Archives pour la catégorie Histoire

L’appel de 440 historiennes : notre vision de l’histoire est-elle trop masculine ?

Hélène Carrère d’Encausse, académicienne, entourée par les académiciens Félicien Marceau, Alain Decaux, Jean-Marie Rouart, Marc Fumaroli, Pierre Nora et René de Obaldia. Photo prise le 26 octobre 2006 à l’institut de France à Paris.• Crédits : OLIVIER LABAN-MATTE – AFP

La domination masculine n’épargne pas non plus l’Histoire avec un grand « H ». 440 historiennes françaises viennent de publier une tribune dans « Le Monde », pour dénoncer l’invisibilité des femmes dans leur discipline.

A quelques jours de l’ouverture des Rendez-vous de l’histoire de Blois, la démarche est évidemment symbolique. Comment se traduit cette marginalisation ? La domination masculine a-t-elle construit une autre Histoire ?

LA QUESTION DU JOUR par Guillaume Erner

L’appel de 440 historiennes françaises : « Mettons fin à la domination masculine en histoire »

Pour en savoir plus sur France culture.fr

Les différentes facettes de l’épuration après-guerre

Une analyse historique de l’épuration des collaborateurs en France de la Seconde Guerre mondiale à nos jours.

Les Françaises, les Français et l’épuration est un ouvrage très attendu sur cette période troublée de la fin de la guerre. Depuis la thèse de Peter Novick en 1968 (L’épuration française, 1944-1949, traduit en Français en 1985), il n’y avait pas eu de travaux de synthèse sur cette question épineuse. De nombreux historiens comme François Rouquet et Fabrice Virgili ont travaillé sur certains aspects précis de l’épuration, respectivement celle de l’administration et la tonte des femmes. D’autres comme Luc Capdevila, à propos des Bretons à la Libération, ont mené des recherches régionales sur la période. Les Françaises, les Français et l’épuration vient donc combler ce vide historiographique en proposant une synthèse complète sur le sujet, se permettant même de sortir du cadre national, afin de proposer au lecteur une approche comparatiste très bien venue, avec d’autres pays européens ou dans le cadre de l’Empire colonial français.

F. Rouquet et F. Virgili ont souhaité montrer le phénomène épuratoire dans toutes ses dimensions et sur différents espaces, pour mieux en saisir l’ampleur. Ils ont choisi de faire une « histoire par le bas », pour comprendre tous les enjeux et d’éviter de faire des grands procès Pétain et Laval de 1945 « les arbres qui cachent la forêt ». En effet, il n’y a pas eu une mais des épurations : Les Françaises, les Français et l’épuration bat donc en brèche cette idée reçue, tout comme d’ailleurs les stéréotypes sur « l’épuration sauvage » (Philippe Bourdrel) et son caractère spontané, ou l’idée qu’il y a eu, en 1944-1945, une guerre civile en France …

 sur le site de Non fiction le 2 juillet 2018  pour en savoir plus.

L’assassinat de Rosa Luxemburg

Théoricienne marxiste, fondatrice de la Ligue spartakiste puis du Parti communiste d’Allemagne, Rosa Luxemburg fut tuée le 15 janvier 1919, pendant la révolution allemande, par des officiers nationalistes.

Le 17 janvier 1919, en pleine révolution allemande, les journaux annoncent la mort, dans des circonstances troubles, de la célèbre militante et théoricienne marxiste Rosa Luxemburg, fondatrice avec Karl Liebknecht du tout jeune Parti communiste d’Allemagne…

Pour en savoir plus lire le billet publié par  Pierre Ancery – modifié le 10/06/2018 sur le site Retronews.


Le temps des cornettes – Histoire des filles de la Charité – vol.2 (Matthieu Brejon de Lavergnée)

Parution du livre le 30 mai 2018 – Qui ne connaît, au moins par leur riche iconographie, les célèbres cornettes des Filles de la Charité  ?

Fondée par saint Vincent de Paul et Louise de Marillac au XVIIe siècle, la petite communauté parisienne a rapidement gagné la France des villes et des villages pour devenir la principale congrégation de sœurs actives à la fin de l’Ancien Régime. «  La rue pour cloître  »  : telle était la règle de vie originale de ces femmes, ni cloîtrées ni mariées mais célibataires vouées au service des pauvres.

Après un premier tome consacré à la période moderne, Matthieu Brejon de Lavergnée aborde ici les deux siècles suivants, entre Révolution française et Deuxième Guerre mondiale. «  Le temps des cornettes  »  : c’est celui d’un nouveau contrat social entre États et Églises pour répondre aux pauvretés de l’âge industriel comme à la forte demande d’éducation, de santé et de loisirs des sociétés urbanisées. Sensibles à la conjoncture politique, les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul connaissent aussi exil et martyre en France, au Mexique ou en Chine. L’échelle des cornettes est désormais globale, de l’Europe à ses espaces coloniaux comme aux nouveaux mondes américains. Missionnaires, elles exportent un culte marial si français depuis les apparitions de Catherine Labouré en 1830. Mais encore institutrices, infirmières, éducatrices ou syndicalistes, elles accompagnent les nouveaux fronts de la professionnalisation féminine au XXe siècle. Elles contribuent ainsi à redessiner les rapports de genre au sein de sociétés dures aux femmes. Féministes, les bonnes sœurs  ? La question mérite d’être posée.

C’est tout l’intérêt de cet ouvrage, appuyé sur de riches archives, que d’évoquer avec rigueur le rôle capital joué par des générations de femmes qui ont lié horizon spirituel et travail social. Lire un extrait

Matthieu Brejon de Lavergnée est agrégé et docteur en histoire, maître de conférences habilité à la Sorbonne. Il est spécialiste d’histoire sociale et religieuse, et s’attache en particulier à une histoire de la charité, de la philanthropie et de l’assistance.

Editions Fayard

Aux archives, citoyennes : les femmes et le travail

 

« Aux Archives, citoyennes ». L’opération conduite par les Archives nationales donne lieu à une journée spéciale ce samedi 8 juin. La marraine en est l’historienne Michelle Perrot.

Les hommes sont toujours décontenancés quand les femmes viennent s’installer dans le récit et le discours qu’ils ont l’habitude de tenir.

Ils avaient l’habitude de n’entendre, du côté des femmes, qu’une parole à bas bruit – quand ce n’était pas le silence. Les archives témoignaient de cette dissymétrie. Un exemple parmi des milliers : les lettres de Tocqueville à sa femme ont été beaucoup mieux conservées que celles de son époux. Et pourtant la personnalité de Marie Motley, une anglaise déterminée, était singulière…

LA MARCHE DE L’HISTOIRE  le jeudi 7 juin 2018 par Jean Lebrun

Aux archives, citoyennes : les femmes et le travail – France Inter

Invitée : Michelle Perrot

Les femmes et le débarquement du 6 juin 1944

« Certes elles ne portaient pas les armes, mais furent  présentes pourtant sur tous les théâtres d’opérations en Europe ou dans le Pacifique. Leur dévouement n’a jamais faibli. Anglaises, Américaines, Rochambelles (France-Libre) ou résistantes, elles se sont toujours dépensées sans compter pour soigner les blessures des combattants, qui pour beaucoup leurs doivent la vie, ou pour accompagner les derniers instants des mourants. Leurs rôles sont tous aussi importants que ceux des soldats engagés dans toutes les batailles de l’Histoire. Respect Mesdames ! » Ph.P.