Archives pour la catégorie affaires criminelles

Joseph Vacher – Le procès d’un tueur en série (Marc Renneville)

Parution du livre début mai 2019 – Joseph Vacher est le premier tueur en série français médiatisé. Affirmant être un grand martyr, bras armé d’un dieu vengeur, Vacher tue au hasard de ses rencontres pour punir la France. Assassin de jeunes innocents, égorgeur, violeur, éventreur, récidiviste ? : Vacher incarne l’ogre d’archive et le criminel monstrueux. Le tueur de bergers a été jugé par la Cour d’assises de l’Ain au palais de justice de Bourg-en-Bresse du 26 au 28 octobre 1898. On a condensé en trois jours de débats trois années d’assassinats et de traque judiciaire. Vacher était-il un pervers calculateur ou un fou criminel ? Était-il responsable de ses actes ou malade ? Fallait-il le guillotiner ou le soigner ?  Aucun ouvrage n’avait été consacré jusqu’ici au procès de ce criminel hors du commun. Ce livre expose pour la première fois les éléments de l’accusation, les arguments de la défense, les interventions de Vacher et les dépositions des experts qui ont examiné l’état mental du tueur. Il nous renvoie aussi en miroir, des questions d’administration de la justice qui sont encore les nôtres.

Directeur du CLAMOR, Marc Renneville est historien des sciences spécialisé sur les savoirs du crime et du criminel, directeur de recherche au CNRS et membre du centre Alexandre Koyré depuis 1998 (UMR 8560).

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Après des études d’histoire (université Paris VII) et de sciences sociales (université Paris V), il est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis (1998-2001). Il est ensuite directeur du département recherche (2001-2003) et chargé de mission Histoire (2003-2008) à l’École nationale d’administration pénitentiaire. Il contribue notamment à la création du Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines au sein de la médiathèque Gabriel Tarde (2004) avant d’être chargé d’études à la Direction de l’administration pénitentiaire (2008-2012) où il coordonne une recherche collective sur les savoirs de l’exécution des peines (projet ANR Sciencepeine 2009 -2014).

Marc Renneville a été l’un des fondateurs aux côtés de Pierre Tournier de la revue Champ pénal (2004). Il est membre du comité scientifique de la Revue d’Histoire de l’Enfance irrégulière, de Crime, Histoire & Sociétéset de Beccaria. Revue d’histoire du droit de punir

Pour en savoir plus sur https://criminocorpus.hypotheses.org/88997

Éditeur Ex Aequo éditions

Collection Hors-Temps

Les complaintes criminelles : chanter le crime !

Les complaintes criminelles pouvaient compter des dizaines de couplets. Chantées sur des timbres connus de tous, leur écho se prolongea très loin dans le temps.Ni l’apparition des journaux populaires à bas prix ni la Grande Guerre n’en vinrent à bout. Il fallut la victoire de la radi actée pendant la Deuxième Guerre.

« Faites entrer l’accusé »… Il n’est pas de chaine de télé, et jusque sur la TNT, qui ne rêve d’émissions de faits divers à succès. L’une d’entre elles s’appelle « Affaire suivante ». Un personnage y chasse l’autre : le violeur aux chaussettes, le calvaire de la jeune fille au pair à Londres, le maitre-chien qui a tué la petite Maelys…

Au XIXème siècle, nous avions : le procureur saigné sur une table de cuisine, le curé fratricide, l’empoisonneuse en série… Leurs histoires étaient imprimées sur des feuilles volantes – des canards, et chantées au coin des rues et jusque dans les maisons…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission France inter

Criminocorpus : musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corps méconnu – Colloque les 2-3 avril 2019 à la Bibliothèque Nationale de France. Entrée libre mais inscription obligatoire auprès de clamor@crimocorpus.org 

CD Rennes en Chansons (Dastum).

Invité : Jean-François Heintzen

Historien, chercheur associé du CHEC de de l’Université Clermont Auvergne

LA MARCHE DE L’HISTOIRE du jeudi 28 mars 2019 par Jean Lebrun

 

Le retour de Martin Guerre

L’affaire Martin Guerre est une affaire judiciaire d’usurpation d’identité, jugée à Toulouse en 1560, qui a dès cette époque suscité un vif intérêt.

En 1548, Martin Guerre, un paysan du comté de Foix quitte son village suite à un conflit familial. Lorsqu’il revient, 12 ans plus tard, un autre Martin Guerre a pris sa place et vit, depuis trois ans, au côté de sa femme Bertrande.

Pendant 12 ans, Arnaud du Tilh a usurpé l’identité de Martin Guerre, un paysan d’Artigat dans le comté de Foix, qui avait quitté son village et sa famille. L’usurpateur a même réussi à tromper l’épouse de Martin Guerre, Bertrande, avec qui il a eu une fille. À l’issue d’une longue et complexe procédure judiciaire, Arnaud du Tilh est déclaré coupable et condamné à mort.

