Archives pour la catégorie Publications

159 – Portrait du jour : Véronique Duvillier, peintre, saxophoniste … et auteur du roman « Le Carnet de croquis »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson, membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 159ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Véronique Duvillier artiste peintre et écrivain, auteur d’un roman Le Carnet de croquis qui nous plonge à Rabat des années 30 à 60. Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignités, à l’instar des rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

Véronique Duvillier, formée aux Beaux-Arts de Paris, passionnée d’Histoire, se définit comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, elle a pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans.

Elle vit depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat lui permet de s’adonner à l’écriture.

Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, elle signe avec Le Carnet de croquis, son premier roman, en hommage à sa grand-mère trop tôt disparue.

Page Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/veronique.duvillier.16

Interview Philippe Poisson – 29 mars 2019 – Pour le carnet Criminocorpus – Portrait du jour

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1 – Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché cette vocation, votre première publication ?

A titre personnel, j’écris depuis mon adolescence, de la poésie, et des articles de presse pour une association. A titre professionnel, je n’ai jamais cessé d’écrire et ma plume s’est aiguisée au rythme de mon métier de cadre dans l’administration.

L’écriture, un exutoire, une revanche sur les angoisses, une libération des non-dits et des tabous, une résilience enfin, depuis la découverte d’un handicap, m’est devenue indispensable. J’alterne volontiers avec la peinture, autre passion depuis trente ans, canalisatrice de réflexion, et bien sûr la lecture.

Je me définis d’ailleurs, comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, j’ai pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans et je vis depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat me permet de m’adonner à l’écriture. Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, je signe avec Le Carnet de croquis, mon premier roman, en hommage à ma grand-mère trop tôt disparue.

Le Carnet de Croquis, mûrissait depuis longtemps dans ma tête et mon cœur, répondant à une volonté de découvrir mes racines de fille et petite-fille de « Pieds-Noirs marocains » – on dit d’ailleurs « Troncs de figuier » pour le Maroc.

D’abord, accessible sur le site de lecture gratuite Wattpad, les retours positifs des bibliomanes m’ont montré l’évidence d’une publication, vœu réalisé en janvier 2019.

2 – Avez-vous des thématiques de prédilection ?

Je suis tout d’abord une passionnée d’Histoire – architecture, art, livres -, et au-delà d’une histoire familiale, mon premier roman s’inscrit dans la Grande Histoire, celle du Maroc colonisé, de la Politique Française, du Protectorat, des événements de la Seconde Guerre Mondiale.

La psychologie humaine, ensuite, reste un sujet d’intérêt, et mes personnages, bourreaux ou victimes, psychopathes ou torturés, traduisent ma curiosité pour les arcanes du cerveau, et de l’âme.

3 – Que pouvez-vous nous dire à propos de votre premier roman ?

Le Carnet de croquis, c’est l’histoire de Suzanne, qui déroule l’écheveau de son destin qui l’emmène loin de Paris à Rabat des années 30 à 60. Fille d’un bourgeois et artiste peintre, la jeune femme nous fait découvrir sa passion pour l’art, et ce pays exotique, lieu de son parcours initiatique. À la fois poétique et propice à la rêverie, le Maroc nous révèle toute sa dureté en ces temps tourmentés de protectorat et de seconde guerre mondiale. Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignités, à l’instar des rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

4 – Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oui, plusieurs : un recueil de nouvelles policières pour lequel j’ai mis un point final, est parti vers des maisons d’éditions, un deuxième roman est en cours d’écriture – un policier dont l’intrigue se passe en Belgique, et deux projets : un recueil de poésies et tableaux, et la suite du Carnet de Croquis.

157 – Portrait du jour : Nicole Gonthier, professeur d’histoire médiévale et auteur de romans historiques

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Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson ,membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 157ème portrait du jour, c’est notre ami l’éditeur Guillaume de Uffredi qui a procédé à l’interview de  Nicole Gonthieragrégée de l’université, docteur ès lettres en histoire. Elle a été professeur d’histoire médiévale et doyen de la Faculté des Lettres et Civilisations à l’Université Jean Moulin-Lyon 3 jusqu’en 2012. Elle écrit des romans policiers historiques ayant pour cadre le Lyon médiéval depuis de nombreuses années, ouvrages publiés chez Pygmalion-Flammarion puis désormais aux éditions Les passionnés de bouquins . Elle réside à proximité de Lyon (Rhône).

