Archives pour la catégorie Police

178 – Portrait du jour : Tatjana Malik de la brigade de police scientifique suisse et auteur d’un premier roman « Un lien indélébile »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le carnet criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique «portrait du jour» permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du CLAMOR et de Criminocorpus.

Pour son 178ème portrait du jour le carnet criminocorpus accueille Tatjana Malik, policière à la brigade de police scientifique et auteur d’un premier roman Un lien indélébile

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De nationalité australo-suisse, Tatjana Malik a suivi une partie de sa scolarité en Australie puis, en Suisse. Après son gymnase effectué sur le sol vaudois, elle a poursuivi ses études dans le domaine paramédical, avant d’intégrer en 2002, l’école de police. Elle a exercé comme gendarme, puis comme inspectrice. Après quelques années d’enquêtes, elle s’est tournée vers le domaine des sciences forensiques et a rejoint la brigade de police scientifique.

Depuis peu, elle a obtenu un poste de spécialiste au sein de la « Cellule de renseignement forensique » de ladite brigade. L’écriture s’est ajoutée à ses autres passions artistiques, respectivement la peinture et la musique. Un lien indélébile est son premier roman. Il s’agit d’un polar associant des techniques en sciences forensiques, à une histoire purement fictive.

En savoir plus

Site perso : https://unlienindelebile.wixsite.com/tatjanamalik
E-mail : unlienindelebile.tatjanamalik@hotmail.com

Merci Tatjana pour l’interview accordé à l’intention des lecteurs du carnet criminocorpus . Ph.P.

Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché, votre première publication ?

Difficile d’expliquer comment m’est venue l‘envie d’écrire. Je me rappelle qu’un jour, en été 2015, je me suis assise devant mon ordinateur et que subitement j’ai eu envie d’écrire une histoire. La trame s’est mise en place, au fur et à mesure de l’écriture. Au début, je ne savais pas qui serait le ou les auteurs des crimes, combien il y aurait de victimes et comment je terminerais mon roman. Les idées fusaient et occupaient continuellement mon esprit jusque dans mon sommeil. Lorsque j’ai approché de la fin, j’ai décidé que celle-ci serait aussi le début de l’intrigue et j’ai donc dû procéder à quelques modifications.

Je pense que mes connaissances et mon expérience professionnelle m’ont inspirée pour quelques idées de scénarios et pour la cohérence de l’histoire.

Une fois achevé, j’ai transmis mon manuscrit à un membre de ma famille puis à un collègue de travail. Tous deux m’ont conseillé de l’envoyer à un éditeur, ce que j’ai finalement entrepris après plusieurs mois de réflexion. À la base, j’avais écrit ce livre pour moi et il m’a fallu du temps pour accepter de le partager, ne sachant pas ce qu’en penseraient les lecteurs et à quoi je serais confrontée.

Une fois éditée, j’ai dû apprendre à me vendre et je me suis prise assez rapidement au jeu, notamment en créant un site internet, en m’inscrivant sur des réseaux sociaux, en prenant contact avec des journalistes et en participant à des salons ou à des séances de dédicaces, l’occasion d’échanger quelques mots avec des lecteurs ou avec d’autres écrivains. Il est vrai que ce travail de marketing prend du temps et ce n’est pas toujours évident avec un travail à temps plein qui me passionne.

2- Avez-vous des thématiques de prédilections ?

Pas vraiment. J’aime lire des polars ou thrillers, mais également des livres de science-fiction. Peut-être qu’un jour je me lancerai aussi dans l’écriture d’un livre de ce style…

3- Que pouvez-vous nous dire à propos de votre premier roman ?

« Un lien indélébile » est un polar qui se déroule en Suisse-romande. L’enquête débute lorsqu’un corps en état de putréfaction avancée est découvert dans un appartement sordide à Chapelle, dans le Canton de Vaud. Jessica Aeby de la police scientifique qui a été mandatée, est loin de se douter que ses démarches pour identifier le cadavre engendreront des réactions irrationnelles en chaîne, jusqu’à ouvrir les portes de l’horreur. Certaines choses qui étaient jusqu’alors tues vont être révélées au grand jour… « Un lien indélébile » est une histoire purement fictive tout comme la description des lieux. Cependant j’ai tenu à conserver un certain réalisme, au niveau du rythme d’enquête et des techniques judiciaires employées.

