Archives pour la catégorie Romans et fictions

Dix petites anarchistes (Daniel de Roulet)

Dans la petite ville suisse de Saint-Imier, la population subsiste tant bien que mal, vivotant de l’industrie horlogère qui n’a encore rien de luxueux. Les femmes souffrent particulièrement de la précarité, voire de la misère.

En 1872, la visite de Bakounine, encore plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille les consciences… et en juin 1873, c’est le grand départ. Huit femmes âgées de 17 à 31 ans, accompagnées de neuf jeunes enfants embarquent sur La Virginie, le navire qui emporte les déportés de la Commune, parmi lesquels Louise Michel.

De Punta Arenas en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoë, ces femmes tentent de mettre en place une communauté où régnerait « l’anarchie à l’état pur ».

Aux côtés de Valentine, Mathilde, Jeanne ou Lison, nous vivons les amours, les naissances, les morts et les luttes sociales ; nous y expérimentons la survie dans une nature aride ou les petits métiers de l’artisanat dans les grandes villes…

Épopée, roman historique, panorama politique de la fin du XIXe siècle : ce récit est tout cela à la fois.

Mais aussi, et surtout, une formidable et émouvante collection de portraits de femmes fortes dans un monde d’hommes, qui prouvent que l’utopie peut être un principe de vie.

Daniel de Roulet est né en 1944 à Genève. Après une enfance passée à Saint-Imier, ce fils de pasteur suit une formation d’architecte à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il travaille ensuite comme informaticien dans de grandes entreprises à Zurich, Soleure et Genève. En 1981, il publie son premier livre et se consacre entièrement à l’écriture dès 1997. Ces vingt dernières années, il s’est consacré à un cycle romanesque constitué de dix romans. Ils retracent, à travers l’histoire de deux familles, l’épopée du nucléaire qui va d’Hiroshima à Fukushima, du triomphe de la science à la mise en cause de sa démesure. Daniel de Roulet est par ailleurs l’auteur de récits de voyages et d’essais critiques. Il habite la France (à Frasne-les-Meulières).

http://www.daniel-deroulet.ch

Éditeur Buchet-Chastel

Date de publication 10/2018

Collection AUTRES

109 – Portrait du jour : Sabine Bolzan, l’auteure du roman « L’empreinte de la chair – Tome 1 : Justine »

PAR  · 

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son 109 ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit avec infiniment de plaisir Sabine Bolzan, l’auteure du roman L’empreinte de la chair  – Tome 1: Justine

Sabine publie « L’empreinte de la chair » aux Editions La Liseuse.  Un thriller avec les codes classiques du genre mais aussi un roman plus personnel  et émouvant. Sabine Bolzan a exercé plusieurs métiers dans l’immobilier, dans la finance, dans l’hôtellerie et la décoration et se consacre aujourd’hui à l’écriture avec la publication du tome 1 de sa trilogie. L’histoire de Justine Edison qui suite à un accident devient médium et collabore avec un lieutenant de police pour résoudre des affaires sordides d’enlèvements.  Ecoutez l’émission en intégralité.

https://www.francebleu.fr/emissions/place-des-grands-hommes/gironde/sabine-bolzan-pour-son-roman-l-empreinte-de-la-chair

le Blog Les ateliers de Sam 

Bienvenue sur le site du carnet criminocorpus . Ph.P.

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Portrait de Sabine BOLZAN

« Parcours personnel : de l’émotion des sens

Sabine est née quelque part dans le Sud-Ouest, en cette année où John Lennon chantait « imagine » et où Coco Chanel tirait sa révérence.

Après avoir passé sa tendre enfance entre Bordeaux et Tours, elle vit à Monségur jusqu’à ses 18 ans. C’est là qu’est né son amour de la campagne, des animaux…

Ses parents lui donnent le goût des belles choses, des beaux endroits, de la cuisine, du partage. La maison est toujours pleine d’amis, ce qu’elle apprécie énormément étant fille unique.

Elle grandit avec la musique, du classique à Brel, Supertramp, Véronique Sanson, Bee Gees, Queen, Lenny Escudéro, ce qui l’ouvre alors complètement à tout type de musique et lui permet aujourd’hui d’écouter les mêmes musiques que ses filles. Ed Sheeran, Ofenbach, mais aussi Stromae, Petit biscuit, Bigflo et Oli, Angèle (elle adore).