En 1548, âgé de 24 ans, Martin est accusé de vol de grain envers son père et décide alors de quitter le village. A l’été 1556, un homme prétendant être Martin Guerre surgit. Il connaît les détails de la vie de ce dernier et sa ressemblance est telle qu’il parvient à duper tout le monde.

Son beau-père, Pierre Guerre, commence à avoir des soupçons en 1559, mais Bertrande ne veut rien entendre. Il enquête alors seul, jusqu’à découvrir la véritable identité de celui qui prétendait être Martin Guerre…

Invité : Pierre Lunel, universitaire et écrivain. Marc Chabot YT – Ajoutée le 11 mars 2018

– Le faux Martin Guerre est l’auteur de l’imposture d’identité la plus étonnante.

– Le chevalier d’Eon bluffe tous ses contemporains et ne s’avoue réellement homme que sur la table d’autopsie.

– La comtesse de la Motte escroque la couronne et fait vaciller la monarchie. Cagliostro persuade chacun qu’il est la réincarnation de Jésus avant de moisir vingt ans dans les prisons du pape.

– Les escrocs du canal de Panama font chanceler la république française.

– Victor Lustig vend deux fois la tour Eiffel… avant d’escroquer Al Capone !

– Anna Anderson se fait passer pendant quarante ans pour la princesse Anastasia de Russie, seule rescapée du massacre des Romanov.

– Sacha Stavisky devient le Prince des escrocs en imaginant les arnaques les plus folles.

– L’abbé Saunière accumule les milliards en disant des messes, ou en ne les disant pas.

– Van Meegeren, le faussaire le plus génial au monde, meurt sans avoir pu convaincre ses contemporains que ses faux Vermeer… sont des faux !

– Jean-Claude Romand ment pendant vingt ans sur sa vie professionnelle avant de déclencher une tragédie.

– Bernard Madoff, enfin, escroque soixante milliards de dollars et ébranle la finance mondiale.

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Pierre Lunel commence sa carrière d’auteur avec un best-seller, L’Abbé Pierre, l’insurgé de Dieu (Stock), vendu à plus de 500 000 exemplaires. Il poursuit avec succès grâce à une série de livres autour de figures d’exception, comme Sœur Emmanuelle (Fixot) ou Ingrid Bétancourt (L’Archipel). Il écrit aussi des essais polémiques et des ouvrages historiques. Il a récemment publié aux éditions First Je m’appellerai François, biographie du Pape.

Éditeur : First (9 avril 2015)

Collection : Documents

La véritable histoire de Casque d’Or

« Casque d’Or une histoire vraie », d’Alexandre Dupouy Paris 1893. Amélie Elie, quinze ans, fille d’ouvrier, ne va pas à l’école. Livrée à elle-même, elle préfère la rue, son atmosphère et ses rencontres. En fréquentant les bals de quartiers, Amélie finit par s’immiscer dans le monde de la prostitution.

Mot de l’éditeur : « L’action est connue. Elle a inspiré un classique du cinéma dont tous les français se souviennent. Le 9 janvier 1902, le fiacre 8907 est attaqué en plein Paris. On a d’abord fantasmé sur un crime de rôdeurs, sur la violence des Apaches, ces voyous des barrières. Puis on apprend qu’il s’agit d’une rixe, façon Hélène de Troie. Depuis plusieurs jours, deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années, François Leca et Joseph Manda, se livrent un combat à mort pour la possession d’une jeune prostituée : Amélie Élie. Son surnom de « ruban » ? Casquette. Pas très vendeur. On l’appellera donc Casque d’or : la légende est née. La presse s’empare de l’affaire pendant toute l’année 1902. Tous les protagonistes sont arrêtés. La justice rend un verdict à la mesure du succès médiatique. Les deux prétendants finissent au bagne d’où ils ne reviendront pas. Pendant son séjour en prison d’avril à octobre 1902, de son arrestation à son départ pour le bagne, François Leca, le souteneur victime de l’attaque du fiacre reçoit près d’une centaine de lettres provenant de Casque d’or, de Louise van Maele, sa rivale, de la famille, de l’avocat ou encore de Henri Frémont journaliste et auteur des Mémoires de Casque d’or. » En 1952, Casque d’Or devient une héroïne de cinéma immortalisée par Jacques Becker sous les traits de Simone Signoret.

Alexandre Dupouy, écrivain. Auteur du livre Casque d’Or (La Manufacture de livre).

Alexandre Dupouy est libraire-galeriste (Les Larmes d’Éros), archiviste (Les Archives d’Éros), éditeur (Éditions Astarté), chercheur, écrivain et photographe. Spécialiste dans les domaines de l’érotisme, de la pornographie et de la prostitution, il a notamment publié Apollinaire : Oeuvres érotiques complètes (La Musardine, 2013), Sous le manteau, cartes postales érotiques des Années folles (Flammarion, 2008), La Photographie érotique (Parkstone, 2007) et collaboré comme iconographe et intervenant à de nombreux documentaires dont le très remarqué La Face cachée des fesses (Arte, 2009).


