99 – Portrait du jour – Martine Lafon-Baillou, la romancière à l’humour sidérant

Photographie à la une de  Jacques Hamel ami de Martine Lafon-Baillou

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Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Martine Lafon-Baillou, l’auteure de Fostine, Bordeaux 1789L’Affaire du Chapeau Rouge et de  La Veuve de la Rue des Remparts s’invite dans le 99ème portrait du jour Portrait du jour – Criminocorpus pour le plus grand bonheur des lecteurs du  Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des…

Martine Lafon-Baillou vit en Gironde.

Passionnée de littérature, elle donne des conférences et anime des cafés littéraires.

Dans son travail de romancière, elle manie avec bonheur, gravité, sensualité, descriptions subtiles et humour sidérant… Et nous à Criminocorpus on aime bien…

Bienvenue au club Martine. Ph.P.

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« Le brocoli a été créé par les Romains à force de sélection en partant d’un vulgaire chou sauvage. Le brocoli a ensuite donné le chou-fleur. Est-on romancière à la naissance ou le devient-on par auto-sélection ?

Très tôt, le monde m’est apparu dans son insoutenable beauté et son infatigable mobilité. Une sorte de vitre m’en isolait. Elle s’appelait famille, éducation, comme on veut. Il était urgent de s’en affranchir. L’écriture me convenait bien. J’étais éponge, je buvais mon environnement puis je le restituais à ma manière. L’écriture, plus encore que la lecture, était prétexte à l’isolement, au repli, elle me mettait au-dessus du quotidien, je devenais inaccessible.

Enfant, je m’attaquai avec la foi de l’innocence à la science-fiction. Ces écrits d’extrême jeunesse (sept ans) se perdirent. Faut-il s’en affliger ? Suivirent une abondante correspondance tous azimuts et un journal pas très intime. Il doit rester quelques éclats de ces pépites, ici et là, hélas…

C’est à trente ans, après avoir épuisé, dans une quête très narcissique, les ressources de Stendhal, Maupassant, Flaubert et autres auteurs Autrichiens et Anglais, que je me mis, tel que le fit Balzac en personne pour sa Femme de trente ans, à compiler des textes épars suivant tous la même veine marbrière afin d’en faire un livre… jamais terminé !

Plus tard encore, à près de quarante ans, trois romans parurent successivement, tournant tous autour d’un même sujet : les autres. Le premier De Jérôme à Lidoire (Ed. Passiflore) fut Coup de Cœur de Jérôme Garcin dans le Nouvel Obs. Les autres, un vaste sujet, comment vivent-ils, comment font-ils pour survivre à l’écrasant poids du monde ? Comment les aider à porter leur existence ? L’humour me parut un excellent moyen de traiter de choses graves, comme par exemple l’anthropomorphisme animalier dont je souffrais depuis qu’une chatte siamoise m’avait embobinée. Ce fut Tu veux un Drink ? (Ed. Passiflore). Je me passionnai parallèlement pour le sado-masochisme que je mis en scène dans Clara (Ed. Vents Salés), je donnai des conférences aussi sur la jalousie dans la littérature et sur le dandysme Baudelairien…

Mon mari orienta mon travail malgré lui. Les vieilles pierres lui plaisaient. En 2010, nous nous installâmes dans une chartreuse de 1781 dont chaque latte de parquet, chaque poignée de porte vibraient encore de la présence de son premier occupant, un négociant bordelais qui se faisait appeler Milord et signait de même. Les dés étaient jetés. L’Histoire me tendait les bras, je m’y jetai. Fostine, Bordeaux 1789 naquit de cette étreinte et des archives notariales, au printemps 2018. Mais, la gestation fut plus longue que celle de la baleine bleue, douze mois, et de l’éléphant d’’Afrique, vingt-deux mois ! Il ne me fallut pas moins de quatre ans de recherches, six mois de plan, et neuf mois d’écriture pour venir à bout de ce roman haletant et enlevé.

Au lieu de sortir éprouvée d’une telle aventure, j’écrivis dans la foulée mon premier roman policier historique qui sortit en mai 2018 : L’Affaire du Chapeau Rouge (Ed. Sud-Ouest), puis La Veuve de la Rue des Remparts (Ed. Sud-Ouest) sortie le 8 novembre 2018. Preuve que ma voie était là : inscrite dans les pierres de ma demeure. L’Histoire m’attendait, j’étais venue au rendez-vous.

Il faut prendre le temps au sérieux, le tenir par la main comme un ami, et se souvenir qu’il y a du chou sauvage dans le brocoli et du brocoli dans le chou-fleur ! »

 

 

 

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