Archives pour la catégorie Femmes dans la Résistance

Ces femmes qui ont rejoint De Gaulle à Londres : Janine Hoctin-Boulanger

55736476_2097083920413977_1638602896134111232_n

Janine Hoctin-Boulanger. La guerre comme fin d’adolescence. Septembre 1939, Janine, une parisienne de tout juste 16 ans est en voyage scolaire en Angleterre. A Hastings, elle apprend la déclaration de guerre. Pour éviter tout risque lors du retour, elle reste, avec l’accord de ses parents, outre-Manche. Puis le temps passe. La guerre s’installe. Janine est coupée de la France. Comme elle veut bien faire, elle s’engage dans la Croix rouge pour s’occuper des enfants évacués de Londres et des blessés des bombardements, en attendant mieux. Janine découvre la vraie guerre avec le Blitz de Londres. Arrive enfin, le 7 novembre 1940, la création du corps féminin des volontaires françaises…qui n’engagent que des Françaises de 18 ans! Qu’à cela ne tienne, Janine triche sur son âge. De plus, comme par hasard, son passeport est perdu. Janine va aller se former à Bournemouth en décembre 1940. Sous les bombes. D’abord interprète « anglais » pour les FNFL, elle vit surtout dans les caves de Londres la nuit, nerfs mis à rudes épreuves. Sa caserne est détruite (avril 1941). Puis mademoiselle Hoctin devient conductrice en 1942 (camp de Camberley). Elle y apprend la mort de son père. Devenue chauffeur officiel des hautes autorités, nuit et jour, Janine verra la guerre en roulant, accompagnant les plus grands dont de Gaulle « distant mais totalement investi de sa mission ». Au camp de Camberley, elle rencontre le sergent Bernard Boulanger, de la 1ère compagnie du 501ème RCC, qu’elle ne reverra que deux ans plus tard (avril 1944). La mère de Janine, elle, entrera dans la résistance (réseau Confrérie Notre Dame, c’est Janine qui la « proposa » au « colonel Rémy »). Rentrée en France après la libération de Paris, mademoiselle Hoctin continuera à servir dans le cadre de la mission de ré-administration de la France (avec Claude Hettier de Boislambert, Mission militaire française de liaison administrative (MMLA)) avant de retourner l’état-major de la marine. Janine se mariera le 5 avril 1945 avec Bernard Boulanger, passé adjudant.
Janine a reçu la légion d’honneur en 2010 et est décédée le 20 février 2016.
N’hésitez pas à partager
Rudolph de Patureaux Ecrivain

Annette Monod – L’ange du Vel « d’Hiv » de Drancy et des camps du Loiret

Paru le 15 mai 2018 – Fille de pasteur, Annette Monod-Leiris(1909-2001) a consacré sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale à Ivry, elle intervient ensuite dans les camps d’internement de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers pour la Croix-Rouge. Engagée dans la Résistance, elle soutient les internés juifs, facilite leur évasion. Elle condamne les mauvais traitements infligés aux détenus du FLN.

Annette Monod – L’ange du Vel’ d’Hiv’ de Drancy et des camps du Loiret

« Je suis volontaire pour y aller »

Rendue célèbre pour son rôle au Vel’ d’Hiv’ par le film La Rafle, Annette Monod consacra sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale dans une banlieue ouvrière de Paris, son action dans les camps d’internement français va la transformer.

Particulièrement engagée dans la Résistance durant les années sombres de 1940 à 1945, elle prit de nombreuses initiatives personnelles pour le soutien des internés juifs et des prisonniers politiques et fut une témoin majeure de la grande déportation française des enfants juifs.

Pendant les événements d’Algérie, assistante sociale cheffe à la prison de Fresnes, elle s’oppose aux mauvais traitements infligés aux détenus FLN.

Issue d’une famille protestante engagée dans le christianisme social, elle a continué à interroger sa foi face à ce que l’humain est capable de pire.

Cette biographie rédigée par Frédéric Anquetil, qui l’a bien connue durant ses années de militantisme à l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), comble une lacune importante de l’histoire de la résistance féminine non-armée.

____________________________________________________________________________________________

Née à Saint-Quentin (Aisne), en juillet 1909, Annette est la fille du pasteur de la ville. Après ses études secondaires, son père l’envoie travailler en Angleterre comme enseignante de français, pendant un an. Alors qu’elle se destinait au métier d’infirmière, son père lui conseille, au vu de son tempérament, d’opter plutôt pour une carrière sociale. Elle passe le diplôme d’État d’assistante sociale à l’école de Paul Doumergue – fondateur, en 1913, de l’École pratique de service social (EPSS), place des Vosges, à Paris -, innovante par sa réflexion sur la pratique. Elle obtient très rapidement un poste dans une cité d’Habitations à Bon Marché ouvrière d’Ivry-sur-Seine, comportant 200 familles, y travaille à temps plein, au sein du service de la protection maternelle et infantile, et réside sur place.

