Archives mensuelles : février 2019

La face cachée de la robe (Anaïs de la Pallière)

À paraître le 4 avril 2019 – Nous avons tous entendu: « Mon fils, il sera avocat ou médecin ! » Profession respectée et respectable, le métier d’avocat fait rêver. Mais derrière la robe se cache une réalité que l’on ne soupçonne pas. Avocate au sein du Barreau de Paris, Anaïs de la Pallière retrace ses années d’études et d’exercice en cabinet, ainsi que les sacrifices consentis à son idéal. Une fois le précieux sésame décroché, un autre combat commence.L’avocat ne doit pas seulement se battre chaque jour pour son client et devant les tribunaux : il doit aussi se confronter à ses pairs et survivre. Concurrence exacerbée, rétrocessions inférieures au SMIC, précarité des travailleurs, pressions du chiffre, journées de travail sans fin, humiliations, harcèlement moral, harcèlement sexuel – certains cabinets peuvent faire vivre un enfer aux nouvelles recrues. La profession a notamment permis le développement d’un système, le contrat de collaboration, qui semble avoir été largement détourné de son bénéfice originel laissant le jeune collaborateur pieds et poings liés au cabinet qui l’emploie. Et que dire de la pression exercée sur les jeunes avocates qui envisageraient une maternité… !Heureusement, la parole se libère peu à peu. Les premières mesures commencent à se mettre en place pour lutter et faire sanctionner ces dérives. En donnant également voix à ses confrères, Anaïs de la Pallière signe un document engagé, nécessaire et plein d’espoir pour une profession qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.

Anaïs de la Pallière a 35 ans. Elle est avocate au Barreau de Paris.

Editions Michalon 

L’affaire André Kaas

Les victimes d’une erreur judiciaire ne sont pas uniquement des personnes injustement condamnées qui croupissent en prison jusqu’à ce qu’un nouveau procès les lave enfin de tout soupçon, des années plus tard !

Un mécanisme implacable, celui du soupçon et de la rumeur peut fausser une enquête, et broyer la vie de n’importe lequel d’entre nous mêlé à une affaire criminelle. L’histoire que nous allons vous raconter dans un instant avec mes invités, est celle d’une erreur judiciaire sans procès ! L’histoire d’un homme aux affaires florissantes, qui vit avec femme et enfants dans une superbe demeure des environs de Rouen, et dont la vie bascule un jour de 1992, lorsqu’il découvre en rentrant chez lui le corps de sa femme, sauvagement assassinée.

Après quelques mois d’une enquête bâclée, André Kaas, est accusé d’avoir commandité le meurtre de sa femme. Son innocence a été reconnue, par un non-lieu, 12 ans plus tard.

Entre temps, il a effectué 35 mois de détention provisoire, 1041 jours de prison, dont il en est sorti ruiné avec l’œuvre d’une vie détruite, impossible à reconstruire…Le véritable assassin, lui, n’a jamais été inquiété.

Nos invités : André Kaas, Promoteur immobilier dont la femme, Sylvianne, a été assassinée le 5 avril 1992 alors qu’il était ce jour-là au cinéma à plusieurs kilomètres de son domicile. Il est pourtant devenu le suspect n°1 des enquêteurs, persuadés qu’il avait commandité ce meurtre pour des raisons financières… La journaliste Anne Sophie Martin, journaliste, Co-auteurs du livre  « Pas de pitié pour les innocents » (Michel Lafon – 2005).

