Archives pour la catégorie Femmes dans les guerres

Silvia Monfort. La casque d’or de la Résistance française

 

 « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et… de combattants ! »

Silvia Monfort. La casque d’or de la résistance. 1943, Silvia, pseudonyme de Simonne Favre-Bertin, déjà actrice, 20 ans rencontre son futur mari, Maurice Clavel (jeune agrégé de philo). Tous deux, jeunesse voulant en découdre, ne désirant pas en manger comme certains intello collabos, vont s’engager dans la résistance , réseau Libération Nord Eure et Loire. Dès lors, elle et Maurice, devenu Sinclair, vont parcourir tout le département pour coordonner les actions, recruter des hommes, organiser le ravitaillement, recueillir les parachutages. La gestapo va chercher partout une jeune et jolie femme blonde sans jamais l’attraper. 11 août 1944, ils vont faire partie de ceux qui vont soulever l’Eure et Loire dans l’attente de l’armée américaine. Le combat, huit jours, sera sanglant mais victorieux. Moment suprême de ce temps héroïque, c’est Silvia Monfort, avec d’autres, qui accueillera le général de Gaulle dans Chartres libérée le 23 août, sur le parvis de la cathédrale. Le lendemain Silvia montera sur Paris et fera le coup de feu devant le palais du Luxembourg. Elle sera décorée de La Croix de guerre en 1945 et…jouera Jeanne d’Arc dans un spectacle destiné à financer les familles des résistants tués au combat.

Cette grande actrice évoquera son action dans le livre : il ne m’arrivera rien. 1946. Elle ne mît jamais en avant son rôle dans la résistance. Quelques lignes de Silvia sur cette période : « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et … de combattants ! »

Source asso de recherche pour la mémoire de la résistance en Eure et Loire.

N’hésitez pas à partagerRudolph de Patureaux Ecrivain

Simonne Marguerite Favre-Bertin, plus connue sous le nom de Silvia Monfort, est née le 6 juin 1923 dans le quartier du Marais. Son père n’est autre que le sculpteur Charles Favre-Bertin. Suivant sa scolarité en pensionnat, elle réussit à obtenir son baccalauréat à quatorze ans et demi. Elle s’inscrit ensuite au cours de théâtre de Jean Hervé et Jean Valcourt. A seize ans, elle fait la rencontre de Maurice Clavel, son futur époux. Elle milite à ses côtés, pendant la guerre et participe à la libération de Nogent-le-Rotrou et de Chartres en 1944. A la fin de la guerre, elle se fait décorer de la croix de guerre par le Général De Gaulle et de la Bronze Star Medal par le Général Patton…

Pour en savoir plus sur le site de

 http://www.premiere.fr/Star/Silvia-Monfort


Alphonsine Loretti. Héroïne par devoir

49405640_1986934884762215_8848321306291077120_nAlphonsine Loretti. Héroïne par devoir. La guerre va trouver Alphonsine sur son chemin à Alger, en 1943. Elle y vit avec son mari. Tirailleur à la 3ème DIA. Elle a 28 ans. Comme d’autres femmes, elle s’engage chez les « chaufferettes », les conductrices d’ambulances rejoignant ainsi, à sa façon, son mari dans le conflit. A la fin de sa formation au 27ème escadron du train, cette belfortine d’origine va partir en Italie. A Naples. Décembre 1943. Elle conduit une des Dodge WC54. La bête américaine lui fait les bras. A peine arrivée, Alphonsine est jetée dans la bataille. Dans les Abruzzes. Au Monte Cassino. Au sein du 3ème bataillon médical. Il fait froid et il pleut une neige fondue tout le temps. Le ravitaillement manque. Le danger est partout. L’artillerie allemande semble traquer les ambulances sur les routes parfois sommairement aménagées et détrempées. Routes dite de la mort comme celle d’Acquafondata. Le 5 février 1944, les ambulances doivent partir chercher des blessés au village de Terelle. Elles sont cinq à se précipiter. Courageuses sans se poser de questions. Il fait nuit. L’aller se passe bien. Au retour, en sortant du mont Rapido, les ambulances croisent une Willys qui vient de sauter sur une mine. Prise en charge des blessés immédiate. L’artillerie allemande tape et tape. Des éclats trouent les Dodge. Alphonsine est touchée à mort (jambes sectionnées) et tombe dans la boue. Le convoi repart. Alphonsine meurt en route. Plus d’une dizaine d’heures pour rejoindre le PC médical. Alphonsine, ou « Lorette », fut la première infirmière française à mourir en Italie et la toute première femme décorée de la médaille militaire.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

« Les auxiliaires de la guerre à l’époque moderne (cantinières, vivandières, prostituées) » 

Communication de Marion Trévisi, maître de conférence à l’Université de Picardie – Jules Verne, prononcée le 14 janvier 2016 lors des journées d’étude « La guerre et les femmes » organisées dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société » soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

Marion Trévisi est maître de conférences en histoire moderne à l’université de Picardie Jules Verne (Amiens). Spécialiste d’histoire de la famille, elle s’est intéressée aux solidarités familiales et au rôle des femmes dans les familles françaises du XVIIIe siècle. Elle poursuit désormais une enquête de grande ampleur sur les femmes et la guerre à l’époque moderne…

Gravure : Françaises sous l’uniforme, 1852-1993 – Cantinière-vivandière du 16e régiment d’infanterie. Derrière elle un fourgon réglementaire.