Christophe Hondelatte : Les sœurs Papin – L’intégrale

Dans “Hondelatte raconte”, conteur hors pair, Christophe Hondelatte tient les auditeurs en haleine avec ses récits ciselés et captivants. Faits divers, parcours singuliers et portraits de personnalités… Il remet en perspective et raconte les histoires qui ont fasciné les Français avant de les disséquer en compagnie de ses invités.

Le 2 février 1933, un notable du MANS, Mr LANCELIN, ne parvient pas à rentrer chez lui,  ni sa femme, ni sa fille, ni les deux domestiques ne répondent. Il prévient la police. Deux policiers escaladent le mur, et tombent sur une scène terrible : Mme LANCELIN et sa fille ont massacrées ! Les deux domestiques sont introuvables. En se disant qu’elle ont dû subir le même sort, ils viennent de demander à un serrurier, d’ouvrir la dernière pièce encore fermée …

Pour écouter le document sonore sur le site d‘Europe1

L’affaire André Kaas

Les victimes d’une erreur judiciaire ne sont pas uniquement des personnes injustement condamnées qui croupissent en prison jusqu’à ce qu’un nouveau procès les lave enfin de tout soupçon, des années plus tard !

Un mécanisme implacable, celui du soupçon et de la rumeur peut fausser une enquête, et broyer la vie de n’importe lequel d’entre nous mêlé à une affaire criminelle. L’histoire que nous allons vous raconter dans un instant avec mes invités, est celle d’une erreur judiciaire sans procès ! L’histoire d’un homme aux affaires florissantes, qui vit avec femme et enfants dans une superbe demeure des environs de Rouen, et dont la vie bascule un jour de 1992, lorsqu’il découvre en rentrant chez lui le corps de sa femme, sauvagement assassinée.

Après quelques mois d’une enquête bâclée, André Kaas, est accusé d’avoir commandité le meurtre de sa femme. Son innocence a été reconnue, par un non-lieu, 12 ans plus tard.

Entre temps, il a effectué 35 mois de détention provisoire, 1041 jours de prison, dont il en est sorti ruiné avec l’œuvre d’une vie détruite, impossible à reconstruire…Le véritable assassin, lui, n’a jamais été inquiété.

Nos invités : André Kaas, Promoteur immobilier dont la femme, Sylvianne, a été assassinée le 5 avril 1992 alors qu’il était ce jour-là au cinéma à plusieurs kilomètres de son domicile. Il est pourtant devenu le suspect n°1 des enquêteurs, persuadés qu’il avait commandité ce meurtre pour des raisons financières… La journaliste Anne Sophie Martin, journaliste, Co-auteurs du livre  « Pas de pitié pour les innocents » (Michel Lafon – 2005).

Pour en savoir plus et écouter le document sonore sur le site de l’émission L’Heure du crime Rtl


« Sublime, forcément sublime Christine V. »

Aujourd’hui dans Affaires sensibles, quand Marguerite Duras écrit sur l’affaire Grégory. Invitée Laure Adler, auteure d’une biographie de Marguerite Duras publiée chez Gallimard et vous entendrez également Denis Robert alors envoyé spécial pour Libération…

Publié le 17 juillet 1985, huit mois après le début de l’affaire, le texte de Duras, présenté comme une fiction littéraire, dresse le portrait de la mère du petit garçon, Christine V. Une mère que la romancière imagine coupable, mais magnifique et tragique, dans un texte de trois pages qui scandalisa la France. Car Christine V., version rurale et populaire de l’infanticide Médée, c’est Christine Villemin : une femme, une vraie femme, une jeune femme, 25 ans à peine, qui vient de perdre son enfant et qui bénéficie de la présomption d’innocence.

Une présomption bafouée avant Marguerite Duras par une partie de la presse, presse qui couvre goulûment cette vertigineuse affaire et voit dans la mère du petit Grégory la coupable idéale. Provocant, inconscient ou sublime, l’article de Duras, sommet de ce processus de diabolisation médiatique, vient questionner le rôle du journalisme et de la littérature. Des rivages pluvieux de la Vologne aux salles de rédaction parisiennes, retour sur un texte littéraire qui plonge le fait-divers au-delà du réel, pour le meilleur et pour le pire…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission de France inter

Invitée : Laure Adler, écrivaine, elle a publié entre autres de nombreuses biographies dont celles de Marguerite Duras (en 1998 chez Gallimard) Hannah ArendtSimone Weil et  François Mitterrand « journées particulières » paru chez Flammarion en 2015. Elle a aussi été conseillère culturelle à l’Elysée. Elle est journaliste, a travaillé à France culture, France télévisions… et est aujourd’hui productrice de L’heure bleue tous les jours à 20h sur France Inter.

AFFAIRES SENSIBLES du mardi 19 février 2019 par Fabrice Drouelle