Archives pour la catégorie Femmes dans les guerres

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac

 

 


149 – Portrait du jour : Fátima de Castro – « En temps de guerre – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918) »

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PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 149ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Fátima de Castro, habitante du Val de Loire. Elle a  étudié les lettres à La Sorbonne, et a participé à des travaux de traduction sur le regard portugais porté sur les cultures étrangères notamment en Égypte et Éthiopie.

Ici elle nous présente l’ouvrage qu’elle a traduit en Français pour son homonyme Ana de Castro Osorio . « En temps de guerre »  sous titré  « Aux soldats et aux femmes de mon pays »  est un recueil d’articles compilés durant la première guerre. Ou Ana la première féministe rappelle que le  Portugal a bien participé à cette première guerre mondiale, en y perdant d’ailleurs près de 20 000 hommes lors de la bataille de la Lys , et dans ses écrits d’alors, injustement oubliés, Ana exhorte ses consœurs portugaises à participer activement à la lutte contre l’ennemi germanique, et à changer la société portugaise. Nul doute que cette traduction était nécessaire pour nous éclairer sur le rôle des femmes portugaises en 14/18 …

Après des travaux interrogeant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, Fátima de Castro a voulu répondre à cette question souvent entendue : pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du XXe siècle ?

Dans le cadre d’une association patrimoniale locale Fátima de Castro a réalisé une brochure sur l’attentat que Cadoudal prévoyait à l’encontre du futur Napoléon. Elle s’est basée sur les compte-rendu du procès et des recherches biographiques pour établir ce récit.

Le sérieux des publications de cette association est assuré par des membres issus du corps universitaire et du CNRS. Pour en savoir plus contacter l’auteure du portrait

fatiperegrine@free.fr

https://www.facebook.com/profile.php?id=100016504086205

Bienvenue Fátima de Castro sur le carnet criminocorpus résolument ouvert aux femmes et aux féministes. Ph.P.

« … Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle … » Fatima de Castro

« Comment se fait-il que vous autres, Portugais, soyez restés loin des champs de bataille de la Première guerre mondiale ? »

« De toute façon, vous, les femmes portugaises, vous êtes habituées à ne rien faire pour améliorer votre condition »

Ces deux remarques récurrentes, tant de fois entendues, m’ont amenée à m’interroger sur ces deux sous-entendus « nordiques » un peu pesants qui supposent que, dans le Sud, on ne fait pas grand chose pour… changer les choses. L’image d’habitants nonchalants, de femmes soumises, semble encore bien ancrée d’après ce que mes écoutilles enregistrent.

Mes recherches universitaires m’avaient amenée à m’interroger sur le regard que porte le Portugal sur les cultures étrangères qu’il lui a été donné de croiser dans sa longue expérience d’explorateur. Comment les premiers Portugais qui ont mis le pied en Ethiopie, à la recherche du mythique Prêtre Jean, ont-ils perçu la réalité de ce pays qui, bien évidemment, n’avait rien de commun avec les rivières d’émeraude et autres flots d’or et de pierres précieuses décrits dans la fameuse lettre mystificatrice de 1170. Loin de s’en émouvoir, les Portugais ouvrent leurs yeux et leurs Jésuites se mettent à publier la réalité du terrain (Pêro Pais : introduction à la lettre d’un jésuite en Éthiopie (1603). In : Cahiers du Centre de recherche sur les pays lusophones – CREPAL, Presses de la Sorbonne Nouvelle, cahier n°11, 2005, p.27-36).

A la fin du 19e siècle, le grand écrivain portugais José Maria Eça de Queiros , encore jeune et auteur en devenir, a la chance de pouvoir fouler les terres égyptiennes et bibliques à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Sensations avides et dépaysement exotique dont il couvre fébrilement ses carnets de voyage qui lui serviront, par la suite, à alimenter ses œuvres de cette expérience qui mêle intérêt culturel et regard personnel (Eça de Queiroz et le Moyen-Orient : réalité et fiction, mémoire de maîtrise, Université Sorbonne-Paris IV, 1996).

