Archives mensuelles : mars 2019

159 – Portrait du jour : Véronique Duvillier, peintre, saxophoniste … et auteur du roman « Le Carnet de croquis »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson, membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 159ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Véronique Duvillier artiste peintre et écrivain, auteur d’un roman Le Carnet de croquis qui nous plonge à Rabat des années 30 à 60. Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignités, à l’instar des rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

Véronique Duvillier, formée aux Beaux-Arts de Paris, passionnée d’Histoire, se définit comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, elle a pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans.

Elle vit depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat lui permet de s’adonner à l’écriture.

Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, elle signe avec Le Carnet de croquis, son premier roman, en hommage à sa grand-mère trop tôt disparue.

Page Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/veronique.duvillier.16

Interview Philippe Poisson – 29 mars 2019 – Pour le carnet Criminocorpus – Portrait du jour

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1 – Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché cette vocation, votre première publication ?

A titre personnel, j’écris depuis mon adolescence, de la poésie, et des articles de presse pour une association. A titre professionnel, je n’ai jamais cessé d’écrire et ma plume s’est aiguisée au rythme de mon métier de cadre dans l’administration.

L’écriture, un exutoire, une revanche sur les angoisses, une libération des non-dits et des tabous, une résilience enfin, depuis la découverte d’un handicap, m’est devenue indispensable. J’alterne volontiers avec la peinture, autre passion depuis trente ans, canalisatrice de réflexion, et bien sûr la lecture.

Je me définis d’ailleurs, comme une « multiste » : peintre, saxophoniste, j’ai pratiqué la danse et le théâtre pendant vingt ans et je vis depuis quelques années en Guadeloupe, où la douceur du climat me permet de m’adonner à l’écriture. Cinquième génération d’artistes peintres, petite nièce de René Duvillier, je signe avec Le Carnet de croquis, mon premier roman, en hommage à ma grand-mère trop tôt disparue.

Le Carnet de Croquis, mûrissait depuis longtemps dans ma tête et mon cœur, répondant à une volonté de découvrir mes racines de fille et petite-fille de « Pieds-Noirs marocains » – on dit d’ailleurs « Troncs de figuier » pour le Maroc.

D’abord, accessible sur le site de lecture gratuite Wattpad, les retours positifs des bibliomanes m’ont montré l’évidence d’une publication, vœu réalisé en janvier 2019.

2 – Avez-vous des thématiques de prédilection ?

Je suis tout d’abord une passionnée d’Histoire – architecture, art, livres -, et au-delà d’une histoire familiale, mon premier roman s’inscrit dans la Grande Histoire, celle du Maroc colonisé, de la Politique Française, du Protectorat, des événements de la Seconde Guerre Mondiale.

La psychologie humaine, ensuite, reste un sujet d’intérêt, et mes personnages, bourreaux ou victimes, psychopathes ou torturés, traduisent ma curiosité pour les arcanes du cerveau, et de l’âme.

3 – Que pouvez-vous nous dire à propos de votre premier roman ?

Le Carnet de croquis, c’est l’histoire de Suzanne, qui déroule l’écheveau de son destin qui l’emmène loin de Paris à Rabat des années 30 à 60. Fille d’un bourgeois et artiste peintre, la jeune femme nous fait découvrir sa passion pour l’art, et ce pays exotique, lieu de son parcours initiatique. À la fois poétique et propice à la rêverie, le Maroc nous révèle toute sa dureté en ces temps tourmentés de protectorat et de seconde guerre mondiale. Le Carnet de croquis s’inscrit aussi dans une littérature engagée, dénonçant la condition des femmes du début du XXe siècle, et le combat mené pour acquérir droits et dignités, à l’instar des rabatais face à l’attitude scandaleuse du gouvernement français.

4 – Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oui, plusieurs : un recueil de nouvelles policières pour lequel j’ai mis un point final, est parti vers des maisons d’éditions, un deuxième roman est en cours d’écriture – un policier dont l’intrigue se passe en Belgique, et deux projets : un recueil de poésies et tableaux, et la suite du Carnet de Croquis.

158 – Portrait du jour : Thierry Berlanda, écrivain, philosophe, auteur-compositeur et conférencier

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « portrait du jour » permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson ,membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville , directeur du Clamor et de Criminocorpus.

