Archives pour la catégorie Publications

Marie Bonnevial : Communarde et syndicaliste (Dominique Segalen)

Institutrice très active lors des évènements de la Commune en 1871, Marie Bonnevial est révoquée de l’Instruction publique pour refus d’enseigner les matières religieuses. On lui doit la création du tout premier syndicat de l’Enseignement. Elle s’exile en Turquie pendant le gouvernement de l’Ordre moral et, dès son retour, s’installe à Paris. Condamnée en correctionnelle pour avoir participé avec Jules Guesde à l’organisation d’un Congrès ouvrier international, elle milite aux côtés de Jean Jaurès et contribue à la formation de plusieurs syndicats féminins. Elle est la première femme élue à la Bourse du Travail. Publiciste au journal La Fronde, elle s’implique dans l’organisation du mouvement socialiste, mutualiste et coopératif, participe à la fondation du Conseil national des femmes françaises où elle préside la Section du Suffrage et dirige la Ligue pour le droit des femmes à la suite de Maria Pognon. Initiée en 1894 et assumant de hautes responsabilités, elle deviendra le second Grand Maître de l’Ordre après Marie Georges Martin.

Graphiste et plasticienne, Dominique Segalen est auteur de cinq romans parus aux Éditions Luce Wilquin et d’une monographie : Marie Béquet de Vienne, une vie pour l’enfance, parue chez Conform Édition en 2013.

Sa passion pour la reconstitution historique lui permet de mettre en lumière les personnages et événements ayant marqué la genèse et la création de l’Obédience du Droit Humain.

Avec la contribution d’ Alain Michon (Préface)

  • Éditeur : Editions Detrad aVs (22 mai 2018)
  • Collection : Personnalités emblématiques du Droit Humain

 

Maria Pognon, une frondeuse à la tribune – (Dominique Segalen)

Peut-on écouter sans ciller les députés et sénateurs célébrer la liberté, l’égalité, la fraternité lorsque l’on est en incapacité juridique et civique, disposant d’aussi peu de droits que les enfants, les fous ou les criminels ? Comment surmonter sa frustration lorsque l’on est évincé des discussions et décisions importantes concernant son couple, sa famille, son quartier, sa ville ? L’idée d’un suffrage universel « masculin » est-elle acceptable, si l’on fait partie de l’autre moitié des citoyens, celle qui n’est jamais consultée ?

Maria Pognon et ses amies féministes ont vécu ces injustices et tenté d’apporter des réponses pertinentes à la prétendue « infériorité » des femmes. Journaliste, socialiste, présidente de la Ligue pour le Droit des Femmes et membre du Conseil d’administration de la Société française d’Arbitrage entre les Nations, Maria Pognon a participé entre 1889 et 1904 au long combat pour l’émancipation féminine sous la IIIe République aux côtés de Maria Deraismes et Georges Martin, comme les autres membres fondateurs de la première Loge mixte en France à l’origine de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain.

Ce récit révèle son parcours, reconstitué d’après de nombreux documents d’époque.

Sommaire

Préface

Préambule1 – Une Honfleuraise
2 – Rencontres décisives
3 – Le congrès féministe international de 1892
4 – Revendications
5 – Fondation de la Grande Loge Symbolique Écossaise le Droit Humain
6 – Réseau républicain et groupe parlementaire
7 – Funérailles de Myrtile Rengnet
8 – Actions communes
9 – Le congrès féministe international de 1896
10 – Le Journal La Fronde
11 – L’égalité hommes femmes – La femme citoyenne
12 – Le travail des femmes Premiers syndicats féminins
13 – Le poids de la religion et de la justice
14 – La recherche de paternité
15 – Conférences
16 – Le Congrès féministe international de 1900
17 – Échos du congrès
18 – Notoriété
19 – Le Conseil national des femmes françaises
20 – L’arbitrage international et l’engagement pacifiste
21 – La Ligue Française pour le Droit des Femmes
22 – Exil à Nouméa
23 – La communauté française de Sydney
24 – Villa France

Biographie : Graphiste et plasticienne, Dominique Segalen (photographie à la une) est auteur de cinq romans parus aux Éditions Luce Wilquin et d’une monographie : Marie Béquet de Vienne, une vie pour l’enfance, parue chez Conform Édition en 2013.

Sa passion pour la reconstitution historique lui permet de mettre en lumière les personnages et événements ayant marqué la genèse et la création de l’Obédience du Droit Humain.

Parution : juin 2015
Éditeur : Detrad aVs

« Bretonnes et Résistantes » d’Isabelle Le Boulanger

Parution en octobre 2018 – L’ouvrage « Bretonnes et Résistantes » d’Isabelle Le Boulanger sort à partir de la semaine prochaine dans toutes les bonnes librairies. Cette recherche s’appuie sur l’analyse des 1173 dossiers de cartes de combattant volontaire de la Résistance, conservés dans les archives départementales des cinq départements bretons.

