Archives pour la catégorie Armée

Alphonsine Loretti. Héroïne par devoir

49405640_1986934884762215_8848321306291077120_nAlphonsine Loretti. Héroïne par devoir. La guerre va trouver Alphonsine sur son chemin à Alger, en 1943. Elle y vit avec son mari. Tirailleur à la 3ème DIA. Elle a 28 ans. Comme d’autres femmes, elle s’engage chez les « chaufferettes », les conductrices d’ambulances rejoignant ainsi, à sa façon, son mari dans le conflit. A la fin de sa formation au 27ème escadron du train, cette belfortine d’origine va partir en Italie. A Naples. Décembre 1943. Elle conduit une des Dodge WC54. La bête américaine lui fait les bras. A peine arrivée, Alphonsine est jetée dans la bataille. Dans les Abruzzes. Au Monte Cassino. Au sein du 3ème bataillon médical. Il fait froid et il pleut une neige fondue tout le temps. Le ravitaillement manque. Le danger est partout. L’artillerie allemande semble traquer les ambulances sur les routes parfois sommairement aménagées et détrempées. Routes dite de la mort comme celle d’Acquafondata. Le 5 février 1944, les ambulances doivent partir chercher des blessés au village de Terelle. Elles sont cinq à se précipiter. Courageuses sans se poser de questions. Il fait nuit. L’aller se passe bien. Au retour, en sortant du mont Rapido, les ambulances croisent une Willys qui vient de sauter sur une mine. Prise en charge des blessés immédiate. L’artillerie allemande tape et tape. Des éclats trouent les Dodge. Alphonsine est touchée à mort (jambes sectionnées) et tombe dans la boue. Le convoi repart. Alphonsine meurt en route. Plus d’une dizaine d’heures pour rejoindre le PC médical. Alphonsine, ou « Lorette », fut la première infirmière française à mourir en Italie et la toute première femme décorée de la médaille militaire.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

« Les auxiliaires de la guerre à l’époque moderne (cantinières, vivandières, prostituées) » 

Communication de Marion Trévisi, maître de conférence à l’Université de Picardie – Jules Verne, prononcée le 14 janvier 2016 lors des journées d’étude « La guerre et les femmes » organisées dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société » soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

Marion Trévisi est maître de conférences en histoire moderne à l’université de Picardie Jules Verne (Amiens). Spécialiste d’histoire de la famille, elle s’est intéressée aux solidarités familiales et au rôle des femmes dans les familles françaises du XVIIIe siècle. Elle poursuit désormais une enquête de grande ampleur sur les femmes et la guerre à l’époque moderne…

Gravure : Françaises sous l’uniforme, 1852-1993 – Cantinière-vivandière du 16e régiment d’infanterie. Derrière elle un fourgon réglementaire.

Pour en savoir plus sur le site de Canal Académie

« Je suis Marie Hackin … J’ai été la première femme nommée compagnon de la Libération…à titre posthume » – Respect

« Je suis Marie Hackin. Je suis née luxembourgeoise sous le nom de Parmentier en 1905. Passionnée des civilisations anciennes, je suis entrée à l’école du Louvre à Paris et j’y ai rencontré mon mari, Joseph Hackin, archéologue (lieutenant en 1914, croix de guerre et légion honneur, trois blessures). Dès lors, je suis devenue française et j’ai embrassé faite et cause pour mon nouveau pays. L’horrible défaite de mai-juin 1940 nous a surpris en mission en Afghanistan. Entre deux fouilles, mon mari servait comme commandant à la légation française de Kaboul depuis septembre 1939. Nous étions des tricolores à l’autre bout du monde. Le 6 juillet de cette année maudite, mon mari et moi avons envoyé un message au général de Gaulle : Nous nous rallions à la France libre. Je suis arrivée à Londres en octobre 1940 et de suite j’ai voulu servir. Alors, avec Simone Mathieu, et tout en étant intégrée à l’école des cadets officiers, nous avons créé le corps des volontaires féminines de la France libre (casernement à Hill street). Je suis devenue sous-lieutenant. Puis Joseph a été nommé comme délégué de la France libre pour les Indes. Je l’ai accompagné. Nous avons pris le cargo Jonathan Holt en partance de Liverpool le 20 février 1941. Convoi OB-289. Route de l’ouest. Quatre jours plus tard, à 02h12, point 61°10′N 11°55′W, notre navire été coulé par le U97 au sud-ouest des iles Feroe. Ni moi ni Joseph n’avons survécu. J’ai été la première femme nommée compagnon de la Libération…à titre posthume. Mon nom a été donné à la caserne des volontaires françaises libres à Londres (avril 1941). »

