Archives pour la catégorie Prostitution

« Femmes à Boches » – Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre (Emmanuel Debruyne)

Parution du livre le 19 septembre 2018 – Entre 1914 et 1918, les expériences de guerre ne se limitent pas au front et à l’arrière. Il y a aussi l’occupation militaire, subie par près de 10 millions de Français et de Belges. La faim, l’angoisse, la privation et la lassitude sont les conditions de cette situation particulière où se mêlent complémentarité de genre et antagonisme de guerre : des relations intimes naissent entre des femmes et des hommes qui dans d’autres circonstances ne se seraient jamais rencontrés.Mais ces relations ne sont pas simplement une révolte de l’amour contre la haine. La vague de viols qui accompagne l’invasion d’août 1914 participe à terroriser les populations civiles. Et la prostitution connaît un essor fulgurant au cours des années suivantes. Quelle que soit leur nature, ces relations ne laissent pas les occupés indifférents : pendant quatre ans, le corps féminin est l’enjeu de tensions incessantes en pays occupé. « Sources de contamination » pour les uns, « femmes à Boches » pour les autres, celles qui fréquentent l’ennemi font les frais de leur choix. Ostracisées sous l’occupation, tondues à la libération, puis disparues une fois la paix revenue.Cent ans après la fin de la guerre, « Femmes à Boches » est le premier ouvrage à se pencher sur l’histoire de ces femmes.

Pour écouter le document sonore les belles lettres

Emmanuel Debruyne est professeur à l’Université de Louvain (UCLouvain), où il enseigne l’histoire contemporaine. Spécialiste des occupations militaires durant les deux guerres mondiales, il est notamment l’auteur de Le réseau Edith Cavell. Des femmes et des hommes en résistance (2015) et, avec Laurence van Ypersele, de Je serai fusillé demain. Les dernières lettres des patriotes belges et français fusillés par l’occupant. 1914-1918 (2011). Il a également dirigé avec James Connolly, Elise Julien et Matthias Meirlaen, En territoire ennemi. Expériences d’occupation, transferts, héritages (1914-1949) (2018).

Introduction
Remerciements

Chapitre 1. Violences sexuelles
« Nymphomanie de guerre »
Viols allemands et enquêtes alliées
« Les faits de ce genre sont, hélas ! assez nombreux »
Combien ?
« la sachant seule dans sa maison à l’extrémité du village… »
Le drame des « visites »
De la menace à la vengeance

Chapitre 2. Amours vénales
L’essor de la prostitution
Les « mesures propres à assurer la santé, la moralité et la tranquillité publiques »
Le « système allemand »
« Refuser des Allemands, toute direction, tout contrôle, toute collaboration » ?
La bataille des cabarets
« On ne saura jamais à quel point ces gens de débauche sont pourris et viciés ! »

Chapitre 3. Intimités
« Ce sont de jolis cocos, ces Allemands du diable ! »
« Mademoiselle ? »
Érotique de la langue
« J’ai passé mes plus belles années dans la peine et la tristesse »
Au cœur de la relation
La rupture
« Est-il possible qu’il y aura des femmes assez lâches pour les épouser ? »

Chapitre 4. Ostracisme
Lamentations
Stigmatisation
Exclusion
Représailles
« Dévouée aux Allemands »
« La guerre ne durera pas toujours, après on verra ! »

Chapitre 5. Maladies vénériennes
La grande peur
À qui la faute ?
« Soldaten ! »
« Sources d’infection »
Les centres de traitement vénériens
« Comme les ignobles loques qu’on rend aux propriétaires des maisons dévastées »
Au croisement du médical et du carcéral
« Parcs à poules »
Le front antivénérien

Chapitre 6. L’enfant du Boche
« Il y a quelques temps, elle était enceinte ; puis plus rien… »
« Rendue mère par une infâme violence »
« De père inconnu »
« Petits Allemands »
Paternités occupantes
Enfants de l’Allemagne ?
Combien ?