On ne peut que vous conseiller de vous le procurer !

Cet ouvrage est à la fois un livre d’histoire et un hommage aux résistantes bretonnes

Cette recherche s’appuie sur l’analyse des 1173 dossiers de cartes de combattant volontaire de la Résistance, conservés dans les archives départementales des cinq départements bretons.

Ce panel permet à la fois de mettre en lumière une majorité d’ « oubliées » de l’histoire et de décrypter les spécificités de la résistance féminine.

Singularités et ressemblances surgissent de ces parcours de femmes demeurés pour la plupart anonymes et qui ont œuvré dans la Résistance sans avoir commis d’actes particulièrement héroïques, sauf exception. Alors que rien ne les prédestine à jouer un rôle actif dans la clandestinité, elles s’engagent le plus souvent dans le sillage de leur père, de leur mari ou de leur frère. Une fois leur décision prise, elles assument toutes les conséquences de leurs actes clandestins, y compris le risque de mourir. 431 feront l’objet d’au moins une arrestation, 201 seront déportées en Allemagne et parmi elles, 33 ne reviendront pas.

L’index proposé dans la seconde partie présente en quelques lignes l’itinéraire de ces 1173 résistantes bretonnes. Citer leur nom à toutes, sans exception, quelle que soit l’importance de leurs actions dans la résistance, s’est imposé pour honorer leur mémoire.

Éditeur : COOP BREIZH

Auteure : Isabelle Le Boulanger (photographie à la une), est enseignante et chercheure associée au Centre de recherche bretonne et celtique de l’université de Brest. Ses études portent sur l’histoire des mentalités bretonnes à l’époque contemporaine, en particulier l’histoire des femmes et des enfants.

Elle soutient sa thèse dirigée par Christian Bougeard à l’université de Brest en 2010. Elle porte titre L’abandon d’enfants au XIXe siècle : pratiques, modalités, enjeux : l’exemple des Côtes-du-Nord (1811-1904)2. Pour cette étude, Isabelle Le Boulanger a étudié 3000 documents d’archives : procès verbaux d’exposition et d’admission des hospices pour les enfants déposées dans les tours. En 1811, un décret impérial officialise le système des tours d’abandon. Il s’agit de cylindre pivotant installés dans un mur extérieur de l’hospice. L’enfant est déposé, le tour pivote mettant ainsi le nourrisson à l’intérieur du bâtiment, au chaud. Ce système permettait un abandon anonyme pour la mère et sûr pour le nourrisson. Une loi en 1904 met fin à ce système3.

En 2015, elle publie Enfance bafouée. La société rurale bretonne face aux abus sexuels du XIXe siècle. Pour cet ouvrage, elle étudie 349 dossiers de procédures, pour abus sexuels4… Pour en savoir plus sur Isabelle Le Boulanger – UBO

« Affaires de famille » : récit glaçant d’une jeune capitaine de police du quotidien au sein d’une brigade territoriale de la protection de famille

9782749158693ORI

Dans son ouvrage « Affaires de famille », édité par Le Cherche- Midi, moitié carnet de bord, moitié journal intime, Agnès Naudin nous propose une immersion au sein de sa brigade, qu’elle a intégrée, en tant que capitaine, en 2016. Elle y fait retour sur trois dossiers emblématiques : un bébé maltraité par une nourrice, le calvaire d’une enfant victime d’un viol intrafamilial et celui d’une femme ayant subi un viol conjugal. L’auteur passe en revue, sans filtre, les autopsies, interrogatoires, mais aussi ses réactions personnelles d’une jeune femme policière de 33 ans. Car derrière ces histoires elle dévoile ses propres tourments et sa vie privée.« En écoutant Agnès Naudin parler de son livre, tantôt sur les plateaux de la télévision, tantôt sur les ondes radiophoniques, j’ai eu immédiatement envie de le découvrir et de plonger dans cette réalité si brutale, racontée avec un détachement déroutant.

A l’entendre, elle a écrit ce livre pour expliquer comment une personne peut en arriver là et que le pire n’arrive pas qu’aux autres, quels que soient les milieux sociaux-culturels.

