Archives de l’auteur : Philippe POISSON

A propos Philippe POISSON

En cours d'élaboration, ce site aura pour objet d'aborder des repères thématiques historiques concernant les femmes. Philippe Poisson -

Le cas de la féminisation de la Police nationale (Geneviève Pruvost)

Idées économiques et sociales 2008/3 N° 153 – Les concepts de genre et de travail sont au fondement de la réflexion anthropologique sur la « valence différentielle des sexes » – pour reprendre l’expression de Françoise Héritier –, dans la mesure où il existe dans toute société connue des travaux d’hommes et des travaux de femmes, organisés selon le double principe de séparation et de hiérarchie.

Si l’on rentre maintenant dans le détail du contenu même de la division sexuelle du travail, il repose notamment sur le monopole masculin, à de rares exceptions près, du maniement des outils les plus sophistiqués [1] [1][1] Les chiffres entre crochets renvoient à la bibliographie en…. Or, parmi ces outils, les armes constituent un cas particulier. Elles font l’objet d’une interdiction redoublée, qui s’est longtemps traduite par un verrouillage de l’armée et de la police, institutions spécialisées dans l’usage de la contrainte physique [2], longtemps réservées aux hommes.

À ce titre, la féminisation de la police constitue la levée d’un interdit dont il importe de mesurer la portée, en allant au-delà du simple comptage des effectifs féminins. Il s’agit, en effet, de s’intéresser au cœur de la transgression que constitue la femme armée, en temps de paix, de manière officielle et au titre de fonctionnaire. En d’autres termes, les femmes policiers ont-elles accès [2][2] C’est pourquoi ont été exclus de cette étude les membres… aux « pleins pouvoirs de police » ? Les femmes usent-elles en ultime recours d’une « force coercitive non négociable » ? Puisque telle est l’habilitation spécifique dont la police a le monopole.

Le rappel des étapes historiques du processus de féminisation de la Police nationale depuis les années 1930 est fondamental pour comprendre le chemin parcouru : en 1935, la police municipale parisienne, sous la pression des féministes réformistes, recrute les deux premières femmes agents de police pour veiller sur la population féminine et les enfants errant dans les rues. Elles sont affectées très rapidement à la brigade des mineurs, au titre d’« assistantes de police », sans pouvoir accéder à d’autres brigades et étendre leur niveau de compétence. Cette expérience locale ne prendra une dimension nationale qu’en 1968 – date de l’ouverture aux femmes du concours d’officier de police adjoint (équivalent d’inspecteur). Dans les années 1970, s’ouvriront, un à un, tous les grades policiers, d’une manière assez originale, puisque la hiérarchie médiane et supérieure est féminisée avant le bas de l’échelle policière. Sont ainsi féminisés les concours d’enquêteurs et d’inspecteurs en 1972, le concours de commissaire en 1974, celui de gardien de la paix en 1978 et d’officier de paix en 1983. Cette entrée progressive est le signe d’une « révolution respectueuse », pour reprendre la formule de Catherine Marry dans son ouvrage sur les femmes ingénieurs – respectueuses des coutumes policières, qui considèrent que la féminisation doit rester un phénomène minoritaire. La féminisation de la police, comme celle de l’armée, obéit à des quotas restrictifs fixés au niveau ministériel. Sous la pression du Conseil de l’Europe, les quotas restrictifs sont abolis en 1992, mais, de manière officieuse, les quotas demeurent, que ce soit sous la forme de limites de taille ou de barèmes sportifs discriminants. La proportion de femmes policiers (titulaires dans la police active) est de 16 % en 2007. Même si elles subissent une sursélection, rares sont les postes qui restent fermés aux femmes : un seul bastion résiste, non des moindres, celui des CRS spécialisés en maintien de l’ordre au grade de gardien de la paix [3]…

Geneviève Pruvost est chargée de recherche au CNRS (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales). Ce livre est issu de sa thèse L’accès des femmes à la violence légale. La féminisation de la police (1935-2005) , soutenue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales en 2005. Elle travaille actuellement à une comparaison avec la féminisation d’autres métiers d’arme. Pour en savoir plus sur Cems.ehess.fr

Pour en savoir plus lire l’article de Geneviève Pruvostdu même auteur  (Chargée de recherche au CNRS-CESDIP (77) sur le site de Cairn