En 2018, elle remporte le prestigieux prix Sang d’Encre pour son livre : Peine Capitale.

La rédaction du carnet criminocorpus est très honorée de ce nouveau portrait et remercie infiniment Guillaume de Uffredi  pour son implication. PH.P.

Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché cette vocation, votre formation, votre première publication ?

Écrire est une longue pratique universitaire dont j’ai amplement usé, pendant mes 32 années de carrière dans l’enseignement. Dans l’enseignement supérieur, les bénéficiaires du statut d’enseignant chercheur sont appelés à produire des textes – articles de revues scientifiques, communications à des colloques, manuels destinés à la préparation des concours, études thématiques ciblées sous la forme d’ouvrages sans oublier bien sûr l’écriture d’une ou de plusieurs thèses. Tel fut mon cas, et c’est ainsi qu’en qualité de maître de conférences puis de professeur d’université spécialiste d’histoire médiévale, j’ai fait paraître des ouvrages correspondants à mon champ de recherches historiques, soit les critères de marginalité, leur rapport avec la norme juridique, politique et religieuse, et par voie de conséquence la manière dont la société médiévale traite la marginalité (pouvoir d’ordre, organisation de la justice, pénalités judiciaires).

Lorsque j’ai pris ma retraite de l’Université, en 2012, j’ai choisi de continuer à traiter du Moyen-Age d’une manière plus ludique et plus accessible au grand public, grâce à l’écriture romanesque. Pour cela, j’avais la possibilité de passer par des intrigues criminelles, en piochant dans les nombreuses archives judiciaires que j’avais consultées au cours de mes recherches précédentes (archives lyonnaises, dijonnaises, parisiennes) afin de soutenir l’intérêt du lecteur, comme on le fait dans la littérature policière classique. La résolution d’une affaire de meurtre par un prévôt de police de l’archevêque est donc la trame première de mes romans mais chacun d’eux m’offre l’occasion d’initier le lecteur aux réalités de la fin du XVe siècle à Lyon. Décor urbain, couleurs, odeurs, bruits, langages, vêtements, usages quotidiens, actualités politiques, sociales, religieuses, culturelles, comportements, valeurs et croyances, etc. sont donc livrés au fil de l’histoire et le lecteur se retrouve, sans s’en rendre compte, informé des traits essentiels de l’époque, familier d’un univers qui n’est pas inventé mais fondé sur des réalités historiques, des pièces d’archives, des faits attestés. Rien de m’est plus agréable que d’entendre les lecteurs me dire qu’ils se sont sentis vivre au XVe siècle.

Les quatre premiers romans ont paru chez Pygmalion, puis en raison d’un changement de ligne éditoriale et de direction de cette maison d’édition, à partir de 2015, les trois suivants ont été édités par les éditions lyonnaises Les passionnés de bouquins . Tous les romans se situent à la fin du règne de Charles VII (1450-1461) et sous le règne de Louis XI (1461-1483). L’enquêteur est un prévôt de police qui a existé, Arthaud de Varey, et que j’ai librement imaginé. D’un roman à l’autre, sa propre histoire est exposée mais les romans se lisent indépendamment, ce n’est pas une saga.

Sept sont parus à ce jour, je suis en train d’écrire le huitième.

 Votre réaction suite à l’attribution du prix Sang d’Encrequi vous a été décerné fin 2018 pour le livre : « Peine Capitale » ?

