Archives pour la catégorie Prisons

Détention de Madame Steinheil à la prison Saint-Lazare

Après 15 mois de sommeil, Jacky Tronel réactive son blog « Histoire pénitentiaire et Justice militaire » avec la publication d’un article qui fait suite à la rencontre récente de Christian Demonchy, architecte du Centre de détention de Mauzac : Le nouveau centre de détention de Mauzac : « Club Med » ?

Le Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes …  continue cet été l’exploration du blog d’un ami de Criminocorpus, Jacky Tronel  (un jeune retraité natif de Tours) , habitant dans le Bergeracois, et,… par ailleurs directeur de la revue Secrets de Pays | Échos du Pays des Bastides (Lire dernièrement  un  très bel  article sur Les Bastides du Périgord)  . Jacky Tronel est également le fondateur des Éditions Secrets de Pays – Philippe Poisson.

Aujourd’hui : Détention de Madame Steinheil à la prison Saint-Lazare – Photographie à la une, bande défilante : La cellule de Mme Steinheil à Saint-Lazare, au quartier de la Pistole. Photo Dimanche illustré du 14 novembre 1909.

marguerite-steineilLe 4 novembre 1908, sur la base d’une inculpation de complicité de meurtre, Marguerite Steinheil est écrouée au quartier de la pistole, à la prison Saint-Lazare.« Marguerite Jeanne Japy, épouse Steinheil, est connue pour sa liaison avec le Président Félix Faure, décédé à l’Elysée le 16 février 1899, en sa galante compagnie. Une dizaine d’années plus tard, Madame Steinheil se trouve sur le banc des accusés de la Cour d’Assises de la Seine, inculpée dans une ténébreuse affaire d’homicide. Le 31 mai 1908, sa mère et son mari sont trouvés morts dans leur logis de l’impasse Ronsin, à Paris.

Le 14 novembre 1909, après une plaidoirie de plus de sept heures de son avocat, maître Antony Aubin, Madame Steinheil est acquittée par le jury d’assises de la Seine… bien que le juge ait qualifié son discours de « tissus de mensonges »… »

Par  | samedi 26 mai 2012 – Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site Prisons-cherche-midi-mauzac.

Ce blog consacré à l’Histoire pénitentiaire et à la Justice militaire est né le 19 février 2010. L’exposition sur les prisons parisiennes organisée par le Musée Carnavalet du 10 février au 4 juillet 2010 (à laquelle j’ai participé pour la partie relative aux prisons militaires) en a été l’élément déclencheur.

Les articles mis en ligne concernent d’abord la prison militaire de Paris, dite « Prison du Cherche-Midi », et son annexe de la Santé, la « Prison militaire du Cherche-Midi repliée à Gurs » puis à Mauzac. Sensible à tout ce qui porte atteinte aux Libertés et aux Droits de l’Homme, je me suis également intéressé aux politiques et aux pratiques de contrôle, d’exclusion, de répression et d’enfermement, s’agissant des hommes, des prisons et des camps

Jacky Tronel : Attaché de recherche à la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris), responsable scientifique du programme de recherche sur le Cherche-Midi

Coordinateur de rédaction de la revue d’Histoire Arkheia

Membre du comité scientifique de la revue Histoire pénitentiaire

L’un des administrateurs de la page publique de Criminocorpus sur Facebook.

Contact : tronel.jacky@wanadoo.fr – 06 75 22 98 46

Ravensbrück, mémoires de femmes … et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Elles sont si peu nombreuses à être revenues du camp de Ravensbrück. Leurs voix n’ont jamais eu la possibilité de nous raconter et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Ravensbrück est le nom de l’ancienne commune d’Allemagne située à 80 km au nord de Berlin dans laquelle le régime nazi établit de 1939 à 1945 un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants…

Auteur / Réalisateur : Léon Desclozeaux
Coproduction : France 3

Ravensbrück, mémoires de femmes 

Portrait de madame Jacqueline Pery d’Alincourt :

 « … Un jour la porte s’ouvre. Un homme entre en uniforme d’officier allemand. Je suis sur la défensive. A mon étonnement, il me prend la main et me regarde avec une expression de profonde bonté. Je comprends que je n’ai rien à craindre de lui. C’est l’aumônier qui m’apporte la communion. Dans la détresse et la solitude de notre vie de prisonnières, cette visite inattendue me bouleverse. II revient encore une fois et m’apporte une bible. Je peux lire enfin. Les jours paraissent moins longs. Au revers de la couverture j’ai découvert le tampon d’un couvent où habite un prêtre ami de la famille. C’est un signe des miens. Mon sort n’est donc plus inconnu, et c’est aussi la preuve que l’aumônier allemand, au péril de sa vie, essaie d’aider les prisonniers.