La cuisine est un élément fondamental. Sa mère prépare une excellente cuisine familiale, accepte qu’elle cure les fonds de casserole de béchamel, de mousse au chocolat. En y regardant bien, elle doit encore avoir les traces de chocolat aux coins des lèvres. Son père est plutôt cuisine raffinée comme celle de Michel Guérard. Il lui apprend à faire un beurre blanc, à lever les filets de poissons etc…

Sabine passe son adolescence entre le cinéma (elle adore voir les films, dévore les magazines Studio et Première) et l’écriture. Et puis, un jour, une réflexion douloureuse casse son envie et son besoin d’écrire et elle ne pose de mots sur son carnet.

Après un traumatisme physique, elle devient anorexique de l’âge de 16 ans à 18 ans puis plonge dans la boulimie prenant dix kilos en un mois. Toutefois, elle réussit à adopter au fil des ans une alimentation équilibrée. Mais l’anorexie reste toujours en veille…et la rattrape parfois.

Parcours scolaire et professionnel : quand tout mène là où on doit être

Sabine obtient au Lycée de La Réole un Bac littéraire, A2 comme on dit à l’époque. C’est sur les bancs de ce Lycée qu’elle rencontre David, son époux, en seconde, et ils ne se quitteront plus. Elle passe un Capes d’Anglais à la fac de Bordeaux mais ne poursuit pas dans cette voie car elle est alors enceinte d’Eva, leur première fille. Puis, elle travaille dans une agence immobilière jusqu’à la naissance de sa seconde fille Camille. Ensuite, elle veut changer de métier et devient, après une formation à Paris, conseiller financier aux AGF.

Mais…la campagne lui manque trop.

En 2001, alors qu’elle passe avec son époux l’été au Cap Ferret, comme chaque année depuis leurs dix-huit ans, ils voient l’annonce d’une girondine à vendre. Et voilà comment, après plusieurs mois de travaux, ils s’installent dans cette magnifique campagne entre les Graves et Sauternes.

C’est là qu’ils décident d’ouvrir en 2006 leurs chambres d’hôtes, La Milléva. Toutes les chambres se remplissent rapidement et Sabine reçoit de nombreux magazines de déco. Elle remporte même le prix de la décoration organisé par le magazine Art et Décoration.

La plupart de ses hôtes et également ses amis lui demandent régulièrement ses recettes. C’est alors qu’elle a l’idée de créer le blog Les Ateliers de Sam. Au départ, elle n’y parle que cuisine puis petit à petit, les mots et son amour pour eux, reviennent et elle développe ce blog comme un panorama sur sa vie à la campagne.

En 2009, sa troisième fille vient au monde. Un magazine bordelais lui propose quelques pages pour développer une rubrique sur les femmes pressées. Cette rubrique se développe pour atteindre une vingtaine de pages. Elle rédige également d’autres articles et coordonne la rédaction. Puis, le propriétaire du magazine lui demande de créer le magazine Bordeaux Madame Maison. Elle a également aidé au lancement du Côte Basque Madame.

En même temps, elle gère son entreprise de décoration et effectue de nombreux chantier.

Cependant, ce sont deux activités extrêmement prenantes et combinées à l’éducation de ses trois filles, Sabine ne touche plus terre.

C’est alors, que l’histoire de Justine (l’Empreinte de la chair) commence à lui trotter dans la tête. Nous sommes en mars 2015. Persuadée que le moment est venu, et soutenue par toute sa famille, elle stoppe ses deux activités professionnelles et décide de se consacrer à l’écriture de son roman.

Parcours d’écriture : une plongée en eaux troubles

Petit à petit, tous les personnages prennent vie autour d’elle. Leurs histoires naissent sur les touches du clavier de l’ordinateur ou sur les pages blanches d’un carnet. Justine murmure, Justine délivre son passé, transmet sa torture psychologique…

Il y a un peu de Sabine dans Justine : dans sa façon de virevolter dans le monde professionnel, dans l’amour qu’elle donne aux êtres proches, dans cette présence affective des grands-parents, dans sa lutte féroce contre l’anorexie et sa violence contre tous ceux qui veulent l’en détourner. Il y a la nature aussi, les chiens, la cuisine, les parfums…

Il y a aussi tout ce que Sabine n’a pas dans Justine : un frère.

Mais, malgré toute cette brutalité, cette férocité, ce n’est pas l’histoire de Justine qui est le plus dur à écrire. C’est celle du prédateur. Sabine doit faire des recherches sur les pervers narcissiques, les victimes de viols, les tueurs en série… Tout un monde d’horreurs et d’immondices se déverse alors sur la petite maison à la campagne de Sabine. Il s’incruste par tous les interstices des fenêtres, hante ses nuits. Elle ne dort pas, elle doit écrire.

