Les maîtres de l’affiche 1890-1940 (Christophe Matho)

Parution du livre le 10 octobre 2017 – L’affiche est la première véritable expression de la publicité. Alors que nous sommes dans l’ère de la communication dématérialisée, alors que l’affiche est depuis longtemps concurrencée par d’autres médias, elle n’en reste pas moins très actuelle, accrocheuse et populaire. Entre 1890 et 1940, l’affiche a été une oeuvre artistique essentielle. Elle a traversé différents genres : Art Nouveau, Modernisme, Art Déco…

Ce livre n’a pas l’ambition d’une encyclopédie ni la prétention d’un ouvrage académique. L’auteur souhaite simplement partager les oeuvres de Mucha, Chéret, Cappiello, tant d’autres affichistes renommés… et aussi celles de formidables artistes dont l’histoire n’a pas retenu le nom. L’ouvrage s’intéresse également à l’approche sociétale. L’affiche est en effet le témoin de son époque : nouveaux moyens de locomotion, nouveaux loisirs, révolution alimentaire, industrialisation des spectacles…

Le livre permet de découvrir la France d’il y a cent ans telle qu’elle était vraiment, avec ses fantasmes, ses stéréotypes et ses préjugés. Une France qui pensait fort différemment de celle d’aujourd’hui.

Christophe Matho dirige les collections de plusieurs maisons d’édition. Il a découvert les affiches de la Belle Epoque et des Années folles en allant à la rencontre des collectionneurs pour l’illustration d’ouvrages traitant du début du XXe siècle. Il a ainsi constitué un important fonds d’affiches. Une collection qui méritait bien un livre, dont la conception graphique se devait d’être à la hauteur de ceux qui ont conçu ces oeuvres il y a un siècle.

Éditeur : De Borée

Christophe Matho – Les maîtres de l’affiche (Éditions De Borée …

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Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des … développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Après les portraits de  Virginie Paultes ,  Laurence Schwalm , Clarisse Enaudeau, le monde de l’édition est encore à la une avec Christophe MATHO qui dirige les collections de De Borée et de Marivole. Trente troisième   Portrait du jour – Criminocorpus 

Christophe a bien voulu nous dresser un Portrait du jour sous forme d’entretien pour la rédaction criminocorpus. Les propos ont été recueillis par Joseph Vebret.

Merci à vous Christophe et Joseph pour ce moment de partage. Cordialement. Ph.P.

Rencontre avec Christophe Matho. Créateur de  Marivole Editions , il a proposé au groupe Centre France de reprendre les éditions De Borée à la barre du tribunal de commerce fin 2015. Il dirige les collections de De Borée et de Marivol

Rédaction de Criminocorpus : Christophe Matho, expliquez-nous votre métier ?

Christophe Matho : (sourire) En fait, je suis directeur de collection, mais par méconnaissance de nos métiers, ignorance de la jurisprudence et un petit zest d’incompétence, les Agessa ont supprimé mon métier à compter du 1er janvier 2019. Je m’apprête donc à faire autre chose.

RC : Devenir éditeur par exemple ?

CM : Ce n’est pas le même métier. L’éditeur est un type qui regarde ce qui se vend et tente de faire la même chose. L’éditeur regarde ce qui se passe sur EDISTAT ou GFK. C’est un homme de lettres prisonnier du marché et des bases de données. Le modèle économique du live pousse à produire chaque année un peu plus de titres. Dans ce contexte de surproduction, les libraires ont bien du mal à connaître toutes les nouveautés. Ils sont obligés d’utiliser des bases de données et des logiciels d’audit marketing qui leur donnent les thèmes et les auteurs qui se vendent. Et c’est ça qu’ils achètent !

Difficile de faire percer une nouvelle collection, difficile de faire percer un nouvel auteur. Vous vous demandez pourquoi vous avez l’impression de voir toujours les mêmes ouvrages dans les librairies ? C’est à cause de cela. N’en faites pas le reproche aux libraires, c’est surtout la faute des éditeurs qui produisent trop ! Conséquence : un phénomène de « best-sellerisation ». Les ventes se concentrent autour de quelques grands succès et la tendance s’accélère depuis 4 ou 5 ans. Les algorithmes Google et Amazon aggravent cette tendance en arrosant là où le sol est déjà mouillé. Un éditeur, c’est celui qui doit coordonner les actions marketing et commerciales pour vendre dans ce contexte.

RC : Et le directeur de collection ?

CM : C’est un concepteur qui s’intéresse aux contenus. Il définit la ligne éditoriale de sa collection. Il cherche les auteurs, il privilégie la nouveauté, l’impertinence, ce qui sort des sentiers battus. Il oriente les manuscrits, il participe à leur rédaction… Je suis un peu provocateur dans ma réponse en disant que je ne suis pas éditeur, mais, en fait, je pense que les fonctions d’éditeur et de directeur de collection n’ont jamais été aussi distinctes qu’en ce moment. La profession évolue : une maison d’édition qui veut fonctionner n’a jamais autant eu besoin de directeurs de collections et d’éditeurs. Ils sont les deux facettes de l’animation de la production éditoriale. Or, c’est le moment que les Agessa choisissent pour flinguer l’un des deux métiers. Ces bureaucrates viennent de faire la démonstration de l’inconnaissance totale des professions qu’ils devraient administrer, c’est hallucinant !

