44 – Portrait du jour : Dorothée Piatek, l’auteure d’un récit poignant inspiré de l’histoire méconnue des prisons pour enfants

 » … Dévoiler des destins injustement abîmés, des faits non raconter dans les livres d’histoire, comme ceux des enfants enfermés jusqu’en 1977 dans le bagne de Belle-île-en-mer. (Le silence des oiseaux, aux éditions du Seuil). Âgés de 12 à 20 ans, combien furent envoyés dans cette maison de redressement où la maltraitance était leur lot quotidien ? Harcelés, violés, brutalisés, certains y perdirent la vie et furent enterrés comme des chiens à même la terre. Le silence des oiseaux on Vimeo … »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour son quarante quatrième Portrait du jour–Criminocorpus la rédaction du carnet reçoit aujourd’hui Dorothee Piatek  auteure en littérature dont la curiosité l’amène à découvrir des sujets historiques ou d’actualité quelle aime mettre en avant dans ses romans.

Mon premier contact avec Dorothée Piatek date de la parution de son  livre Le silence des oiseaux(2014), et, je suis ravi de renouer avec Dorothée pour le plaisir des fidèles lecteurs du Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …

Merci Dorothée pour la spontanéité de l’élaboration du portrait joint ci-dessous. Ph.P.

« « Je n’appelle pas ça un livre » avais-je déclaré après une lecture imposée en classe.

D’abord interloqué, puis bienveillant, mon professeur de français m’avait alors conseillé un roman dont il avait rédigé le titre sur un bout de papier que je glissais dans la poche de mon pantalon. Je m’empressais d’aller acquérir l’ouvrage et d’en démarrer la lecture le soir même nichée sous ma couette.

Je n’avais alors que 11 ans et me trouvais subjuguée par la précision et le détail qui émanait de ce livre. Le Rêve d’Émile Zola bousculait mon esprit, je découvrais des sentiments et des émotions encore méconnues, je ressentais l’impatience de tourner les pages et le désir que ce roman ne s’arrête jamais. Je savourais les mots pour la première fois de ma vie et les mâchais avec délectation. Zola venait de me rendre livrophage.

Quelques années plus tard je découvrais l’incroyable bien être de se plonger dans la rédaction d’un roman et de fouiller les archives pour donner vie aux acteurs du passé.

Ainsi mon premier roman L’Horizon bleu racontait la vie d’un jeune couple séparé par La Grande Guerre. C’était en 2002, nous étions alors bien loin des commémorations du centenaire…

Expliquer l’indicible, transmettre des émotions, raconter sans choquer mais sans épargner des réalités me plaisait et attisait ma propre curiosité. Je comblais alors cette dernière en espérant satisfaire celle de mes futurs lecteurs.

J’enchaînais avec boulimie l’écriture de romans avec la trilogie Le cercle d’or, Je marchais malgré moi dans les pas du diable, Les dents du bonheur, Le silence des oiseaux, La Demoiselle de Wellington , avec toujours ce désir de révéler au plus grand nombre des sujets méconnus.

Je semais quelques rêves en écrivant des contes pour enfants Le prince aux grands pieds, Le vieux qui avait un grain dans la tête, Le jouet d’Adèle, La mémoire envolée…

Dévoiler des destins injustement abîmés, des faits non racontés dans les livres d’histoire, comme ceux des enfants enfermés jusqu’en 1977 dans le bagne de Belle-île-en-mer. (Le silence des oiseaux, aux éditions du Seuil). Âgés de 12 à 20 ans, combien furent envoyés dans cette maison de redressement où la maltraitance était leur lot quotidien ? Harcelés, violés, brutalisés, certains y perdirent la vie et furent enterrés comme des chiens à même la terre. Le silence des oiseaux on Vimeo

Dévoiler l’impensable et rendre justice aux âmes blessées en s’adossant aux faits réels, voilà ce qui me pousse à écrire. Je passe ainsi des centaines d’heures à fouiller, dénicher des informations, glaner des pépites qui viendront enrichir chacun de mes livres.

Et toujours cette passion de la précision qui me pousse à m’assurer que rien ne déborde du cadre, du détail d’un tissu à la forme d’un verre en passant par la couleur d’un mur.

C’est depuis des archives nationales, dans les sous-sols de musées ou plongée dans des livres historiques introuvables que je déniche au hasard de mes pérégrinations que j’extrais la moelle des thèmes que j’aborde. Et les années défilent, riches de ce travail passionnant, de ces découvertes fortes et souvent bouleversantes que j’aime partager.

C’est souvent en automne et en hiver, mes saisons préférées pour écrire, que naît le fruit de mes recherches. Une fois débarrassée des tâches ingrates du quotidien, pieds au chaud sur le pelage de mon chien Gustave qui dort sous mon bureau, j’écris en respirant l’air frais qui entre dans mon bureau par la fenêtre souvent maintenue ouverte. Une tasse de thé bien chaude à portée de main, le chat qui ronronne sur son coussin, un bouquet d’hortensias ou de pivoines (en juin) à portée vue, ma main accomplit les bons vouloirs de mon esprit dans lequel se jouent les scènes et défilent des images. Je partage alors mon « moi intérieur » avec une foultitude de personnages qui me laisse endosser leur personnalité, entendre leurs secrets et tous ensemble nous travaillons de concert pour mener à bien ce qui deviendra mon prochain roman »

Dorothée PIATEK auteur – Dorothee Piatek – Auteur littérature

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