Pour en savoir plus et écouter le document sonore sur le site de l’émission L’Heure du crime Rtl


Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Diên Biên Phu

Elisabeth « Brigitte » Friang. La résistante de Dien Bien phu. En Aout 1943, Elisabeth, voulant faire médecine, jeune fille de bonne famille de 19 ans, choisit son camp. Celui de la France libre. Elle entre en résistance (jouant de son côté angélique, elle vole des armes aux Allemands) puis au BCRA du colonel Passy. Les services secrets. Elle sera en charge (avec d’autres) et malgré son jeune âge, de l’organisation des opérations aériennes du nord-ouest. Le BOA. Nom de code Galilée 2. Elisabeth devenue « Brigitte » vérifie les zones de parachutages, transporte les valises de radioguidage. Plus tard, Brigitte est sollicitée par l’agent Britannique Yeo-Thomas (voir mon t.4) pour participer à l’évasion de Pierre Brossolette (arrêté le 4 février 1944 en Bretagne). 21 Mars 1944, malheureusement le plan avorte. Suite aux « aveux» d’un agent de liaison, Pierre Manuel, Brigitte (et son compagnon) sont arrêtés au Trocadero. Elle prend une balle dans le ventre lorsque la Gestapo l’appréhende. Tabassée, torturée (on lui cogne la tête contre les murs), Brigitte ne parle pas. Elle va être envoyée en déportation. Direction Ravensbrück (exactement le kommando de Zwodau)! Puis elle survivra aussi à la marche à la mort vers Dachau pendant l’hiver 1945 (470 kms à pied), ne voulant pas laisser ses os en terre allemande et reviendra à Paris. A son retour à Paris, hôtel Lutetia, elle pèse aussi peu qu’un enfant de huit ans (26 kilos). Puis, Brigitte sera attachée de presse d’André Malraux avant de devenir correspondante de guerre en Indochine (1951). Pour suivre les troupes, elle passera son brevet de parachutiste militaire. Brigitte vivra comme un homme, au milieu des soldats (une vie de frousse selon ses dires). Son aventure se terminera à Dien Bien Phu, ou elle sera parachutée. Étant une femme et non militaire, Brigitte sera exfiltrée de « force », alors qu’elle désire rester jusqu’au bout avec les soldats.

Je vous engage à lire ses oeuvres : Regarde-toi qu meurs qui meurs (1947) et les fleurs du ciel (1955)

Brigitte est décédée le 6 mars 2011.

N’hésitez pas à partager. Rudolph de Patureaux Ecrivain

Lire une vidéo sur http://www.memoresist.org/temoignage/brigitte-friang/

« Féérie pour de vrai » (Coralie Akiyama)

– Pourquoi ils nous parlent des prostituées, maintenant ? C’est pas ça l’insécurité ! À chaque fois il faut qu’ils nous trouvent quelque chose pour éviter de s’attaquer aux vrais problèmes. Ce n’est pas le problème de la France ! Qu’ils laissent les putes tranquilles !

Stéphane croqua dans son dernier biscuit, nostalgique de l’époque des braquages et des évasions spectaculaires. Il fut un temps où les faits divers le détendaient un peu.

Féérie pour de vrai est le récit d’une époque, la nôtre. Drôle, insensé, viscéral, il évoque la société française des années 2000 et dépeint par le biais du fantastique les turbulences de plusieurs générations. L’action se situe en province, au sein d’une famille de médecins. Célia est thanasiste, elle aide les créatures surnaturelles à mourir ou à résoudre leurs tracas quotidiens. De fil en aiguille, elle va découvrir qu’une famille mafieuse est la source de tous leurs maux et va se retrouver confrontée à son tour au puissant Empire Grenat.