Pour son 158ème portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit le philosophe et auteur, Thierry Berlanda  qui  a publié plusieurs romans et nouvelles, – Tempête sur Nogalès, Pentatracks, Rêve de machine, L’Insigne du boiteux , La Fureur du Prince, La Nuit du Sacre, L’Orme aux loups – et est l’auteur de plusieurs articles et conférences philosophiques publiés chez différents éditeurs spécialisés. Il a signé un thriller, Naija, en 2016 aux éditions du Rocheret Jurongl island , paru en 2018.

Ses romans explorent des genres très différents. Il se distingue avec aisance aussi bien dans la littérature générale que dans le thriller/polar et le roman historique.

Merci Thierry d’avoir accepté de répondre à nos questions. Bienvenue sur le site des amis de Criminocorpus. Ph.P.

Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché cette vocation, votre formation, votre première publication ?

Bonjour Philippe. – J’ai l’habitude de dire que j’écris comme un pommier fait des pommes. Le déclenchement d’une vocation de pommier à faire des pommes est tout simplement un fait, qui ne s’inscrit dans aucun plan prédéterminé : quand vous sentez que vous avez un certain pouvoir de faire quelque chose, vous exercez tout naturellement ce pouvoir. Tout comme quelqu’un qui se sent le pouvoir d’escalader fait naturellement de l’alpinisme. Dans un second temps, ce mouvement naturel se perfectionne par l’usage que vous en avez. C’est le moment artisanal de l’écriture : plus vous accomplissez un geste, et mieux vous le posséder, comme un chirurgien qui s’améliore en opérant, ou un jardinier qui progresse en jardinant.

Avez-vous des thématiques de prédilection ?

Depuis quelques années j’écris surtout des romans noirs. Le noir est un fond de sauce idéal pour faire ressortir toutes les autres couleurs de la vie. Les personnages soumis à des situations difficiles se révèlent en général davantage que quelqu’un qui descend simplement chercher le pain. Or qu’est-ce qu’on cherche en écrivant ? A montrer l’humanité dans sa vérité. Souvent cette vérité est lumineuse, parfois elle ne l’est pas…

Que pouvez-vous nous dire à propos de votre dernier roman ?

Mon dernier roman, dont j’ai achevé l’écriture… hier soir, est un thriller psychologique. Il paraîtra en 2020. Quant au dernier roman à paraître cette année, il s’agit d’un techno-thriller, troisième opus d’une trilogie qui comprend Naija,paru en 2017, et JurongI island , paru en 2018. Un techno-thriller est d’abord un thriller, mais dont l’action prends corps dans une problématique très actuelle, soit technoscientifique, soit géopolitique, soit les deux. C’est le cas du roman qui paraîtra en mai, aux Editions du Rocher : Cerro Rico .

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Mes projets sont nombreux. J’aimerais bien écrire une romance, ce qui me changera un peu. Je projette aussi d’écrire un roman policier historique, dans la veine de L’Orme aux loups, paru en 2017 chez De Borée.

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Un assassin, qui se fait appeler le Prince, exécute des mères de famille sous les yeux horrifiés de leurs fils âgés de 7 ans. Opérant à l’arme blanche avec une rare sauvagerie, le meurtrier taille ses victimes en lanières. Telle est la punition qu’il inflige. Mais qui punit-il ? Et de quoi ? Pour répondre à ces deux questions fondamentales, le commandant Falier s’adjoint les services du professeur Bareuil, spécialiste des crimes rituels,  » retraité  » de la Sorbonne, et de Jeanne Lumet, qui fut sa plus brillante élève. Or la jeune femme est mère d’un petit garçon de 7 ans. Détail qui n’échappera sans doute pas au Prince… Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans une descente vertigineuse au fin fond de la folie meurtrière. Certaines figures cauchemardesques prennent vie dans notre réel. Le Prince est de celles-là. Gageons que cette créature qui se nourrit de nos peurs hantera longtemps nos mémoires. Éditeur : La Bourdonnaye (21 janvier 2016) –  Collection : Intrigues

 

 

 

« Les Brumes de décembre » de Daniel Cario

Parution du livre le 4 avril 2019 – Hiver 1991. Près de Lorient. Plusieurs suspects et autant d’alibis après l’assassinat de Franck Hamonic, que personne ne regrettera. Mais les autres meurtres ?  En plus de sa sagacité, c’est la maîtrise du gendarme Derval qui est mise à l’épreuve quand enquête et sentiments s’entremêlent…

Par l’auteur de Trois femmes en noir.