Aujourd’hui, ils sont tous réunis dans un roman de 224 pages. Ils l’ont quittée pour quelques mois en attendant que le temps lui revienne et qu’elle puisse de nouveau s’installer au clavier de l’ordinateur…

Cette fois, ce sera Justin, le frère, qui lui murmurera son histoire…

Et aujourd’hui ?

Plein de projets :

* la sortie et la communication de l’Empreinte de La Chair, Justine. Les dédicaces, les causeries, les lectures…

* la sortie de Titi et Maman le 13 avril 2019, livre jeunesse écrit avec ma fille Fanny. Pourquoi cette date précise ? Parce que ce seront les dix ans de sa fille et que c’est une promesse qu’elle lui a faite.

* la rédaction de paroles pour des compositions pour le groupe BelliRozès (d’ailleurs ils vont interpréter une de leurs chansons samedi 17 novembre au Confidentiel à Bordeaux)

* le développement de rencontres autour du livre et des livres en général

* des conférences à la rencontre de lycéens, collégiens ou tout autre personne confrontés soit aux attouchements, soit à l’anorexie et/ou à la boulimie

* et surtout, aussi, l’écriture des deux autres tomes de l’Empreinte de la Chair puisqu’il s’agit d’une trilogie

* dans le même temps, elle poursuit sa passion de la déco, en rénovant à titre personnel des immeubles. Elle adore les travaux, partir d’un vieil immeuble, qui a une histoire, dont les pierres chantent encore les paroles entendues des anciens habitants et petit à petit lui redonner vie, vigueur et élégance. C’est son bonheur

Vous l’avez compris, l’ennui n’a pas vraiment de place dans la vie de Sabine…Car, lorsqu’elle trouve enfin du temps c’est pour sa famille et ses amis…elle quand elle trouve encore du temps sur le temps, elle s’empare du livre d’un de ses copains auteurs et plonge dans un autre univers. »

L’empreinte de la chair – Tome 1 : Justine (Sabine Bolzan)

Parution du livre  le 23 novembre 2018 – Une jeune fille de dix-sept ans est enlevée sur une plage du Cap Ferret. C’est la sixième disparition en cinq ans. Les corps de cinq autres jeunes filles ont été retrouvés, grâce aux visions de Justine Edison, amie d’enfance du lieutenant de police Alexis Beauregard. En proie aux tourments de l’anorexie depuis son adolescence, Justine est devenue médium suite à un accident de voiture qui l’a privée de l’usage de ses jambes et l’a contrainte à changer son regard sur elle-même.

Tout pousse à croire que les meurtres ont été perpétrés par le même tueur. Mais cette fois, Justine a une longueur d’avance : elle a vu la jeune fille vivante, ainsi que le lieu où elle a été enlevée.

Au fur et à mesure que l’enquête avance, l’étau se referme petit à petit sur Justine et son entourage, révélant les blessures passées et un lourd secret.
Ce roman est le premier d’une trilogie.

Mariée et maman de trois filles, Sabine Bolzan, vit à la campagne du Sud Gironde, dans le Sauternais, où elle situe en partie l’histoire de son premier roman, L’empreinte de la chair. Journaliste, passionnée d’écriture et de cuisine, elle aime dire d’elle qu’elle a toujours un stylo dans une main et une cuillère en bois dans l’autre.

Éditeur La Liseuse

Sabine Bolzan pour son roman « L’empreinte de la chair »:

https://www.francebleu.fr/emissions/place-des-grands-hommes/gironde/sabine-bolzan-pour-son-roman-l-empreinte-de-la-chair

103 – Portrait du jour : Anne Selivers, directrice des Editions Rod et auteure des romans « De Saint-Pétersbourg à Paris » et « Sotchi for Ever »

« … Le trait commun à tous les romans d’Anne Selivers tient à une exhortation que lui fit dans son enfance une amie de sa famille, S.A.I. la Princesse Vera Constantinova de Russie : « Anne, n’oublie pas ce que nous avons vécu, qui nous sommes et d’où tu viens. Transmets-le pour que notre histoire ne s’efface jamais ».