Chapitre 7. La défaite du couple
La fuite
« Les cheveux coupés ras avec des ciseaux vengeurs »
« Heur haar af ! Heur haar af ! »
Et en France ?
Rituels expiatoires
« Que ce traitement ne se produise pas toujours avec douceur peut se comprendre »
Face à la justice
Des unions en difficulté
La « libération » de la prostitution
Sortie de guerre vénérienne

Épilogue
L’impossible bilan
Devenir allemande : Louise
Revenir en Belgique : Marie et sa fille Charlotte
La quête du père : Joseph, fils de Julie
Parcours enfouis et mémoires oblitérées

Conclusion
Notes
Sources et bibliographie
Index des noms de lieux
Index des noms de personnes

PRESSE

Un sujet grave et presque essentiel pour tenter d’analyser le ressenti humain d’une frange de la population féminine pendant la guerre de 14-18, vue au-delà du front et à l’arrière de celui-ci. La Libre Belgique – 22/10/2018

L’intérêt du livre tient à la quantité de documents qu’il brasse pour dessiner un tableau complet et réfléchi du trouble alors semé dans les rapports de sexe et de genre. Dense, presque exhaustive, l’enquête interroge les réalités de la natalité et de l’avortement en guerre, et surtout les angoisses et les stéréotypes quien découlent parmi les contemporains. Le Monde des Livres – 08/11/2018.

Éditions Les Belles Lettres

Ces Françaises qui fréquentaient les Allemands pendant 14-18

« Cent ans après, Femmes à Boches est le premier ouvrage à se pencher sur l’histoire de ces femmes », écrit ainsi l’éditeur en quatrième de couverture. Il est vrai que si beaucoup de choses ont été écrites depuis 1918 sur la Grande Guerre, les deux millions de civils français qui ont subit l’occupation allemande ont pendant longtemps été ce qu’Annette Becker a appelé les « oubliés de la Grande Guerre » . De nombreux écrits ou témoignages sont revenus leur sort dans les années 1920, dont le livre de Georges Gromaire, L’occupation allemande en France (1914-1918),paru en 1925, a été le best-seller. Mais l’histoire des civils français confrontés à l’occupation pendant ce conflit est ensuite et peu à peu devenue anecdotique, surtout après la Seconde Guerre mondiale qui a soumis l’ensemble du pays aux affres de l’occupation. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour voir des chercheurs de premier plan (Annette Becker, Philippe Nivet) s’intéresser à ce sujet. Depuis, la vie des civils dans les régions occupées est beaucoup plus étudiée, notamment par des jeunes chercheurs comme Philippe Salson ou l’anglais James Connolly

Pour en savoir plus lire le billet publié par Nicolas CHARLES sur le site de Non. fiction

« Femmes à Boches ». Occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre, Emmanuel Debruyne

Les Belles Lettres , 464 pages.

Mauvaise fille – Eugénie Guillou, la religieuse devenue prostituée et reine du fouet

Ses lupanars avaient pignon sur rue dans le Paris de la Belle Époque. Personnage ô combien sulfureux, Eugénie Guillou, éternelle solitaire, a connu mille vies, du couvent aux maisons closes.

Elle est née en 1861, presqu’un siècle après Justine, Juliette, Madame de Saint-Ange et quelques autres héroïnes sadiennes. Le Divin Marquis, mort en 1814, aurait pourtant adoré Eugénie Guillou. Nul doute qu’il lui aurait même dédié un roman. L’histoire de cette bourgeoise ruinée débute d’ailleurs comme pléthore de ces récits initiatiques dont la fin de l’Ancien Régime raffolait…

Pour en savoir plus lire le billet publié par PIERRICK GEAIS sur le site Vanityfair.fr– Journaliste pour Vanity Fair – Sur Twitter : @pgeais

« Ces femmes que l’on appelle prostituées alimentaires, je les ai rencontrées » (Alessandra d’Angelo)

Zone de vulnérabilité, un dysfonctionnement institutionnel est en chantier. Vous êtes ces « nouvelles pauvres ordinaires » ignorées.