Une autre surprise va changer mon existence. Je me sens mal, couchée sur la paillasse, Il est tard l’après-midi. Les gardiens sont occupés à distribuer le faux café. Tout à coup j’entends une voix qui vient du conduit d’aération. « Prends ton matelas. Roule-le. Mets ta chaise dessus. Essaie de monter sur l’étagère pour atteindre le conduit d’aération. Nous allons t’envoyer quelque chose. » Je me précipite, essayant encore et encore d’atteindre cette étagère très haute, très étroite, mais je suis bien trop faible pour réussir cet exercice d’acrobatie. Je tombe et retombe. Enfin je parviens à la hauteur de l’orifice et passe mon bras. A tâtons, je trouve un très petit paquet : un morceau de sucre, un mouchoir en papier, une mine de crayon et un message : « Nous t’enverrons quelque chose tous les jours à cette heure. Pour envoyer des nouvelles à l’extérieur, écris sur le mouchoir. Tu nous le renverras demain. » Ce miracle vient d’une cellule située deux étages au-dessus de la mienne. Les prisonnières qui ne sont pas au secret sont autorisées à recevoir des colis et à envoyer leur linge à l’extérieur. Les messages sont cachés dans les ourlets et parviennent ainsi au dehors. Les réponses arrivent par le même moyen. Tout étant soigneusement fouillé à l’aller comme au retour, je n’écris pas en clair, mais demande qu’on envoie du fil de telle couleur si ma mère est arrêtée, de telle autre si elle ne l’est pas, si mes frères et sœurs sont libres ou non, si Daniel Cordier et Claude Serreulles ont échappé à l’arrestation. La réponse parvient à ma nouvelle amie dans le colis suivant. Ce sont les bonnes couleurs. Ma famille est sauve, Daniel et Claude ne sont pas pris, notre combat continue. Je suis délivrée d’un poids d’angoisse. Aux environs de Noël 1943, je reçois par le même moyen un message de mon amie Claire. Elle est donc libre, elle aussi. Elle m’écrit en termes voilés que les alliés sont attendus pour Pâques. Cette date me paraît hors d’atteinte, je m’affaiblis de jour en jour… »

Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site

Larochebrochard.free.fr/perydalincourt

Biographie publiée le 23 avril 2009 dans la revue Le Point –  La résistante Jacqueline Péry d’Alincourt, une des collaboratrices de Jean Moulin, déportée à Ravensbrück, est décédée mardi à l’âge de 89 ans, a annoncé jeudi sa famille dans le carnet du Figaro.

Née de la Rochebrochard, en décembre 1919, dans les Deux-Sèvres, au sein une famille nombreuse de vieille noblesse bretonne, jeune veuve de guerre, elle décide de rejoindre la Résistance en 1942 après avoir vu un enfant portant l’étoile jaune dans le métro parisien. Elle est alors recrutée par Gautier, proche collaborateur de Jean Moulin, pour coder les messages destinés au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), services de renseignement de la France libre installés à Londres. Elle travaille ensuite sous les ordres de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin. « Elle était chargée de trouver des endroits sûrs pour la tenue de réunions de la Résistance ou pour le logement d’aviateurs anglais », a précisé Daniel Cordier à l’AFP.

Après l’arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943, à Caluire, près de Lyon, la jeune femme est chargée de trouver les « boîtes aux lettres », endroits où étaient déposés les courriers de la Résistance. Arrêtée le 24 septembre 1943 à Paris, elle est torturée pendant cinq jours, rue des Saussaies (VIIIe), par la Gestapo qui tente vainement de la faire parler. Emprisonnée à Fresnes, elle est ensuite déportée en avril 1944 à Ravensbrück, dans le nord de l’Allemagne, où elle partagera pendant des mois la même paillasse que Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du chef de la France libre.

Sauvée par la Croix-Rouge suédoise, elle quitte le camp de concentration en avril 1945.