Veille des vacances de Noël. Port-Louis, près de Lorient. 18 heures, la nuit est tombée. Alors qu’elle rentre chez elle à bicyclette, la petite Lydie est tuée par un chauffard, qui fuit sans laisser de traces. Sept jours plus tard, on retrouve le corps sans vie pendu à une corde, de Franck Hamonic, alcoolique et voyou notoire. Un suicide ? Le gendarme Philippe Derval est le premier à en douter. D’autant que l’individu, malgré son jeune âge, avait beaucoup d’ennemis qui lui auraient bien réglé son compte… Un des premiers témoins à interroger n’est autre que Sterenn, dix-sept ans. Fille de maraîchers, la petite sœur de Franck, partageait ses nombreuses virées. Ses aveux sont édifiants. Mais que croire ? D’autres meurtres suivent, avec d’autres modes opératoires…

L’enquête s’enlise, le temps presse, le juge d’instruction veut un coupable… Pour Derval, en plus de l’urgence de sa mission, c’est le chaos intérieur. Il assiste à la douloureuse érosion de son couple avec Irène, et ne peut réprimer son attirance pour la séduisante institutrice Florence.

Les brumes de décembre se dissiperont-elles enfin pour faire toute la lumière sur ces deux affaires (Lydie et Hamonic) que Derval pressent de plus en plus liées ?

Daniel Cario est né en 1948 au Faouët, dans le Morbihan, en plein Centre-Bretagne.

Après des études au lycée de Lorient, il est devenu instituteur puis professeur de lettres modernes en collège.

Pendant plusieurs années, il a été responsable du secteur formation de la Ligue française de l’enseignement du Morbihan. Il s’est alors intéressé tout particulièrement aux cultures populaires d’essence traditionnelle, et notamment à la danse et à la musique. Il a tout d’abord écrit des ouvrages techniques : Du terroir à la scène : la tradition de danse bretonne et le spectacle et La Danse bretonne, puis il s’est lancé dans le roman en utilisant ses connaissances en matière de culture populaire avec deux trilogies, la première comprenant Le Sonneur des halles, La Musique en bandoulière et La Complainte de la grive et la seconde portant sur le monde des tailleurs-brodeurs bretons au XIXsiècle : Le Brodeur de la nuit, Les Habits de lumière et La Parure du cygne.

Il a continué à se diversifier en écrivant des romans pour adolescents, La Guerre des Trotte-menu et Coup d’Etat chez les Trotte-menu, mais aussi des romans noirs et des policiers dont Au grenier, Prix du roman Produit en Bretagne 2015. Trois femmes en noir est son huitième roman aux Presses de la Cité.

 téléchargement (2)La collection Terres de France aux Presses de la Cité est une invitation au voyage. Voyage au cœur de la passion, celle de nos auteurs dont la plume fait vivre d’extraordinaires destins, celle, aussi, de leurs héros qui, livre après livre, deviennent une part de notre mémoire. Voyage encore au cœur de nos régions, voyage enfin au doux parfum d’antan.

Le succès de la collection Terres de France ne serait pas ce qu’il est sans  vous, sans les Amis de Terres de France. Un fabuleux enthousiasme, témoin d’une passion partagée.

Clarisse Enaudeau nous parle du métier d’éditrice – YouTube

Clarisse Enaudeau présente la collection Terres de France – YouTube

Collection Terres de France l Accueil

Les complaintes criminelles : chanter le crime !

Les complaintes criminelles pouvaient compter des dizaines de couplets. Chantées sur des timbres connus de tous, leur écho se prolongea très loin dans le temps.Ni l’apparition des journaux populaires à bas prix ni la Grande Guerre n’en vinrent à bout. Il fallut la victoire de la radi actée pendant la Deuxième Guerre.

« Faites entrer l’accusé »… Il n’est pas de chaine de télé, et jusque sur la TNT, qui ne rêve d’émissions de faits divers à succès. L’une d’entre elles s’appelle « Affaire suivante ». Un personnage y chasse l’autre : le violeur aux chaussettes, le calvaire de la jeune fille au pair à Londres, le maitre-chien qui a tué la petite Maelys…

Au XIXème siècle, nous avions : le procureur saigné sur une table de cuisine, le curé fratricide, l’empoisonneuse en série… Leurs histoires étaient imprimées sur des feuilles volantes – des canards, et chantées au coin des rues et jusque dans les maisons…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission France inter

Criminocorpus : musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Les complaintes criminelles en France après 1870 : inventaire, problématisation, valorisation d’un corps méconnu – Colloque les 2-3 avril 2019 à la Bibliothèque Nationale de France. Entrée libre mais inscription obligatoire auprès de clamor@crimocorpus.org 

CD Rennes en Chansons (Dastum).

