Archives pour la catégorie Femmes dans les guerres

Une femme au front : mémoires d’une reporter de guerre (Martine Laroche-Joubert)

Une grand reporter de guerre raconte. Martine Laroche-Joubert doit à son enfance en terre marocaine un goût immodéré pour la liberté. De ses premiers reportages auprès des Pygmées de Centrafrique jusqu’aux deux guerres du Golfe et aux Printemps arabes, de l’éclatement de l’URSS au siège de Sarajevo, de l’apartheid en Afrique du Sud à l’élection de Nelson Mandela, elle arpente la planète avec une soif insatiable de témoigner.

Elle livre ici ce que ses reportages ne montrent pas : un regard, une sensibilité, une subjectivité. Ce n’est plus la journaliste qui parle mais la femme de terrain. Martine Laroche-Joubert revient sur ces missions qui l’ont forgée, mais aussi sur ses erreurs et ses regrets de reporter. Et c’est avec sincérité qu’elle interroge cette envie de l’action et cette passion de l’ailleurs qui l’ont toujours portée, malgré sa vie de famille et le danger inhérent à son métier.

Éditeur Cherche-Midi (Le)

Collection Documents

 

 

« Martine Laroche-Joubert, grand reporter au service étranger d’Antenne 2 puis France 2 (des années 80 à 2017), spécialisée dans les zones de conflits, publie ses mémoires.

Un livre qui sera en vente dès ce jeudi et présenté ainsi par l’éditeur Cherche-Midi :

Martine Laroche-Joubert doit à son enfance en terre marocaine un goût immodéré pour la liberté. De ses premiers reportages auprès des Pygmées de Centrafrique jusqu’aux deux guerres du Golfe et aux Printemps arabes, de l’éclatement de l’URSS au siège de Sarajevo, de l’apartheid en Afrique du Sud à l’élection de Nelson Mandela, elle arpente la planète avec une soif insatiable de témoigner.

Elle livre ici ce que ses reportages ne montrent pas : un regard, une sensibilité, une subjectivité. Ce n’est plus la journaliste qui parle mais la femme de terrain. Martine Laroche-Joubert revient sur ces missions qui l’ont forgée, mais aussi sur ses erreurs et ses regrets de reporter. Et c’est avec sincérité qu’elle interroge cette envie de l’action et cette passion de l’ailleurs qui l’ont toujours portée, malgré sa vie de famille et le danger inhérent à son métier. » http://www.leblogtvnews.com

 

Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut

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Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut. Quand la guerre éclate, Maryse Hilsz est un des plus grands noms de l’aviation féminine, cumulant record sur record (comme le Paris-Saigon en 4 jours de 1937, record de hauteur pour une femme sur avion à hélice : 14310 mètres), l’ensemble accompagné de nombreuses blessures. Une risque-tout au caractère bien trempé! Maryse a 38 ans en 1939. La pilote est inquiète. Elle a alerté trois ans auparavant le ministre Pierre Cot du retard de l’armée de l’air, et elle veut servir la France en volant. L’armée de l’air va uniquement proposer à Maryse et à trois autres femmes de devenir convoyeuses d’avion. En effet, l’état-major n’a pas anticipé le problème du convoyage de l’usine vers les zones d’armement. Pour l’entreprise Amiot, Maryse accepte ce rôle. Inlassablement, elle effectue sa mission de transport. Les conséquences du triste mois de mai 1940 la décident tout d’abord de tenter sa chance aux USA comme pilote avant de rentrer en résistance en France, mais sans ses ailes. Elle intègre en septembre 1941, habitant désormais Aix en Provence, sous couvert d’être modiste (son vrai métier), un des 95 réseaux locaux de Maurice Buckmaster, avec le SOE section F. Comme toutes les femmes de l’ombre, Maryse porte des plis, joue les radios ou pose des explosifs. Sa détermination est sans faille. A la Libération Maryse obtient le rang de capitaine dans les FFI. Elle n’a jamais renoncé. A l’automne 1944, le vol va la rattraper sous la forme du projet du ministre Tillon (validé par le général de Gaulle)…intégrer des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Comme les Soviétiques. Maryse est volontaire. Elle reprend le vol. Elle est vite lieutenant. Elle retrouve ses consœurs de 1940 (dont Maryse Bastié et Elisabeth Boselli) . Malgré des combinaisons de vol pas à leur taille, des avions désuets, Maryse et les autres aventurières de l’air retrouvent le goût du ciel. Maryse sera affectée au GLAM (groupe liaisons aériennes militaires), sur Siebel SI 204 (NC-701 Martinet en VF). Malheureusement, le ciel va se venger de celle qui l’a tant défié. Le 30 janvier 1946, se débattant dans un temps épouvantable, commandes givrées et bloquées, elle s’écrase avec ses passagers, lors d’un trajet Villacoublay-Marignane, près de Bourg en Bresse. Elle aura connu la même fin tragique que l’homme de sa vie, André Salel, tué dans le crash de son Farman 420-01, le 18 juin 1934.