Après la guerre, elle n’a jamais cessé de témoigner sur la déportation et Ravensbrück, notamment dans des universités américaines, où elle était régulièrement invitée. Son témoignage sur la Résistance, la prison et la déportation a fait l’objet d’un livre publié en janvier 2008 : Témoignages sur la Résistance et la déportation, autour de Jacqueline Péry d’Alincourt, par François Berriot (éditions de L’Harmattan). Jacqueline Péry d’Alincourt était commandeur de la Légion d’honneur et grand-croix de l’ordre national du Mérite. Elle était également titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes et de la Médaille de la Résistance.

Lancement de la recherche participative HUGO. Patrimoine des lieux de justice

Souvent peu accessibles, chargés d’imaginaires et de mémoires conflictuelles, les lieux de justice restent aujourd’hui largement méconnus malgré leur ancrage dans les territoires.

HUGO est un nouveau service en ligne dédié à la connaissance partagée du patrimoine judiciaire. Il vise à dresser un inventaire géolocalisé des lieux de jugement et d’exécution des peines en rassemblant des informations relatives à l’architecture, l’histoire et la mémoire des lieux.

Son interface de consultation bilingue et en libre accès est destinée à faciliter le recueil d’informations et les recherches sur le patrimoine judiciaire.

Conçu sur une base participative, HUGO offre ainsi à chacun la possibilité de contribuer à la collecte des données par un formulaire complet ou simplifié.

HUGO est piloté par le CLAMOR. Centre pour les humanités numériques et l’histoire de la justice (UMS 3726). Le projet a reçu le soutien de la Mission de recherche Droit et Justice et de la région Normandie. Il est réalisé en partenariat avec les Archives nationales, l’Université de Rouen, l’équipe InTRu (Tours), l’École nationale d’administration pénitentiaire et le Centre d’histoire judiciaire de Lille.

Le compte Twitter  @HUGOgeojustice vous relaiera toute l’actualité des dernières mises en ligne.

Plus d’information sur le projet : https://hugo.criminocorpus.org/fr/

Vous souhaitez participer ?  Rendez-vous sur :

https://criminocorpus.org/fr/reperes/lieux-de-justice/hugo-participer-au-projet/

Télécharger l’affiche de présentation

Dans la prison du Temple, Madame Royale ne savait plus parler

Enfermée dans la tour du Temple durant la Révolution, Madame Royale, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, ne savait plus parler à force de silence.

(Gravure de 1889 : « Vue de la prison du Temple a Paris à l’époque de la détention de la reine de France Marie-Antoinette »© Isadora/Leemage)

Elle aurait dû avoir une jeunesse de princesse. Une jeunesse baignée d’insouciance et de frivolité. L’Histoire en a décidé autrement. Marie-Thèrèse Charlotte, dite Madame Royale, a eu le malheur de naître quelques années avant que n’éclate la Révolution française. Etre la fille du roi et de la reine de France à cette époque n’était vraiment pas enviable. Et, le 10 août 1792, à l’âge de 13 ans, la voici incarcérée avec ses parents Louis XVI et Marie-Antoinette, son petit frère Louis-Charles et sa tante Madame Elisabeth à la prison du Temple à Paris… (Illustration à la une, bande défilante : Gravure figurant Marie-Thérèse dans la prison du Temple – A droite: Marie-Thérèse et son frère cadet Louis-Joseph, par Vigée-Lebrun en 1784 (musée du château de Versailles) Hulton Archive/Getty Images – Crédit Photo Josse / Leemage).

Pour en savoir plus lire le billet publié le 27 mai 2017 par Dominique Bonnet dans  Paris match

Récit de résistance d’une femme centenaire : Yvette Lundy

« Le corps est nu et le cerveau tout à coup est en guenille : on est comme un trou, un trou plein de vide, et si on regarde autour, c’est encore du vide. » Yvette Lundy

Yvette Lundy est institutrice de 28 ans lorsqu’elle est arrêtée le 19 juin 1944 pour avoir fait de faux papiers. Dans son témoignage, elle évoque les conditions de son interrogation dans les locaux de la Gestapo de Châlons. Déportée à Ravensbrück, elle sera libérée par les soviétiques le 21 avril 1945. Reprenant alors son métier d’institutrice, ce n’est qu’à partir de 1958 qu’elle commencera à témoigner devant des milliers d’écoliers de la région Champagne-Ardenne…

