Archives pour la catégorie Droit des femmes

Les « bas-bleus » au XIXe : les femmes de lettres face à la misogynie de la presse

Au XIXe siècle, les « femmes qui écrivent » héritent du qualificatif méprisant de « bas-bleu ». Elles sont l’objet des moqueries systématiques de la part des journalistes masculins, omnipotents dans la presse de l’époque.

Portrait de George Sand par Eugène Delacroix, 1834 – source : Musée national Eugène-Delacroix-Domaine Public

Les « bas-bleu » : tel est le sobriquet dont les femmes de lettres du XIXe siècle se voient affublées par leurs contemporains. Le terme (toujours au masculin) est traduit de l’anglais blue stocking, qui désignait à l’origine les habitués du salon d’Elizabeth Montagu, dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe.

En traversant la Manche au début du XIXe siècle, le mot prend une connotation péjorative et va stigmatiser ce que l’on appelle les « femmes qui écrivent ».

Les journaux de l’époque, entièrement contrôlés et rédigés par des hommes, sont les premiers à se moquer de ces femmes, issues en général de la bourgeoisie, qui voient leur légitimité presque systématiquement remise en cause dès qu’elles prétendent à une carrière littéraire ou journalistique. Le domaine des lettres est en effet perçu alors comme réservé à la part masculine de la population…

le 04/10/2018 par Pierre Ancery – modifié le 26/03/2019

Pour en savoir plus sur le site de Retronews

Droit des femmes, tout peut disparaître (Pauline Delage)

Parution  le 7 mars 2018 – Les droits acquis par les femmes sont-ils irréversibles ? Si le principe d’égalité s’est peu à peu imposé, on est loin du compte dans la pratique ! Les droits des femmes font toujours l’objet d’attaques de la part de groupes ou d’individus qui résistent au mouvement vers l’égalité. Et un nouveau danger, plus insidieux, plane : la façon dont ces droits sont traités et défendus institutionnellement tend à les isoler d’autres questions sociales et politiques. Ce livre propose un retour critique sur les acquis de ces quarante dernières années, en soulignant les résistances à l’antisexisme, mais aussi les limites que le contexte néolibéral impose à la défense des droits des femmes. Pour construire une société, il importe en effet de repenser les droits des femmes pour qu’ils bénéficient aussi, et surtout, à celles qui subissent les inégalités sociales et le racisme.

Pauline Delage, sociologue, travaille sur les transformations du traitement des violences de genre dans différents pays. Elle est cofondatrice du laboratoire junior VisaGe (Violences fondées sur le Genre). Elle a notamment publié Violence conjugale. Du combat féministe à la cause publique (Presses de Sciences Po, 2017).

Éditeur Textuel

Collection Petite Encyclopedie Critique

Enceinte au XVIIe siècle : misères et splendeurs des manuels de grossesse

PAR  · 

« Lorsque j’ai annoncé que j’étais enceinte pour la première fois, mes amies n’ont pas tardé à m’ensevelir sous des tombereaux de manuels sur la grossesse et sur l’accouchement. Je ne sais pas si leur intention était d’abord de libérer de l’espace dans leurs bibliothèques ou de m’aider à me préparer à ce changement de vie radical, mais j’ai eu l’impression qu’il était de mon devoir de lire tous les conseils qui m’étaient ainsi dispensés. Je tentais de comprendre comment devenir la mère de l’être mystérieux qui grandissait à l’intérieur de moi, et toute assistance était la bienvenue… »

Lindsay Patterson — Traduit par Bérengère Viennot — 17 mars 2019 pour en savoir plus sur le site de Slate

Gravure : «Les époux Arnolfini» (1434), de Jan van Eyck. | National Gallery, London via Wikimedia

Après-guerre, les « pin-up » provoquent la répulsion des journaux progressistes (Priscille Lamure)

À la fin des années 1940 les « pin-up » débarquent en France, où elles reçoivent un accueil glacial : entre dénonciation de la corruption des mœurs et critique du modèle capitaliste, les journaux de gauche récusent cette démonstration d’« arrogance américaine ».

