130- Portrait du jour : Pascal Houmard, l’auteur de la trilogie consacrée aux enquêtes de la cheffe de la « Crim » lausannoise, Antigona Krestaj.

Le blog Criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique « Portrait du jour » permet de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc. Cette rubrique est animée par Philippe Poisson , membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP. et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville, directeur du Clamor et de Criminocorpus.

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Les repères et les outils proposent des données et des instruments d’exploration complémentaires visant à faciliter les études et les recherches.

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Pour son 130ème portrait du jour, , la rédaction du carnet criminocorpus reçoit avec infiniment de bonheur Pascal Houmard, l’auteur de la trilogie consacrée aux enquêtes de la cheffe de la « Crim » lausannoise, Antigona Krestaj.

Bienvenue à ce passionné d’Homère. Cet auteur mérite d’être lu. Ph.P.

Portrait Pascal HOUMARD – auteur – « La Surnommeuse » (parution 2017), « L’affaire Saint-Roch » (2018), « Acrostiches » (fin 2019) – éditions MON VILLAGE.

Natif de Lausanne où j’ai passé les vingt-cinq premières années de ma vie, j’y ai laissé un peu de mon coeur en partant m’établir à l’autre bout du canton. Gagné par la nostalgie, j’ai choisi de convoquer cette cité dans l’écriture d’un roman, « La Surnommeuse », devenu le premier tome d’une trilogie policière.

De fait, Lausanne est partie constituante des trois volets : elle fournit non seulement le décor de l’action, mais aussi ses instances, dont, notamment, sa police municipale, alors que les personnages principaux, policiers comme criminels, évoluent dans cette ville, quand ils n’en sont pas aussi issus.

Polar ou roman policier ?

Si tant est qu’un polar se caractérise par la mise en relief des travers de la société et par la prédominance d’une intrigue noire et rouge à l’envi, force est de reconnaître que La trilogie de Crystal s’en écarte par ses éléments romanesques : non seulement l’orientation est résolument littéraire, en témoignent le style d’écriture (qui fait la part belle, entre autres, aux jeux de langage) et les thèmes évoqués (dont les références à la mythologie grecque), mais encore l’axe psychologique est fortement marqué, la focalisation interne laissant le lecteur s’immiscer dans le fonctionnement des personnages ; enfin l’on note une intention informative (un paratexte composé de notes accompagne chaque volume).

Romans réalistes plutôt que réalité romancée.

La trilogie de Crystal, baptisée du surnom donné à la commissaire Antigona Krestaj, suit cette dernière sur dix-huit mois de son quotidien professionnel : un quotidien rythmé par trois affaires criminelles qui défraient la chronique.

Même si les enquêtes sont traitées, du point de vue du contexte spatio-temporel et du mode opératoire, de manière à conférer un certain réalisme au récit, ce dernier ne relate pas des événements s’étant réellement produits, s’en inspirant tout au plus en partie.

L’héroïne principale, inspectrice depuis 1999 et totalement dévolue à sa fonction, voit sa tâche compliquée par le fait qu’elle a repris de manière inattendue la direction de la Crim lausannoise, en remplaçant au pied levé un chef victime de burn-out. Mais plus encore qu’à de nouvelles responsabilités et à des enquêtes complexes, c’est à sa rencontre avec l’amour qu’elle n’était pas préparée, ce d’autant que le coup de foudre se produit avec le prévenu d’une des trois affaires.

« Mais David ? Qu’avait-il développé de si particulier, de si décisif qu’il avait suffi d’une seule rencontre pour chambouler un déséquilibre patiemment construit pendant quarante ans ? Elle le trouvait à son goût, c’était clair, mais l’attrait physique n’aurait pas suffi à la décontenancer à ce point, elle ne le savait que trop, pour avoir vécu assez sereinement plusieurs liaisons avec des hommes dont la compagnie et l’étreinte seules lui plaisaient. Et c’était pas mal, déjà. Surtout que ce n’était pas suffisant pour la chambouler. Des passades, qui ne duraient jamais que quelques mois, une année tout au plus, des contrats à durée déterminée, sans engagement véritable pour les deux parties. Elle tenait en effet à mettre les choses au clair dès l’abord, ne supportant pas l’idée de faire souffrir l’autre, et moins encore elle-même ! Dès que le partenaire ne respectait plus une des clauses de l’accord, qu’il voulait modifier les règles du jeu, elle quittait la partie. Elle en retrouverait un autre quand elle le voudrait… Mais, avec David, tout allait à contre-sens et elle ne s’expliquait pas ce chavirement de cœur, parce qu’elle le redoutait plus encore comme un naufrage moral. » (« La Surnommeuse », chap. 9)

Un policier mythologique

Pour couronner le tout, Antigona doit faire face à ses collègues de la police cantonale, qui lui rendent la vie dure quand, débordant des limites qui lui sont imparties, la municipale vient par malheur empiéter sur leurs plate-bandes.

Enfin, la commissaire Krestaj vit un combat intérieur entre son besoin de justice et sa soif de vérité, un duel rémanent que se livrent son Créon et son Antigone, comme elle les nomme, en référence au fameux mythe d’Oedipe.

« Bien que désespérant d’être comprise, elle lui raconta la légende d’Antigone, digne représentation à ses yeux de la quête de la vérité, et de son oncle, Créon, figure du monarque tenant par-dessus tout à faire respecter la loi et personnifiant à ses yeux la recherche de la justice. Elle expliqua qu’en elle, depuis toujours, luttaient un côté Antigone et un côté Créon. Drôle de binôme pas si complémentaire que cela, plutôt antagoniste, même, et parfois dérangeant. » (« L’affaire Saint Roch », chap. 2)

Trois romans intimement liés.

Même si les deux premiers volets peuvent être lus séparément, ils forment une unité qu’on découvre à la lecture du troisième tome (à paraître). Ce dernier, reprenant des éléments des deux affaires précédentes en sorte de boucler la boucle, ne peut donc supporter l’économie des volumes précédents.


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