Mais les étonnements qui m’arrivent par la suite me portent à inverser ce regard. De Portugal regardant je me trouve face au Portugal regardé. Mal regardé. Ou regardé avec un certain préjugé parce qu’on n’en a jamais entendu parler. Et pourquoi ? me suis-je demandé. La littérature traduite reste très… littéraire, ou axée sur des études relatives aux découvertes, le grand succès du Portugal médiéval et renaissant. Le Portugal lui-même semble n’accorder d’intérêt universitaire à la question du mouvement féministe que depuis récemment. Ce mouvement, je le découvre moi-même très actif dès son apparition. S’il surgit tardivement par rapport aux mouvements américains ou du Nord de l’Europe, il part sur les chapeaux de roues, créé commissions sur commissions, investit la vie publique et éditorialiste. Je découvre le nom tristement oublié aujourd’hui d’Ana de Castro Osório, fer de lance du féminisme, participante active à la mise en place de la République en 1910, la tête pleine de projets pour faire évoluer son pays et la condition de la femme avec. Cerise sur le gâteau, je tombe par hasard sur une publication de 1918 : Ana y regroupe un ensemble d’articles par elle rédigés tout au long du premier conflit mondial.

Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle.

Dans son En temps de guerre, Ana de Castro Osório analyse l’effondrement social et économique du pays mis en évidence par l’entrée en guerre et dû à la défaillance d’une approche politique qui n’a jamais souhaité faire de la femme un membre actif de la société, un membre dont l’énergie serait bien utile à un moment où les hommes sont sur le front. Elle souligne les dysfonctionnements dans toutes les branches : administration, agriculture, industrie, enseignement, l’abandon des soldats portugais par les leurs. Elle interpelle les politiques, ses concitoyennes, citant l’exemplarité des Françaises, des Anglaises, des Russes et même des Chinoises. Pour elle, la passivité féminine est devenue une tare. La femme portugaise doit se réveiller, agir, ne plus simplement attendre dans la quiétude de son foyer. Dans ce recueil d’articles, Ana de Castro Osório va au-delà du féminisme comme simple notion sociale. Elle lui donne une envergure pratique, propose des solutions, enguirlande ses consœurs et tente d’éveiller la part active qu’elles peuvent devenir au sein de la société, qu’elles doivent devenir au sein de la société.

Ana de Castro Osório, En temps de guerre : aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918), traduction Fatima de Castro, éditions l’Harmattan, 2018.

 

 

Annette Monod – L’ange du Vel « d’Hiv » de Drancy et des camps du Loiret

Paru le 15 mai 2018 – Fille de pasteur, Annette Monod-Leiris(1909-2001) a consacré sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale à Ivry, elle intervient ensuite dans les camps d’internement de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers pour la Croix-Rouge. Engagée dans la Résistance, elle soutient les internés juifs, facilite leur évasion. Elle condamne les mauvais traitements infligés aux détenus du FLN.

Annette Monod – L’ange du Vel’ d’Hiv’ de Drancy et des camps du Loiret

« Je suis volontaire pour y aller »

Rendue célèbre pour son rôle au Vel’ d’Hiv’ par le film La Rafle, Annette Monod consacra sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale dans une banlieue ouvrière de Paris, son action dans les camps d’internement français va la transformer.

Particulièrement engagée dans la Résistance durant les années sombres de 1940 à 1945, elle prit de nombreuses initiatives personnelles pour le soutien des internés juifs et des prisonniers politiques et fut une témoin majeure de la grande déportation française des enfants juifs.

Pendant les événements d’Algérie, assistante sociale cheffe à la prison de Fresnes, elle s’oppose aux mauvais traitements infligés aux détenus FLN.

Issue d’une famille protestante engagée dans le christianisme social, elle a continué à interroger sa foi face à ce que l’humain est capable de pire.

Cette biographie rédigée par Frédéric Anquetil, qui l’a bien connue durant ses années de militantisme à l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), comble une lacune importante de l’histoire de la résistance féminine non-armée.

