212 – Portrait du jour :”Miss Sourire” la belle romancière du nom de Cendrine Bertani

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Le soleil n’arrive jamais seul sur le carnet criminocorpus ,et, pour son 212ème Portrait du jour – Criminocorpus, la rédaction du carnet criminocorpus reçoit “Miss Sourire” la belle romancière du nom de Cendrine Bertani  qui  publie Les Légions d’Hadès,  dès fin 2019 aux éditions Eaux Troubles.

Cendrine Bertani est née en 1978. Elle est enseignante de lettres classiques et romancière. Ses textes analysent la société actuelle, avec cynisme, dans des fictions où l’auteure s’interroge sur la place que nous accordons à l’éducation, à la culture, et à l’héritage du passé.

Noble et belle dame Cendrine, romancière d’un jour, romancière toujours : Bienvenue sur le blog des “aficionados du crime”. Ph P.

Photographies de Julia Kretsch : JULIA est une artiste d’origine roumaine. Journaliste, écrivaine, traductrice, comédienne, photographe, peintre et illustratrice, Julia a participé à de nombreuses expositions nationales et internationales. Dans toutes ses recherches elle essaye de montrer la beauté de ce qui fait ce monde…

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Interview : Cendrine Bertani

Romancière dont la saga : Les Légions d’Hadès, va paraître dès fin 2019 aux éditions Eaux Troubles.

“Tout d’abord, je tiens à remercier Philippe Poisson  pour sa disponibilité et son investissement dans la tâche de promotion des ouvrages francophones et français. C’est un formidable objectif, de faire connaître le travail de nous autres, écrivains de thrillers et de fictions. Criminocorpus seconde les éditeurs dans leurs choix ambitieux, car il faut toujours proposer du “page turner”, du “magistral”, “une claque littéraire”. Cela nous met la pression. Merci donc, Philippe, de considérer que notre mission a été bien remplie. Maintenant voici venir l’étape de l’interview, exercice difficile s’il en est. Je vais tenter de répondre aux questions soumises, avec humilité.

Cendrine Bertani, qui êtes-vous ?

Je suis Grenobloise, je vis près de Lyon. Je suis mère de quatre adolescentes, ce qui me donne du fil à retordre, et enseignante dans un collège public , afin de promouvoir les lettres classiques que j’aime tant. Je veux partager ma vision de l’éducation et faire accéder à la culture cette jeune génération en manque de repères, et par exemple j’organise régulièrement un séjour itinérant passant par Rome, Pompéi, Mycènes, Athènes et Venise afin que mes classes découvrent le berceau méditerranéen auquel notre démocratie doit tant. Afin de rayonner davantage, au lieu d’impacter quatre-vingt élèves par an, inscrits à mon option LCA ( langues et cultures de l’Antiquité ), j’ai décidé d’écrire des fictions dans le domaine historique antique. Ainsi j’espère transmettre à plus grande échelle ma passion pour le grec ancien et le latin.

D’où vient votre envie d’écrire ?

Je suis née un stylo à la main. Déjà en classe de primaire, j’essayais de me tenir à un rythme régulier: écrire un roman par an. A l’époque, ces récits ressemblaient aux aventures du Club des cinq , ‘Enid Blyton. Il y était question de mystères, d’enquêtes, puis, au collège, avec la découverte d’Agatha Christie, les romans devinrent des policiers, et au lycée, sous l’influence de Stephen King, des nouvelles basculant dans le fantastique et l’horreur. J’ai toujours rédigé des journaux intimes, couché sur le papier des poèmes ou des billets d’humeur, et je m’étais même figuré pouvoir publier un roman sentimental lors de mon année de troisième ( Un jeu de hasard ) avant de découvrir que la maison d’édition pratiquait le compte d’auteur. Cette expérience me refroidit par rapport à l’envie d’éditer mon travail, car j’avais du mal à concevoir qu’on puisse vouloir escroquer une enfant.

Ecrire m’a toujours permis de canaliser mon énergie, de dépasser les frustrations ou déceptions du quotidien, de vivre mille vies quand je n’en ai qu’une seule, à une époque où le monde part en déliquescence, tandis que j’aurais aimé tenir un salon littéraire au XVIIème siècle, ou bien croiser Cléopâtre ou Socrate.

Quand je n’écrivais pas, je lisais. A quinze ans, je devins bibliophage, et je dévorai la série des Rougon-Macquart de Zola à une cadence infernale: un roman le matin, un autre l’après-midi. Je me nourrissais de Maupassant, Balzac, Stendhal, et je tombai amoureuse de Sartre, Le Clézio, Giono ou Colette. Depuis, j’ai appris à ralentir cet appétit de connaissance, dont la boulimie me coupait du monde. Je fus une adolescente assez solitaire, et je connais les dérives d’une attirance excessive pour l’étude. Après ma Khâgne, j’intégrai l’université Lyon 2 et je choisis d’enseigner, pour partager cet attrait pour les lettres et la pensée philosophique grecque. Sénèque devint mon maître à penser, et Aristote mon conseiller littéraire. Je suis enseignante de LCA depuis 20 ans.

Pourquoi publier des polars, alors que vous écriviez des fictions historiques ?