Les factures s’additionnent. Le frigo est vide. Le bus est payant, on rentre à pied avec courses et enfants. Il faut un nouveau cartable pour le grand, un appareil dentaire pour la plus jeune. Les huissiers ne sont pas loin. On en perd le sommeil. Plus le choix. L’idée tombe d’un nouvel emploi … Objet de polémiques séculaires entre politiques, intellectuels et féministes de tous bords, la prostitution est rarement un acte choisi. Et pourtant! Une carrière personnelle mise entre parenthèses au profit du ménage et de la maternité, un divorce laissant sans le sou, un licenciement, un problème de santé, je ne pensais pas, aux prémices de cette enquête, Vous rencontrer. Vous, mères de famille monoparentale, diplômées, infirmières, assistantes sociales, contraintes de « choisir » de pratiquer le « hard discount » pour joindre les deux bouts. Vous, jeunes étudiantes, zappant vos rêves de prince charmant pour jouer de vos atouts éphémères, afin de financer vos études, celles qui permettront de décrocher le précieux sésame certifiant…

Pour en savoir plus lire le billet publié le 4 mars 2018  par Alessandra d’Angelo Journaliste d’investigation judiciaire, chroniqueuse radio, conférencière et auteure sur le site d’.Huffingtonpost.fr

Juriste de formation, ex-avocate au Barreau de Bruxelles, journaliste d’investigation judiciaire, chroniqueuse radio, conférencière et auteur, Alessandra d’Angelo est une femme passionnée par les faits de société et par la part de tourments qu’ils recèlent. Humaniste engagée, depuis 2010, elle s’intéresse tout particulièrement aux phénomènes d’exclusion sociétale sous toutes ses formes, avec en point d’orgue la radicalisation des esprits, comme celle des comportements associés.

En 2015, après les événements de Charlie Hebdo, elle publie Ma liberté d’expression et eux (Éditions du CEP), un outil pédagogique à destination des adolescents, qui leur explique avec leurs propres mots, la liberté de ton, la censure, mais aussi pourquoi l’on peut mourir tout simplement en tenant un crayon.

En 2016, après 4 ans de recherches sur l’univers carcéral, elle publie Case prison, un jeu d’échec (Éditions Academia L’Harmattan), une réflexion sur le sens à donner à l’enfermement et à la « sanction » pour que l’incarcération soit résilience, le tout sécuritaire et l’extension à outrance d’un parc carcéral ayant démontré leur cuisant échec en termes de réinsertion.

En janvier 2017, elle publie Présumé coupable (Éditions Nowfuture), une réflexion en filigrane de l’affaire Wesphael, sous-tendue par une question fondamentale : Quelle Justice voulons-nous ? Une Justice figée et punitive qui travaille à charge ou une Justice prête à vaciller sur le socle de ses certitudes séculaires pour entrer dans une autre ère, celle d’une institution plus humaine, préventive et restauratrice, préservant le principe fondamental de la présomption d’innocence ?

En février 2017, elle publie L’Affaire Lhermitte. Chronique d’un drame annoncé (Éditions La Renaissance du Livre), une analyse juridique et psychiatrique de ce quintuple infanticide qui a secoué le pays il y a 10 ans, avec une question psycho-sociale en lame de fond : quels mécanismes de l’esprit porte une femme qui a donné un jour la vie à tuer ses enfants ?

En octobre 2017, elle publie Prostituées alimentaires (Éditions Alain Jourdan), une photographie contemporaine d’un phénomène nouveau : la marchandisation des corps sur fond de précarité économique. Avec la stagnation du pouvoir d’achat, des femmes, souvent mères monoparentales, et de jeunes étudiantes (les sugar babies) se retrouvent dans l’obligation ponctuelle de pratiquer le « hard discount » pour survivre. Nourrie de témoignages chocs, l’auteure lève le voile sur un tabou devenu réalité sociale.

Elle est la fondatrice de l’antenne belge de l’organisation « Innocence Project » (2015), une association américaine qui se bat contre les erreurs judiciaires, et cofondatrice de « Éduc-actions » (2016), une association qui sensibilise les adolescents en décrochage à la non-violence et au vivre ensemble.

Plus d’infos sur l’auteure : www.alessandradangelo.com

Casque d’Or, légendaire fille de joie des Apaches

En 1902, le procès de deux souteneurs passionne l’opinion. Manda et Leca sont accusés d’avoir déclenché une guerre pour la possession de Casque d’Or, la prostituée la plus célèbre du Paris des Apaches.