La mort de Maryse (et d’autres considérations politiques) arrêtera le projet des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Il faudra attendre…1996 pour qu’à nouveau, le recrutement leur soit ouvert.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

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Alla Dumesnil. La grande organisatrice

Alla Dumesnil. La grande organisatrice. Quand elle arrive à Londres après l’appel, Alla Dumesnil est une des rares femmes qui connait déjà les armées. Volontaire dans l’armée en 1939, cette fille d’amiral née dans la Russie tsariste, dans la force de l`âge (elle a 33 ans) est déjà décorée de la Croix de guerre (conductrice ambulancière). Arrivé à Londres prête à soulever des montagnes, elle, simple caporal, prend en mains la centaine de volontaires féminines en novembre 1940, sous l’autorité de la commandant Simone Mathieu. Sa volonté fait d’elle un leader naturel. Quand leur caserne de la rue Hill street, est détruite en avril 1941, son courage et son dévouement sont exemplaires pour sauver les jeunes Françaises (elle recevra la légion d’honneur pour cela en 1946). C’est elle aussi qui retrouvera un logement pour « ses » filles. Rien n’arrête Alla. Octobre 1942, 488 femmes sont sous les drapeaux. Devenue commandant en un temps record que seule une guerre permet, elle passe à l’armée de l’air pour organiser la section Air des volontaires féminines. « Les filles de l’air ». Elle recrute. Elle forme. Elle transige avec les hauts commandants dont tous ne veulent pas de femmes. Décembre 1942, cette « aviatrice » prend aussi en mains l’école des « Merlinettes » (volontaires féminines des transmissions de l’armée de terre). Début 1944, Alla a mille femmes sous ses ordres en école, à Alger. C’est elle qui engage Joséphine Baker comme officier de propagande en mai 1944. Quelques mois plus tard, inépuisable, Alla, sera une des responsables du projet des femmes pilotes du ministre Tillon. L’après-guerre sonnera le glas temporaire des femmes dans l’aviation. Alla est décédée en 1999. N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

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Ces femmes qui ont rejoint De Gaulle à Londres : Janine Hoctin-Boulanger

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Janine Hoctin-Boulanger. La guerre comme fin d’adolescence. Septembre 1939, Janine, une parisienne de tout juste 16 ans est en voyage scolaire en Angleterre. A Hastings, elle apprend la déclaration de guerre. Pour éviter tout risque lors du retour, elle reste, avec l’accord de ses parents, outre-Manche. Puis le temps passe. La guerre s’installe. Janine est coupée de la France. Comme elle veut bien faire, elle s’engage dans la Croix rouge pour s’occuper des enfants évacués de Londres et des blessés des bombardements, en attendant mieux. Janine découvre la vraie guerre avec le Blitz de Londres. Arrive enfin, le 7 novembre 1940, la création du corps féminin des volontaires françaises…qui n’engagent que des Françaises de 18 ans! Qu’à cela ne tienne, Janine triche sur son âge. De plus, comme par hasard, son passeport est perdu. Janine va aller se former à Bournemouth en décembre 1940. Sous les bombes. D’abord interprète « anglais » pour les FNFL, elle vit surtout dans les caves de Londres la nuit, nerfs mis à rudes épreuves. Sa caserne est détruite (avril 1941). Puis mademoiselle Hoctin devient conductrice en 1942 (camp de Camberley). Elle y apprend la mort de son père. Devenue chauffeur officiel des hautes autorités, nuit et jour, Janine verra la guerre en roulant, accompagnant les plus grands dont de Gaulle « distant mais totalement investi de sa mission ». Au camp de Camberley, elle rencontre le sergent Bernard Boulanger, de la 1ère compagnie du 501ème RCC, qu’elle ne reverra que deux ans plus tard (avril 1944). La mère de Janine, elle, entrera dans la résistance (réseau Confrérie Notre Dame, c’est Janine qui la « proposa » au « colonel Rémy »). Rentrée en France après la libération de Paris, mademoiselle Hoctin continuera à servir dans le cadre de la mission de ré-administration de la France (avec Claude Hettier de Boislambert, Mission militaire française de liaison administrative (MMLA)) avant de retourner l’état-major de la marine. Janine se mariera le 5 avril 1945 avec Bernard Boulanger, passé adjudant.
Janine a reçu la légion d’honneur en 2010 et est décédée le 20 février 2016.
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Rudolph de Patureaux Ecrivain