Au-delà d’un simple devoir de mémoire, le « nous » contenu dans cette invite rappelait combien l’exil de deux à cinq millions d’émigrés, suivant les différentes sources, était en réalité celui de la Russie elle-même. Elle renouvelle aussi la grande question de ce qu’est la Russie à cheval sur deux continents, constamment écartelée entre conservatisme et changements… »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous consacrons notre 103eme portrait du jour à Anne Selivers, directrice des Editions Rod et auteure des romans « De Saint-Pétersbourg à Paris » et Sotchi for Ever.

Française d’origine russe par ses grands-parents qui ont quitté la Russie à la Révolution, Anne Selivers (de son vrai nom Anne Seliverstoff), après avoir été expert en art russe pendant quinze ans à Genève, puis à Monaco, débute dans l’écriture par le fantastique (Harmonia et Equilibrium, 3 tomes), s’inspirant en partie de la mythologie slave.

Elle a été révélée par les Éditions Mille Plumes par un roman « De Saint-Pétersbourg à Paris », réédité par les Éditions ROD, qui retrace les péripéties d’un membre de la haute noblesse, plongée dans les affres révolutionnaires, qui va commencer une vie d’exil dans la capitale française. Elle poursuit son introspection des mystères de l’âme russe par un autre roman, Sotchi for Ever(2016), dans lequel se confrontent modernité et traditions dans un face-à-face entre un auteur connu qui se retire dans les montagnes caucasiennes et un moine fantomatique évoquant étrangement l’hypothétique survivance d’un haut personnage dont l’identité n’est que suggérée.

Le trait commun à tous les romans d’Anne Selivers tient à une exhortation que lui fit dans son enfance une amie de sa famille, S.A.I. la Princesse Vera Constantinova de Russie : « Anne, n’oublie pas ce que nous avons vécu, qui nous sommes et d’où tu viens. Transmets-le pour que notre histoire ne s’efface jamais ».

Au-delà d’un simple devoir de mémoire, le « nous » contenu dans cette invite rappelait combien l’exil de deux à cinq millions d’émigrés, suivant les différentes sources, était en réalité celui de la Russie elle-même. Elle renouvelle aussi la grande question de ce qu’est la Russie à cheval sur deux continents, constamment écartelée entre conservatisme et changements.

Bienvenue Anne au sein du carnet très prisé du site criminocorpus : le site qui décoiffe même en automne !

Écoutez l’interview avec Anne Selivers son livre «De Saint-Pétersbourg à Paris» (Éditions Mille Plumes) La vie d’un jeune aristocrate de Saint-Pétersbourg a été balayée par la révolution. Son destin le mènera à Paris parmi ses compagnons d’infortune.Un voyage sombre dans la profondeur de l’âme slave dont vous sortirez pour le moins perturbé.