Invité : Jean-François Heintzen

Historien, chercheur associé du CHEC de de l’Université Clermont Auvergne

LA MARCHE DE L’HISTOIRE du jeudi 28 mars 2019 par Jean Lebrun

 

157 – Portrait du jour : Nicole Gonthier, professeur d’histoire médiévale et auteur de romans historiques

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Pour son 157ème portrait du jour, c’est notre ami l’éditeur Guillaume de Uffredi qui a procédé à l’interview de  Nicole Gonthieragrégée de l’université, docteur ès lettres en histoire. Elle a été professeur d’histoire médiévale et doyen de la Faculté des Lettres et Civilisations à l’Université Jean Moulin-Lyon 3 jusqu’en 2012. Elle écrit des romans policiers historiques ayant pour cadre le Lyon médiéval depuis de nombreuses années, ouvrages publiés chez Pygmalion-Flammarion puis désormais aux éditions Les passionnés de bouquins . Elle réside à proximité de Lyon (Rhône).

En 2018, elle remporte le prestigieux prix Sang d’Encre pour son livre : Peine Capitale.

La rédaction du carnet criminocorpus est très honorée de ce nouveau portrait et remercie infiniment Guillaume de Uffredi  pour son implication. PH.P.

Pouvez-vous décrire les étapes de votre parcours d’auteur : ce qui a déclenché cette vocation, votre formation, votre première publication ?

Écrire est une longue pratique universitaire dont j’ai amplement usé, pendant mes 32 années de carrière dans l’enseignement. Dans l’enseignement supérieur, les bénéficiaires du statut d’enseignant chercheur sont appelés à produire des textes – articles de revues scientifiques, communications à des colloques, manuels destinés à la préparation des concours, études thématiques ciblées sous la forme d’ouvrages sans oublier bien sûr l’écriture d’une ou de plusieurs thèses. Tel fut mon cas, et c’est ainsi qu’en qualité de maître de conférences puis de professeur d’université spécialiste d’histoire médiévale, j’ai fait paraître des ouvrages correspondants à mon champ de recherches historiques, soit les critères de marginalité, leur rapport avec la norme juridique, politique et religieuse, et par voie de conséquence la manière dont la société médiévale traite la marginalité (pouvoir d’ordre, organisation de la justice, pénalités judiciaires).

Lorsque j’ai pris ma retraite de l’Université, en 2012, j’ai choisi de continuer à traiter du Moyen-Age d’une manière plus ludique et plus accessible au grand public, grâce à l’écriture romanesque. Pour cela, j’avais la possibilité de passer par des intrigues criminelles, en piochant dans les nombreuses archives judiciaires que j’avais consultées au cours de mes recherches précédentes (archives lyonnaises, dijonnaises, parisiennes) afin de soutenir l’intérêt du lecteur, comme on le fait dans la littérature policière classique. La résolution d’une affaire de meurtre par un prévôt de police de l’archevêque est donc la trame première de mes romans mais chacun d’eux m’offre l’occasion d’initier le lecteur aux réalités de la fin du XVe siècle à Lyon. Décor urbain, couleurs, odeurs, bruits, langages, vêtements, usages quotidiens, actualités politiques, sociales, religieuses, culturelles, comportements, valeurs et croyances, etc. sont donc livrés au fil de l’histoire et le lecteur se retrouve, sans s’en rendre compte, informé des traits essentiels de l’époque, familier d’un univers qui n’est pas inventé mais fondé sur des réalités historiques, des pièces d’archives, des faits attestés. Rien de m’est plus agréable que d’entendre les lecteurs me dire qu’ils se sont sentis vivre au XVe siècle.

Les quatre premiers romans ont paru chez Pygmalion, puis en raison d’un changement de ligne éditoriale et de direction de cette maison d’édition, à partir de 2015, les trois suivants ont été édités par les éditions lyonnaises Les passionnés de bouquins . Tous les romans se situent à la fin du règne de Charles VII (1450-1461) et sous le règne de Louis XI (1461-1483). L’enquêteur est un prévôt de police qui a existé, Arthaud de Varey, et que j’ai librement imaginé. D’un roman à l’autre, sa propre histoire est exposée mais les romans se lisent indépendamment, ce n’est pas une saga.