Je fréquente le salon Sang d’encre depuis la parution de mon premier roman en 2012. Le crime de la rue de l’aumone avait été retenu parmi les romans en lice pour le prix, cette année-là et était arrivé second. J’apprécie beaucoup l’atmosphère et l’organisation de ce salon où je retrouve depuis 2012 les lecteurs qui aiment mes récits et d’autres qui les découvrent. Beaucoup de monde en général le fréquente. On y rencontre aussi des auteurs célèbres qui attirent un public important. Recevoir cette distinction pour Peine Capitale est un grand honneur et un très vif plaisir. Je connais l’impact publicitaire de ce prix renommé et qu’il ait été attribué à l’un de mes derniers récits me permet d’être mieux connue, avec ma spécificité d’historienne « convertie à une autre forme d’écriture ». Ce n’est pas le premier prix qu’obtiennent mes romans (Meurtre d’un maître drapier avait reçu le prix du Lions club de Rambouillet en 2014, et le prix de la République des canuts, en 2015, Les chants de la mort avait reçu le prix des lecteurs du salon de Montmorillon en 2015), mais le prix Sang d’encre est spécifiquement décerné à un roman « policier » et reconnaît la qualité de l’intrigue de ce type. J’ajoute que Peine Capitale vient de se voir délivrer également le prix Vaugelas des Rencontres Vaugelas de Meximieux ( il me sera remis le 6 avril lors du salon du livre des 6-7 avril 2019 à Meximieux), qui doit sanctionner – je suppose, en référence au grammairien Vaugelas – la qualité d’écriture. Ce double aspect de reconnaissance m’est particulièrement précieux.

– En tant qu’auteur, comment vous situez-vous ? Publiez-vous dans un genre littéraire défini ? Avez-vous des thématiques de prédilection ?

Mes récits sont à la frontière entre deux genres connus et définis : le roman policier et le roman historique. À la frontière, ou partie prenante des deux catégories : une position parfois bien difficile à soutenir ! Dans certains salons où mes romans côtoient des polars contemporains, je souligne que l’affaire criminelle que je relate est le fil conducteur d’un autre récit, d’une thématique supplémentaire. J’explique que mon but est de donner autant d’importance à la peinture des caractères, à la densité des personnages, à leur psychologie et à leur cadre de vie qu’au seul récit factuel.

Inversement, si l’on m’assimile aux auteurs de romans historiques, j’insiste sur les fondements véridiques de mes récits, leurs sources documentaires qui les écartent du genre de l’histoire romancée et je souligne l’aspect policier de l’intrigue.

L’attribution du prix sang d’encre me permet d’être plus crédible sur le plan policier tout en me démarquant du genre du roman historique que je ne pratique pas, n’en ayant pas le goût.

– Que pouvez-vous nous dire à propos de votre dernier roman :

Un crime tissé de soie se fonde sur un fait historique que les Lyonnais connaissent peu : l’implantation, sur ordre de Louis XI, d’une fabrique de la soie à Lyon, une décision

économique et politique à laquelle les consuls de Lyon ont répondu par un boycott manifeste, au risque de recevoir les foudres royales.

Sur ce fond événementiel – véritable crise de gouvernement municipal en 1470, riche en affrontements – j’ai voulu placer l’intrigue dans le milieu des courtiers de foires, pénétrant ainsi une société très cosmopolite et malfamée pour ses nombreuses fraudes. Cela me permettait de souligner l’importance des 4 foires internationales qui animaient Lyon et qui l’ouvraient aux influences italiennes.

Quant au lieu du crime, les terres du monastère d’Ainay, c’est un décor et un milieu que je n’avais pas encore mis en exergue, chacun des romans précédents illustrant un type social et un quartier différent.

Ce roman est celui qui s’inspire le plus étroitement des archives car la réalité de cette année 1470 nourrit merveilleusement l’imagination. Le crime, lui, est du domaine de la fiction, comme les péripéties de la traque du, ou des meurtriers. L’intrigue rebondit sur les erreurs et les doutes continuels du prévôt quant à l’identité de la victime, quant au mobile du crime, quant à la scène de crime elle-même. Une allusion au troisième homme comme un écho au roman de Graham Greene apparaît au cours de l’enquête… La solution – je l’espère – reste surprenante tout en étant réaliste et logique car rien ne m’agace autant que les énigmes qui se résolvent par un tour de passe passe dans les trois dernières pages.

J’ajoute que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce dernier roman où certaines scènes sont particulièrement dynamiques. » Nicole Gonthier

Nicole Gonthier sera présente à Quai du Polar, à l’hôtel de ville sur les créneaux suivants:

  • vendredi 29 mars de 14h à 16h30
  • samedi 30 mars de 10h à 13h et de 17h à 19h
  • dimanche 31 mars de 10h à

Droit des femmes, tout peut disparaître (Pauline Delage)

Parution  le 7 mars 2018 – Les droits acquis par les femmes sont-ils irréversibles ? Si le principe d’égalité s’est peu à peu imposé, on est loin du compte dans la pratique ! Les droits des femmes font toujours l’objet d’attaques de la part de groupes ou d’individus qui résistent au mouvement vers l’égalité. Et un nouveau danger, plus insidieux, plane : la façon dont ces droits sont traités et défendus institutionnellement tend à les isoler d’autres questions sociales et politiques. Ce livre propose un retour critique sur les acquis de ces quarante dernières années, en soulignant les résistances à l’antisexisme, mais aussi les limites que le contexte néolibéral impose à la défense des droits des femmes. Pour construire une société, il importe en effet de repenser les droits des femmes pour qu’ils bénéficient aussi, et surtout, à celles qui subissent les inégalités sociales et le racisme.