4 – Avez-vous d’autres projets en écriture ?

Oui. Actuellement, je suis en pleine rédaction de mon second roman. Il s’agit à nouveau d’un polar qui se déroule en Suisse-romande, mais cette fois-ci en Valais. On y retrouve par ailleurs certains personnages de « Un lien indélébile ».

« Le panier à salade » de Jean-Louis Viot

Parution du livre le 1er juin 2018 – Loin des films et polars qui mettent en scène des supers flics, exemplaires ou borderline, audacieux ou déjantés, loin de « MR 73 », de « 36, Quai des Orfèvres » d’Olivier Marchal ou de « L.627 » de Bertrand Tavernier, loin des grands services de Police Judiciaire ou de renseignements, loin des unités spécialisées ou des unités d’élites, « le panier a salade » évoque, à travers quelques affaires et anecdotes vécues, le quotidien de la police généraliste de Sécurité Publique dans une ville moyenne de province.

Enquêtes, faits divers, événements hilarants ou dramatiques, humour, personnages truculents, tout ici est réel.

Commandant honoraire de la police nationale, aujourd’hui détective privé et écrivain public, Jean-Louis Viot est auteur de plusieurs romans dont Chantage en Poste Restante (Prix Fond-combe – Esneval-Editions), Une Belle Garce (Prix du Quai des Orfèvres – éditions Fayard). Il a été édité en Italie, puis en Chine. Il est également auteur de romans pour la jeunesse dont Le Boulevard (Bayard Presse), Tout Faux Ludo (Casterman), Les Cent Mille Briques (Casterman) (roman ayant reçu 4 prix littéraires), Pinot la Lune (Esneval – Editions), Pour les Beaux Yeux de Marion (Esneval – Editions).

Éditeur : Esneval Editions

Suivre cette maison d’éditions : https://www.esneval-editions.fr/

Esneval éditions est une maison dieppoise créée en avril 2014. Elle est le fruit de la passion littéraire de Gilles Leclerc et de sa volonté, en tant qu’auteur, de maîtriser la conception d’un livre de bout en bout. Cette philosophie de l’édition et cette exigence de qualité l’ont amené à s’entourer de divers talents, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Depuis sa création, Esneval Editions propose une sélection d’oeuvres variées, entre témoignage historique et roman d’aventure, amour fantastique, livre jeunesse et intrigue policière.

112 – Portrait du jour : Sacha Erbel, romancière et officier de sécurité chargée de la protection rapprochée de personnalités civiles et politiques

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « Portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville, directeur du Clamor et de Criminocorpus

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

 

  » … Passionnée par l’étude du comportement des criminels en série depuis des années, et après avoir lu beaucoup de livres et études qui traitaient de ce sujet, J’ai eu l’envie de creuser davantage mes recherches ? C’est pourquoi je suis allée à la faculté de médecine René Descartes à Paris. En parallèle de mon travail, j’ai donc suivi un Diplôme Universitaire de Criminologie Appliquée à l’Expertise mentale. Diplômée depuis 2016, j’ai pris beaucoup de plaisir, oui c’est vrai, à reprendre mes études. J’en profite d’ailleurs pour remercier le site Criminocorpus.org, vous Philippe, ainsi que Marc Renneville car vous avez été pour moi une aide précieuse dans la rédaction de mon mémoire sur l’affaire Joseph Vacher … » 

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son 112ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit avec infiniment de plaisir  Sacha Erbel, policière et auteure de L’Emprise des Sens

Sous le pseudonyme de Sacha ERBEL, se cache une fonctionnaire de police, depuis 25 ans.

Elle a travaillé en commissariat, puis à la Brigade AntiCriminalité de Nuit de Paris, et depuis 14 ans, elle travaille au SDLP, en tant qu’Officier de Sécurité chargée de la protection rapprochée de personnalités civiles et politiques.