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac

 

 


149 – Portrait du jour : Fátima de Castro – « En temps de guerre – Aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918) »

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PAR  · PUBLIÉ  · MIS À JOUR 

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 149ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Fátima de Castro, habitante du Val de Loire. Elle a  étudié les lettres à La Sorbonne, et a participé à des travaux de traduction sur le regard portugais porté sur les cultures étrangères notamment en Égypte et Éthiopie.

Ici elle nous présente l’ouvrage qu’elle a traduit en Français pour son homonyme Ana de Castro Osorio . « En temps de guerre »  sous titré  « Aux soldats et aux femmes de mon pays »  est un recueil d’articles compilés durant la première guerre. Ou Ana la première féministe rappelle que le  Portugal a bien participé à cette première guerre mondiale, en y perdant d’ailleurs près de 20 000 hommes lors de la bataille de la Lys , et dans ses écrits d’alors, injustement oubliés, Ana exhorte ses consœurs portugaises à participer activement à la lutte contre l’ennemi germanique, et à changer la société portugaise. Nul doute que cette traduction était nécessaire pour nous éclairer sur le rôle des femmes portugaises en 14/18 …

Après des travaux interrogeant le regard portugais porté sur les cultures étrangères, Fátima de Castro a voulu répondre à cette question souvent entendue : pourquoi les Portugaises n’ont-elles pas suivi le mouvement féministe au début du XXe siècle ?

Dans le cadre d’une association patrimoniale locale Fátima de Castro a réalisé une brochure sur l’attentat que Cadoudal prévoyait à l’encontre du futur Napoléon. Elle s’est basée sur les compte-rendu du procès et des recherches biographiques pour établir ce récit.

Le sérieux des publications de cette association est assuré par des membres issus du corps universitaire et du CNRS. Pour en savoir plus contacter l’auteure du portrait

fatiperegrine@free.fr

https://www.facebook.com/profile.php?id=100016504086205

Bienvenue Fátima de Castro sur le carnet criminocorpus résolument ouvert aux femmes et aux féministes. Ph.P.

« … Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle … » Fatima de Castro

« Comment se fait-il que vous autres, Portugais, soyez restés loin des champs de bataille de la Première guerre mondiale ? »

« De toute façon, vous, les femmes portugaises, vous êtes habituées à ne rien faire pour améliorer votre condition »

Ces deux remarques récurrentes, tant de fois entendues, m’ont amenée à m’interroger sur ces deux sous-entendus « nordiques » un peu pesants qui supposent que, dans le Sud, on ne fait pas grand chose pour… changer les choses. L’image d’habitants nonchalants, de femmes soumises, semble encore bien ancrée d’après ce que mes écoutilles enregistrent.

Mes recherches universitaires m’avaient amenée à m’interroger sur le regard que porte le Portugal sur les cultures étrangères qu’il lui a été donné de croiser dans sa longue expérience d’explorateur. Comment les premiers Portugais qui ont mis le pied en Ethiopie, à la recherche du mythique Prêtre Jean, ont-ils perçu la réalité de ce pays qui, bien évidemment, n’avait rien de commun avec les rivières d’émeraude et autres flots d’or et de pierres précieuses décrits dans la fameuse lettre mystificatrice de 1170. Loin de s’en émouvoir, les Portugais ouvrent leurs yeux et leurs Jésuites se mettent à publier la réalité du terrain (Pêro Pais : introduction à la lettre d’un jésuite en Éthiopie (1603). In : Cahiers du Centre de recherche sur les pays lusophones – CREPAL, Presses de la Sorbonne Nouvelle, cahier n°11, 2005, p.27-36).