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Née à Saint-Quentin (Aisne), en juillet 1909, Annette est la fille du pasteur de la ville. Après ses études secondaires, son père l’envoie travailler en Angleterre comme enseignante de français, pendant un an. Alors qu’elle se destinait au métier d’infirmière, son père lui conseille, au vu de son tempérament, d’opter plutôt pour une carrière sociale. Elle passe le diplôme d’État d’assistante sociale à l’école de Paul Doumergue – fondateur, en 1913, de l’École pratique de service social (EPSS), place des Vosges, à Paris -, innovante par sa réflexion sur la pratique. Elle obtient très rapidement un poste dans une cité d’Habitations à Bon Marché ouvrière d’Ivry-sur-Seine, comportant 200 familles, y travaille à temps plein, au sein du service de la protection maternelle et infantile, et réside sur place.

En 1939, Hélène Campinchi, femme de César Campinchi, ministre de la Marine (de 1937-1938, puis ministre de l’Outre-mer, au moment de la déclaration de guerre) et professeur de droit, qu’elle a connue à l’école Paul Doumergue, lui propose de fonder un foyer d’accueil pour les matelots à Cherbourg, un lieu où se retrouver, jouer au ping-pong, repasser les plis de leurs pantalons, assister à des représentations théâtrales, bref, un lieu de convivialité. L’expérience se termine en 1940 avec les bombardements de Dunkerque. Annette Monod et sa soeur trouvent alors refuge chez des amis protestants de leur père, le comte Hubert de Pourtalès, dans son château de Martinvast (Manche). Elles y restent un mois, jusqu’à la réquisition du château par l’armée allemande. Arrivée à Paris, non sans mal car les communications sont coupées, Annette Monod est embauchée par la Croix-Rouge, dans le cadre des services d’urgence à Compiègne, pour aider les Français réfugiés et ravitailler les trains de prisonniers de guerre à la place du Nationalsozialistiche Volkswohlfahrt (NSV), le secours national allemand, avec des chariots de café et de bouillon. Puis elle s’occupe de la caserne Jeanne-d’Arc, transformée en camp de prisonniers de guerre, qui connut de nombreuses évasions, du fait de sa surpopulation… Pour en savoir plus sur le site du Cedias

Vidéo complète disponible sur le site

de https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn508513

Annette Monod-Leiris, born in 1909, discusses her assignments as a social worker in various internment camps, such as Beaune, Drancy, Pithiviers and Voves; her life before the war, teaching in England and working in a workers’ home in Evry, France; volunteering for internment camps in both Beaune and Pithiviers; switching from Beaune to the camp in Drancy in 1941; the conditions in Beaune la Rolande, France, including the barracks, over population, toilet facilities, and the food supply; other organizations and institutions represented in the camps; aspects of Pithiviers, including the medical staff, the medical treatment, the permissions for hospital visits, the daily routine of the inmates, and the facilities; aspects of Drancy, including the establishment of her office, her assistants, deportations, executions, layout of the buildings, and the facilities; being fired by the French police for “doing too much” for the inmates; being sent to a camp for communists in Voves, Eure-et-Loir, France; joining the Red Cross for the emergency team in Compiègne, France; how she helped Jews cook to keep Kosher and celebrate important holidays; the living conditions and situation of children at the camps; her participation in the liberation of the Drancy internment camp in 1944; rumors of how prisoners ate organs of the dead to survive; her contact and friendship with Jewish families after the war; and her commitment to Amnesty International.

EN TEMPS DE GUERRE – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918)

Parution du livre le 24 mai 2018 – Si la guerre n’est officiellement déclarée au Portugal par l’Allemagne qu’en 1917, dès le début des hostilités des voix se sont élevées dans le pays, conscientes des enjeux européens et nationaux. Parmi elles, celle d’Ana de Castro Osório, l’un des fers de lance du féminisme portugais. En 1918 paraît son recueil « En temps de guerre », une compilation d’articles écrits au cours des années de guerre, pour engager ses consoeurs à participer à la lutte contre l’ennemi germanique et au redressement futur du pays.

