151 – Portrait du jour : Guillaume de Uffredi, fondateur de la maison d’édition Les Passionnés de bouquins.

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  e faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson ,membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

De passage à Lyon la rédaction du carnet criminocorpus a été reçue très chaleureusement dans les locaux de la direction par Guillaume de Uffredi, fondateur de la maison d’édition Les Passionnés de Bouquins. Pour les lecteurs du carnet criminocorpus nous retranscrivons l’interview. Nous sommes très heureux d’accueillir Guillaume et son équipe parmi les nombreux éditeurs amis du site Criminocorpus. Ph.P.

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La librairie Crozier – de Uffredi en 1880

Pourquoi être devenu éditeur ?

« J’étais plus ou moins destiné à le devenir. Après des études de commerce et de sciences politiques (Science-Po), j’avais entamé une carrière au sein de l’ONU à Genève en tant que responsable éditorial. Après quatre années en Suisse, je fus rattrapé par l’histoire familiale. Mon arrière grand père ayant fondé en 1880 une librairie importante à Lyon. Librairie qui restera dans la famille, via mon grand père qui la développa de manière importante dans les années 50 et 60. Librairie qui fut également un haut lieu de la Résistance lyonnaise durant la deuxième guerre mondiale (voir le livre : Une famille de libraires dans la résistance de Jean-Luc de Uffredi ). Mon père, malgré une carrière dans l’informatique est toujours resté proche des milieux littéraires en écrivant notamment plusieurs livres. J’avais donc un ancrage familial important dans le domaine des livres. Quant à l’édition, mon grand-père François avait dès les années 70 réfléchi et initié certains projets éditoriaux. Sa mort brutale en 1977 l’empêcha de les réaliser. C’est donc la réunion de mes compétences et de ma passion pour l’édition, qui m’a fait devenir éditeur.

Parlez-nous de votre maison d’édition : les Passionnés de bouquins.

La maison d’édition est officiellement née en 2010. Nous publions uniquement à compte d’éditeur. Notre ligne éditoriale repose sur un axe Rhône-alpin, tant par les livres que nous publions que par les auteurs qui ont également un pied dans notre région. D’où notre slogan : « une maison d’édition au cœur de Rhône-Alpes ». Ainsi, nous publions aussi bien des livres ayant attrait à la montagne (les Alpes), que le lyonnais, le forez ou encore le bassin isérois. Cette ligne éditoriale se répartie au sein de plusieurs collections (Témoignages, Polar en Rhône Alpes, Littérature, Sport en Rhône-Alpes etc.)

Et la littérature jeunesse ?

L’édition jeunesse est un métier différent selon moi. C’est pourquoi nous avons préféré reprendre l’an dernier une maison d’édition jeunesse déjà installée ( à savoir les éditions Amiver , basées en Haute-Savoie).

Certains de vos titres ont été primé. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

C’est une vraie fierté. L’éditeur est toujours au second plan. Heureusement d’ailleurs, l’auteur est celui qui est mis en avant. Mais nous donnons tellement pour que le livre en lequel nous croyons soit valorisé que lorsqu’il reçoit un prix ou qu’il est mis en valeur par un grand média, c’est aussi pour l’éditeur un accomplissement. Je profite de ces moments là. Cette année lorsque Nicole Gonthier a reçu le prestigieux prix Sang d’encre et qu’elle m’a dit : « Je suis heureuse de recevoir ce prix mais je suis surtout ravie pour vous et la maison d’édition », j’étais aux anges, car cela démontre de la relation qui peux exister entre l’auteur et l’éditeur que nous sommes. Relation à laquelle je tiens beaucoup.

Vous insistez beaucoup sur le côté humain…

Oui car derrière chaque livre il y a une rencontre. Une rencontre entre l’auteur et l’éditeur. Certains livres, certains projets m’ont permis de faire de magnifiques rencontres ou de passer d’extraordinaires moments. Je savoure ces instants-là. Publier par exemple un champion olympique comme ce fut le cas récemment avec Franck Picard est un moment à part. Vous savez, notre maison d’édition est résolument à taille humaine. Cela nous permet d’avoir une véritable relation de proximité et de partage avec nos auteurs. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons un rythme éditorial (nombre de parutions) qui reste volontairement peu élevé de manière à conserver ce lien avec nos auteurs et de pouvoir aussi défendre ardemment les projets que nous publions et en lesquels nous croyons vraiment.

Être éditeur, c’est aussi être chef d’entreprise ?

Bien sur. Du moins pour les maisons d’édition de taille moyenne comme la nôtre. Gérer une maison d’édition, c’est gérer une entreprise. Nous sommes une entreprise, qui évolue dans un secteur certes un peu particulier, celui de la culture, mais la gestion de la maison d’édition est une gestion d’entreprise. Et de plus, derrière chaque livre, derrière chaque projet éditorial, il y a un projet entrepreneurial avec toutes ses parties prenantes. Pour chaque livre, au-delà de la qualité littéraire ou de l’intérêt du projet, il faut penser marketing, communication, commercialisation, finance et bien sur relations humaines. C’est passionnant.

« Éditeur » c’est un métier d’avenir ?

Ah ça…L’avenir nous le dira (rires). Il faut je le crois, garder un regard optimiste. Réaliste certes mais optimiste. Et il y a des raisons d’être optimiste.

Lesquelles ?

Le marché du livre reste relativement stable en termes de ventes. Et, le livre papier est loin, très loin d’être mort. Par ailleurs, les jeunes générations (les 10-18 ans) lisent beaucoup plus que les précédentes. Via des genres littéraires nouveaux certes que sont : la SF, le fantasy, le feel good, la dark romance etc. Mais peu importe, c’est très bien, car l’important c’est qu’ils prennent du plaisir à lire et même parfois à écrire. »

Guillaume de Uffredi
Editions les Passionnés de bouquins
www.les-passionnes-de-bouquins.com

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