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Écrivain

 

 

Arlette Ratard, la Rochambelle des Sables d’Olonne, s’est éteinte au Brésil

« J’ai de bons souvenirs de cette époque mais aussi de plus douloureux »racontait-elle en 2013. « Je me souviens que l’on rigolait beaucoup. Comme les femmes n’étaient pas bien vues par tous, on nous avait collées au début aux légumes. Mais comme on chantait, même les colonels se retrouvaient avec nous pour rigoler. Bien sûr, on essayait aussi de nous humilier et on nous faisait marcher au pas au milieu des hommes. Un autre souvenir cocasse : lors de la première attaque, une des ambulances a pris feu. Je me souviendrai toujours du spectacle surréaliste de ces deux infirmières en soutien-gorge et petite culotte essayant d’éteindre l’incendie ! »

Arlette Ratard était l’une des dernières Rochambelles, ces conductrices ambulancières de la 2e division blindée du général Leclerc. Celle qui a longtemps vécu aux Sables d’Olonne s’est éteinte le 30 décembre au Brésil où elle avait rejoint l’un de ses fils.

Elle avait 99 ans et vivait au Brésil. Arlette Ratard, née Hautefeuille, est morte au Brésil, le 30 décembre, après avoir longtemps vécu aux Sables d’Olonne, ville d’où était originaire son père Charles, un ancien de la Première guerre mondiale qui a survécu au torpillage du bateau sur lequel il se trouvait en février 1918.

C’est le site « les filles de la DB » qui l’a annoncé. L’an dernier, en avril, Raymonde Jeanmougin, une autre Rochambelle, était décédée à Paris…

Pour en savoir plus sur le site de Ouest France

 

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

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Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Denise Ferrier. L’ange d’Alger

Denise Ferrier. L’ange d’Alger. En 1943, Denise, sportive accomplie, bachelière, voit en Algérie le retour de la France en arme. Obéissant au mot d’ordre du général Merlin voulant des femmes aux armées pour les tâches de soutien, elle s’engage et va devenir conductrice ambulancière. De son propre aveu, à la formation militaire (au 27eme régiment du train), elle mangea du sable par les trous de nez. Devenue aspirant, son premier « combat » sera l’île d’Elbe (juin 1944) au sein de la 2eme compagnie ambulancière du 25eme bataillon médical, avec 7 autres filles. Sa bravoure au feu pour secourir les blessés recevra une citation. Puis ce sera le débarquement de Provence. De Toulon a l’Alsace, sans jamais se reposer, elles et ses consœurs découvrent les mines, les morts, les pertes amies. Denise suit le RIC Maroc partout. Deuxième citation en novembre 1944. Il fait froid. Des ambulancières sont grièvement blessées. D’autres tombent aux mains de l’ennemi. Peu ou pas de permissions. Arrive le 24 janvier 1945, Denise est épuisée. Elle n’arrive plus à sourire. Allant prendre son petit-déjeuner, un obus vint détruire sa vie de 20 ans…rue Adolf Hitler, à Richwiller.

Sa section se nommait « franchise et vaillance ».

Remerciement à Jean-Marc Munch pour la documentation.

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Infirmière française de la 531ème compagnie de transport sanitaire en Italie. Août 1944

Même en temps de guerre, un simple sourire peut rendre une humanité aux soldats. Infirmière française de la 531ème compagnie de transport sanitaire en Italie. Aout 1944. Ses femmes qui servaient dans le train auprès de la 9ème DIC, convoyaient les blessés du front vers l’arrière, prenant au passage les obus sur la tête, comme leurs homologues masculins.

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