On se presse en ce jour de mai 1902 dans la salle du tribunal de Paris. On y juge Manda et Leca, deux Apaches [lire notre article], deux souteneurs de Belleville et Popincourt. Mais celle que tout le monde attend lorsqu’elle témoignera à la barre, c’est Amélie Élie dite « Casque d’Or ».

En cette année 1902, il y a la belle Otero, courtisane de haut-vol fréquentant les salons bourgeois et aristocratiques du Tout-Paris et il y a Casque d’Or, fleur de bitume et prostituée du quartier de Belleville, dont la renommée médiatique bat son plein.

Orpheline à 14 ans, elle commence à se prostituer dans le 11e arrondissement. À 19 ans, elle rencontre Joseph Pleigneur, dit Manda, chef de la bande des Orteaux et tombe amoureusede son nouveau souteneur…

Pour en savoir plus lire le billet publié par Michele Pedinielli le 15 mai 2018 sur le site de Retronews

Prostitution et révolution : les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804) – Clyde Plumauzille

Parution du livre en novembre 2016 – Version remaniée d’une thèse, cette étude interroge le rapport entre le moment révolutionnaire et la prostitution dépénalisée en 1791. Elle redonne vie aux modes d’existence des prostituées et met au jour les origines des politiques contemporaines la concernant. Cette enquête révèle les frontières morales du projet révolutionnaire et propose une autre histoire de la sexualité à cette époque. ©Electre 2018

Dénoncée comme la part maudite mais nécessaire de l’urbanité, la prostitution est dépénalisée en 1791. Dépassant les fantasmes et les préjugés qui trop souvent résument l’histoire de la prostitution révolutionnaire, cette immersion dans le monde des prostituées et de ceux qui ordonnent leur activité interroge le rapport entre le moment révolutionnaire et l’activité prostitutionnelle. Que fut la prostitution au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, alors que sonne le glas des grands bordels de l’Ancien Régime ? Quel rôle la Révolution a-t-elle joué à son égard ? Sa dépénalisation a-t-elle constitué une révolution ?

Explorer cet angle mort de la recherche redonne vie aux modes d’existence des prostituées, met au jour les origines des politiques contemporaines de la prostitution et exhume un moment de l’histoire de la citoyenneté encore largement méconnu. Dans cette enquête où se côtoient femmes publiques, « honnêtes citoyens », policiers et hommes de loi, la prostitution révèle les frontières morales du projet révolutionnaire et propose une autre histoire de la sexualité en Révolution. Cette histoire est celle d’une libéralisation paradoxale de la prostitution qui façonne les contours d’une catégorie de « citoyennes diminuées » dans la cité républicaine.

Clyde Plumauzille – CRH – ehess

crh.ehess.fr › Composition du CRH › Post-doctorants › Post-doctorants 2016-2017

Projet de recherche en cours. Les femmes aux « seins mercenaires » : le travail nourricier à Paris, XVIIIe-XIXe siècle, sous la direction de Sylvie Steinberg. Cursus professionnel. Allocataire post-doctorale de l’Institut Émilie du Châtelet, 2015-2017. Enseignante associée en Histoire dans le cycle pluridisciplinaire d’études …

Champ Vallon , collection La chose publique

Clyde Marlo Plumauzille – Les Femmes dans la Révolution française …

G. Avril de Sainte-Croix et Saint-Nazaire : la barbarie boche plutôt que la prostitution ?

G. Avril de Sainte-Croix est un personnage aussi fantasque que fondamental pour qui s’intéresse au mouvement féministe, figure emblématique de la IIIe République mais aujourd’hui complètement oubliée1. Née en 1855 en Suisse, près de Genève, mais passant l’essentiel de sa mondaine vie à Paris, cette présidente du Conseil national des Femmes française n’a selon toute vraisemblance jamais mis les pieds en Bretagne, encore moins dans l’estuaire de la Loire. Pourtant, cela ne l’empêche pas de mener en septembre 1917 une charge particulièrement virulente contre la prostitution qui, selon ses dires, sévit à Saint-Nazaire à la faveur de la présence américaine

Pour en savoir plus lire le billet publié par Erwan LE GALL sur le site En envor

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