Pour en savoir plus Anne Selivers

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« Une maison d’édition créée en 2014 qui est la résultante d’un rêve, d’une envie, et d’une soif de lecture. J’ai toujours aimé la lecture et l’écriture. Pour moi, les mots sonnent comme des notes de musique. Cela vient peut-être de la manière dont je me suis plongée dans ce monde merveilleux qu’est la lecture. Je le dois à ma grand-mère qui m’a appris à écrire et lire le russe en même temps que le français et le solfège. Je n’avais que trois ans et ne cessais de lui demander : « Puisque les notes portent toutes un son différent, le fait de les écrire avec un alphabet différent, est-ce que cela leur apporte un son différent ? » J’ai commencé à dévorer les livres très tôt, en les traduisant dans un sens ou dans l’autre, pour essayer de donner une réponse à cette question qui, pour moi, était fondamentale. Le livre devint très rapidement mon refuge, comme la musique. Et l’écriture, évidemment, me permit de créer mes harmonies. Au début des années 2000, j’ai eu vent qu’une maison d’édition se vendait. À cette époque, je travaillais dans l’Art. Et cette idée qui me plaisait n’était absolument pas raisonnable. Je continuais donc à écrire et à lire. Puis j’ai affronté le monde de l’édition en envoyant mes manuscrits. À l’époque, cela se faisait par voie postale. Il y avait très peu de petites maisons d’édition à compte d’éditeur, et face aux mastodontes et aux célèbres écrivains, les auteurs inconnus n’avaient absolument aucune chance de voir un jour leur livre en rayon s’ils ne contribuaient pas pécuniairement à l’édition de leur ouvrage. J’ai eu un mal fou à trouver un éditeur qui veuille bien éditer mes livres gratuitement et, surtout, qui me paye mes droits d’auteur. Ce fut le cas avec mon quatrième. Le cinquième fut également accepté par une autre maison. Malheureusement, le contrat fut signé, mais la maison a fait face à un redressement, et n’a continué à éditer que les auteurs connus ; je suis restée avec ma déception. C’est à ce moment-là que je me suis dit que c’était injuste. Qu’il fallait donner leur chance à tous les petits auteurs, comme moi. Ma décision était prise : imprimer et éditer pour les autres sans prendre trop de risques, mais en mettant les auteurs à contribution, afin de leur donner toutes les chances de voir leurs œuvres distribuées. Comment ? Je leur demandais alors de faire leur propre publicité, leurs dédicaces. Et si la maison le pouvait, elle organiserait des salons. Tous ont mis la main à la pâte. Si bien que les manuscrits ont commencé à se multiplier, à arriver en masse. À ce jour, nous en sommes à 6 354 ouvrages reçus ! Je voulais lire, je fus comblée ! Le métier idéal, oui ! Mais vu que j’étais toute seule, je fus rapidement submergée… Une fois la maison créée, évidemment, très vite il a fallu faire face au marché, au marketing, une chose qui n’avait plus rien de si enchanteur que la simple lecture ! Les manuscrits se sont multipliés dans ma boîte aux lettres. Je les photocopiais et les envoyais à mon comité de lecture, qui comptait une petite vingtaine de personnes, le même nombre qu’aujourd’hui. Nous n’arrivions pas à suivre. Eux dans leurs lectures, tout comme moi qui devait, en plus, m’occuper du façonnage des couvertures, des textes à faire corriger et à mettre en pages, des envois à l’imprimerie, de la distribution, etc.… et puis de toute la paperasserie ! Puis, en 2016, tout s’est enchaîné. Grâce aux auteurs de la maison d’édition, le site a été totalement restructuré. Je peux dire que les Éditions Rod peuvent se comparer à une véritable famille, les auteurs m’ont tous aidée avec leur savoir-faire. Rémy Gratier de Saint Louis a pris en main la création des couvertures et du site. Monsieur Claude Martinaux, un de mes auteurs et ami, m’a présenté Alain Anceschi, son gendre, qui a mis toutes ses connaissances à mon service pour rendre les Éditions Rod plus fortes face au marché. Son amour du livre l’a entraîné à prendre en main le comité de lecture et la communication… Et fort de cela, il s’occupe également des corrections et du suivi d’édition de chaque roman. Nos tâches sont bien établies et, contre vents et marées, nous continuons d’avancer. Nous avons trouvé notre distributeur national, et nous en sommes tous heureux ! Cette maison d’édition, ce sont mes auteurs uniquement. Je ne suis qu’une simple présidente. Et sans eux, je ne suis rien… Pour tout cela, je les remercie du fond du cœur. »

100 – Portrait du jour : Catherine Ecole-Boivin, écrivain, biographe, romancière, auteure du roman « La Métallo »

                                         Catherine ECOLE-BOIVIN © DRPrix

PAR  · 

« … Ce rapport charnel avec les machines m’a interpellée et j’ai repris les enregistrements des femmes que j’avais interrogées à Couëron. Je suis entrée dans cette usine avec Yvonnick, parce qu’elle a su me parler des hommes. Je suis allée voir les hommes également, parce qu’ils ont su me parler des femmes. Ces retraités m’ont tous confié le manque « d’elle » la manque de l’usine, les réveils en sursauts à l’heure de changements de bobine du laminoir, ils m’ont confié les surnoms, les rires, la sueur et le courage. Ils ont partagé avec moi la joie au travail, dans cette usine, à cette époque où le travail voulait dire quelque chose, valait quelque chose. C’était avant 1980. Avant le démantèlement de la production industrielle française. J’ai ri avec eux émerveillée par leur langage, une langue rude, si âpre qu’elle en devient poétique … »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son centième portrait du jour, nous recevons Catherine Ecole-Boivin, écrivain, biographe, romancière, auteure du roman  La Métallo « d’une vie peuplée d’étincelles, le portrait empreint d’humanité du monde ouvrier. »

Originaire de la Hague en Normandie, diplômée d’un Master 2 en Sciences de l’Education, elle est aujourd’hui professeur de Lettres-Histoire. Elle s’attache à raconter dans ses ouvrages l’histoire, vraie, des plus humbles et les gestes oubliés. Ce travail sur la mémoire, cette écriture de la transmission sont au cœur de son œuvre. Elle a notamment publié Paul dans les pas du père d’après les mémoires de Paul Bedel, agriculteur de la pointe de la Hague, préfacé par Didier Decoin (Ouest-France, 2007) et Les Bergers blancs , (Albin Michel, 2011) qui a reçu Prix Reine Mathilde en 2011.

