Archives pour la catégorie Femmes dans la Résistance

Paulette Jacquier. Alias « Marie-Jeanne », la Jeanne d’Arc de la 1ère DFL.

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Paulette Jacquier. Alias « Marie-Jeanne », la Jeanne d’Arc de la 1ère DFL. Il n’y a pas plus désespéré par la défaite que Paulette en juin 1940. De son Isère, elle veut rejoindre de Gaulle. Presque impossible pour une jeune femme. Elle a 22 ans. Mars 1941, elle rentre dans la résistance. Elle commence par distribuer des tracts. Puis, elle transporte plis, valises. On la trouve partout de Grenoble à Valence en passant par Clermont-Ferrand. Devenue « Marie-Jeanne », la jeune femme crée un groupe de résistance chez elle, à la Frette, avec quelques armes. Elle est incontournable. Un chef de guerre. Quand les Allemands pénètrent dans la zone libre en novembre 1942, elle devient vite traquée. Sa vie est faite de grenadage et d’embuscades. Mais en mai 1944, l’ennemi et des miliciens lui tendent un guet-apens dans son village. Il y a des morts. Elle est arrêtée. Paulette est torturée mais les Allemands ne sont pas sûrs de son identité de « Marie-Jeanne ». Le 13 juillet 1944, profitant d’une surveillance plus lâche, elle s’évade par une fenêtre, se blesse, est recueillie par la famille Gauthier du Rivet. L’ennemi, désormais persuadé de son identité, va détruire son village, exécuter son père, tandis qu’elle va réussir à retourner au maquis (la famille Rivet sera, elle, envoyée en déportation) après avoir été soigné. Dès lors elle va combattre, vraie franc-tireur, au sein du maquis Chambaran. La jeune femme joue les infiltrées, renseigne. Le 18 août, elle se bat lors d’une embuscade. Quatre jours plus tard, elle s’empare, à Lyon, des plans de défense des ponts sur leRhône. Le 26, elle s’occupe de faire passer des agents américains à travers les lignes. « Marie-Jeanne » est sur les rangs comme FFI du bataillon Chambaran, en tenue US toute neuve, dans Lyon libérée, le 14 septembre, pour recevoir la légion d’honneur, des mains du général de Gaulle et nul…ne remarque (ses cheveux longs sont plus ou moins cachés), au milieu des garçons sortis de l’adolescence, qu’elle est une femme.

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Dès lors, caporal au 4ème bataillon de marche « Chambaran » de la DFL, elle va combattre comme un homme, au milieu des hommes. Et puis, un jour froid de janvier 1945, le colonel Gardet demande qui est ce caporal aux trop cheveux longs? On lui répond…Marie-Jeanne. Bien, que Marie-Jeanne se coupe les cheveux! Refus de l’intéressée! « Mon colonel, je suis une fille! » Pataquès! Cas non conforme. Dès lors, le commandement, « désappointé » (peur pour elle, le bataillon a beaucoup de pertes), n’aura de cesse de la sortir du front, et elle n’aura de cesse de tout faire pour y rester. Jusqu’aux larmes. Elle finira la guerre, en combattante de première ligne, avec la DFL, et défilera à Antibes et Cannes pour la Victoire.

Après-guerre, elle deviendra assistante sociale aux armées, perdra son mari (capitaine Séguret) en Indochine et s’éteindra en février 1975. Farouche…jusqu’au bout. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Jusquà la fin de sa vie la résistante Geneviève Augris née Frotier de la Messelière aura forcé le respect.

« Chacun faisait à son niveau ce qu’il pouvait. On a camouflé beaucoup de monde, des étudiants, des appelés au STO, des évadés… On n’a pas été capable de remercier des gens modestes qui ont risqué leur vie» Jusqu’au bout, Geneviève Augris aura forcé le respect.

Loin de tous les honneurs qu’elle refusait pour avoir simplement fait son devoir de citoyenne, Geneviève Augris, née Frotier de la Messelière, grande dame des premiers moments de la résistance française sous l’Occupation, vient de nous quitter à l’âge de 97 ans. Dès le début de la guerre, sa famille, qui a payé un lourd tribut au premier conflit mondial, entre en résistance et son château à Queaux, en zone libre, va servir aux réfugiés et à camoufler du matériel de guerre.

Geneviève Augris ne recule pas à apprendre le maniement des armes, à passer des courriers et des informations multiples pour Londres au risque et péril de sa vie, durant de nombreuses et parfois très longues virées nocturnes à bicyclette, chargée de documents précieux, comme les plans du camp d’aviation de Poitiers Biard, ou à faire passer des personnes en zone libre.

Elle refuse une médaille

La Vienne libérée en 1944, elle entrera au 125 régiment d’infanterie comme sergent-chef et infirmière pour se battre dans la poche de résistance allemande de Saint-Nazaire.