A la fin du 19e siècle, le grand écrivain portugais José Maria Eça de Queiros , encore jeune et auteur en devenir, a la chance de pouvoir fouler les terres égyptiennes et bibliques à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Sensations avides et dépaysement exotique dont il couvre fébrilement ses carnets de voyage qui lui serviront, par la suite, à alimenter ses œuvres de cette expérience qui mêle intérêt culturel et regard personnel (Eça de Queiroz et le Moyen-Orient : réalité et fiction, mémoire de maîtrise, Université Sorbonne-Paris IV, 1996).

Mais les étonnements qui m’arrivent par la suite me portent à inverser ce regard. De Portugal regardant je me trouve face au Portugal regardé. Mal regardé. Ou regardé avec un certain préjugé parce qu’on n’en a jamais entendu parler. Et pourquoi ? me suis-je demandé. La littérature traduite reste très… littéraire, ou axée sur des études relatives aux découvertes, le grand succès du Portugal médiéval et renaissant. Le Portugal lui-même semble n’accorder d’intérêt universitaire à la question du mouvement féministe que depuis récemment. Ce mouvement, je le découvre moi-même très actif dès son apparition. S’il surgit tardivement par rapport aux mouvements américains ou du Nord de l’Europe, il part sur les chapeaux de roues, créé commissions sur commissions, investit la vie publique et éditorialiste. Je découvre le nom tristement oublié aujourd’hui d’Ana de Castro Osório, fer de lance du féminisme, participante active à la mise en place de la République en 1910, la tête pleine de projets pour faire évoluer son pays et la condition de la femme avec. Cerise sur le gâteau, je tombe par hasard sur une publication de 1918 : Ana y regroupe un ensemble d’articles par elle rédigés tout au long du premier conflit mondial.

Voilà ma réponse à ceux et celles qui me posaient les questions citées en entrée. Une réponse non par ma voix, mais par celle d’une des femmes les plus investies dans la vie sociale de son époque, une femme qui écrivait, qui haranguait ses semblables, qui œuvrait à l’éducation de la population pour changer les choses. De muette et oubliée, j’ai voulu faire resurgir cette voix, ressusciter cette pensée. Oui, le Portugal a bien sacrifié des soldats à la cause commune, certes tardivement, en 1916, après avoir confisqué les navires allemands amarrés dans ses ports, mais tout de même. Et oui, les Portugaises ont bien suivi le mouvement international engagé dès le milieu du 19e siècle.

Dans son En temps de guerre, Ana de Castro Osório analyse l’effondrement social et économique du pays mis en évidence par l’entrée en guerre et dû à la défaillance d’une approche politique qui n’a jamais souhaité faire de la femme un membre actif de la société, un membre dont l’énergie serait bien utile à un moment où les hommes sont sur le front. Elle souligne les dysfonctionnements dans toutes les branches : administration, agriculture, industrie, enseignement, l’abandon des soldats portugais par les leurs. Elle interpelle les politiques, ses concitoyennes, citant l’exemplarité des Françaises, des Anglaises, des Russes et même des Chinoises. Pour elle, la passivité féminine est devenue une tare. La femme portugaise doit se réveiller, agir, ne plus simplement attendre dans la quiétude de son foyer. Dans ce recueil d’articles, Ana de Castro Osório va au-delà du féminisme comme simple notion sociale. Elle lui donne une envergure pratique, propose des solutions, enguirlande ses consœurs et tente d’éveiller la part active qu’elles peuvent devenir au sein de la société, qu’elles doivent devenir au sein de la société.

Ana de Castro Osório, En temps de guerre : aux soldats et aux femmes de mon pays (Portugal 1914-1918), traduction Fatima de Castro, éditions l’Harmattan, 2018.

 

 

Annette Monod – L’ange du Vel « d’Hiv » de Drancy et des camps du Loiret

Paru le 15 mai 2018 – Fille de pasteur, Annette Monod-Leiris(1909-2001) a consacré sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale à Ivry, elle intervient ensuite dans les camps d’internement de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers pour la Croix-Rouge. Engagée dans la Résistance, elle soutient les internés juifs, facilite leur évasion. Elle condamne les mauvais traitements infligés aux détenus du FLN.

Annette Monod – L’ange du Vel’ d’Hiv’ de Drancy et des camps du Loiret

« Je suis volontaire pour y aller »

Rendue célèbre pour son rôle au Vel’ d’Hiv’ par le film La Rafle, Annette Monod consacra sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale dans une banlieue ouvrière de Paris, son action dans les camps d’internement français va la transformer.