Après des travaux interrogeant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, Fátima de Castro a voulu répondre à cette question souvent entendue : pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du XXe siècle ?

Fatima De CastroAna De Castro Osorio
Traduit par Mondes Lusophones
HISTOIRE PREMIÈRE GUERRE MONDIALE QUESTIONS DE GENRE EUROPE Portugal

 

Fátima de Castro, habitante du Val de Loire, à étudié lettres a La Sorbonne, et à participé à des travaux de traduction sur le regard portugais porté sur les cultures étrangères notamment en Égypte et Éthiopie.

Ici elle nous présente l’ouvrage qu’elle a traduit en Français pour son homonyme Ana de Castro Osório. « En temps de guerre » sous titré  » Aux soldats et aux femmes de mon pays » est un recueil d’articles compilés durant la première guerre. Ou Ana la première féministe rappelle que le que la Portugal à bien participé à cette première guerre mondiale, en y perdant d’ailleurs près de 20 000 hommes lors de la bataille de la Lys , et dans ses écrits d’alors, injustement oubliés, Ana exhorte ses consoeurs portugaises à participer activement à la lutte contre l’ennemi germanique, et à changer la société portugaise. Nul doute que cette traduction était nécessaire pour nous éclairer sur le rôle des femmes portugaises en 14/18 …  

Les infirmières de la grippe espagnole, héroïnes oubliées de la Première Guerre mondiale

Il y a cent ans, en février 1919, le monde sortait de deux vagues de la pire épidémie de grippe de l’histoire et souffrait encore, de manière sporadique, des derniers épisodes de la grippe dite «espagnole». Cette grippe entraînait une mort épouvantable et brutale: une personne pouvait montrer les premiers symptômes de la maladie le matin, se retrouver extrêmement affaiblie dans la nuit et mourir le lendemain matin. En raison des caractéristiques biologiques de ce virus, la moitié des victimes qui mourraient avaient entre 20 et 40 ans. Cette grippe, contrairement aux souches les plus courantes qui touchent essentiellement les plus jeunes et les personnes âgées, tuait des travailleurs, des soldats, des politiciens, des mères et des pères de jeunes enfants… en d’autres termes les personnes les plus impliquées dans la société. Au total, on estime que cette grippe (qui fit des dizaines de millions de morts à travers le mondetua environ 375.000 Américains en 1918 et 1919, soit bien plus que les 53.402 soldatsaméricains, morts au combat durant la Première Guerre mondiale… (Photographie : Malades au Walter Reed Hospital, à Washington D.C., durant la pandémie de grippe espagnole de 1918. | Harris & Ewing via Library of Congress)

Pour en savoir plus Rebecca Onion — Traduit par Florence Delahoche — 5 mars 2019 sur le site de Slate

Rendre hommage aux « War brides », ces femmes oubliées … à travers deux romans de Karine Lebert et une BD de Julien Frey

Les War brides. C’est ainsi que l’on appelle ces femmes qui au lendemain de la seconde guerre mondiale ont épousé un GI américain, et qui ont tout laissé derrière elles pour aller vivre en Amérique… L’Histoire les a totalement oubliées, et pourtant les War brides seraient plus de 200 000 à être originaires d’Europe, et principalement de France et de Normandie.

« Les Amants de l’été 44 » paru en mars 2018 aux Presses de la cité, vient d’être couronné du Prix Littéraire Lévarey-Levesque par l’association des anciens élèves du Lycée François 1er du Havre. Une belle reconnaissance pour son auteur, Karine Leber, qui par le biais de ce roman et son tome 2, « Pour l’amour de Lauren », fait œuvre de mémoire en faveur de ces femmes totalement oubliées par l’Histoire.