Sept sont parus à ce jour, je suis en train d’écrire le huitième.

 Votre réaction suite à l’attribution du prix Sang d’Encrequi vous a été décerné fin 2018 pour le livre : « Peine Capitale » ?

Je fréquente le salon Sang d’encre depuis la parution de mon premier roman en 2012. Le crime de la rue de l’aumone avait été retenu parmi les romans en lice pour le prix, cette année-là et était arrivé second. J’apprécie beaucoup l’atmosphère et l’organisation de ce salon où je retrouve depuis 2012 les lecteurs qui aiment mes récits et d’autres qui les découvrent. Beaucoup de monde en général le fréquente. On y rencontre aussi des auteurs célèbres qui attirent un public important. Recevoir cette distinction pour Peine Capitale est un grand honneur et un très vif plaisir. Je connais l’impact publicitaire de ce prix renommé et qu’il ait été attribué à l’un de mes derniers récits me permet d’être mieux connue, avec ma spécificité d’historienne « convertie à une autre forme d’écriture ». Ce n’est pas le premier prix qu’obtiennent mes romans (Meurtre d’un maître drapier avait reçu le prix du Lions club de Rambouillet en 2014, et le prix de la République des canuts, en 2015, Les chants de la mort avait reçu le prix des lecteurs du salon de Montmorillon en 2015), mais le prix Sang d’encre est spécifiquement décerné à un roman « policier » et reconnaît la qualité de l’intrigue de ce type. J’ajoute que Peine Capitale vient de se voir délivrer également le prix Vaugelas des Rencontres Vaugelas de Meximieux ( il me sera remis le 6 avril lors du salon du livre des 6-7 avril 2019 à Meximieux), qui doit sanctionner – je suppose, en référence au grammairien Vaugelas – la qualité d’écriture. Ce double aspect de reconnaissance m’est particulièrement précieux.

– En tant qu’auteur, comment vous situez-vous ? Publiez-vous dans un genre littéraire défini ? Avez-vous des thématiques de prédilection ?

Mes récits sont à la frontière entre deux genres connus et définis : le roman policier et le roman historique. À la frontière, ou partie prenante des deux catégories : une position parfois bien difficile à soutenir ! Dans certains salons où mes romans côtoient des polars contemporains, je souligne que l’affaire criminelle que je relate est le fil conducteur d’un autre récit, d’une thématique supplémentaire. J’explique que mon but est de donner autant d’importance à la peinture des caractères, à la densité des personnages, à leur psychologie et à leur cadre de vie qu’au seul récit factuel.

Inversement, si l’on m’assimile aux auteurs de romans historiques, j’insiste sur les fondements véridiques de mes récits, leurs sources documentaires qui les écartent du genre de l’histoire romancée et je souligne l’aspect policier de l’intrigue.

L’attribution du prix sang d’encre me permet d’être plus crédible sur le plan policier tout en me démarquant du genre du roman historique que je ne pratique pas, n’en ayant pas le goût.

– Que pouvez-vous nous dire à propos de votre dernier roman :

Un crime tissé de soie se fonde sur un fait historique que les Lyonnais connaissent peu : l’implantation, sur ordre de Louis XI, d’une fabrique de la soie à Lyon, une décision

économique et politique à laquelle les consuls de Lyon ont répondu par un boycott manifeste, au risque de recevoir les foudres royales.

Sur ce fond événementiel – véritable crise de gouvernement municipal en 1470, riche en affrontements – j’ai voulu placer l’intrigue dans le milieu des courtiers de foires, pénétrant ainsi une société très cosmopolite et malfamée pour ses nombreuses fraudes. Cela me permettait de souligner l’importance des 4 foires internationales qui animaient Lyon et qui l’ouvraient aux influences italiennes.

Quant au lieu du crime, les terres du monastère d’Ainay, c’est un décor et un milieu que je n’avais pas encore mis en exergue, chacun des romans précédents illustrant un type social et un quartier différent.

Ce roman est celui qui s’inspire le plus étroitement des archives car la réalité de cette année 1470 nourrit merveilleusement l’imagination. Le crime, lui, est du domaine de la fiction, comme les péripéties de la traque du, ou des meurtriers. L’intrigue rebondit sur les erreurs et les doutes continuels du prévôt quant à l’identité de la victime, quant au mobile du crime, quant à la scène de crime elle-même. Une allusion au troisième homme comme un écho au roman de Graham Greene apparaît au cours de l’enquête… La solution – je l’espère – reste surprenante tout en étant réaliste et logique car rien ne m’agace autant que les énigmes qui se résolvent par un tour de passe passe dans les trois dernières pages.