Bienvenue Catherine sur le carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des…

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« Catherine Ecole-Boivin est professeur de lettres-histoire géographie dans un grand lycée à Saint-Nazaire construit dans les années 1950. Le matin les goélands sur le toit de son lycée l’accueillent et lui rappellent qu’elle a été conçue et est née sur une presqu’île. Celle de la Hague tant décriée et diffamée, alors qu’elle est au départ et toujours une terre antique brassée par les grands vents, armée ses hautes falaises tapissées de bruyère préservées. Elle a emporté son pays et son paysage sauvage avec elle depuis presque 20 ans pour Nantes, puis plus au sud où elle s’est installée maintenant à quelques kilomètres de l’océan toujours.

Enfant elle a lu Arsène Lupin, puis Boileau-Narcejac et Agatha Christie. Adulte elle a lu des œuvres poétiques, des romans et récits de Julien Gracq, Maupassant l’émeut et la philosophie la passionne. Elle aime les descriptions de Colette, la justice de l’œuvre de Jacques Prévert. Les textes précieux d’Etty Hillesum, la vérité profonde et insupportable des mots de Charlotte Delbo.

Pour cette rentrée littéraire 2018, elle a aimé Chien-Loup de Serge Joncour, Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley, et lit La toile du Monde d’Antonin Varenne en ce moment, des livres où les 5 sens se déploient au fil des mots et déplient les textes. A la mort de sa mère Nicole en 2000 elle a commencé à écrire les parcours de vie, cherchant à fixer la mémoire et la trace par plusieurs moyens, après avoir essayé la peinture elle a finalement choisi l’écriture. Elle est connue pour être la biographe du paysan philosophe et avocat de la terre Paul Bedel auquel elle a consacré trois ouvrages.

Elle ne cesse d’interroger et surtout écouter les témoins de notre siècle. Pour son dernier roman  « La métallo » chez Albin Michel, les entretiens ont commencé près de Nantes en 2005. Elle s’intéresse non pas aux vies de personnes célèbres mais elle célèbre les vies simples et dignes. En un mot elle enquête.

Racontez-nous la genèse du livre : J ‘ai vu dans une émission et dans les journaux en 2014 des hommes en colère, ils portaient des brassards noirs car leur laminoir à Basse Indre (Arcelor Mittal) venait de s’éteindre, d’être débranché alors même qu’il était encore en pleine santé, les politiques avaient décidé de l’euthanasier. Cet enterrement solitaire m’a révoltée. Ce deuil ignoré avait lieu à l’entreprise Arcelor Mittal de Basse-Indre, anciennement JJ Carnaud où avaient travaillé comme ouvriers de nombreuses personnes que j’avais interrogées il y a quelques années.

Certains ouvriers avaient les yeux rouges, d’autres résignés semblaient déjà connaître ce qui adviendrait de cette belle usine bercée par la Loire : bientôt d’autres camarades partiraient, ne seraient pas remplacés et peu à peu sans humains pour lui tenir compagnie, l’usine mourrait à son tour. En assassinant leur laminoir on venait d’arracher le cœur de leur usine.

Ce rapport charnel avec les machines m’a interpellée et j’ai repris les enregistrements des femmes que j’avais interrogées à Couëron. Je suis entrée dans cette usine avec Yvonnick, parce qu’elle a su me parler des hommes. Je suis allée voir les hommes également, parce qu’ils ont su me parler des femmes. Ces retraités m’ont tous confié le manque « d’elle » la manque de l’usine, les réveils en sursauts à l’heure de changements de bobine du laminoir, ils m’ont confié les surnoms, les rires, la sueur et le courage. Ils ont partagé avec moi la joie au travail, dans cette usine, à cette époque où le travail voulait dire quelque chose, valait quelque chose. C’était avant 1980. Avant le démantèlement de la production industrielle française. J’ai ri avec eux émerveillée par leur langage, une langue rude, si âpre qu’elle en devient poétique.