En 1939, Hélène Campinchi, femme de César Campinchi, ministre de la Marine (de 1937-1938, puis ministre de l’Outre-mer, au moment de la déclaration de guerre) et professeur de droit, qu’elle a connue à l’école Paul Doumergue, lui propose de fonder un foyer d’accueil pour les matelots à Cherbourg, un lieu où se retrouver, jouer au ping-pong, repasser les plis de leurs pantalons, assister à des représentations théâtrales, bref, un lieu de convivialité. L’expérience se termine en 1940 avec les bombardements de Dunkerque. Annette Monod et sa soeur trouvent alors refuge chez des amis protestants de leur père, le comte Hubert de Pourtalès, dans son château de Martinvast (Manche). Elles y restent un mois, jusqu’à la réquisition du château par l’armée allemande. Arrivée à Paris, non sans mal car les communications sont coupées, Annette Monod est embauchée par la Croix-Rouge, dans le cadre des services d’urgence à Compiègne, pour aider les Français réfugiés et ravitailler les trains de prisonniers de guerre à la place du Nationalsozialistiche Volkswohlfahrt (NSV), le secours national allemand, avec des chariots de café et de bouillon. Puis elle s’occupe de la caserne Jeanne-d’Arc, transformée en camp de prisonniers de guerre, qui connut de nombreuses évasions, du fait de sa surpopulation… Pour en savoir plus sur le site du Cedias

Vidéo complète disponible sur le site

de https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn508513

Annette Monod-Leiris, born in 1909, discusses her assignments as a social worker in various internment camps, such as Beaune, Drancy, Pithiviers and Voves; her life before the war, teaching in England and working in a workers’ home in Evry, France; volunteering for internment camps in both Beaune and Pithiviers; switching from Beaune to the camp in Drancy in 1941; the conditions in Beaune la Rolande, France, including the barracks, over population, toilet facilities, and the food supply; other organizations and institutions represented in the camps; aspects of Pithiviers, including the medical staff, the medical treatment, the permissions for hospital visits, the daily routine of the inmates, and the facilities; aspects of Drancy, including the establishment of her office, her assistants, deportations, executions, layout of the buildings, and the facilities; being fired by the French police for “doing too much” for the inmates; being sent to a camp for communists in Voves, Eure-et-Loir, France; joining the Red Cross for the emergency team in Compiègne, France; how she helped Jews cook to keep Kosher and celebrate important holidays; the living conditions and situation of children at the camps; her participation in the liberation of the Drancy internment camp in 1944; rumors of how prisoners ate organs of the dead to survive; her contact and friendship with Jewish families after the war; and her commitment to Amnesty International.

Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Diên Biên Phu

Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Dien Bien phu. En Aout 1943, Elisabeth, voulant faire médecine, jeune fille de bonne famille de 19 ans, choisit son camp. Celui de la France libre. Elle entre en résistance (jouant de son côté angélique, elle vole des armes aux Allemands) puis au BCRA du colonel Passy. Les services secrets. Elle sera en charge (avec d’autres) et malgré son jeune âge, de l’organisation des opérations aériennes du nord-ouest. Le BOA. Nom de code Galilée 2. Elisabeth devenue « Brigitte » vérifie les zones de parachutages, transporte les valises de radioguidage. Plus tard, Brigitte est sollicitée par l’agent Britannique Yeo-Thomas (voir mon t.4) pour participer à l’évasion de Pierre Brossolette (arrêté le 4 février 1944 en Bretagne). 21 Mars 1944, malheureusement le plan avorte. Suite aux « aveux» d’un agent de liaison, Pierre Manuel, Brigitte (et son compagnon) sont arrêtés au Trocadero. Elle prend une balle dans le ventre lorsque la Gestapo l’appréhende. Tabassée, torturée (on lui cogne la tête contre les murs), Brigitte ne parle pas. Elle va être envoyée en déportation. Direction Ravensbrück (exactement le kommando de Zwodau)! Puis elle survivra aussi à la marche à la mort vers Dachau pendant l’hiver 1945 (470 kms à pied), ne voulant pas laisser ses os en terre allemande et reviendra à Paris. A son retour à Paris, hôtel Lutetia, elle pèse aussi peu qu’un enfant de huit ans (26 kilos). Puis, Brigitte sera attachée de presse d’André Malraux avant de devenir correspondante de guerre en Indochine (1951). Pour suivre les troupes, elle passera son brevet de parachutiste militaire. Brigitte vivra comme un homme, au milieu des soldats (une vie de frousse selon ses dires). Son aventure se terminera à Dien Bien Phu, ou elle sera parachutée. Étant une femme et non militaire, Brigitte sera exfiltrée de « force », alors qu’elle désire rester jusqu’au bout avec les soldats.