De retour à la vie normale, lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville de Poitiers, elle refusa une médaille qu’on devait lui remettre, estimant avoir fait les choses quand il le fallait. Elle se plaisait de dire: « Chacun faisait à son niveau ce qu’il pouvait. On a camouflé beaucoup de monde, des étudiants, des appelés au STO, des évadés… On n’a pas été capable de remercier des gens modestes qui ont risqué leur vie» Jusqu’au bout, Geneviève Augris aura forcé le respect. Source : la Nouvelle République du  26 janvier 2019.

Silvia Monfort. La casque d’or de la Résistance française

 

 « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et… de combattants ! »

Silvia Monfort. La casque d’or de la résistance. 1943, Silvia, pseudonyme de Simonne Favre-Bertin, déjà actrice, 20 ans rencontre son futur mari, Maurice Clavel (jeune agrégé de philo). Tous deux, jeunesse voulant en découdre, ne désirant pas en manger comme certains intello collabos, vont s’engager dans la résistance , réseau Libération Nord Eure et Loire. Dès lors, elle et Maurice, devenu Sinclair, vont parcourir tout le département pour coordonner les actions, recruter des hommes, organiser le ravitaillement, recueillir les parachutages. La gestapo va chercher partout une jeune et jolie femme blonde sans jamais l’attraper. 11 août 1944, ils vont faire partie de ceux qui vont soulever l’Eure et Loire dans l’attente de l’armée américaine. Le combat, huit jours, sera sanglant mais victorieux. Moment suprême de ce temps héroïque, c’est Silvia Monfort, avec d’autres, qui accueillera le général de Gaulle dans Chartres libérée le 23 août, sur le parvis de la cathédrale. Le lendemain Silvia montera sur Paris et fera le coup de feu devant le palais du Luxembourg. Elle sera décorée de La Croix de guerre en 1945 et…jouera Jeanne d’Arc dans un spectacle destiné à financer les familles des résistants tués au combat.

Cette grande actrice évoquera son action dans le livre : il ne m’arrivera rien. 1946. Elle ne mît jamais en avant son rôle dans la résistance. Quelques lignes de Silvia sur cette période : « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et … de combattants ! »

Source asso de recherche pour la mémoire de la résistance en Eure et Loire.

N’hésitez pas à partagerRudolph de Patureaux Ecrivain

Simonne Marguerite Favre-Bertin, plus connue sous le nom de Silvia Monfort, est née le 6 juin 1923 dans le quartier du Marais. Son père n’est autre que le sculpteur Charles Favre-Bertin. Suivant sa scolarité en pensionnat, elle réussit à obtenir son baccalauréat à quatorze ans et demi. Elle s’inscrit ensuite au cours de théâtre de Jean Hervé et Jean Valcourt. A seize ans, elle fait la rencontre de Maurice Clavel, son futur époux. Elle milite à ses côtés, pendant la guerre et participe à la libération de Nogent-le-Rotrou et de Chartres en 1944. A la fin de la guerre, elle se fait décorer de la croix de guerre par le Général De Gaulle et de la Bronze Star Medal par le Général Patton…

Pour en savoir plus sur le site de

 http://www.premiere.fr/Star/Silvia-Monfort


« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

N’hésitez pas à partager pour que l’on se souvienne de nous.

Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie »

48407915_1947942378661466_8592245219980738560_oC’est une croix de Lorraine sur une tombe en Californie. C’est l’histoire d’une femme absente de nos livres mais connue outre-atlantique. Son histoire est-elle totalement vraie? Est-elle enjolivée? L’absence de son nom dans nos archives (jusqu’à preuve du contraire) n’enlève rien à l’estime que les organisations de vétérans US lui portent. Qui était-elle? Son nom est Rolande Colas de la Nouye, dit « Frenchie ». Cette native du nord de la région bordelaise, étudiante en médecine, montée à Paris, a 20 ans en 1943 quand son école ferme. Tous les étudiants masculins sont réquisitionnés par le STO. Elle retourne vers Bordeaux et trouve un passage vers l’Angleterre. Recrutée par le SOE, elle va être formée pendant six mois avant d’être droppé sur Cherbourg ou elle espionnera sous le couvert de travailler pour un fournisseur des repas aux Allemands. De retour en Angleterre pour debriefing, elle revient en France le 27 avril 1944. Cette fois-ci, elle est arrêtée…à l’atterrissage par la police de Pétain! Ce sera la Gestapo, la torture, les viols. Rolande sera déportée à Mathausen. Délivrée en mai 1945 par la 65ème division US, elle pèse à peine trente kilos. Après-guerre, elle deviendra infirmière, se mariera avec un pilote (Robert Fournet), l’accompagnera en Indochine ou ce dernier sera tué. En 1951, revenue en France depuis deux ans, Rolande devient interprète pour l’ambassade des USA. « Frenchy » est née. Elle se mariera peu après avec le sergent-major Gene Admundson et prendra la nationalité américaine. Vivant désormais outre-atlantique, elle fera partie, avec la chanteuse Martha « colonel maggie » Raye, inlassable supportrice des soldats depuis 1943 lors des tournées USO, de l’association de soutien des « bérets verts », qui l’honoreront en 1977 comme lieutenant-colonel honoraire, lui offrant… un béret vert. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Etienne et Violette Szabo. Les époux de la France libre