Peu à peu avec Yvonnick, je suis entrée en elle dans cette usine qui donne tant de larmes à ceux qui la quittent, j’ai avancé avec mes mots dans sa gueule de baleine, béante et joyeuse. J’ai cherché cette joie pour vous la transmettre, parce que ceux dont on ne parle pas, ceux qui n’ont pas leurs noms sur les plaques des rues ont tant de choses à nous dire d’une usine dans laquelle ils ont passé la moitié de leur existence, une usine dont le laminoir donnait le rythme, soufflait le jour, soumettait à sa nuit.

Pourquoi une femme ? Pour les années formica, les années où on ne peut pas porter des pantalons et où même l’habit n’est pas pratique pour elles, pour le côté d’Yvonnick héroïne de mon roman « pas belle » et donc non conventionnel car les héroïnes doivent être belles si elles veulent survivre (et avoir du succès dans un roman !) alors que dans la vie en vrai, les femmes sont ordinaires et souvent formidables, surtout les ouvrières. La mienne a appris à lire grâce au catalogue Manufrance.

J’aimais l’idée d’évoquer la différence de salaire également entre les hommes et les femmes.

J’aime l’idée de sa vie amoureuse forte, coléreuse comme elle, remplie d’étincelles, non conventionnelle, elle vit jusqu’au bout de son corps la vie qu’on lui impose.

J’aimais l’idée de son enfant différent qui ne pose pas plus de problèmes que cela, il est intégré dans la communauté naturellement sans trop de violence ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

J’avais beaucoup raconté la terre et les ouvrières jamais, j’ai beaucoup appris sur le rapport aux machines, sur la joie au travail hors des clichés de misère que l’on nous transmet continuellement, ce qui n’empêche pas ma révolte contre les salaires miséreux, les conditions physiques que les ouvriers ont connues à ce moment du livre. Les yeux brûlés, les poumons séchés … mais une vie ensemble, d’amitié et de solidarité, une vie reliée aux petits bouts de temps grappillés ici et là. Yvonnick est autonome et digne, c’est « un homme comme tout le monde » elle tient à sa place et à y rester près de la machine à couper les plaques quelle trie et porte avec ses bras forts.

J’aime les expressions, la langue, une musique, j’aime la découvrir, c’est pour moi comme un paysage quand je l’entends, quand j’entends des phrases comme « je suis tombée aux hommes » dans une phrase on a des milliers d’années d’histoire derrière et devant nous. »

 

 

99 – Portrait du jour – Martine Lafon-Baillou, la romancière à l’humour sidérant

Photographie à la une de  Jacques Hamel ami de Martine Lafon-Baillou

PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Martine Lafon-Baillou, l’auteure de Fostine, Bordeaux 1789L’Affaire du Chapeau Rouge et de  La Veuve de la Rue des Remparts s’invite dans le 99ème portrait du jour Portrait du jour – Criminocorpus pour le plus grand bonheur des lecteurs du  Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des…

Martine Lafon-Baillou vit en Gironde.

Passionnée de littérature, elle donne des conférences et anime des cafés littéraires.

Dans son travail de romancière, elle manie avec bonheur, gravité, sensualité, descriptions subtiles et humour sidérant… Et nous à Criminocorpus on aime bien…

Bienvenue au club Martine. Ph.P.

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« Le brocoli a été créé par les Romains à force de sélection en partant d’un vulgaire chou sauvage. Le brocoli a ensuite donné le chou-fleur. Est-on romancière à la naissance ou le devient-on par auto-sélection ?

Très tôt, le monde m’est apparu dans son insoutenable beauté et son infatigable mobilité. Une sorte de vitre m’en isolait. Elle s’appelait famille, éducation, comme on veut. Il était urgent de s’en affranchir. L’écriture me convenait bien. J’étais éponge, je buvais mon environnement puis je le restituais à ma manière. L’écriture, plus encore que la lecture, était prétexte à l’isolement, au repli, elle me mettait au-dessus du quotidien, je devenais inaccessible.

Enfant, je m’attaquai avec la foi de l’innocence à la science-fiction. Ces écrits d’extrême jeunesse (sept ans) se perdirent. Faut-il s’en affliger ? Suivirent une abondante correspondance tous azimuts et un journal pas très intime. Il doit rester quelques éclats de ces pépites, ici et là, hélas…

C’est à trente ans, après avoir épuisé, dans une quête très narcissique, les ressources de Stendhal, Maupassant, Flaubert et autres auteurs Autrichiens et Anglais, que je me mis, tel que le fit Balzac en personne pour sa Femme de trente ans, à compiler des textes épars suivant tous la même veine marbrière afin d’en faire un livre… jamais terminé !

