périodiquement, retrouvez en ligne sur votre ordinateur des articles de qualité, richement illustrés, écrits par les meilleurs spécialistes de l’histoire contemporaine en Bretagne. Vous êtes mobile? Pas de problème: téléchargez gratuitement les articles sur votre tablette!

En envor est une revue ouverte; c’est-à-dire que chacun peut y contribuer en adressant au comité éditorial une proposition de texte.

Pour en savoir plus…

ob_462626_ob-056637-p1150922Philippe Poisson – Ancien formateur des Personnels (ENAP), gestionnaire du Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … et membre correspondant de la Revue Criminocorpus – CLAMOR

Autres sites :

Le blog de Philippe Poisson – Articles à votre disposition concernant l …

2 208 608 visites et 3 590 384 pages vues au 27 février 2016

Odyfolio Emirates est le site d’information touristique de référence sur Dubaï, Abu Dhabi, les Émirats Arabes Unis (EAU), Oman, etc

La chaîne You Tube OdyFolio Emirates est désormais lancée …

Pour visiter le site http://www.odyfolioemirates.com/fr/

La réforme de l’hôpital public – Un management sans ménagement

Les réformes de l’hôpital public menées depuis trente ans s’inscrivent toutes dans la lignée du nouveau management public qui vise à faire de lui une entreprise comme les autres, au mépris de son histoire et des valeurs portées par ses agents…

La réforme de l’hôpital public – Un management sans ménagement

Pour en savoir plus voir le billet publié par  Jean-Paul Domin , le 5 avril 2016 sur le site de la Vie des idées

La première boutique de préservatifs de Paris

Objet du quotidien de nombreux parisiens, on ne connait pas toujours bien notre ami le préservatif. Si aujourd’hui, il est incontournable, cela n’a pas toujours été le cas, bien que sa carrière ait commencé il y a très longtemps… En France, c’est dès le XVIIIe qu’il se fait une place de choix dans le cœur (et plus) du Parisien… Lire la suite sur Paris Zigzag