La famille Ladieux rêvait d’être une grande famille. Comme toutes les grandes familles, elle devait engendrer de grands hommes, inscrire son nom dans le marbre ou autre noble pierre – comme il y avait des gens nobles et des gens vulgaires, il y avait de nobles pierres et de vulgaires cailloux – et avoir un destin. Être de ces familles qui s’élèvent, non de celles qui dépérissent. Laisser le déclin aux autres… Les Ladieux étaient médecins de génération en génération. Être spécialiste était de bon ton, généraliste un manque d’ambition, quant aux autres métiers – dentiste, kiné, psychologue dans l’ordre de déchéance – les exercer eût été une hérésie. Leur fille aînée Aurore poursuivait des études à la faculté de droit, elle ambitionnait une brillante carrière d’avocate qui ferait la fierté de tous. Mais leur cadette n’ambitionnait rien. Encore lycéenne, Célia vivotait chez eux sur les hauteurs de la ville de Montfêlé, s’en allait de temps en temps déranger son cousin Alexandre et revenait à n’importe quelle heure. Deux ans que l’interne en médecine l’accueillait quand elle allait mal, acceptait qu’elle passe la nuit chez lui lorsqu’elle fuguait. Stéphane et Sylvie Ladieux lui en étaient redevables. La générosité d’Alexandre était à la hauteur de leur honte, une honte qui demeurait dans le cercle familial mais une honte tout de même. Ils se demandaient pourquoi leur neveu se montrait aussi charitable envers l’adolescente. Pour toute reconnaissance, elle n’offrait qu’un regard de droguée – les Ladieux n’avaient jamais eu l’occasion de voir un drogué de près, mais supposaient qu’un drogué avait ce regard-là – et des yeux hostilement cernés. À l’époque déjà, leur fille ne sortait jamais avec des gens de son âge et n’en éprouvait aucune envie. « Elle est asociale, c’est son droit ! » s’écriait la mère pour la défendre, mais au fond d’elle-même madame Ladieux ne pouvait s’empêcher de trouver ce goût pour la solitude suspect. « Très bien, très bien ! » répliquait Stéphane Ladieux quand il ne savait pas quoi dire, et puisque leur fille était également asociale avec lui, c’était très bien ainsi. Du moment qu’elle n’avait pas de mauvaises fréquentations… Mais que faisait-elle de ses journées, en permanence cloîtrée dans sa chambre ? Comment s’occupait-elle, elle qui séchait régulièrement les cours et n’avait pas eu la moyenne à son bac blanc de français ? Un insolent mystère auréolait cette attardée. Oui, « attardée ». Les Ladieux pesaient leurs mots… Féérie pour de vrai, Coralie Akiyama, février 2019.

 

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lyon, Coralie Akiyama (1984) est consultante dans le domaine de la mode. Passionnée par le Japon, elle vit à Tokyo depuis dix ans. Elle écrit pour le quotidien, Senken Shinbun, célèbre dans le milieu de la mode. Féérie pour de vrai est son premier roman

Collection Lachésis
Roman fantastique

Les éditions Moires publient des textes d’auteurs contemporains dont la singularité littéraire et esthétique suscite la curiosité, l’imaginaire, la créativité. L’idée est de traverser les époques, découvrir de nouveaux espaces, de nouvelles formes, de nouvelles pensées, avec quatre collections… Les éditions Moires

Pour en savoir plus sur https://criminocorpus.hypotheses.org/47135

143 – Portrait du jour : Plana Radenovic, journaliste au JDD, au service police/justice et auteure de « Martine Veys et Patrick Henry, l’Amitié malgré tout »

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « Portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville, directeur du Clamor et de Criminocorpus.

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Ensoleillement complet pour son 143ème Portrait du jour la rédaction du carnet criminocorpus reçoit Plana Radenovic journaliste au JDD, au service police/justice. Elle est l’auteure d’un premier récit aux éditions Michalon, Ta vie en éclats   (2017).

Bienvenue sur les pages de notre site . Ph.P.

« Journaliste au Journal du dimanche, je suis spécialisée dans les affaires judiciaires et tout ce qui touche à l’univers carcéral. Je travaillais auparavant à La Voix du Nord, toujours dans ces mêmes thématiques. La face sombre du monde est de mon point de vue également celle qui nous rattache à l’humanité la plus absolue, là où elle se niche. Mon deuxième livre, Martine Veys et Patrick Henry, l’Amitié malgré tout , aux éditions Michalon , traite particulièrement de cela : la parcelle d’humanité présente en Patrick Henry l’archétype du tueur d’enfant, comme en chacun de nous, celle qui fait que Martine Veys, ancienne commerciale à la retraite, peut s’éprendre d’amitié pour l’homme derrière le symbole. C’est aussi ce thème de l’humain malgré tout, que j’avais décidé d’explorer pour narrer l’histoire romanesque et tragique de ma mère dans mon premier livre Ta Vie en éclats, toujours aux éditions Michalon. Je voulais dire, écrire, que quelqu’un qui finit sa vie marginale, SDF, n’est pas que cela. Les humains ont de multiples facettes et le terrain vaste qu’il me reste à explorer promet d’être réjouissant. »

 

EXPOSITION MAUVAISES FILLES (15 FÉVRIER 2019 > 28 AVRIL 2019) – Destins des Mauvaises filles et passé pénitentiaire du château de Cadillac.

