Archives pour la catégorie Armée

Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut

57032109_2114141588708210_5511701375991414784_n

Maryse Hilsz. Les ailes françaises au plus haut. Quand la guerre éclate, Maryse Hilsz est un des plus grands noms de l’aviation féminine, cumulant record sur record (comme le Paris-Saigon en 4 jours de 1937, record de hauteur pour une femme sur avion à hélice : 14310 mètres), l’ensemble accompagné de nombreuses blessures. Une risque-tout au caractère bien trempé! Maryse a 38 ans en 1939. La pilote est inquiète. Elle a alerté trois ans auparavant le ministre Pierre Cot du retard de l’armée de l’air, et elle veut servir la France en volant. L’armée de l’air va uniquement proposer à Maryse et à trois autres femmes de devenir convoyeuses d’avion. En effet, l’état-major n’a pas anticipé le problème du convoyage de l’usine vers les zones d’armement. Pour l’entreprise Amiot, Maryse accepte ce rôle. Inlassablement, elle effectue sa mission de transport. Les conséquences du triste mois de mai 1940 la décident tout d’abord de tenter sa chance aux USA comme pilote avant de rentrer en résistance en France, mais sans ses ailes. Elle intègre en septembre 1941, habitant désormais Aix en Provence, sous couvert d’être modiste (son vrai métier), un des 95 réseaux locaux de Maurice Buckmaster, avec le SOE section F. Comme toutes les femmes de l’ombre, Maryse porte des plis, joue les radios ou pose des explosifs. Sa détermination est sans faille. A la Libération Maryse obtient le rang de capitaine dans les FFI. Elle n’a jamais renoncé. A l’automne 1944, le vol va la rattraper sous la forme du projet du ministre Tillon (validé par le général de Gaulle)…intégrer des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Comme les Soviétiques. Maryse est volontaire. Elle reprend le vol. Elle est vite lieutenant. Elle retrouve ses consœurs de 1940 (dont Maryse Bastié et Elisabeth Boselli) . Malgré des combinaisons de vol pas à leur taille, des avions désuets, Maryse et les autres aventurières de l’air retrouvent le goût du ciel. Maryse sera affectée au GLAM (groupe liaisons aériennes militaires), sur Siebel SI 204 (NC-701 Martinet en VF). Malheureusement, le ciel va se venger de celle qui l’a tant défié. Le 30 janvier 1946, se débattant dans un temps épouvantable, commandes givrées et bloquées, elle s’écrase avec ses passagers, lors d’un trajet Villacoublay-Marignane, près de Bourg en Bresse. Elle aura connu la même fin tragique que l’homme de sa vie, André Salel, tué dans le crash de son Farman 420-01, le 18 juin 1934.

La mort de Maryse (et d’autres considérations politiques) arrêtera le projet des femmes pilotes dans l’armée de l’air. Il faudra attendre…1996 pour qu’à nouveau, le recrutement leur soit ouvert.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

56993961_2114142412041461_4141741631885803520_n

56970877_2114144272041275_5330982715682455552_o

Gendarmerie : « Un métier d’autorité qui se féminise », dit une commandante

INVITÉE RTL – Karine Lejeune, commandante de groupement de l’Essonne et lauréate du « coup de cœur » de la Femme d’influence 2018, fait le point sur la féminisation de la gendarmerie.

Elles représentent aujourd’hui 20 % des effectifs de gendarmerie, dont trois sont commandantes de groupement départemental. « Les femmes sont présentes dans toutes les subdivisions d’armes », se félicite Karine Lejeune, commandante du groupement de gendarmerie de l’Essonne.