Pauline Delage, sociologue, travaille sur les transformations du traitement des violences de genre dans différents pays. Elle est cofondatrice du laboratoire junior VisaGe (Violences fondées sur le Genre). Elle a notamment publié Violence conjugale. Du combat féministe à la cause publique (Presses de Sciences Po, 2017).

Éditeur Textuel

Collection Petite Encyclopedie Critique

Le retour de Martin Guerre

L’affaire Martin Guerre est une affaire judiciaire d’usurpation d’identité, jugée à Toulouse en 1560, qui a dès cette époque suscité un vif intérêt.

En 1548, Martin Guerre, un paysan du comté de Foix quitte son village suite à un conflit familial. Lorsqu’il revient, 12 ans plus tard, un autre Martin Guerre a pris sa place et vit, depuis trois ans, au côté de sa femme Bertrande.

Pendant 12 ans, Arnaud du Tilh a usurpé l’identité de Martin Guerre, un paysan d’Artigat dans le comté de Foix, qui avait quitté son village et sa famille. L’usurpateur a même réussi à tromper l’épouse de Martin Guerre, Bertrande, avec qui il a eu une fille. À l’issue d’une longue et complexe procédure judiciaire, Arnaud du Tilh est déclaré coupable et condamné à mort.

En 1548, âgé de 24 ans, Martin est accusé de vol de grain envers son père et décide alors de quitter le village. A l’été 1556, un homme prétendant être Martin Guerre surgit. Il connaît les détails de la vie de ce dernier et sa ressemblance est telle qu’il parvient à duper tout le monde.

Son beau-père, Pierre Guerre, commence à avoir des soupçons en 1559, mais Bertrande ne veut rien entendre. Il enquête alors seul, jusqu’à découvrir la véritable identité de celui qui prétendait être Martin Guerre…

Invité : Pierre Lunel, universitaire et écrivain. Marc Chabot YT – Ajoutée le 11 mars 2018

– Le faux Martin Guerre est l’auteur de l’imposture d’identité la plus étonnante.

– Le chevalier d’Eon bluffe tous ses contemporains et ne s’avoue réellement homme que sur la table d’autopsie.

– La comtesse de la Motte escroque la couronne et fait vaciller la monarchie. Cagliostro persuade chacun qu’il est la réincarnation de Jésus avant de moisir vingt ans dans les prisons du pape.

– Les escrocs du canal de Panama font chanceler la république française.

– Victor Lustig vend deux fois la tour Eiffel… avant d’escroquer Al Capone !

– Anna Anderson se fait passer pendant quarante ans pour la princesse Anastasia de Russie, seule rescapée du massacre des Romanov.

– Sacha Stavisky devient le Prince des escrocs en imaginant les arnaques les plus folles.

– L’abbé Saunière accumule les milliards en disant des messes, ou en ne les disant pas.

– Van Meegeren, le faussaire le plus génial au monde, meurt sans avoir pu convaincre ses contemporains que ses faux Vermeer… sont des faux !

– Jean-Claude Romand ment pendant vingt ans sur sa vie professionnelle avant de déclencher une tragédie.

– Bernard Madoff, enfin, escroque soixante milliards de dollars et ébranle la finance mondiale.

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Pierre Lunel commence sa carrière d’auteur avec un best-seller, L’Abbé Pierre, l’insurgé de Dieu (Stock), vendu à plus de 500 000 exemplaires. Il poursuit avec succès grâce à une série de livres autour de figures d’exception, comme Sœur Emmanuelle (Fixot) ou Ingrid Bétancourt (L’Archipel). Il écrit aussi des essais polémiques et des ouvrages historiques. Il a récemment publié aux éditions First Je m’appellerai François, biographie du Pape.