RC : Vous voulez passer toute l’Interview à vous indigner ?

CM : Je pourrais… Je pourrais vous parler de la concentration autour des grands groupes, de l’activité culturelle la plus polluante, du microcosme germanopratin… mais je vais encore me faire trop de copains. On va plutôt parler contenus.

RC : Vous êtes un spécialiste du roman de terroir ?

CM : Pas seulement

RC : Vous ne voulez pas parler des romans de terroir ?

CM : Si ! (sourire)

RC : Alors, Christophe Matho, c’est quoi le roman de terroir ?

CM : Commercialement, c’est un roman qui est placé par le libraire sur une table où il est écrit « roman de terroir ». Sur sa couverture il a un ciel bleu, des champs et une ferme, idéalement un buron. L’action est censée se passer dans une région bien précise… Si on s’intéresse au contenu, c’est l’héritier du roman rustique, posé par George Sand : c’est un roman qui s’inscrit dans le cadre de la campagne et dont les protagonistes sont des paysans. C’est en décrivant les mœurs paysannes du Berry que George Sand affirme véritablement le roman rustique avec André et Mauprat, jusqu’à La Petite Fadette.

À la fin du XIXe siècle, le roman qui n’est pas parisien s’ouvre vers de nouvelles perspectives avec le mouvement régionaliste. Ce roman trouve ses sources dans une littérature régionaliste qui s’est constituée en réponse aux excès de la centralisation. De nombreux romans encrés dans nos régions vont connaitre un beau succès : Hugues Lapaire, Léon Cladel, François Barberousse, Gaston Chéreau, Ernest Pérochon, René Bazin, Jean Giono… On doit porter une mention particulière à ceux qui se situent entre 1900 et 1920 et qui ont choisi comme cadre « l’arrivée de la batteuse au village ». Ceux-là ont intéressé la doctrine, car ils décrivaient une rupture forte dans la société rurale. Ce sont eux que les professeurs de lettres appellent « Romans de terroir ». Étonnement, la doctrine est allée chercher le nom dans la littérature canadienne. Je n’en trouve pas beaucoup de traces en France avant les années 1940. C’est peut-être même le gouvernement de Vichy qui va introduire le terme dans le cadre de sa propagande visant à « restaurer les valeurs du terroir ». Précisons que ce genre littéraire n’appartenait pas plus à la droite qu’à la gauche. Mais l’appropriation du terroir par Vichy va faire tomber ce genre aux oubliettes après-guerre. Durant les trente glorieuses, la littérature est attirée par ce qu’on appellera plus tard la mondialisation. Le roman de terroir, peut-être trop associé à Pétain, n’a pas le vent en poupe. Paradoxalement, c’est par les mouvements d’extrême gauche et par l’écologie que ce genre qui conteste les effets de la mécanisation et de la modernité va revenir dans le milieu des années 1970. Le succès commercial est immédiat, car ces romans vantent la nostalgie des séniors de l’époque.

RC : Le roman de terroir est-il encore un genre qui marche ?

CM : Oui, encore très bien, mais on note un léger déclin qu’il faut anticiper

RC : Que voulez-vous dire par anticiper ?

CM : Je pense que d’ici 5 à 10 ans, le genre aura perdu beaucoup de parts de marché, car une partie de ses lecteurs sont âgés. Les éditeurs leaders du genre doivent se diversifier.

RC : C’est ce que vous faites ?

CM : De Borée a lancé une collection de polars (Marge noire) et une collection de romans historiques (Vents d’Histoire). C’est l’éditrice Hélène Tellier qui a organisé le lancement de ces collections. Il y a un gros travail marketing à faire, car De Borée étant le leader du roman de terroir, nous avons le désagrément de retrouver nos polars et nos romans historiques sur les tables du roman de terroir dans les librairies.

Chez Marivole, c’est plus simple, car la marque est moins forte et moins typée terroir. On peut lancer plus facilement de la littérature blanche ou des « genres nouveaux ».

RC : Qu’est-ce que vous appelez les genres nouveaux ?

CM : Le roman de terroir touche un public majoritairement féminin qui aime la romance et qui avait moins de 40 ans lorsque ce genre littéraire était à son zénith. Que lit ce public aujourd’hui ? Il lit ces nouveaux genres littéraires. Il faut aller à la rencontre de notre public.

RC : Vous parlez comme un éditeur là !

CM : Mince… j’ai honte ! (rires)

RC : Alors, il est où ce public ?

CM : La chicklit, la dark romance, la romantic fantasy, le feel good…

RC : Vous allez vous lancer dans tout ça ?

CM : Oui. La Chiklit chez Marivole et j’aimerais développer le feel good chez de Borée. Mais ça va être du boulot. De Borée recherche un directeur littéraire, ça vous intéresse ?

Propos recueillis par Joseph Vebret pour la rédaction de Criminocorpus

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