Parution le 15 mars aux éditions Presses de la Cité. – « Cela fait plusieurs années que cette histoire me trotte dans la tête. Raconter le destin d’une Normande, Philippine, éprise d’un GI, Ethan, en 1944, dans cette Normandie enfin libérée mais martyrisée par les bombardements. Une jeune fille amoureuse et naïve dont la jeunesse a été perdue à cause de l’occupation. Les Etats-Unis, ce pays de Cocagne, et le séduisant GI en uniforme qui lui semblent plein de promesses. L’avenir radieux qui lui tend les bras. Raconter la vie dans les camps « cigarette » le voyage en bateau de ces war brides, du Havre jusqu’à New York, puis l’existence, souvent désenchantée, au Montana, en Pennsylvanie ou, comme mon héroïne, en Louisiane, de ces petites Normandes devenues américaines. Mais le raconter sous la forme (presque) d’un roman policier à travers l’enquête d’une femme d’aujourd’hui, la petite-fille new-yorkaise de Philippine et d’Ethan, Gemma Harper. Laquelle ne sera pas non plus insensible au charme de la Normandie… » 

Biographe et journaliste d’architecture et de décoration intérieure, Karine Lebert connait bien la Vendée, ses parents, bien que normands, vivant depuis 15 ans à Saint-Gilles-Croix-de -Vie. Après une enfance dans l’Orne, elle a été biographe pendant quinze ans.

Aujourd’hui, journaliste à Paris Normandie et Maisons Normandes, elle également membre de la SADN (Société des Auteurs de Normandie), de la Société des Écrivains de Vendée et de la SGDL (Société des Gens de Lettres)

C’est une passionnée. Ses héroïnes sont à son image et c’est grâce à l’écriture qu’elle sait redonner aux femmes une place prépondérante dans l’Histoire Pour en savoir plus sur Ecrivainsvendee.wordpress.

Le tome 2 des « Amants de l’été 44 » est paru aux Presses de la Cité. Ce sera aussi la fin des aventures de Gemma et de Philippine dans cette Normandie chère à mon coeur, de Honfleur à Barfleur, de 1944 à 2001. Aujourd’hui, je suis très heureuse de vous présenter la couverture. Cette histoire m’a accompagnée pendant deux ans. Parmi tous mes livres, elle a une résonance particulière. Je vous souhaite à l’avance une belle lecture de « Pour l’amour de Lauren »…  Karine Lebert

Au nom de la vérité, Gemma, New-Yorkaise, a fait voler en éclats son quotidien trépidant de femme d’affaires. Sous le charme de la Normandie, elle part depuis Honfleur sur les traces de son aïeule, Philippine, cinquante ans après, grâce à ceux qui l’ont connue. Par amour, celle-ci a tout quitté, sa famille, sa Normandie. Pour Ethan, un beau G1 rencontré à l’été 1944, Philippine a rejoint sa belle-famille en Louisiane.

Passé le choc de la découverte du Nouveau Monde, le bonheur s’offrira-t-il à la jeune exilée, mariée, enceinte, loin des traditions de son pays natal ? Gemma veut savoir : quelle était la vie de Philippine, là-bas, à La Nouvelle-Orléans ? Pourquoi est-elle rentrée en France ? Seule ? … Entre deux continents, deux époques, portraits croisés de deux femmes entières qui vibrent à l’unisson. Pour l’amour d’une petite fille, Lauren…

13 – Portrait du jour : Karine Lebert, l’auteure du roman « Les Amants …

https://criminocorpus.hypotheses.org/46814

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Lorsque Julien débarque dans le Michigan pour y rencontrer la famille américaine de sa femme, il découvre l’Amérique du Midwest marquée par la crise des subprimes et des cousins pas ordinaires. Mais surtout, il rencontre Odette, la grand-tante française au caractère bien trempé. Cette parisienne qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s’est mariée avec un soldat américain. Comme elle, 200 000 européennes ont quitté leur famille et leur pays par amour pour un GI. 200 000 femmes qu’on appelle des « War Brides ».