Je vous engage à lire ses oeuvres : Regarde-toi qu meurs qui meurs (1947) et les fleurs du ciel (1955)

Brigitte est décédée le 6 mars 2011.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Lire une vidéo sur http://www.memoresist.org/temoignage/brigitte-friang/

Paulette Jacquier. Alias « Marie-Jeanne », la Jeanne d’Arc de la 1ère DFL.

51697001_2028528820602821_3370909050815381504_n

Paulette Jacquier. Alias « Marie-Jeanne », la Jeanne d’Arc de la 1ère DFL. Il n’y a pas plus désespéré par la défaite que Paulette en juin 1940. De son Isère, elle veut rejoindre de Gaulle. Presque impossible pour une jeune femme. Elle a 22 ans. Mars 1941, elle rentre dans la résistance. Elle commence par distribuer des tracts. Puis, elle transporte plis, valises. On la trouve partout de Grenoble à Valence en passant par Clermont-Ferrand. Devenue « Marie-Jeanne », la jeune femme crée un groupe de résistance chez elle, à la Frette, avec quelques armes. Elle est incontournable. Un chef de guerre. Quand les Allemands pénètrent dans la zone libre en novembre 1942, elle devient vite traquée. Sa vie est faite de grenadage et d’embuscades. Mais en mai 1944, l’ennemi et des miliciens lui tendent un guet-apens dans son village. Il y a des morts. Elle est arrêtée. Paulette est torturée mais les Allemands ne sont pas sûrs de son identité de « Marie-Jeanne ». Le 13 juillet 1944, profitant d’une surveillance plus lâche, elle s’évade par une fenêtre, se blesse, est recueillie par la famille Gauthier du Rivet. L’ennemi, désormais persuadé de son identité, va détruire son village, exécuter son père, tandis qu’elle va réussir à retourner au maquis (la famille Rivet sera, elle, envoyée en déportation) après avoir été soigné. Dès lors elle va combattre, vraie franc-tireur, au sein du maquis Chambaran. La jeune femme joue les infiltrées, renseigne. Le 18 août, elle se bat lors d’une embuscade. Quatre jours plus tard, elle s’empare, à Lyon, des plans de défense des ponts sur leRhône. Le 26, elle s’occupe de faire passer des agents américains à travers les lignes. « Marie-Jeanne » est sur les rangs comme FFI du bataillon Chambaran, en tenue US toute neuve, dans Lyon libérée, le 14 septembre, pour recevoir la légion d’honneur, des mains du général de Gaulle et nul…ne remarque (ses cheveux longs sont plus ou moins cachés), au milieu des garçons sortis de l’adolescence, qu’elle est une femme.

51989169_2028528737269496_3719923023910797312_n

Dès lors, caporal au 4ème bataillon de marche « Chambaran » de la DFL, elle va combattre comme un homme, au milieu des hommes. Et puis, un jour froid de janvier 1945, le colonel Gardet demande qui est ce caporal aux trop cheveux longs? On lui répond…Marie-Jeanne. Bien, que Marie-Jeanne se coupe les cheveux! Refus de l’intéressée! « Mon colonel, je suis une fille! » Pataquès! Cas non conforme. Dès lors, le commandement, « désappointé » (peur pour elle, le bataillon a beaucoup de pertes), n’aura de cesse de la sortir du front, et elle n’aura de cesse de tout faire pour y rester. Jusqu’aux larmes. Elle finira la guerre, en combattante de première ligne, avec la DFL, et défilera à Antibes et Cannes pour la Victoire.

Après-guerre, elle deviendra assistante sociale aux armées, perdra son mari (capitaine Séguret) en Indochine et s’éteindra en février 1975. Farouche…jusqu’au bout. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Jusquà la fin de sa vie la résistante Geneviève Augris née Frotier de la Messelière aura forcé le respect.

« Chacun faisait à son niveau ce qu’il pouvait. On a camouflé beaucoup de monde, des étudiants, des appelés au STO, des évadés… On n’a pas été capable de remercier des gens modestes qui ont risqué leur vie» Jusqu’au bout, Geneviève Augris aura forcé le respect.