Idées économiques et sociales 2008/3 (N° 153) Travail et genre Pages : 80 Éditeur : Réseau Canopé  ISSN : 2257-5111 Site internet

 

Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie (Christiane Klapisch-Zuber)

L’entretien avec Christiane Klapisch-Zuber s’est déroulé à Lyon le 2 février 2013 pendant trois heures, après un comité de rédaction de la revue CLIO FGH auquel nous appartenons toutes deux depuis la création de la revue en 1995. Le but était d’obtenir un récit de son engagement pendant la guerre d’Algérie en faveur des nationalistes algériens et en particulier de son séjour à la prison de la Roquette où elle avait été incarcérée à la suite de son arrestation. Christiane m’avait conseillé pour préparer cet entretien plusieurs lectures, en particulier l’autobiographie d’Hélène Cuénat, La Porte verte et le livre de Didar Fawzy-Rossano, Mémoires d’une militante communiste (1942-1990)1, qu’elle cite à plusieurs reprises2. L’auteur avait été une des compagnes de prison de Christiane dans l’aile réservée aux détenues politiques arrêtées pour soutien au FLN et a fait le récit précis (p. 138-150) de l’organisation de l’évasion de six prisonnières politiques en février 1961 (évasion à laquelle Christiane ne participa pas mais qu’elle aida à préparer). Michelle Zancarini-Fournel

Pour lire le texte intégral sur Journals.openedition.org/clio/11928

Notice biographique sur Christiane Klapisch-Zuber – CRH – ehess

Les femmes dans les luttes sociales

Août 1978, page 18 – L’afflux des femmes sur le marché du travail et leurs revendications spécifiques posent des problèmes nouveaux aux organisations de gauche comme au patronat.

le nombre et l’ampleur des conflits sociaux où les ouvriers étaient des femmes ont retenu l’attention dans les années 70. Les raisons en furent vite trouvées : les femmes étaient victimes de la crise économique et de la restructuration qui frappaient de plein fouet les branches traditionnellement féminisées, comme le textile ou la confection. Et vite on noya la poissonne dans un océan de chiffres qui n’étaient pas forcément dépourvus d’intérêt mais qui masquaient pourtant l’essentiel, à savoir que ces luttes ne se déroulaient pas selon les formes coutumières. La nouveauté n’était guère perceptible dans ce que diffusent habituellement les journaux : nom du délégué syndical (presque toujours un homme), nombre de journées de grèves ou d’occupation, etc. Les sujets de la lutte, même s’il y avait 99 % de femmes, c’était, grammaire oblige, les ouvriers…

Pour en savoir plus lire le billet publié par par Geneviève Brisac & Thérèse Brisac sur le site du Monde-diplomatique

La belle main (Gilbert Bordes)

Date de parution : 05/04/2018 – Dans les années 1960, en Sologne, Solène, étudiante en droit, a-t-elle trouvé en Paul, luthier de vingt ans son aîné, l’homme de sa vie ou… ce père qu’elle n’a jamais connu ? Une fragile rencontre entre deux êtres, hantée par le spectre de l’interdit, les silences d’une mère et les ombres de l’Occupation.
1964. La Sologne sauvage avec ses chemins qui se perdent dans les taillis, ses maisons isolées, ses landes incultes… Lors d’une soirée au château de Mauret, la jeune Solène,  qui veille sur les enfants des propriétaires, fait la rencontre de Paul, luthier. Il n’est pas riche, plutôt discret, vit intensément sa passion pour la musique et son métier dans un village au bord de la Loire. Leurs regards se croisent, s’accrochent avec la force de ces instants qui changent un destin. Or Paul a un passé, eu de mauvais penchants, a vécu la guerre, l’Occupation. Solène, elle, a été élevée seule par sa mère Josette, originaire de Corrèze.

Quand celle-ci est conduite à l’hôpital dans un état préoccupant, elle se confie à sa fille. Sur sa vie pendant la guerre, son amour pour un capitaine allemand, la honte d’avoir été tondue à la Libération et jetée à la vindicte des gens. 