Revue de presse :

Les talents de conteur de Julien Frey servent brillamment ce sujet peu connu du grand public. L’histoire d’amour se mêle à la grande Histoire, et la ligne Claire de Lucas Varela rend le récit d’autant plus passionnant. Philippe Peter (Le Parisien)

Un récit authentique formidablement raconté, une découverte humaine amusante et touchante, au delà des clichés. Mick Léonard (Planète BD)

Narrée d’une fine plume par Julien Frey, mis en images dans un style semi-réaliste et des tons pastels par Lucas Varela, Michigan fait partie des meilleurs romans graphiques du moment. Philippe Muri (La Tribune de Genève)

Julien Frey et Lucas Varela entraînent le lecteur dans ce qui était le rêve américain et qui prend à notre époque des allures de déroute. Reste une histoire pleine de nostalgie et de tendresse pour cette tante d’Amérique. S.Salin (BD GEST)

Né en 1977, Julien Frey grandit à Paris. Titulaire d’une licence de cinéma, il participe à l’écriture d’une quinzaine de séries d’animation pour la jeunesse (« Casper, « Ava Riko Téo, « Geronimo Stilton », etc.). Julien s’oriente ensuite vers des projets plus personnels. En 2013, il participe régulièrement à la revue de bande dessinée ‘Papier’, dirigée par Lewis Trondheim. L’année suivante, en collaboration avec Dominique Mermoux, il publie « Un jour il viendra frapper à ta porte » (Delcourt), un premier album autobiographique sur la quête des origines et le devoir de mémoire. Avec le dessinateur Lucas Varela, il sort « Michigan » (Dargaud, 2017). En 2018, parait « Avec Edouard Luntz » (Futuropolis), en collaboration avec Nadar. Les deux auteurs travaillent actuellement sur un nouveau projet. Julien vit à Montpellier, avec sa femme et leurs deux enfants…

  • Éditeur : Dargaud (7 avril 2017)
  • Collection : Michigan. Sur la route d’une War Bride

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Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Diên Biên Phu

Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Dien Bien phu. En Aout 1943, Elisabeth, voulant faire médecine, jeune fille de bonne famille de 19 ans, choisit son camp. Celui de la France libre. Elle entre en résistance (jouant de son côté angélique, elle vole des armes aux Allemands) puis au BCRA du colonel Passy. Les services secrets. Elle sera en charge (avec d’autres) et malgré son jeune âge, de l’organisation des opérations aériennes du nord-ouest. Le BOA. Nom de code Galilée 2. Elisabeth devenue « Brigitte » vérifie les zones de parachutages, transporte les valises de radioguidage. Plus tard, Brigitte est sollicitée par l’agent Britannique Yeo-Thomas (voir mon t.4) pour participer à l’évasion de Pierre Brossolette (arrêté le 4 février 1944 en Bretagne). 21 Mars 1944, malheureusement le plan avorte. Suite aux « aveux» d’un agent de liaison, Pierre Manuel, Brigitte (et son compagnon) sont arrêtés au Trocadero. Elle prend une balle dans le ventre lorsque la Gestapo l’appréhende. Tabassée, torturée (on lui cogne la tête contre les murs), Brigitte ne parle pas. Elle va être envoyée en déportation. Direction Ravensbrück (exactement le kommando de Zwodau)! Puis elle survivra aussi à la marche à la mort vers Dachau pendant l’hiver 1945 (470 kms à pied), ne voulant pas laisser ses os en terre allemande et reviendra à Paris. A son retour à Paris, hôtel Lutetia, elle pèse aussi peu qu’un enfant de huit ans (26 kilos). Puis, Brigitte sera attachée de presse d’André Malraux avant de devenir correspondante de guerre en Indochine (1951). Pour suivre les troupes, elle passera son brevet de parachutiste militaire. Brigitte vivra comme un homme, au milieu des soldats (une vie de frousse selon ses dires). Son aventure se terminera à Dien Bien Phu, ou elle sera parachutée. Étant une femme et non militaire, Brigitte sera exfiltrée de « force », alors qu’elle désire rester jusqu’au bout avec les soldats.

Je vous engage à lire ses oeuvres : Regarde-toi qu meurs qui meurs (1947) et les fleurs du ciel (1955)

Brigitte est décédée le 6 mars 2011.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Lire une vidéo sur http://www.memoresist.org/temoignage/brigitte-friang/