Déjà dépositaire de l’ordre national du Mérite en 2015, la militaire a été élue « coup de cœur » de la Femme d’influence 2018. Gendarmerie départementale, mobile et même GIGN…  le métier accueille de plus en plus d’éléments féminins depuis 1983, officiers et sous-officiers…

Pour en savoir plus et lire la vidéo d’appui sur le site de Rtl

 


Alphonsine Loretti. Héroïne par devoir

49405640_1986934884762215_8848321306291077120_nAlphonsine Loretti. Héroïne par devoir. La guerre va trouver Alphonsine sur son chemin à Alger, en 1943. Elle y vit avec son mari. Tirailleur à la 3ème DIA. Elle a 28 ans. Comme d’autres femmes, elle s’engage chez les « chaufferettes », les conductrices d’ambulances rejoignant ainsi, à sa façon, son mari dans le conflit. A la fin de sa formation au 27ème escadron du train, cette belfortine d’origine va partir en Italie. A Naples. Décembre 1943. Elle conduit une des Dodge WC54. La bête américaine lui fait les bras. A peine arrivée, Alphonsine est jetée dans la bataille. Dans les Abruzzes. Au Monte Cassino. Au sein du 3ème bataillon médical. Il fait froid et il pleut une neige fondue tout le temps. Le ravitaillement manque. Le danger est partout. L’artillerie allemande semble traquer les ambulances sur les routes parfois sommairement aménagées et détrempées. Routes dite de la mort comme celle d’Acquafondata. Le 5 février 1944, les ambulances doivent partir chercher des blessés au village de Terelle. Elles sont cinq à se précipiter. Courageuses sans se poser de questions. Il fait nuit. L’aller se passe bien. Au retour, en sortant du mont Rapido, les ambulances croisent une Willys qui vient de sauter sur une mine. Prise en charge des blessés immédiate. L’artillerie allemande tape et tape. Des éclats trouent les Dodge. Alphonsine est touchée à mort (jambes sectionnées) et tombe dans la boue. Le convoi repart. Alphonsine meurt en route. Plus d’une dizaine d’heures pour rejoindre le PC médical. Alphonsine, ou « Lorette », fut la première infirmière française à mourir en Italie et la toute première femme décorée de la médaille militaire.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

« Les auxiliaires de la guerre à l’époque moderne (cantinières, vivandières, prostituées) » 

Communication de Marion Trévisi, maître de conférence à l’Université de Picardie – Jules Verne, prononcée le 14 janvier 2016 lors des journées d’étude « La guerre et les femmes » organisées dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société » soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

Marion Trévisi est maître de conférences en histoire moderne à l’université de Picardie Jules Verne (Amiens). Spécialiste d’histoire de la famille, elle s’est intéressée aux solidarités familiales et au rôle des femmes dans les familles françaises du XVIIIe siècle. Elle poursuit désormais une enquête de grande ampleur sur les femmes et la guerre à l’époque moderne…

Gravure : Françaises sous l’uniforme, 1852-1993 – Cantinière-vivandière du 16e régiment d’infanterie. Derrière elle un fourgon réglementaire.

Pour en savoir plus sur le site de Canal Académie

« Je suis Marie Hackin … J’ai été la première femme nommée compagnon de la Libération…à titre posthume » – Respect

« Je suis Marie Hackin. Je suis née luxembourgeoise sous le nom de Parmentier en 1905. Passionnée des civilisations anciennes, je suis entrée à l’école du Louvre à Paris et j’y ai rencontré mon mari, Joseph Hackin, archéologue (lieutenant en 1914, croix de guerre et légion honneur, trois blessures). Dès lors, je suis devenue française et j’ai embrassé faite et cause pour mon nouveau pays. L’horrible défaite de mai-juin 1940 nous a surpris en mission en Afghanistan. Entre deux fouilles, mon mari servait comme commandant à la légation française de Kaboul depuis septembre 1939. Nous étions des tricolores à l’autre bout du monde. Le 6 juillet de cette année maudite, mon mari et moi avons envoyé un message au général de Gaulle : Nous nous rallions à la France libre. Je suis arrivée à Londres en octobre 1940 et de suite j’ai voulu servir. Alors, avec Simone Mathieu, et tout en étant intégrée à l’école des cadets officiers, nous avons créé le corps des volontaires féminines de la France libre (casernement à Hill street). Je suis devenue sous-lieutenant. Puis Joseph a été nommé comme délégué de la France libre pour les Indes. Je l’ai accompagné. Nous avons pris le cargo Jonathan Holt en partance de Liverpool le 20 février 1941. Convoi OB-289. Route de l’ouest. Quatre jours plus tard, à 02h12, point 61°10′N 11°55′W, notre navire été coulé par le U97 au sud-ouest des iles Feroe. Ni moi ni Joseph n’avons survécu. J’ai été la première femme nommée compagnon de la Libération…à titre posthume. Mon nom a été donné à la caserne des volontaires françaises libres à Londres (avril 1941). »