Et, contre toute attente, il semble que les chemins de Josette et de Paul se soient déjà rencontrés…
737476cbc5313438363339373436393137313335Gilbert Bordes a été instituteur puis journaliste avant de se consacrer à l’écriture. Membre de l’école de Brive, il a obtenu le prix RTL Grand Public avec La Nuit des hulottes et le prix des Maisons de la Presse avec Le Porteur de destinLa Maison des Houches, premier roman paru aux éditions Belfond en 2010, a été un succès.

telechargementChaque roman de la collection Terres de France aux Presses de la Cité est une invitation au voyage. Voyage au cœur de la passion, celle de nos auteurs dont la plume fait vivre d’extraordinaires destins, celle, aussi, de leurs héros qui, livre après livre, deviennent une part de notre mémoire. Voyage encore au cœur de nos régions, voyage enfin au doux parfum d’antan.

Le succès de la collection Terres de France ne serait pas ce qu’il est sans  vous, sans les Amis de Terres de France. Un fabuleux enthousiasme, témoin d’une passion partagée.

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Clarisse Enaudeau nous parle du métier d’éditrice – YouTube

Hommage à Sophie Scholl et à la résistance allemande contre le nazisme

 Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Le printemps 1943. La bataille de Stalingrad venait de se terminer par la défaite des forces allemandes. Apparurent alors à Munich des affiches où on lisait :
« Ont été condamnés à mort pour haute trahison :

Christoph Probst, 24 ans,

Hans Scholl, 25 ans,

Sophie Scholl, 22 ans.

La sentence a été exécutée. »

Les trois étudiants décapités à la hache étaient, avec trois de leurs compagnons qui seront exécutés plus tard, les animateurs d’un mouvement de résistance, « La Rose Blanche », dont les Munichois avaient pu lire les tracts depuis quelques mois.

Inge Scholl, sœur des deux premiers, raconte ici leur histoire : l’enfance en Bavière dans une famille protestante, l’entrée dans la Jeunesse hitlérienne, puis, peu à peu, la découverte de la réalité nazie et, enfin, cette décision déchirante : la résistance contre leur propre pays en guerre.

« La vraie grandeur, écrit Inge Scholl, est sans doute dans cet obscur combat où, privés de l’enthousiasme des foules, quelques individus, mettant leur vie en jeu, défendent, absolument seuls, une cause autour d’eux méprisée. »

Ces six universitaires ont plus que personne contribué à sauver l’honneur de l’Allemagne. Pascal disait : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger. » Nous devons croire celle-ci, entre toutes, aujourd’hui.

Traduit de l’allemand par Jacques Delpeyrou, publié par les Éditions de Minuit en 1955.

Sommaire : Préface – Printemps 1943 – Tracts de la Rose blanche – Tracts du Mouvement de Résistance – Le dernier tract.

de Inge Scholl  (Auteur),‎ Jacques Delpeyrou (Traduction)

Nombre de pages de l’édition imprimée : 107 pages

Éditeur : Minuit (4 avril 2013)

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Sophie Scholl est une jeune opposante au régime d’Hitler dans l’Allemagne des années 40. À peine sortie de l’adolescence, l’intégrité et la foi (protestante) de cette étudiante de 22 ans l’ont conduite, avec son frère Hans, dans une lutte admirable et courageuse jusqu’au don ultime de leurs vies. Cofondateurs du réseau étudiant de résistance La Rose blanche, ils furent tous deux arrêtés, condamnés et décapités, le 22 février 1943.

C’est ce destin unique que Paule du Bouchet livre aux jeunes lecteurs (à partir de 13 ans), à travers les lignes de ce journal fictif. Élisa, une amie de cœur de Sophie, qui l’admire et rêve secrètement de lui ressembler, dresse, jour après jour, au fil de ses souvenirs et de son quotidien difficile, le portrait extraordinaire de cette jeune résistante. Avec une plume simple et fine, l’auteur dépeint admirablement les sentiments contradictoires qui furent le lot de tant d’hommes et de femmes, déchirés au plus profond d’eux-mêmes entre leurs idéaux et la peur que faisait régner un gouvernement despotique.

D’un ton juste et égal, ce récit transporte autant par l’émotion qu’il inspire que par les faits qu’il rapporte. On en sort confiant et plein d’espoir.

Auteure: Paule du Bouchet
Editeur : Gallimard Jeunesse
Collection : « Scripto »
Nombre de pages : 144