Particulièrement engagée dans la Résistance durant les années sombres de 1940 à 1945, elle prit de nombreuses initiatives personnelles pour le soutien des internés juifs et des prisonniers politiques et fut une témoin majeure de la grande déportation française des enfants juifs.

Pendant les événements d’Algérie, assistante sociale cheffe à la prison de Fresnes, elle s’oppose aux mauvais traitements infligés aux détenus FLN.

Issue d’une famille protestante engagée dans le christianisme social, elle a continué à interroger sa foi face à ce que l’humain est capable de pire.

Cette biographie rédigée par Frédéric Anquetil, qui l’a bien connue durant ses années de militantisme à l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), comble une lacune importante de l’histoire de la résistance féminine non-armée.

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Née à Saint-Quentin (Aisne), en juillet 1909, Annette est la fille du pasteur de la ville. Après ses études secondaires, son père l’envoie travailler en Angleterre comme enseignante de français, pendant un an. Alors qu’elle se destinait au métier d’infirmière, son père lui conseille, au vu de son tempérament, d’opter plutôt pour une carrière sociale. Elle passe le diplôme d’État d’assistante sociale à l’école de Paul Doumergue – fondateur, en 1913, de l’École pratique de service social (EPSS), place des Vosges, à Paris -, innovante par sa réflexion sur la pratique. Elle obtient très rapidement un poste dans une cité d’Habitations à Bon Marché ouvrière d’Ivry-sur-Seine, comportant 200 familles, y travaille à temps plein, au sein du service de la protection maternelle et infantile, et réside sur place.

En 1939, Hélène Campinchi, femme de César Campinchi, ministre de la Marine (de 1937-1938, puis ministre de l’Outre-mer, au moment de la déclaration de guerre) et professeur de droit, qu’elle a connue à l’école Paul Doumergue, lui propose de fonder un foyer d’accueil pour les matelots à Cherbourg, un lieu où se retrouver, jouer au ping-pong, repasser les plis de leurs pantalons, assister à des représentations théâtrales, bref, un lieu de convivialité. L’expérience se termine en 1940 avec les bombardements de Dunkerque. Annette Monod et sa soeur trouvent alors refuge chez des amis protestants de leur père, le comte Hubert de Pourtalès, dans son château de Martinvast (Manche). Elles y restent un mois, jusqu’à la réquisition du château par l’armée allemande. Arrivée à Paris, non sans mal car les communications sont coupées, Annette Monod est embauchée par la Croix-Rouge, dans le cadre des services d’urgence à Compiègne, pour aider les Français réfugiés et ravitailler les trains de prisonniers de guerre à la place du Nationalsozialistiche Volkswohlfahrt (NSV), le secours national allemand, avec des chariots de café et de bouillon. Puis elle s’occupe de la caserne Jeanne-d’Arc, transformée en camp de prisonniers de guerre, qui connut de nombreuses évasions, du fait de sa surpopulation… Pour en savoir plus sur le site du Cedias

Vidéo complète disponible sur le site

de https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn508513

Annette Monod-Leiris, born in 1909, discusses her assignments as a social worker in various internment camps, such as Beaune, Drancy, Pithiviers and Voves; her life before the war, teaching in England and working in a workers’ home in Evry, France; volunteering for internment camps in both Beaune and Pithiviers; switching from Beaune to the camp in Drancy in 1941; the conditions in Beaune la Rolande, France, including the barracks, over population, toilet facilities, and the food supply; other organizations and institutions represented in the camps; aspects of Pithiviers, including the medical staff, the medical treatment, the permissions for hospital visits, the daily routine of the inmates, and the facilities; aspects of Drancy, including the establishment of her office, her assistants, deportations, executions, layout of the buildings, and the facilities; being fired by the French police for “doing too much” for the inmates; being sent to a camp for communists in Voves, Eure-et-Loir, France; joining the Red Cross for the emergency team in Compiègne, France; how she helped Jews cook to keep Kosher and celebrate important holidays; the living conditions and situation of children at the camps; her participation in the liberation of the Drancy internment camp in 1944; rumors of how prisoners ate organs of the dead to survive; her contact and friendship with Jewish families after the war; and her commitment to Amnesty International.