Demeure fastueuse du premier duc d’Epernon, le château de Cadillac a aussi connu des périodes sombres dans l’histoire moderne. Après l’exposition « Détenues » de Bettina Rheims en 2018, le Centre des monuments nationaux poursuit en 2019 son exploration du passé carcéral du château, tout en favorisant la compréhension du monument dans son ensemble. En 2019, le Centre des monuments nationaux étend le parcours de visite du château ducal de Cadillac, avec dès le mois de février l’ouverture à la visite des combles, soit un 4e niveau à découvrir, qui témoigne de la période pénitentiaire du monument au cours des XIXe et XXe siècles. Et à l’automne de nouveaux dispositifs de médiation seront mis en place sur l’ensemble du parcours, au bénéfice de tous les publics. Cette année sera également l’occasion d’approfondir certains thèmes en lien avec l’histoire du château grâce à des expositions bénéficiant de partenariats nationaux. « Mauvaises filles », conçue par le Ministère de la Justice, portera un nouveau regard sur la déviance juvénile féminine du 15 février au 28 avril 2019. « Henri IV, un roi dans l’Histoire » en partenariat avec le château de Versailles du 14 juin au 29 septembre 2019, reviendra sur la figure de ce roi contemporain du duc d’Épernon …

Pour en savoir plus sur le site de Presse.monuments-nationaux

« Sublime, forcément sublime Christine V. »

Aujourd’hui dans Affaires sensibles, quand Marguerite Duras écrit sur l’affaire Grégory. Invitée Laure Adler, auteure d’une biographie de Marguerite Duras publiée chez Gallimard et vous entendrez également Denis Robert alors envoyé spécial pour Libération…

Publié le 17 juillet 1985, huit mois après le début de l’affaire, le texte de Duras, présenté comme une fiction littéraire, dresse le portrait de la mère du petit garçon, Christine V. Une mère que la romancière imagine coupable, mais magnifique et tragique, dans un texte de trois pages qui scandalisa la France. Car Christine V., version rurale et populaire de l’infanticide Médée, c’est Christine Villemin : une femme, une vraie femme, une jeune femme, 25 ans à peine, qui vient de perdre son enfant et qui bénéficie de la présomption d’innocence.

Une présomption bafouée avant Marguerite Duras par une partie de la presse, presse qui couvre goulûment cette vertigineuse affaire et voit dans la mère du petit Grégory la coupable idéale. Provocant, inconscient ou sublime, l’article de Duras, sommet de ce processus de diabolisation médiatique, vient questionner le rôle du journalisme et de la littérature. Des rivages pluvieux de la Vologne aux salles de rédaction parisiennes, retour sur un texte littéraire qui plonge le fait-divers au-delà du réel, pour le meilleur et pour le pire…

Pour en savoir plus sur le site de l’émission de France inter

Invitée : Laure Adler, écrivaine, elle a publié entre autres de nombreuses biographies dont celles de Marguerite Duras (en 1998 chez Gallimard) Hannah ArendtSimone Weil et  François Mitterrand « journées particulières » paru chez Flammarion en 2015. Elle a aussi été conseillère culturelle à l’Elysée. Elle est journaliste, a travaillé à France culture, France télévisions… et est aujourd’hui productrice de L’heure bleue tous les jours à 20h sur France Inter.

AFFAIRES SENSIBLES du mardi 19 février 2019 par Fabrice Drouelle