Pour en savoir plus sur le site de Canal Académie

Arlette Ratard, la Rochambelle des Sables d’Olonne, s’est éteinte au Brésil

« J’ai de bons souvenirs de cette époque mais aussi de plus douloureux »racontait-elle en 2013. « Je me souviens que l’on rigolait beaucoup. Comme les femmes n’étaient pas bien vues par tous, on nous avait collées au début aux légumes. Mais comme on chantait, même les colonels se retrouvaient avec nous pour rigoler. Bien sûr, on essayait aussi de nous humilier et on nous faisait marcher au pas au milieu des hommes. Un autre souvenir cocasse : lors de la première attaque, une des ambulances a pris feu. Je me souviendrai toujours du spectacle surréaliste de ces deux infirmières en soutien-gorge et petite culotte essayant d’éteindre l’incendie ! »

Arlette Ratard était l’une des dernières Rochambelles, ces conductrices ambulancières de la 2e division blindée du général Leclerc. Celle qui a longtemps vécu aux Sables d’Olonne s’est éteinte le 30 décembre au Brésil où elle avait rejoint l’un de ses fils.

Elle avait 99 ans et vivait au Brésil. Arlette Ratard, née Hautefeuille, est morte au Brésil, le 30 décembre, après avoir longtemps vécu aux Sables d’Olonne, ville d’où était originaire son père Charles, un ancien de la Première guerre mondiale qui a survécu au torpillage du bateau sur lequel il se trouvait en février 1918.

C’est le site « les filles de la DB » qui l’a annoncé. L’an dernier, en avril, Raymonde Jeanmougin, une autre Rochambelle, était décédée à Paris…

Pour en savoir plus sur le site de Ouest France

 

Violette Morris au banc des accusés : femme libre ou collabo ?

A abattre par tous moyens, le premier volume de Violette Morris, emmène le lecteur à la rencontre de Violette Morris, femme libre et libérée. Un destin romanesque et une vie bigger than life. Javi Rey, Bertrand Galic, Kris et Marie-Jo Bonnet nous livrent une bande dessinée historique entraînante qui a pour toile de fond la […] par Camille Pouzol

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« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

N’hésitez pas à partager pour que l’on se souvienne de nous.

Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie »

48407915_1947942378661466_8592245219980738560_oC’est une croix de Lorraine sur une tombe en Californie. C’est l’histoire d’une femme absente de nos livres mais connue outre-atlantique. Son histoire est-elle totalement vraie? Est-elle enjolivée? L’absence de son nom dans nos archives (jusqu’à preuve du contraire) n’enlève rien à l’estime que les organisations de vétérans US lui portent. Qui était-elle? Son nom est Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie ». Cette native du nord de la région bordelaise, étudiante en médecine, montée à Paris, a 20 ans en 1943 quand son école ferme. Tous les étudiants masculins sont réquisitionnés par le STO. Elle retourne vers Bordeaux et trouve un passage vers l’Angleterre. Recrutée par le SOE, elle va être formée pendant six mois avant d’être droppé sur Cherbourg ou elle espionnera sous le couvert de travailler pour un fournisseur des repas aux Allemands. De retour en Angleterre pour debriefing, elle revient en France le 27 avril 1944. Cette fois-ci, elle est arrêtée…à l’atterrissage par la police de Pétain! Ce sera la Gestapo, la torture, les viols. Rolande sera déportée à Mathausen. Délivrée en mai 1945 par la 65ème division US, elle pèse à peine trente kilos. Après-guerre, elle deviendra infirmière, se mariera avec un pilote (Robert Fournet), l’accompagnera en Indochine ou ce dernier sera tué. En 1951, revenue en France depuis deux ans, Rolande devient interprète pour l’ambassade des USA. « Frenchy » est née. Elle se mariera peu après avec le sergent-major Gene Admundson et prendra la nationalité américaine. Vivant désormais outre-atlantique, elle fera partie, avec la chanteuse Martha « colonel maggie » Raye, inlassable supportrice des soldats depuis 1943 lors des tournées USO, de l’association de soutien des « bérets verts », qui l’honoreront en 1977 comme lieutenant-colonel honoraire, lui offrant… un béret vert. Rudolph de Patureaux Ecrivain