Annette Monod – L’ange du Vel « d’Hiv » de Drancy et des camps du Loiret

Paru le 15 mai 2018 – Fille de pasteur, Annette Monod-Leiris(1909-2001) a consacré sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale à Ivry, elle intervient ensuite dans les camps d’internement de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers pour la Croix-Rouge. Engagée dans la Résistance, elle soutient les internés juifs, facilite leur évasion. Elle condamne les mauvais traitements infligés aux détenus du FLN.

Annette Monod – L’ange du Vel’ d’Hiv’ de Drancy et des camps du Loiret

« Je suis volontaire pour y aller »

Rendue célèbre pour son rôle au Vel’ d’Hiv’ par le film La Rafle, Annette Monod consacra sa vie aux prisonniers. D’abord travailleuse sociale dans une banlieue ouvrière de Paris, son action dans les camps d’internement français va la transformer.

Particulièrement engagée dans la Résistance durant les années sombres de 1940 à 1945, elle prit de nombreuses initiatives personnelles pour le soutien des internés juifs et des prisonniers politiques et fut une témoin majeure de la grande déportation française des enfants juifs.

Pendant les événements d’Algérie, assistante sociale cheffe à la prison de Fresnes, elle s’oppose aux mauvais traitements infligés aux détenus FLN.

Issue d’une famille protestante engagée dans le christianisme social, elle a continué à interroger sa foi face à ce que l’humain est capable de pire.

Cette biographie rédigée par Frédéric Anquetil, qui l’a bien connue durant ses années de militantisme à l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), comble une lacune importante de l’histoire de la résistance féminine non-armée.

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Née à Saint-Quentin (Aisne), en juillet 1909, Annette est la fille du pasteur de la ville. Après ses études secondaires, son père l’envoie travailler en Angleterre comme enseignante de français, pendant un an. Alors qu’elle se destinait au métier d’infirmière, son père lui conseille, au vu de son tempérament, d’opter plutôt pour une carrière sociale. Elle passe le diplôme d’État d’assistante sociale à l’école de Paul Doumergue – fondateur, en 1913, de l’École pratique de service social (EPSS), place des Vosges, à Paris -, innovante par sa réflexion sur la pratique. Elle obtient très rapidement un poste dans une cité d’Habitations à Bon Marché ouvrière d’Ivry-sur-Seine, comportant 200 familles, y travaille à temps plein, au sein du service de la protection maternelle et infantile, et réside sur place.

En 1939, Hélène Campinchi, femme de César Campinchi, ministre de la Marine (de 1937-1938, puis ministre de l’Outre-mer, au moment de la déclaration de guerre) et professeur de droit, qu’elle a connue à l’école Paul Doumergue, lui propose de fonder un foyer d’accueil pour les matelots à Cherbourg, un lieu où se retrouver, jouer au ping-pong, repasser les plis de leurs pantalons, assister à des représentations théâtrales, bref, un lieu de convivialité. L’expérience se termine en 1940 avec les bombardements de Dunkerque. Annette Monod et sa soeur trouvent alors refuge chez des amis protestants de leur père, le comte Hubert de Pourtalès, dans son château de Martinvast (Manche). Elles y restent un mois, jusqu’à la réquisition du château par l’armée allemande. Arrivée à Paris, non sans mal car les communications sont coupées, Annette Monod est embauchée par la Croix-Rouge, dans le cadre des services d’urgence à Compiègne, pour aider les Français réfugiés et ravitailler les trains de prisonniers de guerre à la place du Nationalsozialistiche Volkswohlfahrt (NSV), le secours national allemand, avec des chariots de café et de bouillon. Puis elle s’occupe de la caserne Jeanne-d’Arc, transformée en camp de prisonniers de guerre, qui connut de nombreuses évasions, du fait de sa surpopulation… Pour en savoir plus sur le site du Cedias

Vidéo complète disponible sur le site

de https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn508513

Annette Monod-Leiris, born in 1909, discusses her assignments as a social worker in various internment camps, such as Beaune, Drancy, Pithiviers and Voves; her life before the war, teaching in England and working in a workers’ home in Evry, France; volunteering for internment camps in both Beaune and Pithiviers; switching from Beaune to the camp in Drancy in 1941; the conditions in Beaune la Rolande, France, including the barracks, over population, toilet facilities, and the food supply; other organizations and institutions represented in the camps; aspects of Pithiviers, including the medical staff, the medical treatment, the permissions for hospital visits, the daily routine of the inmates, and the facilities; aspects of Drancy, including the establishment of her office, her assistants, deportations, executions, layout of the buildings, and the facilities; being fired by the French police for “doing too much” for the inmates; being sent to a camp for communists in Voves, Eure-et-Loir, France; joining the Red Cross for the emergency team in Compiègne, France; how she helped Jews cook to keep Kosher and celebrate important holidays; the living conditions and situation of children at the camps; her participation in the liberation of the Drancy internment camp in 1944; rumors of how prisoners ate organs of the dead to survive; her contact and friendship with Jewish families after the war; and her commitment to Amnesty International.

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