J’ajoute que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce dernier roman où certaines scènes sont particulièrement dynamiques. » Nicole Gonthier

Nicole Gonthier sera présente à Quai du Polar, à l’hôtel de ville sur les créneaux suivants:

  • vendredi 29 mars de 14h à 16h30
  • samedi 30 mars de 10h à 13h et de 17h à 19h
  • dimanche 31 mars de 10h à

« La Garçonne » de Gilbert Bordes

Date de parution : 4 avril 2019 – On appelait Louison « la Garçonne », braconnière solitaire des bois de Sologne en ces années 1930. Presque dix ans plus tard, au terme d’un long exil dans le nord du Canada, elle revient sur les lieux d’un drame qu’elle n’a jamais oublié. A la fois par désir de vengeance et en quête de ses origines… Madame Boisset revient en Sologne après des années passées dans le Nord du Canada, à Schefferville, où elle a hérité de vastes propriétés, terres stériles jusqu’à ce qu’on y découvre un gisement de fer qui bâtira sa richesse. Elle rentre car elle fomente sa vengeance : elle n’a pas oublié ce qui lui est arrivé quelques années plus tôt, en 1935. Elle avait juste vingt ans, elle était Louison, cette jeune fille solitaire qui arpentait les bois, braconnant et chassant. Au village, on la rejetait ; il y avait trop de doutes, de suspicions sur elle : ses origines (serait-elle la fille du comte de Cressey, dont elle est la protégée ?), ses activités, ses tenues d’homme. On l’appelait la Garçonne. Une nuit, elle a été violée. Elle est tombée enceinte et a tout fait pour se débarrasser de l’enfant. Louison n’a jamais su qui était son agresseur.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle revient donc, auréolée de mystère, sous la voilette qui cache une partie de son visage. Elle achète une vieille ruine, au plus près d’une nature et d’une vie animale qu’elle respecte dorénavant – elle ne s’adonne plus au braconnage… Elle retrouve sur les lieux de son enfance, les êtres qui ont veillé sur elle, qui l’ont aimée… Et ceux qui l’ont haïe…

Né en Corrèze, Gilbert Bordes a été instituteur puis journaliste et est aujourd’hui luthier et écrivain.

Membre de l’école de Brive, il est l’auteur d’une quarantaine de romans.

La collection Terres de France aux Presses de la Cité est une invitation au voyage. Voyage au cœur de la passion, celle de nos auteurs dont la plume fait vivre d’extraordinaires destins, celle, aussi, de leurs héros qui, livre après livre, deviennent une part de notre mémoire. Voyage encore au cœur de nos régions, voyage enfin au doux parfum d’antan.

Le succès de la collection Terres de France ne serait pas ce qu’il est sans  vous, sans les Amis de Terres de France. Un fabuleux enthousiasme, témoin d’une passion partagée.

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Droit des femmes, tout peut disparaître (Pauline Delage)

Parution  le 7 mars 2018 – Les droits acquis par les femmes sont-ils irréversibles ? Si le principe d’égalité s’est peu à peu imposé, on est loin du compte dans la pratique ! Les droits des femmes font toujours l’objet d’attaques de la part de groupes ou d’individus qui résistent au mouvement vers l’égalité. Et un nouveau danger, plus insidieux, plane : la façon dont ces droits sont traités et défendus institutionnellement tend à les isoler d’autres questions sociales et politiques. Ce livre propose un retour critique sur les acquis de ces quarante dernières années, en soulignant les résistances à l’antisexisme, mais aussi les limites que le contexte néolibéral impose à la défense des droits des femmes. Pour construire une société, il importe en effet de repenser les droits des femmes pour qu’ils bénéficient aussi, et surtout, à celles qui subissent les inégalités sociales et le racisme.

Pauline Delage, sociologue, travaille sur les transformations du traitement des violences de genre dans différents pays. Elle est cofondatrice du laboratoire junior VisaGe (Violences fondées sur le Genre). Elle a notamment publié Violence conjugale. Du combat féministe à la cause publique (Presses de Sciences Po, 2017).

Éditeur Textuel

Collection Petite Encyclopedie Critique