Ces dernières années furent l’occasion d’un premier bilan sur mon parcours et sur mes choix de vie, de manière plus générale, en même temps que l’éducation nationale me permettait de faire le point sur ma carrière, et j’eus la satisfaction de comprendre que mon projet avait été compris par mon inspecteur, puisque ce dernier relevait ma capacité à transmettre un goût pour l’étude culturelle et artistique, à travers une confiance réciproque et une bienveillance différenciée mais exigeante envers mes élèves. Le statut qu’on donne à l’erreur est fondamental : tolérer les balbutiements d’une réflexion en formation permet de laisser s’exprimer nos futurs citoyens et la maïeutique reste une clé de voûte de notre système actuel. Je compris qu’il fallait que j’excuse mes propres faux-pas, et je pris plusieurs nouveaux départs : un divorce, de nouvelles rencontres, plusieurs déménagements me permirent de remettre en question mon quotidien. Dans ce contexte, je fréquentai un milieu plus rock’n roll, et je nouai des amitiés avec les amateurs de la littérature noire. Je réalisai que mon univers pouvait paraître peu accessible, et que c’était à moi de faire un premier pas vers un lectorat plus large. J’avais déjà écrit des textes noirs, de la SF, de l’anticipation, du polar. Tout n’est pas encore publié à ce jour. Un recueil de nouvelles “sociales”, faisant état des différences entre hommes et femmes, jouant sur les registres et les regards, paru aux Presses Du Midi, m’a permis de me faire remarquer des protagonistes des associations littéraires comme l’UERA à Lyon (Michel Loude puis Jacques Bruyas m’ont conviée à leurs manifestations littéraires) puis j’eus la chance d’intégrer la SGDL à Paris. L’association propose des stages juridiques qui m’ont été fort utiles et cela m’a aidé à me diriger vers une maison d’édition qui veuille bien accompagner mon parcours d’écrivain. Je remportai deux concours d’écriture de nouvelles pour “Le Droit de savoir” et “Chemin de croix”. Je publiai un autre recueil de nouvelles polardeuses et noires pour la maison d’édition Ex Aequo , cette fois, et Ludovic Francioli , à la tête de l’association Dora Suarez, me fit l’amitié de me commander une nouvelle pour un recueil qui va paraître en septembre 2019 aux éditions du Caiman  : Borderline. Mes textes plurent à Isabelle Stoelen , éditrice aux Eaux troubles , et Mark Zellwger  s’engagea à porter ma saga de thriller historique, Les Légions d’Haldès , sur le devant de la scène littéraire. Voilà comment la boucle fut bouclée: cette fiction majestueuse en terme de pages d’écriture, et mythologique concernant son contenu, me demanda sept ans de travail. J’ai vécu pendant toutes ces années avec ces personnages, à Athènes, dans un futur proche qui est devenu depuis notre présent. Sur fond de crise, de résurgence de sectes adeptes de sacrifices, une enquête traque un tueur en série bien peu humain… Je n’avais jamais abandonné mes amours premières et la littérature historique, mais créer une intrigue moderne, trouvant des réponses dans le passé de Périclès, rendait possible la fusion des deux univers auxquels j’appartenais. Cela dit, il n’est pas exclu que je continue à publier des nouvelles noires…

Parlez-nous de vos personnages …

Je suis très proche de Georgia, mon personnage de femme flic qui ne s’aime pas et qui se consacre exclusivement à son travail. Son histoire d’amour avec Eugène, le légiste, est une base sur laquelle le roman prend appui et je n’épargne pas mes héros. Pourtant, j’adore également Dilepsa, l’esclave qui chante divinement, Graciella, la meneuse du groupe Erasmus, une véritable séductrice, et Aurélia, ma Lia, à laquelle je réserve un grand destin… Vous l’avez remarqué, je suis portée par les femmes, qui sont les véritables héroïnes de cette saga chorale. Pour autant, j’ai de la tendresse pour Milo, le fils de la victime, Manolis ou Chrysostomis, qui sont confrontés à leurs addictions. Alexos est mon chouchou: je le fais grandir très vite, dans ce monde antique où il prend ses marques, dans la solitude et le deuil, porté vers les sciences et la vérité. Ecrire permet de vivre mille vies, je vous l’ai déjà dit. Je suis un peu de chacun d’eux, ou ils sont des facettes de moi.

Y a-t-il des thèmes récurrents dans votre oeuvre ?

On me dit souvent que ma plume est pédagogue et humaine. Je crois qu’il s’agit d’une sorte de déformation professionnelle. J’encourage la culture, le respect pour la planète, je me complais parfois dans des stéréotypes pour mieux en faire ressortir l’ironie, à la manière de Voltaire. S’il y a un message, à peine caché, c’est celui de ne pas oublier notre passé…

Quels sont vos projets littéraires à venir ?

Actuellement, j’écris un polar sur les coulisses du monde de l’édition. Lol. D’avoir été confrontée ces dernières années au milieu des associations, des blogueurs et des salons, même si je suis souvent restée en retrait, en position d’observatrice, m’a inspiré l’idée d’un roman situé à Lyon, en période de Quais du polar. Je n’en dis pas plus…

Si vous deviez nous faire une confession …

Je suis timide. Lors de la seule interview que j’ai donnée, filmée, pour mon roman Dans les sandales de Plaute, j’étais tellement impressionnée que j’ai commis une erreur sur les dates des Guerres Puniques. Je les connais pourtant par coeur: – 218, – 201. Je crois avoir lâché un – 180. La honte pour une prof de latin. La faute en revient au trac. Alors je vous dis à bientôt, en automne, à l’occasion d’un salon. J’ai hâte…”

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Philippe Poisson, gestionnaire du carnet criminocorpus, anime la rubrique « Portrait du jour ».

Le carnet criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du CLAMOR et de Criminocorpus.

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

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