Le 19 juin 1944, la Gestapo vient arrêter Yvette Lundy pendant sa classe, signant le prologue d’un périple inimaginable pour cette jeune femme d’alors 28 ans. Âgée aujourd’hui de 101 ans, elle incarne toujours l’engagement total pour la liberté…

Pour en savoir plus lire le billet publié le 20 mai 2017 |Fanny Lattach – Agence France-Presse | Europe

VIDEO – Yvette Lundy fête ses 100 ans : « Je n’ai pas vu le temps passer »

Yvette Lundy, un livre pour se souvenir – France 3 Grand Est

Publication du livre le 1er janvier 2012 – « La résistance commence par un état d’ esprit. Les actes suivent. Mon idée de la résistance n ‘est pas de mourir en martyre sur l ‘autel d’ une France libérée, j ‘ai vingt ans et j ‘aime trop la vie pour m ‘offrir en sacrifice. J’ai plutôt en tète de pourrir la vie des allemands comme ils pourrissent la notre jusqu’ a ce qu’ils plient bagage ! Et les occasions ne manquent pas pour peu qu ‘on ait un peu d ‘imagination…

Éditeur : LB-COM

Ecrire l’histoire des femmes et du genre aujourd’hui – Balade radiophonique dans l’exposition « Présumées coupables »

Aujourd’hui une balade radiophonique enregistrée dans l’exposition « Présumées coupables » aux Archives Nationales par Séverine Liatard et Françoise Camar

En compagnie de Fanny Bugnon (maîtresse de conférence à Rennes II) et Pierre Fournié (responsable du département de l’action culturelle et pédagogique aux Archives Nationales)…

Pour en savoir plus voir le billet publié sur le site de franceculture

“Les indésirables” : un documentaire sur les captives de Vichy

Synopsis – Retour sur l’histoire des camps d’internement, créés en France en 1938, et destinés aux ressortissants étrangers considérés comme une menace pour le pays. Parmi ces personnes se trouvent de nombreuses femmes résistantes appellées les «indésirables». Parcours croisés de trois de ces femmes venues d’Europe du Sud et internées à l’époque en Lozère dans un centre regroupant une vingtaine de nationalités.

Arrêtées à la fin des années 1930, ou incriminées par Vichy, elles ont été traitées en parias. Suspectées de trouble à l’ordre public, elles furent parquées à Rieucros, près de Mende, puis à Brens, dans le Tarn. Stigmatisées par le gouvernement Daladier, à l’origine d’une série de lois pour encadrer les étrangers « indésirables » — 500 000 répu­blicains espagnols s’expatrient après la victoire franquiste —, les prisonnières sont ­incarcérées avec des criminelles… Fin 1939, le camp de Rieucros devient exclusivement féminin. Réfugiées allemandes, polonaises ou autrichiennes antinazies, militantes ­politiquement « suspectes » et antipétainistes vont rejoindre les Espagnoles.

Peu de récits ont éclairé le sort de ces captives dans la France des années noires. ­Aujourd’hui nonagénaire, Angelita, une ancienne remailleuse de bas, ex-membre des Jeunesses communistes, capturée à 18 ans, n’a rien oublié. Nuria, sa codétenue à Brens, fille de brigadistes barcelonais, s’épanche avec la même fougue. Toutes deux se remémorent cette nuit d’août 1942, où leurs cris, leurs morsures et griffures n’ont pu enrayer la détermination des gendarmes venus embarquer les internées juives. Etayés par l’analyse de l’historien Tal Bruttmann, par des extraits de correspondance et des dessins réalisés par les séquestrées, ces témoignages essentiels dévoilent un pan méconnu de notre histoire. Enquêtant en Lozère et dans le Tarn, la réalisatrice glane aussi des ­indices sur l’occultation de cette tragédie. Le silence des victimes et un déni des faits à l’échelle régionale ont longtemps masqué ce passé. — Hélène Rochette – Critique du 10/01/2015 dans telerama – Lire également notre entretien avec la réalisatrice . Photographie à la une bande défilante : Entre 1939 et 1944, deux mille femmes ont été emprisonnées à Rieucros »,

Réalisateur : Bénédicte Delfaut

Les indésirables (1) 

Les indésirables (2)

14568042_10154039133838997_4135132077425372860_nPhilippe Poisson – Ancien formateur des Personnels (ENAP), gestionnaire du Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … et membre correspondant de la Revue Criminocorpus – CLAMOR

Autres sites :

Le blog de Philippe Poisson – Articles à votre disposition concernant l …

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