Plus tard encore, à près de quarante ans, trois romans parurent successivement, tournant tous autour d’un même sujet : les autres. Le premier De Jérôme à Lidoire (Ed. Passiflore) fut Coup de Cœur de Jérôme Garcin dans le Nouvel Obs. Les autres, un vaste sujet, comment vivent-ils, comment font-ils pour survivre à l’écrasant poids du monde ? Comment les aider à porter leur existence ? L’humour me parut un excellent moyen de traiter de choses graves, comme par exemple l’anthropomorphisme animalier dont je souffrais depuis qu’une chatte siamoise m’avait embobinée. Ce fut Tu veux un Drink ? (Ed. Passiflore). Je me passionnai parallèlement pour le sado-masochisme que je mis en scène dans Clara (Ed. Vents Salés), je donnai des conférences aussi sur la jalousie dans la littérature et sur le dandysme Baudelairien…

Mon mari orienta mon travail malgré lui. Les vieilles pierres lui plaisaient. En 2010, nous nous installâmes dans une chartreuse de 1781 dont chaque latte de parquet, chaque poignée de porte vibraient encore de la présence de son premier occupant, un négociant bordelais qui se faisait appeler Milord et signait de même. Les dés étaient jetés. L’Histoire me tendait les bras, je m’y jetai. Fostine, Bordeaux 1789 naquit de cette étreinte et des archives notariales, au printemps 2018. Mais, la gestation fut plus longue que celle de la baleine bleue, douze mois, et de l’éléphant d’’Afrique, vingt-deux mois ! Il ne me fallut pas moins de quatre ans de recherches, six mois de plan, et neuf mois d’écriture pour venir à bout de ce roman haletant et enlevé.

Au lieu de sortir éprouvée d’une telle aventure, j’écrivis dans la foulée mon premier roman policier historique qui sortit en mai 2018 : L’Affaire du Chapeau Rouge (Ed. Sud-Ouest), puis La Veuve de la Rue des Remparts (Ed. Sud-Ouest) sortie le 8 novembre 2018. Preuve que ma voie était là : inscrite dans les pierres de ma demeure. L’Histoire m’attendait, j’étais venue au rendez-vous.

Il faut prendre le temps au sérieux, le tenir par la main comme un ami, et se souvenir qu’il y a du chou sauvage dans le brocoli et du brocoli dans le chou-fleur ! »

 

 

 

Deuxième roman policier historique de Martine Lafon-Baillou : « La veuve de la rue des remparts »

Mon deuxième roman policier historique. 1789. Un autre quartier de Bordeaux, mais toujours le même charismatique héros, ses aides (non déclarés !), son logis rue du Pont de La Mousque, et son ensorcelante maîtresse Antoinette… Dans sa quête,Timothée Montcléra sera même confronté à l’énigmatique Capitaine Roucanel … Parfaitement ! Martine Lafon-Baillou

Sortie le 8 novembre 2018 aux Editions Sud-Ouest

Passionnée de littérature, elle donne des conférences et anime des cafés littéraires.

Martine Lafon-Baillou vit en Gironde.

Dans son travail de romancière, elle manie avec bonheur gravité, sensualité, descriptions subtiles et humour sidérant…

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Dans le Bordeaux populaire de la paroisse Saint-Seurin, Fostine, orpheline, est livrée à elle-même dès son plus jeune âge. Bien que méprisée et exploitée, elle ne perd jamais foi en elle-même. Son ascension est âpre, mais portée par l’immense espoir d’amélioration de cette année 1789. Opportuniste, la jeune fille fréquente les acteurs du Grand-Théâtre et profite de leur culture. Les rues du Parlement, des Trois Conhils, la place du Marché Royal et la rue Sainte-Catherine sont ses nouveaux univers. Elle y découvre la mode, la philosophie et la gastronomie. Quant à l’amour, il a plusieurs visages et lui réserve bien des surprises. Milord, négociant à Bordeaux, croise le destin de Fostine à l’aube du terrible épisode glaciaire de cet hiver-là. Cet homme ténébreux possède un château aux environs de Bourg où la jeune fille est retenue, pour un temps, prisonnière.

Martine Lafon-Baillou est romancière. Fostine, Bordeaux, 1789 est son premier roman historique. Il lui a été inspiré par la personnalité de Milord, bâtisseur du Château le Piat, une chartreuse de 1781, où elle vit depuis 2010.

  • Éditeur : Editions Vents salés (22 mai 2018)
  • Collection : Azur