47295552_1931082597014111_7405461063635828736_nEtienne et Violette Szabo. Les époux de la France libre. Fin juillet 1940, Etienne, de la 13ème DBLE, rescapé de Narvik, engagé de frais chez les FFL est invité (comme d’autres volontaires) dans une famille britannique. Le hasard l’emmène chez une famille franco-anglaise, les Buschell-Leroy. Il y découvre Violette. 19 ans. 10 ans de moins que lui. Coup de foudre immédiat. Mariage…le 21 août, devant le futur général Koenig! Peu de temps après Etienne, d’origine hongroise, dans la Légion depuis 1930, un vrai baroudeur, sergent-chef, part en Afrique. Il fera les campagnes du Cameron et d’Érythrée. Les deux tourtereaux se retrouvent au Caire l’été 1941, permission venu de nulle part, après la campagne de Syrie. Lune de miel près des pyramides. De son côté, Violette est devenue une ATS (Assistant territorialy service), comme opératrice de la DCA. Après ce moment heureux, chacun va se battre à nouveau. Etienne à Bir-Hakeim. Violette contre la Luftwaffe. De leur amour, va naître Tania, le 8 juin 1942. Hélas, à El Alamein, le 24 octobre 1942, Etienne est tué à la tête de ses hommes. Folle de chagrin, Violette quitte l’ATS pour entrer au contre-espionnage britannique et servir en zone occupée. Nom de guerre : « Louise ». Si sa première mission s’effectue normalement (avril 1944), la seconde, en Haute-Vienne (juin 1944) est un échec. Blessée, arrêtée, interrogée, torturée, elle est déportée le 08 aout 1944 à Ravensbrück. Violette sera exécutée le 05 février 1945.

La petite Tania recevra plusieurs décorations au nom de ses deux parents à la Libération, notamment la légion d’honneur et la King George Cross. Les Britanniques consacreront un film à Violette (1958). Que dire de plus…Rudolph de Patureaux Ecrivain

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Henriette Le Belzic : Résistante-déportée, novembre 1941 – avril 1945 …

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N’oublions pas ! A l’heure où les dernières victimes des camps nazis disparaissent, gardons plus que jamais en mémoire leurs récits.

La nantaise Henriette Le Belzic était une jeune résistante, engagée dans plusieurs groupes clandestins dès l’arrivée des Allemands en juin 1940. Arrêtée, elle est déportée à Ravensbrück et Mauthausen, camp de la folie et de la mort. Ce qu’elle retient de ses mois de cauchemar, c’est la formidable solidarité qui l’unissait à ses compagnes d’infortune.

Ces mémoires, tout en dignité et sobriété, sont à paraître le 17 octobre prochain aux éditions Coop Breizh. Un magnifique hymne à la vie. Isabelle Le Boulanger

Parution du livre le 10 novembre 2018 – Mémoire d’une Bretonne dans l’enfer concentrationnaire Nazi

C’est à l’occasion de sa rencontre en 1970 avec Roger Huguen qu’Henriette Le Belzic lui remet ce qu’elle nomme « ses Mémoires ».

Il s’agit d’un recueil de 29 pages dactylographiées, dans lesquelles elle relate sa période de captivité depuis son arrestation le 10 novembre 1941 jusqu’à sa libération le 22 avril 1945.

Présenté par Isabelle Le Boulanger : Ce recueil, écrit « peu après les événements » sans que l’auteure n’en précise la date ni à qui elle en destine la lecture, est conservé aux archives départementales des Côtes-d’Armor.

Ce témoignage constitue, avant tout, un vibrant hommage à toutes ses camarades de déportation et, en particulier, à celles qui ne sont jamais revenues.

Henriette Le Belzic ne s’attache qu’à l’essentiel : rappeler que ces femmes ont lutté pour la défense des valeurs républicaines et montrer leur capacité de résistance face à la bestialité de leurs bourreaux.

Si l’arrière-plan dépeint l’horreur des geôles et des camps de concentration de Ravensbrück et Mauthausen, Henriette Le Belzic fait la part belle aux liens de solidarité très forts qui l’unissent à ses compagnes d’infortune, à leurs petites victoires contre les nazis qui, dans ce contexte si impitoyable, sont autant d’actes de résistance héroïques.

Magnifique parole brute, ce texte tout en sobriété et pudeur est un formidable hymne à la vie.

Éditeur : COOP BREIZH

Auteur : HENRIETTE LE BELZIC