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Écrivain

 

 

Arlette Ratard, la Rochambelle des Sables d’Olonne, s’est éteinte au Brésil

« J’ai de bons souvenirs de cette époque mais aussi de plus douloureux »racontait-elle en 2013. « Je me souviens que l’on rigolait beaucoup. Comme les femmes n’étaient pas bien vues par tous, on nous avait collées au début aux légumes. Mais comme on chantait, même les colonels se retrouvaient avec nous pour rigoler. Bien sûr, on essayait aussi de nous humilier et on nous faisait marcher au pas au milieu des hommes. Un autre souvenir cocasse : lors de la première attaque, une des ambulances a pris feu. Je me souviendrai toujours du spectacle surréaliste de ces deux infirmières en soutien-gorge et petite culotte essayant d’éteindre l’incendie ! »

Arlette Ratard était l’une des dernières Rochambelles, ces conductrices ambulancières de la 2e division blindée du général Leclerc. Celle qui a longtemps vécu aux Sables d’Olonne s’est éteinte le 30 décembre au Brésil où elle avait rejoint l’un de ses fils.

Elle avait 99 ans et vivait au Brésil. Arlette Ratard, née Hautefeuille, est morte au Brésil, le 30 décembre, après avoir longtemps vécu aux Sables d’Olonne, ville d’où était originaire son père Charles, un ancien de la Première guerre mondiale qui a survécu au torpillage du bateau sur lequel il se trouvait en février 1918.

C’est le site « les filles de la DB » qui l’a annoncé. L’an dernier, en avril, Raymonde Jeanmougin, une autre Rochambelle, était décédée à Paris…

Pour en savoir plus sur le site de Ouest France

 

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées, admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous appelions Elizabeth (Torlet), Marie-Louise (Cloarec), Eugénie (Djendi), Pierrette (Louin) et Suzanne (Mertzizen). Nous avions 20 ans et un peu plus. Nous aimions la France et nous voulions la servir. En 1943, en Algérie, nous avons répondu à l’appel du colonel Merlin pour entrer dans le corps des opératrices de transmission nouvellement créé (avec 2000 autres jeunes femmes). En janvier 1944 après nos classes à Staoueli, nous sommes rentrés au contre espionnage (BCRA d’Alger) pour devenir « pianiste » (opératrice radio), malgré le danger des missions en métropoles. Nous avons poursuivi notre formation pour nous préparer à la vie clandestine (parachutisme, conduite de moto…). Prêtes, formées, nous avons été parachutées en France début avril 1944. Missions Berlin et Libellule. Nous avons réussi à créer un lien radio entre Alger-Londres et la résistance. Hélas, en deux semaines, fin avril, nous avons, pour quatre d’entre nous, séparément, été arrêtées, emprisonnées, torturées. En août 1944, nous nous sommes retrouvé toutes ensemble à Ravensbruck sauf Elisabeth qui fut exécutée le 6 septembre 1944 le jour de son arrestation, a l’isle sur le Doubs. Au camp, nous quatre, les rescapées, traitées comme des terroristes, avons attendu le pire. Le pire n’est pas venu. Nous avons cru à notre survie. Et, puis, le 18 janvier 1945, nous avons été pendues et incinérées.

« J’ai été le chef de ces valeureuses filles. Je les ai connues, encouragées,admirées et pleurées. » colonel Paillole. BCRA.

N’hésitez pas à partager pour que l’on se souvienne de nous.

Documentation capitaine Stome, musée des transmissions. Rudolph de Patureaux Ecrivain