Loin de tous les honneurs qu’elle refusait pour avoir simplement fait son devoir de citoyenne, Geneviève Augris, née Frotier de la Messelière, grande dame des premiers moments de la résistance française sous l’Occupation, vient de nous quitter à l’âge de 97 ans. Dès le début de la guerre, sa famille, qui a payé un lourd tribut au premier conflit mondial, entre en résistance et son château à Queaux, en zone libre, va servir aux réfugiés et à camoufler du matériel de guerre.

Geneviève Augris ne recule pas à apprendre le maniement des armes, à passer des courriers et des informations multiples pour Londres au risque et péril de sa vie, durant de nombreuses et parfois très longues virées nocturnes à bicyclette, chargée de documents précieux, comme les plans du camp d’aviation de Poitiers Biard, ou à faire passer des personnes en zone libre.

Elle refuse une médaille

La Vienne libérée en 1944, elle entrera au 125 régiment d’infanterie comme sergent-chef et infirmière pour se battre dans la poche de résistance allemande de Saint-Nazaire.

De retour à la vie normale, lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville de Poitiers, elle refusa une médaille qu’on devait lui remettre, estimant avoir fait les choses quand il le fallait. Elle se plaisait de dire: « Chacun faisait à son niveau ce qu’il pouvait. On a camouflé beaucoup de monde, des étudiants, des appelés au STO, des évadés… On n’a pas été capable de remercier des gens modestes qui ont risqué leur vie» Jusqu’au bout, Geneviève Augris aura forcé le respect. Source : la Nouvelle République du  26 janvier 2019.

Silvia Monfort. La casque d’or de la Résistance française

 

 « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et… de combattants ! »

Silvia Monfort. La casque d’or de la résistance. 1943, Silvia, pseudonyme de Simonne Favre-Bertin, déjà actrice, 20 ans rencontre son futur mari, Maurice Clavel (jeune agrégé de philo). Tous deux, jeunesse voulant en découdre, ne désirant pas en manger comme certains intello collabos, vont s’engager dans la résistance , réseau Libération Nord Eure et Loire. Dès lors, elle et Maurice, devenu Sinclair, vont parcourir tout le département pour coordonner les actions, recruter des hommes, organiser le ravitaillement, recueillir les parachutages. La gestapo va chercher partout une jeune et jolie femme blonde sans jamais l’attraper. 11 août 1944, ils vont faire partie de ceux qui vont soulever l’Eure et Loire dans l’attente de l’armée américaine. Le combat, huit jours, sera sanglant mais victorieux. Moment suprême de ce temps héroïque, c’est Silvia Monfort, avec d’autres, qui accueillera le général de Gaulle dans Chartres libérée le 23 août, sur le parvis de la cathédrale. Le lendemain Silvia montera sur Paris et fera le coup de feu devant le palais du Luxembourg. Elle sera décorée de La Croix de guerre en 1945 et…jouera Jeanne d’Arc dans un spectacle destiné à financer les familles des résistants tués au combat.

Cette grande actrice évoquera son action dans le livre : il ne m’arrivera rien. 1946. Elle ne mît jamais en avant son rôle dans la résistance. Quelques lignes de Silvia sur cette période : « C’était au temps où les gens qui s’aimaient s’écrivaient en prenant le temps de se le dire avec de vrais mots dans cette belle langue française qui se meurt : faute d’amour et … de combattants ! »

Source asso de recherche pour la mémoire de la résistance en Eure et Loire.

N’hésitez pas à partagerRudolph de Patureaux Ecrivain

Simonne Marguerite Favre-Bertin, plus connue sous le nom de Silvia Monfort, est née le 6 juin 1923 dans le quartier du Marais. Son père n’est autre que le sculpteur Charles Favre-Bertin. Suivant sa scolarité en pensionnat, elle réussit à obtenir son baccalauréat à quatorze ans et demi. Elle s’inscrit ensuite au cours de théâtre de Jean Hervé et Jean Valcourt. A seize ans, elle fait la rencontre de Maurice Clavel, son futur époux. Elle milite à ses côtés, pendant la guerre et participe à la libération de Nogent-le-Rotrou et de Chartres en 1944. A la fin de la guerre, elle se fait décorer de la croix de guerre par le Général De Gaulle et de la Bronze Star Medal par le Général Patton…

Pour en savoir plus sur le site de

 http://www.premiere.fr/Star/Silvia-Monfort


« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

N’hésitez pas à partager pour que l’on se souvienne de nous.

Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain