Archives pour la catégorie Luttes sociales

Quelles revendications féministes pendant la Première Guerre mondiale ?

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’implication totale des sociétés européennes dans l’effort de guerre entraîne paradoxalement la naissance, ou l’amplification, de revendications de la part de différents groupes sociaux.  Par exemple, dans l’empire colonial français, le Sénégalais Blaise Diagne, premier député africain français en 1914, réclame plus d’intégration par l’attribution plus facile de la citoyenneté française, une grande diffusion de la culture française à l’école et la participation des Africains au service militaire.

Les revendications féministes sont également bien présentes dans le conflit. Ainsi, le 28 avril 1916, la poétesse Marthe Dupuy écrit un article intitulé « la femme après la guerre », publié en Une du quotidien L’Ouest-Eclair. Cette alliance déconcertante entre un journal catholique et une parole féministe s’explique par l’absence de pensée radicale dans les revendications exposées – on est encore loin des mouvements pour le planning familial

Pour en savoir plus lire le billet publié par Thomas PERRONO sur le site de la revue En envor.


21430474_10154928720338997_8303056292301167768_nPhilippe POISSON – Ancien formateur des Personnels à l’Administration pénitentiaire

Gestionnaire du très sérieux  Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …
Membre correspondant du CLAMOR: Centre pour les humanités numériqueset l’histoire de la …
FEMMES – HISTOIRE – REPÈRES

 

Prise de possession (Louise Michel)

Parution du livre le 3 mai 2017 – La brochure-brûlot de Louise Michel intitulée Prise de possession, paru en 1890, est pour la première fois rééditée dans son intégralité et dans son originalité. Dans la nouvelle édition que voici, le texte original a pu être restauré grâce à de nouvelles sources. Le sens lui est ainsi rendu, et la métamorphose, en maints endroits, ne manque pas de sel. Écrite fin 1889, au carrefour de l’activité propagandiste de la femme de tribune et de l’écriture autobiographique et feuilletonesque, cette brochure veut « chauffer » le public et en appelle pour cela, contre la République bourgeoise, à la grande date-centenaire de 1789. Une Louise Michel vivante, à la fois vibratile et tragique, apparaît, suspendue à la fois aux feuilles du jour, à l’actualité, et aux mythes immémoriaux de la lutte prométhéenne contre la Force. Son discours anarchiste résonne d’une vigueur citoyenne qui ne pourrait être plus actuelle.

« Il y avait longtemps que les urnes s’engorgeaient et se dégorgeaient périodiquement sans qu’il fût possible de prouver d’une façon aussi incontestable que ces bouts de papier, chargés disait-on de la volonté populaire et qu’on prétendait porter la foudre, ne portent rien du tout.

La volonté du peuple ! avec cela qu’on s’en soucie de la volonté du peuple !

Si elle gêne, on ne la suit pas, voilà tout ; on prétend qu’elle est contre la loi et s’il [n’] en existe aucune, on en fabrique ou on en démarque à volonté comme les écrivains sans imagination démarquent un chapitre de roman.

Le suffrage, dit universel, c’était le dernier espoir de ceux qui voulaient faire vivre encore la vieille société lépreuse, il n’a pu la sauver et la voilà, la marâtre, la parricide, étendue sur la table de dissection, si putréfiée déjà qu’il faut enterrer le cadavre, autour duquel, semblables aux chœurs antiques, gémissent ou vocifèrent toutes les douleurs qu’elle a causées.

N’y a-t-il pas assez longtemps que la finance et le pouvoir font leurs noces d’or à l’avènement de chaque nouveau gouvernement ; c’est depuis toujours, tandis que lourds et mornes les jours s’entassent comme le sable sur les foules, plus exploitées, plus misérables que les bêtes d’abattoir. » 

Louise Michel – Préoccupée très tôt par l’éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. À 26 ans, elle y développe une importante activité littéraire, pédagogique et politique et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes de Paris des années 1860. En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans.

Elle demeure aujourd’hui une figure révolutionnaire et anarchiste.

Édition établie, annotée et présentée par Claude Rétat.

Éditeur : L’Herne

Mai 68, où sont les femmes ? – France Culture

Aujourd’hui, nous reviendrons sur les mobilisations féminines et le rôle des mouvements féministes.

INTERVENANTS

  • Sociologue – chargée de recherche au CNRS
  • Maîtresse de conférence à l’université Paris II Panthéon-Assas.
  • Chargée de cours à l’université Paris Nanterre.