Depuis janvier 2016, elle est diplômée en Criminologie appliquée à l’Expertise Mentale, à la Faculté de Médecine René Descartes de Paris. Elle a suivi ce cursus en parallèle de son travail car l’étude du comportement des tueurs en série la passionne depuis des années. Elle souhaitait aussi pouvoir approfondir la psychologie, voire l’aspect psychiatrique de certains de ses personnages.

Sacha a donné sa première conférence en criminologie le 13 octobre dernier à la médiathèque du Blanc-Mesnil.

Bienvenue Sacha sur le très discret carnet criminocorpus. Ph.P.

« Je m’appelle Sacha Erbel et j’ai eu l’immense chance de voir mon premier thriller (L’Emprise des Sens ) publié en janvier 2017 par les éditions La Liseuse . Mais mon premier métier n’est pas celui-là.

Je suis entrée dans la Police Nationale il y a 25 ans. J’ai commencé à travailler en commissariat, ensuite, en Brigade anti-criminalité de nuit de Paris.

Après ça, j’ai intégré le Service de Protection des Hautes personnalités 2002, que je n’ai pas quitté depuis. J’assure donc la protection rapprochée de personnalités politiques françaises ou étrangères, ainsi que des personnalités civiles menacées.

J’aime beaucoup mon métier, mais un jour, l’écriture est venue me chercher et ne m’a plus lâchée.

Passionnée par l’étude du comportement des criminels en série depuis des années, et après avoir lu beaucoup de livres et études qui traitaient de ce sujet, J’ai eu l’envie de creuser davantage mes recherches ? C’est pourquoi je suis allée à la faculté de médecine René Descartes à Paris. En parallèle de mon travail, j’ai donc suivi un Diplôme Universitaire de Criminologie Appliquée à l’Expertise mentale. Diplômée depuis 2016, j’ai pris beaucoup de plaisir, oui c’est vrai, à reprendre mes études. J’en profite d’ailleurs pour remercier le site Criminocorpus.org, vous Philippe, ainsi que Marc Renneville  car vous avez été pour moi une aide précieuse dans la rédaction de mon mémoire sur l’affaire Joseph Vacher .

L’écriture est devenue une passion. L’Emprise des Sens est mon premier roman et un test pour voir si j’étais capable d’écrire une histoire et de créer mon propre tueur en série ! Lol (c’est glauque ou pas de dire ça?)

En avril 2018, est sortie une histoire pour enfants « Le Projet Nonoss  » aux éditions La Liseuse Junior.

Fin mars, mon second thriller « L’Ombre de Nola» paraîtra chez Eaux Troubles Editions .

En bref, j’ai l’immense chance de vivre une expérience vraiment incroyable et je m’amuse beaucoup. J’adore écrire des histoires, réfléchir au meilleur moyen de mener le lecteur en bateau. Moi j’adore qu’un auteur me mène en bateau. Je ne sais pas si j’y arrive, mais en tout cas je fais de mon mieux ! »

 


« Affaires de famille » : récit glaçant d’une jeune capitaine de police du quotidien au sein d’une brigade territoriale de la protection de famille

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Dans son ouvrage « Affaires de famille », édité par Le Cherche- Midi, moitié carnet de bord, moitié journal intime, Agnès Naudin nous propose une immersion au sein de sa brigade, qu’elle a intégrée, en tant que capitaine, en 2016. Elle y fait retour sur trois dossiers emblématiques : un bébé maltraité par une nourrice, le calvaire d’une enfant victime d’un viol intrafamilial et celui d’une femme ayant subi un viol conjugal. L’auteur passe en revue, sans filtre, les autopsies, interrogatoires, mais aussi ses réactions personnelles d’une jeune femme policière de 33 ans. Car derrière ces histoires elle dévoile ses propres tourments et sa vie privée.« En écoutant Agnès Naudin parler de son livre, tantôt sur les plateaux de la télévision, tantôt sur les ondes radiophoniques, j’ai eu immédiatement envie de le découvrir et de plonger dans cette réalité si brutale, racontée avec un détachement déroutant.

A l’entendre, elle a écrit ce livre pour expliquer comment une personne peut en arriver là et que le pire n’arrive pas qu’aux autres, quels que soient les milieux sociaux-culturels.

En découvrant, derrière les affaires que l’auteur nous relate, les personnes, les situations familiales complexes, et souvent la maltraitance et la violence, nous nous disons que nous sommes bien loin de l’opportuniste arrogance des revendications de starlettes américaines et de leurs consœurs partout dans le monde. Grâce à ce livre nous côtoyons la vraie vie, avec de vraies souffrances et de vraies victimes, et celle d’ une jeune capitaine de police qui poursuit son sacerdoce. »

RUBRIQUE ŒIL EN EVEIL de Krystyna Kowalska pour le carnet criminocorpus

Krystyna Kowalska – « A Varsovie, mon père avait menacé de se tuer pour pouvoir épouser ma mère. J’avais failli faire mourir ma mère en venant au monde. Ma vie débutait donc comme un mélodrame plutôt qu’une chanson douce. Est-ce pour cela que ma vie oscille depuis entre le romanesque et le juridique, le  romantique et le judiciaire ? Jugez plutôt.

Enfant, je n’aimais ni les bonbons, ni les chocolats, ni les jouets, ma poupée Monika mise à part. Ça tombait bien : mon père ne m’offrait que des livres, des livres, toujours des livres et …mangeait mes bonbons ! D’où mon amour des lettres et tout particulièrement des lettres françaises, depuis l’âge de 15 ans, après la rencontre d’une professeur tout droit sortie de l’époque « fin de siècle ». Cinq ans après, me voilà à Paris, sur les bancs de la Sorbonne, où ma dissertation sur les digressions dans Les Misérables de Victor Hugo, qu’habituellement, les lecteurs peu scrupuleux évitent avec allégresse, a failli être publiée. Pour en savoir plus sur :

https://criminocorpus.hypotheses.org/59672

Affaires de famille – Une année dans la vie d’une jeune capitaine de police dans une brigade de protection de la famille…

Une année dans la vie d’une jeune capitaine de police dans une brigade de protection de la famille…

Ce soir, le témoignage d’Agnès Naudin, capitaine de police, membre d’une brigade territoriale de protection de la famille, dont la mission première est de venir en aide aux enfants et aux adolescents victimes.

Invitée de l’émission RTL de Jacques Pradel du 2 octobre 2018 : Agnès Naudin, capitaine de police au sein d’une brigade de protection de la famille dans la banlieue Ouest Parisienne. Auteur du livre « Affaires de famille – Immersion au sein du brigade spéciale » paru aux éditions du Cherche Midi.

Pour en savoir plus sur le site Rtl.

« C’est une vocation » : une policière raconte le quotidien de la brigade …

Une brigade de police au coeur des familles – La Maison des …

« C’est une vocation »: une policière raconte le quotidien de la brigade …

une policière raconte le quotidien de la brigade des mineurs

Danielle Thiéry : « Durant ma carrière dans la police, j’ai accepté toutes sortes de missions car je voulais démontrer que rien n’est interdit aux femmes »

Retour sur l’émission du 12 avril 2018 – Entretien avec l’écrivaine Danielle Thiéry qui fut la première femme commissaire divisionnaire de la police en France et qui signe aujourd’hui un nouveau roman mettant en scène un tueur d’enfant, une variation terriblement réaliste de M le Maudit…

Danielle Thiéry : « Durant ma carrière dans la police, j’ai accepté toutes …

Jeudi polar avec Danielle Thiéry, écrivaine, ancienne commissaire divisionnaire de police, pour Féroce aux éditions Flammarion.

LE RÉVEIL CULTUREL par Tewfik Hakem

Le cas de la féminisation de la Police nationale (Geneviève Pruvost)

Idées économiques et sociales 2008/3 N° 153 – Les concepts de genre et de travail sont au fondement de la réflexion anthropologique sur la « valence différentielle des sexes » – pour reprendre l’expression de Françoise Héritier –, dans la mesure où il existe dans toute société connue des travaux d’hommes et des travaux de femmes, organisés selon le double principe de séparation et de hiérarchie.

Si l’on rentre maintenant dans le détail du contenu même de la division sexuelle du travail, il repose notamment sur le monopole masculin, à de rares exceptions près, du maniement des outils les plus sophistiqués [1] [1][1] Les chiffres entre crochets renvoient à la bibliographie en…. Or, parmi ces outils, les armes constituent un cas particulier. Elles font l’objet d’une interdiction redoublée, qui s’est longtemps traduite par un verrouillage de l’armée et de la police, institutions spécialisées dans l’usage de la contrainte physique [2], longtemps réservées aux hommes.

À ce titre, la féminisation de la police constitue la levée d’un interdit dont il importe de mesurer la portée, en allant au-delà du simple comptage des effectifs féminins. Il s’agit, en effet, de s’intéresser au cœur de la transgression que constitue la femme armée, en temps de paix, de manière officielle et au titre de fonctionnaire. En d’autres termes, les femmes policiers ont-elles accès [2][2] C’est pourquoi ont été exclus de cette étude les membres… aux « pleins pouvoirs de police » ? Les femmes usent-elles en ultime recours d’une « force coercitive non négociable » ? Puisque telle est l’habilitation spécifique dont la police a le monopole.

Le rappel des étapes historiques du processus de féminisation de la Police nationale depuis les années 1930 est fondamental pour comprendre le chemin parcouru : en 1935, la police municipale parisienne, sous la pression des féministes réformistes, recrute les deux premières femmes agents de police pour veiller sur la population féminine et les enfants errant dans les rues. Elles sont affectées très rapidement à la brigade des mineurs, au titre d’« assistantes de police », sans pouvoir accéder à d’autres brigades et étendre leur niveau de compétence. Cette expérience locale ne prendra une dimension nationale qu’en 1968 – date de l’ouverture aux femmes du concours d’officier de police adjoint (équivalent d’inspecteur). Dans les années 1970, s’ouvriront, un à un, tous les grades policiers, d’une manière assez originale, puisque la hiérarchie médiane et supérieure est féminisée avant le bas de l’échelle policière. Sont ainsi féminisés les concours d’enquêteurs et d’inspecteurs en 1972, le concours de commissaire en 1974, celui de gardien de la paix en 1978 et d’officier de paix en 1983. Cette entrée progressive est le signe d’une « révolution respectueuse », pour reprendre la formule de Catherine Marry dans son ouvrage sur les femmes ingénieurs – respectueuses des coutumes policières, qui considèrent que la féminisation doit rester un phénomène minoritaire. La féminisation de la police, comme celle de l’armée, obéit à des quotas restrictifs fixés au niveau ministériel. Sous la pression du Conseil de l’Europe, les quotas restrictifs sont abolis en 1992, mais, de manière officieuse, les quotas demeurent, que ce soit sous la forme de limites de taille ou de barèmes sportifs discriminants. La proportion de femmes policiers (titulaires dans la police active) est de 16 % en 2007. Même si elles subissent une sursélection, rares sont les postes qui restent fermés aux femmes : un seul bastion résiste, non des moindres, celui des CRS spécialisés en maintien de l’ordre au grade de gardien de la paix [3]…

Geneviève Pruvost est chargée de recherche au CNRS (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales). Ce livre est issu de sa thèse L’accès des femmes à la violence légale. La féminisation de la police (1935-2005) , soutenue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales en 2005. Elle travaille actuellement à une comparaison avec la féminisation d’autres métiers d’arme. Pour en savoir plus sur Cems.ehess.fr

Pour en savoir plus lire l’article de Geneviève Pruvostdu même auteur  (Chargée de recherche au CNRS-CESDIP (77) sur le site de Cairn

Idées économiques et sociales 2008/3 (N° 153) Travail et genre Pages : 80 Éditeur : Réseau Canopé  ISSN : 2257-5111 Site internet