Archives pour la catégorie Document sonore radio

« Sublime, forcément sublime Christine V. »

Aujourd’hui dans Affaires sensibles, quand Marguerite Duras écrit sur l’affaire Grégory. Invitée Laure Adler, auteure d’une biographie de Marguerite Duras publiée chez Gallimard et vous entendrez également Denis Robert alors envoyé spécial pour Libération…

Publié le 17 juillet 1985, huit mois après le début de l’affaire, le texte de Duras, présenté comme une fiction littéraire, dresse le portrait de la mère du petit garçon, Christine V. Une mère que la romancière imagine coupable, mais magnifique et tragique, dans un texte de trois pages qui scandalisa la France. Car Christine V., version rurale et populaire de l’infanticide Médée, c’est Christine Villemin : une femme, une vraie femme, une jeune femme, 25 ans à peine, qui vient de perdre son enfant et qui bénéficie de la présomption d’innocence.

Une présomption bafouée avant Marguerite Duras par une partie de la presse, presse qui couvre goulûment cette vertigineuse affaire et voit dans la mère du petit Grégory la coupable idéale. Provocant, inconscient ou sublime, l’article de Duras, sommet de ce processus de diabolisation médiatique, vient questionner le rôle du journalisme et de la littérature. Des rivages pluvieux de la Vologne aux salles de rédaction parisiennes, retour sur un texte littéraire qui plonge le fait-divers au-delà du réel, pour le meilleur et pour le pire…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission de France inter

Invitée : Laure Adler, écrivaine, elle a publié entre autres de nombreuses biographies dont celles de Marguerite Duras (en 1998 chez Gallimard) Hannah ArendtSimone Weil et  François Mitterrand « journées particulières » paru chez Flammarion en 2015. Elle a aussi été conseillère culturelle à l’Elysée. Elle est journaliste, a travaillé à France culture, France télévisions… et est aujourd’hui productrice de L’heure bleue tous les jours à 20h sur France Inter.

AFFAIRES SENSIBLES du mardi 19 février 2019 par Fabrice Drouelle

« Histoire d’O » – L’ombre d’un double

Photographie : L’auteur de ‘Histoire d’O’ recevant le prix Deux Magots. Albert Simonin (à gauche) et Raymond Queneau membres du jury qui lui ont remis le prix le 23 janvier 1955 © Getty / BETTMANN

Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, l’histoire de l’un des romans les plus scandaleux du 20ème siècle : « Histoire d’O ». Invitée Angie David écrivaine et éditrice qui a consacré une biographie à l’auteur du livre à scandale…

En 2012, le best-seller porno-soft « 50 nuances de Grey », écrit par une illustre inconnue britannique E. L. James, envahit les librairies françaises – avec autant de succès que partout ailleurs, 125 millions d’exemplaires vendus dans le monde entier.

Pas la peine non plus de rappeler le succès de l’adaptation cinématographique, qui parviendrait presque à faire passer la sexualité SM pour le nouveau produit de l’impérialisme culturel américain. Ce serait oublier Histoire d’O, livre érotique sorti en 1954, pionnier du genre – à tous les égards. Une bombe dans le paysage littéraire français.

Une bombe signée Pauline Réage, pseudonyme mystérieux. Personne ne sait officiellement qui se cache derrière – sinon son éditeur, Jean-Jacques Pauvert, et son préfacier, Jean Paulhan, l’une des plus grandes figures de l’édition française de cette époque…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission France Inter Affaires sensibles

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-18-fevrier-2019

Invitée de l’émission : Angie David est écrivaine et directrice générale des Editions Léo Scheer. En 2006, elle publie « Dominique Aury, La Vie secrète de l’auteur d’Histoire d’O », qui reçoit le prix Goncourt de la biographie.

AFFAIRES SENSIBLES du Lundi 18 février 2019 par Fabrice Drouelle

L’oeuvre du temps – Mémoire, histoire, engagement – Ludivine Bantigny

Parution du livre le 17 janvier 2019 –  C’est un parcours sur les sentiers du temps que ce livre propose, d’une plume vive et engagée. A la rencontre de quelques spectres, des fragments d’un passé personnel, intime parfois même, s’imbriquent dans le récit historien où des questions taraudantes sont soulevées. Quel est le rapport au temps selon les sociétés ? Quels liens l’histoire peut-elle nouer avec la psychanalyse ? L’écriture de l’histoire peut-elle être neutre – et doit-elle l’être ? Quelle part y occupent les émotions et l’intensité des sensibilités ? Ces pages vagabondent aussi à travers des romans, pour agripper en eux la matière du temps, robuste, charnelle, parfois étourdissante.

La vie des morts renaît ici : car l’histoire est peuplée de fantômes qui viennent nous visiter sans toujours nous hanter. L’ouvrage part à la recherche d’un temps ravivé où surgit l’intensité historique : le temps de l’événement en particulier. C’est l’occasion d’explorer les rapports de générations, leurs conflits et plus encore leurs solidarités. Le tout se dit dans une écriture au présent, où l’on pense possible d’abolir l’imparfait : les temps grammaticaux expriment tant de choses sur nos sociétés, leurs conceptions de l’avenir comme du passé.