Mai 68 (3/4) : Mai 68, où sont les femmes ? – France Culture

Manifestation mai 68
Manifestation mai 68 Crédits : JACQUES MARIE / AFP – AFP

La grève victorieuse des « matchgirls » anglaises – Presse RetroNews …

EN 1888, 1 400 OUVRIÈRES DE L’USINE D’ALLUMETTES BRYANT & MAY SE METTENT EN GRÈVE POUR PROTESTER CONTRE LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL. ET SURTOUT REFUSER L’UTILISATION DU PHOSPHORE, QUI DÉFORME LA MÂCHOIRE DE CELLES QUI LE RESPIRENT.

Tout commence par un article paru dans l’hebdomadaire anglais The Link. Sous le titre « White slavery in London » (Esclavage blanc à Londres), la journaliste et militante socialiste Annie Besant dénonce les épouvantables conditions de travail des ouvrières de la manufacture d’allumettes Bryant & May.

Ces « matchgirls » – souvent des adolescentes – travaillent plus de 12 heures par jour pour 4 shilling par semaine (pas assez pour payer le loyer d’une chambre), sont à peine nourries dans l’usine et sont, de plus, soumises à des amendes si leurs mains ou leurs pieds sont jugés sales sur leur lieu de travail.

Par dessus tout, elles travaillent au milieu des gaz du phosphore utilisé pour fabriquer les allumettes. Le phosphore provoque des ostéonécroses de la mâchoire, déformant le visage et entraînant d’insupportables douleurs. Le « phossy jaw » (pour « phosphorus necrosis of the jaw ») touche de nombreuses ouvrières de la manufacture.

Lorsque l’article paraît, l’émoi est grand. Le premier geste de la direction de Bryant & May est alors de licencier les ouvrières qui ont parlé avec Annie Besant. Ce renvoi met le feu aux poudres. Le 6 juillet, les « matchgirls » cessent le travail 

Pour en savoir plus lire le billet publié par Michèle Pedinielli le 5 avril 2018 sur le site de Retronews

 

Disparition de Winnie Mandela : La passionaria des townships

L’ex-femme de Nelson Mandela est morte aujourd’hui à 81 ans. Populaire dans les townships, elle a été dénigrée par les leaders noirs, malgré un engagement sans faille dans la lutte anti-apartheid. Un documentaire d’Arte, visible ici, revient cette figure controversée…

Pour en savoir plus : Raoul Mbog – Publié le 02/04/2018. Mis à jour le 02/04/2018 à 17h06. sur le site de Telerama

 

 

Le vote des femmes en 1925 (Erwan Le Gall)

Quotidien catholique, L’Ouest-Eclair est habituellement présenté comme un journal à la ligne éditoriale conservatrice, même si elle l’est probablement moins que celle du Nouvelliste de Bretagne. Pour autant, sans remettre en cause cette grille de lecture, force est de constater que certains articles étonnent en ce qu’ils se révèlent étonnement progressistes. Tel est ainsi le cas de l’éditorial que signe le 4 mars 1925, en première page, Eugène Le Breton à propos du suffrage féminin

Pour en savoir plus lire le billet publié par Erwan LE GALL sur le site de la revue En envor.

En Envor est la revue électronique gratuite d’histoire de la Bretagne contemporaine. Périodiquement, retrouvez en ligne sur votre ordinateur des articles de qualité, richement illustrés, écrits par les meilleurs spécialistes de l’histoire contemporaine en Bretagne. Vous êtes mobile? Pas de problème: téléchargez gratuitement les articles sur votre tablette!

En envor est une revue ouverte; c’est-à-dire que chacun peut y contribuer en adressant au comité éditorial une proposition de texte.

Pour en savoir plus…

Les femmes dans les luttes sociales

Août 1978, page 18 – L’afflux des femmes sur le marché du travail et leurs revendications spécifiques posent des problèmes nouveaux aux organisations de gauche comme au patronat.

le nombre et l’ampleur des conflits sociaux où les ouvriers étaient des femmes ont retenu l’attention dans les années 70. Les raisons en furent vite trouvées : les femmes étaient victimes de la crise économique et de la restructuration qui frappaient de plein fouet les branches traditionnellement féminisées, comme le textile ou la confection. Et vite on noya la poissonne dans un océan de chiffres qui n’étaient pas forcément dépourvus d’intérêt mais qui masquaient pourtant l’essentiel, à savoir que ces luttes ne se déroulaient pas selon les formes coutumières. La nouveauté n’était guère perceptible dans ce que diffusent habituellement les journaux : nom du délégué syndical (presque toujours un homme), nombre de journées de grèves ou d’occupation, etc. Les sujets de la lutte, même s’il y avait 99 % de femmes, c’était, grammaire oblige, les ouvriers…

Pour en savoir plus lire le billet publié par par Geneviève Brisac & Thérèse Brisac sur le site du Monde-diplomatique