Éditeur : First (9 avril 2015)

Collection : Documents

Nouvelle collection « Le mot est faible » chez l’éditeur en sciences humaines Anamosa

 

L’éditeur en sciences humaines Anamosa vient de lancer le 7 mars une collection en petit format, « Le mot est faible ». Dirigée par l’historien Christophe Granger, elle présente 3 à 4 textes courts par an où, à chaque fois, un mot est redéfini. L’enjeu ? « L’arracher à l’idéologie qu’il sert et à la soumission qu’il commande pour le rendre à ce qu’il veut dire », défend l’éditeur. Les deux premiers ouvrages disponibles en librairie :

« Révolution » de Ludivine Bantigny

« Peuple » par Deborah Cohen

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 Chloé Pathé est éditrice d’ouvrages de sciences humaines et livres illustrés depuis de nombreuses années, et a fondé en 2016 les éditions Anamosa, qu’elle dirige.

Anamosa se veut un espace d’expériences à la fois savant et populaire. Les ouvrages et les revues proposés relèvent de cette volonté : soigner le fond et la forme parce que la non-fiction peut être lue par tous… comme un roman.

Profondément ancré dans le monde contemporain et les questionnements multiples qu’il suscite, le projet d’anamosa est ainsi d’aborder ces derniers loin des doctrines qui cloisonnent et de l’immédiateté du discours qui peut enfermer.

Nos auteurs sont au centre de ces préoccupations : comment transmettre des savoirs pour aider à mieux comprendre les problématiques qui traversent nos sociétés, comment interroger les contradictions humaines, sans vouloir les résoudre à tout prix en ne négligeant aucunement le plaisir de l’écriture et de la lecture.

 Chez les Sauks, une tribu amérindienne, anamosa signifie « tu marches avec moi ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit : marcher ensemble, longtemps, au gré des livres, avec les auteurs, avec les libraires, avec les lecteurs.

 Diffusée et distribuée en librairie par Volumen, la maison publie entre 6 et 10 ouvrages par an et édite également deux revues, Delta t et Sensibilités. Histoire, critique & sciences sociales.

 

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac

 

 


149 – Portrait du jour : Fátima de Castro – « En temps de guerre – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918) »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

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Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 149ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Fátima de Castro, habitante du Val de Loire. Elle a  étudié les lettres à La Sorbonne, et a participé à des travaux de traduction sur le regard portugais porté sur les cultures étrangères notamment en Égypte et Éthiopie.

Ici elle nous présente l’ouvrage qu’elle a traduit en Français pour son homonyme Ana de Castro Osorio . « En temps de guerre »  sous titré  « Aux soldats et aux femmes de mon pays »  est un recueil d’articles compilés durant la première guerre. Ou Ana la première féministe rappelle que le  Portugal a bien participé à cette première guerre mondiale, en y perdant d’ailleurs près de 20 000 hommes lors de la bataille de la Lys , et dans ses écrits d’alors, injustement oubliés, Ana exhorte ses consœurs portugaises à participer activement à la lutte contre l’ennemi germanique, et à changer la société portugaise. Nul doute que cette traduction était nécessaire pour nous éclairer sur le rôle des femmes portugaises en 14/18 …

Après des travaux interrogeant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, Fátima de Castro a voulu répondre à cette question souvent entendue : pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du XXe siècle ?

Dans le cadre d’une association patrimoniale locale Fátima de Castro a réalisé une brochure sur l’attentat que Cadoudal prévoyait à l’encontre du futur Napoléon. Elle s’est basée sur les compte-rendu du procès et des recherches biographiques pour établir ce récit.

Le sérieux des publications de cette association est assuré par des membres issus du corps universitaire et du CNRS. Pour en savoir plus contacter l’auteure du portrait

fatiperegrine@free.fr

https://www.facebook.com/profile.php?id=100016504086205

Bienvenue Fátima de Castro sur le carnet criminocorpus résolument ouvert aux femmes et aux féministes. Ph.P.

« … Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle … » Fatima de Castro

« Comment se fait-il que vous autres, Portugais, soyez restés loin des champs de bataille de la Première guerre mondiale ? »

« De toute façon, vous, les femmes portugaises, vous êtes habituées à ne rien faire pour améliorer votre condition »

Ces deux remarques récurrentes, tant de fois entendues, m’ont amenée à m’interroger sur ces deux sous-entendus « nordiques » un peu pesants qui supposent que, dans le Sud, on ne fait pas grand chose pour… changer les choses. L’image d’habitants nonchalants, de femmes soumises, semble encore bien ancrée d’après ce que mes écoutilles enregistrent.

Mes recherches universitaires m’avaient amenée à m’interroger sur le regard que porte le Portugal sur les cultures étrangères qu’il lui a été donné de croiser dans sa longue expérience d’explorateur. Comment les premiers Portugais qui ont mis le pied en Ethiopie, à la recherche du mythique Prêtre Jean, ont-ils perçu la réalité de ce pays qui, bien évidemment, n’avait rien de commun avec les rivières d’émeraude et autres flots d’or et de pierres précieuses décrits dans la fameuse lettre mystificatrice de 1170. Loin de s’en émouvoir, les Portugais ouvrent leurs yeux et leurs Jésuites se mettent à publier la réalité du terrain (Pêro Pais : introduction à la lettre d’un jésuite en Éthiopie (1603). In : Cahiers du Centre de recherche sur les pays lusophones – CREPAL, Presses de la Sorbonne Nouvelle, cahier n°11, 2005, p.27-36).

A la fin du 19e siècle, le grand écrivain portugais José Maria Eça de Queiros , encore jeune et auteur en devenir, a la chance de pouvoir fouler les terres égyptiennes et bibliques à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Sensations avides et dépaysement exotique dont il couvre fébrilement ses carnets de voyage qui lui serviront, par la suite, à alimenter ses œuvres de cette expérience qui mêle intérêt culturel et regard personnel (Eça de Queiroz et le Moyen-Orient : réalité et fiction, mémoire de maîtrise, Université Sorbonne-Paris IV, 1996).

Mais les étonnements qui m’arrivent par la suite me portent à inverser ce regard. De Portugal regardant je me trouve face au Portugal regardé. Mal regardé. Ou regardé avec un certain préjugé parce qu’on n’en a jamais entendu parler. Et pourquoi ? me suis-je demandé. La littérature traduite reste très… littéraire, ou axée sur des études relatives aux découvertes, le grand succès du Portugal médiéval et renaissant. Le Portugal lui-même semble n’accorder d’intérêt universitaire à la question du mouvement féministe que depuis récemment. Ce mouvement, je le découvre moi-même très actif dès son apparition. S’il surgit tardivement par rapport aux mouvements américains ou du Nord de l’Europe, il part sur les chapeaux de roues, créé commissions sur commissions, investit la vie publique et éditorialiste. Je découvre le nom tristement oublié aujourd’hui d’Ana de Castro Osório, fer de lance du féminisme, participante active à la mise en place de la République en 1910, la tête pleine de projets pour faire évoluer son pays et la condition de la femme avec. Cerise sur le gâteau, je tombe par hasard sur une publication de 1918 : Ana y regroupe un ensemble d’articles par elle rédigés tout au long du premier conflit mondial.

Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle.

Dans son En temps de guerre, Ana de Castro Osório analyse l’effondrement social et économique du pays mis en évidence par l’entrée en guerre et dû à la défaillance d’une approche politique qui n’a jamais souhaité faire de la femme un membre actif de la société, un membre dont l’énergie serait bien utile à un moment où les hommes sont sur le front. Elle souligne les dysfonctionnements dans toutes les branches : administration, agriculture, industrie, enseignement, l’abandon des soldats portugais par les leurs. Elle interpelle les politiques, ses concitoyennes, citant l’exemplarité des Françaises, des Anglaises, des Russes et même des Chinoises. Pour elle, la passivité féminine est devenue une tare. La femme portugaise doit se réveiller, agir, ne plus simplement attendre dans la quiétude de son foyer. Dans ce recueil d’articles, Ana de Castro Osório va au-delà du féminisme comme simple notion sociale. Elle lui donne une envergure pratique, propose des solutions, enguirlande ses consœurs et tente d’éveiller la part active qu’elles peuvent devenir au sein de la société, qu’elles doivent devenir au sein de la société.

Ana de Castro Osório, En temps de guerre : aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918), traduction Fatima de Castro, éditions l’Harmattan, 2018.