Le livre s’aventure pour finir sur quelques chemins d’espoir ouvrant sur d’autres temps : des futurs imaginés mais non pas imaginaires pour autant. Afin que vienne enfin un temps dont on s’éprenne.

Ludivine Bantigny est historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie et chercheuse associée au Centre d’histoire de Sciences Po Paris. Elle a travaillé sur la jeunesse et les générations, l’engagement politique et la conscience historique, la guerre d’Algérie, l’événement 1968 et la décennie qui l’a suivi. Elle s’intéresse également à l’histoire des projets de société et des futurs imaginés.

Elle a entre autres publié 1968, de grands soirs en petits matins (Seuil, 2018), La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours (Seuil, 2013 [rééd. 2019]) et Le plus bel âge ? jeunes et jeunesse en France de l’aube des  » Trente Glorieuses  » à la guerre d’Algérie (Fayard, 2007)…

Éditeur : Editions de la Sorbonne

« … On entend de temps en temps Ludivine Bantigny sur les ondes, sur France culture notamment. On la découvre à la télévision pour des documentaires – elle a notamment été conseillère historique et a interprété un rôle dans 68, la plus grande grève du siècle en direct de Dimitri Kourtchine et Gilles Perez diffusé sur France 3 en avril 2018 – ou pour l’émission 28 minutes sur Arte – elle y intervient comme chroniqueuse dans le « club » du vendredi. De fait, c’est une historienne engagée pour qui le temps presse : elle souhaite consacrer ses prochaines années de recherche à explorer des expériences politiques alternatives, des pensées et pratiques d’un monde où le marché ne serait pas un grand totem, où la concurrence cesserait de nous accabler, où l’exploitation ferait place à l’émancipation… »

Pour en savoir plus sur https://criminocorpus.hypotheses.org/59202

L’enlèvement de Maurice Audin raconté par sa veuve : “S’il est raisonnable, vous le reverrez vite…”

Josette Audin, l’épouse du mathématicien militant de l’Algérie indépendante Maurice Audin, est morte le 2 février. En septembre 2018, Emmanuel Macron avait reconnu la responsabilité de l’Etat dans l’assassinat de son mari, en 1957. En 2001, sur France Culture, Josette Audin racontait son enlèvement.

ACTUALITÉS Par Hélène Combis

Pour écouter le document sonore sur France culture.

Maître Roy-Nansion, 30 ans de barreau

Avec l’avocate pénaliste, M° Fabienne Roy-Mansion, nous évoquons les deux procès qui l’ont profondément marquée ces dernières années : L’affaire d’Outreau, et l’affaire Fabienne Kabou, qui avait abandonnée sur une plage du nord de la France, à marée montante, sa fillette âgée de 15 mois.

Invitées de l’émission RTL de l’Heure du crime de Jacques Pradel : Me Fabienne Roy-Nansion du barreau de Boulogne-sur-Mer. Dans son livre « Droit au cœur » qui parait aux éditions Michel Lafon, elle revient, avec la journaliste Anne-Lise Carlo, sur les grandes affaires qui ont marqué son parcours d’avocate pénaliste.

Pour en savoir plus sur le site de l’émission Rtl.

Parution du livre le 24 janvier 2019 – L’avocate Fabienne Roy-Nansion est apparue aux journaux télévisés en décembre 2013. Elle venait de se porter volontaire pour défendre Fabienne Kabou, la mère d’Adélaïde, 15 mois, noyée sur la plage de Berck. Sa plaidoirie marquera l’opinion révoltée par cet infanticide.

Les grands scandales judiciaires, l’avocate connaît. En 2004, elle était plongée au cœur du fiasco d’Outreau, au côté des ténors du barreau Frank Berton et Éric Dupond-Moretti. Avec ses copains de prétoire, Me Roy-Nansion a écumé les cours d’assises du Nord-Pas-de-Calais. Elle a côtoyé de près la souffrance et la misère devant lesquelles elle ne baisse jamais les yeux. Depuis Boulogne-sur-Mer, l’avocate se fait le fil rouge d’un récit vrai, parfois cru et brutal, mais jamais dans le jugement. Son témoignage raconte trente ans de barreau et de nuits passées dans les commissariats d’une France noyée, broyée, rendue invisible.

Editions Michel Lafon

Les clients

Le Conseil Constitutionnel examine aujourd’hui un recours contre la loi d’avril 2016 qui pénalise les clients de prostitués. Pour payer leur « faute », ils peuvent s’acquitter d’une amende de 1 500 € ou bien participer à un stage de deux jours (180 €), de sensibilisation à l’achat d’actes sexuels.

Pour écouter le document sonore sur le site de l’émission France culture