Un corps aux mensurations parfaites, des jambes interminables, une crinière soigneusement domptée et un regard de velours : voici le cliché fantasmé qu’incarne la « pin-up », une représentation idéalisée de la femme qui voit le jour aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle.

Quelques décennies plus tôt, à la fin du XIXe siècle, les premiers magazines érotiques avaient fait leur apparition dans la presse américaine, ainsi qu’en Europe. L’invention de nouvelles techniques d’impression et la photo-mécanisation des images avaient alors permis la diffusion massive de photographies suggestives pour le plus grand plaisir de la gent masculine…

Pour en savoir plus lire le billet publié par Priscille Lamure le 13 mars 2019 sur le site de Retronew

Priscille Lamure, débusque dans Gallica perles et drôleries historiques. Son blog, Savoirs d’Histoire, lui permet de partager ses trouvailles pour notre plus grand bonheur.

Grande curieuse et passionnée d’histoire depuis l’enfance, elle a commencé son parcours professionnel par une carrière de danseuse à Paris avant de reprendre des études, à l’âge de 24 ans, dans le but de se consacrer à son amour pour l’histoire, les arts et la culture. Depuis l’été 2015, elle tient le blog Savoirs d’Histoire sur lequel elle traite avec humour l’histoire, mais aussi de culture et de littérature. Depuis le début de l’année, elle contribue également aux publications de RetroNews

Etre noir(e) au Brésil

PAR  · 

Le 14 mars 2018 était assassinée Marielle Franco, élue locale de Rio de Janeiro, porte-voix des favelas et des populations noires, militante afro-féministe et LGBT qui dénonçait la violence policière dans ces quartiers. Comment s’articulent, au Brésil, question raciale et question territoriale ?

Le 14 mars dernier était assassinée Marielle Franco, une élue locale de Rio de Janeiro, elle a été abattue de plusieurs balles dans la tête à 21h30, en pleine rue – ainsi que son chauffeur. Cet assassinat a suscité une très grande émotion – et une très grande colère – qui a largement dépassé les frontières de la ville et du pays.

Cette conseillère communale, membre du Parti socialisme et liberté (PSOL), était la porte-voix des favelas, des populations noires, mais aussi une militante afro-féministe et LGBT.

Habitante de Maré, une favela réputée violente, elle dénonçait avec virulence la répression policière dans ces quartiers.

Quatre jours avant son assassinat, Marielle Franco dénonçait le meurtre de deux jeunes garçons noirs de la favela Acari (au nord de Rio), tués et jetés dans une fosse. «Cela est toujours arrivé mais cela a empiré avec l’intervention militaire » avait-elle écrit sur son compte Twitter.

« Combien de gens vont devoir mourir pour que cette guerre prenne fin ? », c’était la question qu’elle posait lors de l’un de ses derniers messages, publié quelques heures avant sa mort.

Le retour des militaires décidé par le président Michel Temer pour tenter de ramener l’ordre dans les favelas a-t-il effectivement aggravé la situation ? Et les noirs font-ils les frais, une fois encore, de l’escalade sécuritaire ? Jusqu’où les inégalités raciales mettent à mal le mythe d’un brésil métissé ?

Pour en savoir plus et écouter le document sonre sur le site de France culture

L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française

Date de parution : 7 mars 2019 – Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. L’histoire de Madeleine Pauliac (1912- 1946), médecin, lieutenant et résistante française, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, peu après la déroute nazie, Madeleine Pauliac prend la tête de l’Escadron bleu à Varsovie : onze jeunes Françaises de la Croix-Rouge qui, inlassablement, volent au secours des rescapés des camps de Pologne et d’Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, elle fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises dont plusieurs se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine prend tous les risques pour les aider à accoucher. Au total, elle accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne.

L’auteur de Madeleine Pauliac, l’insoumise : Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film Les Innocentes …

Redécouvrez en format poche aux Editions Tallandier l’extraordinaire histoire de Madeleine Pauliac.
Format poche : http://bit.ly/madeleine-pauliac-poche
Grand format : http://bit.ly/Madeleine-Pauliac