En découvrant, derrière les affaires que l’auteur nous relate, les personnes, les situations familiales complexes, et souvent la maltraitance et la violence, nous nous disons que nous sommes bien loin de l’opportuniste arrogance des revendications de starlettes américaines et de leurs consœurs partout dans le monde. Grâce à ce livre nous côtoyons la vraie vie, avec de vraies souffrances et de vraies victimes, et celle d’ une jeune capitaine de police qui poursuit son sacerdoce. »

RUBRIQUE ŒIL EN EVEIL de Krystyna Kowalska pour le carnet criminocorpus

Krystyna Kowalska – « A Varsovie, mon père avait menacé de se tuer pour pouvoir épouser ma mère. J’avais failli faire mourir ma mère en venant au monde. Ma vie débutait donc comme un mélodrame plutôt qu’une chanson douce. Est-ce pour cela que ma vie oscille depuis entre le romanesque et le juridique, le  romantique et le judiciaire ? Jugez plutôt.

Enfant, je n’aimais ni les bonbons, ni les chocolats, ni les jouets, ma poupée Monika mise à part. Ça tombait bien : mon père ne m’offrait que des livres, des livres, toujours des livres et …mangeait mes bonbons ! D’où mon amour des lettres et tout particulièrement des lettres françaises, depuis l’âge de 15 ans, après la rencontre d’une professeur tout droit sortie de l’époque « fin de siècle ». Cinq ans après, me voilà à Paris, sur les bancs de la Sorbonne, où ma dissertation sur les digressions dans Les Misérables de Victor Hugo, qu’habituellement, les lecteurs peu scrupuleux évitent avec allégresse, a failli être publiée. Pour en savoir plus sur :

https://criminocorpus.hypotheses.org/59672

Sous la schlague – Fresnes, Sarrebruck, Ravensbrück, Schonfeld … Henriette Lasnet de Lanty

Parution du livre le 24 mai 2018 – Henriette Lasnet de Lanty a 47 ans en 1943. Simple femme au foyer, elle s’occupe de ses cinq enfants dans le XVIe arrondissement de Paris, rue de la Pompe. Personne ne se doute que sous son apparente tranquillité elle participe activement à la Résistance. Servant de boîte aux lettres, elle récupère des informations et, sous son insoupçonnable camouflage de parfaite ménagère, distribue les consignes et ordres de mission aux agents parisiens en allant faire ses courses.

Mais quand le réseau tombe, elle est dénoncée, arrêtée : c’est le début d’un véritable calvaire qu’elle va affronter avec un courage hors du commun.

Les prisons françaises et leurs sordides interrogatoires, la déportation, les camps, Ravensbrück, Schönfeld… Sous les coups de schlague de ses gardiennes, elle trouve encore la force de saboter les pièces qu’on lui demande de fabriquer et, sans broncher, résiste toujours, à sa manière, aux humiliations, à l’angoisse de ne pas revoir ses enfants, son mari déporté comme elle, à l’horreur permanente de la mort de ses camarades.

Même une fois libérée, les Américains n’ont que faire de ses femmes qui encombrent les routes, les soldats français eux-mêmes se méfient de celles qu’ils pensent être venues ici travailler de leur plein gré. Henriette Lasnet de Lanty va encore devoir traverser l’Allemagne dévastée par la guerre, seule, à pied. Ceci est son témoignage. LIRE UN EXTRAIT

TABLE DES MATIÈRES

Philippe MEZZASALMA : Conservateur de bibliothèques, et chef du service de la presse à la Bnf – Commissaire de l’exposition La presse à la Une . De la Gazette à Internet, et directeur du catalogue éponyme paru en 2012. A dirigé le Guide des sources de la Presse, BnF, paru en 2011. A présenté et annoté l’édition du récit d’Henriette Lasnet de Lanty. Sous la Schalgue, Le Félin, 2018, et dirigé Femmes en déportation, à paraître en 2018 aux Presses universitaires de Nanterre. Termine une thèse sur La déportation des femmes depuis la France à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Editions du Félin

Pourquoi il ne faut pas libérer Marc Dutroux – Un psychopathe n’est pas amendable (Alessandra d’Angelo)

En réponse à Maître Bruno Dayez, l’avocat de Marc Dutroux, ma dernière enquête disponible dans toutes les librairies (Belgique et France) ce 13 octobre . Alessandra d’Angelo Auteur Presse

Juriste de formation, ex-avocate au Barreau de Bruxelles, journaliste d’investigation judiciaire, chroniqueuse radio, conférencière et auteur, Alessandra d’Angelo est une femme passionnée par les faits de société et par la part de tourments qu’ils recèlent. Humaniste engagée, depuis 2010, elle s’intéresse tout particulièrement aux phénomènes d’exclusion sociétale sous toutes ses formes, avec en point d’orgue la radicalisation des esprits, comme celle des comportements associés.

En 2015, après les événements de Charlie Hebdo, elle publie Ma liberté d’expression et eux (Éditions du CEP), un outil pédagogique à destination des adolescents, qui leur explique avec leurs propres mots, la liberté de ton, la censure, mais aussi pourquoi l’on peut mourir tout simplement en tenant un crayon.

En 2016, après 4 ans de recherches sur l’univers carcéral, elle publie Case prison, un jeu d’échec (Éditions Academia L’Harmattan), une réflexion sur le sens à donner à l’enfermement et à la « sanction » pour que l’incarcération soit résilience, le tout sécuritaire et l’extension à outrance d’un parc carcéral ayant démontré leur cuisant échec en termes de réinsertion.

En janvier 2017, elle publie Présumé coupable (Éditions Nowfuture), une réflexion en filigrane de l’affaire Wesphael, sous-tendue par une question fondamentale : Quelle Justice voulons-nous ? Une Justice figée et punitive qui travaille à charge ou une Justice prête à vaciller sur le socle de ses certitudes séculaires pour entrer dans une autre ère, celle d’une institution plus humaine, préventive et restauratrice, préservant le principe fondamental de la présomption d’innocence ?

En février 2017, elle publie L’Affaire Lhermitte. Chronique d’un drame annoncé (Éditions La Renaissance du Livre), une analyse juridique et psychiatrique de ce quintuple infanticide qui a secoué le pays il y a 10 ans, avec une question psycho-sociale en lame de fond : quels mécanismes de l’esprit porte une femme qui a donné un jour la vie à tuer ses enfants ?

En octobre 2017, elle publie Prostituées alimentaires (Éditions Alain Jourdan), une photographie contemporaine d’un phénomène nouveau : la marchandisation des corps sur fond de précarité économique. Avec la stagnation du pouvoir d’achat, des femmes, souvent mères monoparentales, et de jeunes étudiantes (les sugar babies) se retrouvent dans l’obligation ponctuelle de pratiquer le « hard discount » pour survivre. Nourrie de témoignages chocs, l’auteure lève le voile sur un tabou devenu réalité sociale.

Elle est la fondatrice de l’antenne belge de l’organisation « Innocence Project » (2015), une association américaine qui se bat contre les erreurs judiciaires, et cofondatrice de « Éduc-actions » (2016), une association qui sensibilise les adolescents en décrochage à la non-violence et au vivre ensemble.

Plus d’infos sur l’auteure : www.alessandradangelo.com

Infirmières parisiennes 1900-1950. Émergence d’une profession (Christian Chevandier)

Date de première publication le 1 juin 2011 – En 1900, les mots « infirmier » et « infirmière » étaient utilisés pour nommer le personnel non qualifié de l’hôpital et avaient le même sens que « garçon desalle » et « fille de salle ». En 1950, le terme n’est plus que féminin et désigne des travailleuses qualifiées dont la formation initiale assez longue a été certifiée par un diplôme d’État. Quelles ont été les raisons de cette mutation, qui a accompagné l’évolution de la médecine hospitalière et du droit de l’assistance? Comment ce phénomène s’inscrit-il dans l’évolution de la société française de la première moitié du XXe siècle? Pourquoi est-ce dans les hôpitaux de l’Assistance publique de Paris que cette dynamique a été forte au point que ses choix ont entraîné l’ensemble du secteur hospitalier du pays? Comment cette professionnalisation s’est-elle effectuée? Quelles ont été ses conséquences sur la vie de ces femmes? Cet ouvrage associe une approche quantitative précise de l’institution hospitalière parisienne à l’étude des destins individuels de seize femmes soignantes. Par un jeu d’échelles, l’auteur définit le rôle de différents facteurs (l’origine géographique, le milieu social, la formation, le marché du travail, les guerres, etc.) dans la conception d’un métier qualifié.

Afin de préciser les spécificités parisiennes, un chapitre est consacré à un autre grand ensemble hospitalier, les Hospices civils de Lyon, ce qui nous permet de suivre jusqu’à nos jours un groupe professionnel proche de celui des infirmières créé dans les années 1930 pour se substituer aux religieuses qui disparaissaient. L’auteur présente un groupe social de femmes dynamiques, confrontées aux difficultés de la vie mais aussi à un exercice professionnel passionnant, dont le tableau nous est ainsi brossé, sans que soit laissé de côté l’impact de la gestion menée par l’administration hospitalière.

Christian Chevandier est professeur d’histoire contemporaine à l’université du Havre. Spécialiste d’histoire des politiques sociales, du travail et des identités professionnelles, il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le monde hospitalier (notamment L’Hôpital dans la France du XXe siècle, publié en 2009 aux éditions Perrin). Il a travaillé dix ans en service hospitalier comme agent de service puis comme infirmier DE.

Collection Histoire contemporaine

Éditions de la Sorbonne