Portrait du jour : Laurent López, le dernier gouverneur de Vincennes ?

« Très rapidement, il est apparu que l’expression « guerre des polices » pour décrire les rapports entre agents et militaires des forces de l’ordre n’avait comme fond de vérité que la force de l’habitude consistant à la répéter sans l’interroger. Si cette recherche a d’abord été la rencontre des milliers de policiers et de gendarmes peuplant les cartons d’archives, elle fut aussi la chance de connaître des personnes bien vivantes – à commencer par mon directeur de thèse Jean-Noël Luc, une rencontre cardinale comme pour beaucoup de ses étudiants –, dans les salles de consultation des services d’archives, dans les colloques ici en France ou par-delà les frontières, dans les amphithéâtres de séminaires, sur le net avec Criminocorpus… »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Non ce n’est pas le dernier gouverneur de Vincennes de l’Ancien Régime que vous apercevez sur la photographie mais notre ami  Laurent López chercheur au Service Historique de la Défense (Département des études, de la recherche et de la symbolique).

Il fête aujourd’hui ses 46 printemps et toute l’équipe de la rédaction de Criminocorpus lui souhaite sincèrement un joyeux anniversaire

Avec l’historien Pierre Piazza il est un des rares sportifs de haut niveau qui gravitent autour de Criminocorpus …

A titre personnel, j’apprécie beaucoup nos échanges réguliers. Le commandant Laurent López c’est un homme plein d’humour et de culture… Pas étonnant qu’il apprécie dès lors la joyeuse équipe de Crimino. « T’es le meilleur Laurent ». Ph.P.

« En 2001, alors que j’enseignais dans le secondaire depuis quelques temps, j’ai eu envie de renouer avec le monde universitaire et me suis inscrit en troisième cycle à la Sorbonne, sous la houlette de Jean-Noël Luc et Jean-Marc Berlière ; les ouvrages de ce dernier ayant inspiré mon souhait de travailler sur l’histoire de la police. Peu avant, le professeur Luc avait favorisé la signature d’une convention de recherche entre son université et la gendarmerie, récemment nantie d’un Service historique, alors dirigé par le dynamique et infatigable général Philippot, fondateur ensuite et premier président de la Société nationale d’histoire et du patrimoine de la Gendarmerie (SNHPG). Désireux de travailler sur la police, la rencontre avec le professeur Luc a réorienté ma perspective vers l’études des relations entre policiers et gendarmes, sujet médiatiquement rebattu mais qui n’avait pas, ou alors très peu, encore attiré l’attention des historiens. Plus largement, l’histoire sur les forces de l’ordre en était à ses balbutiements au début du XXIe siècle, notamment car cet « objet sale », pour reprendre l’expression du regretté sociologue Dominique Monjardet, dégoûtait la plupart des chercheurs peu enclins à frayer avec les archives de cet « appareil idéologique d’État » pour les uns, celles des « chiens de garde du patronat » pour les autres, des « brutes épaisses et sans conscience » pour les derniers…

Très rapidement, il est apparu que l’expression « guerre des polices » pour décrire les rapports entre agents et militaires des forces de l’ordre n’avait comme fond de vérité que la force de l’habitude consistant à la répéter sans l’interroger. Si cette recherche a d’abord été la rencontre des milliers de policiers et de gendarmes peuplant les cartons d’archives, elle fut aussi la chance de connaître des personnes bien vivantes – à commencer par mon directeur de thèse Jean-Noël Luc, une rencontre cardinale comme pour beaucoup de ses étudiants –, dans les salles de consultation des services d’archives, dans les colloques ici en France ou par-delà les frontières, dans les amphithéâtres de séminaires, sur le net avec Criminocorpus… Certaines d’entre elles sont devenues des amis et ou désormais des collègues, en uniforme ou sans. Des collègues puisque la gendarmerie m’a offert en 2017 la généreuse possibilité d’être recruté au Service historique de la Défense, comme chargé d’études historiques et d’enseignement. En somme de transformer un hobby envahissant d’intermittent de la recherche en activité professionnelle à temps plein pour approfondir l’histoire des forces de l’ordre que je connais tout en l’élargissant à une histoire militaire plus diversifiée. C’est ce qui s’appelle peut-être se faire avaler par son objet d’étude… »

En résumé : 

Laurent Lopez est chercheur-enseignant à la Division de la recherche, des études et de l’enseignement du Service historique de la Défense (Vincennes), nommé au grade de commandant au bureau gendarmerie ; il est aussi Professeur certifié de l’Éducation nationale en Histoire et Géographie.

Il est titulaire d’une Maîtrise de Science politique, option relations internationales, d’un CAPES d’Histoire et de Géographie et d’un DEA de Science politique de l’Université Paris I – Panthéon- Sorbonne et école normale supérieure de Cachan.

En 2012, il obtient son Doctorat d’histoire contemporaine de l’Université Paris IV – Sorbonne. Sa thèse s’intitule : La guerre des polices n’a pas eu lieu. Gendarmes et policiers, coacteurs de la sécurité publique sous la Troisième République (1870- 1914). Elle est récompensée du Prix littéraire de la gendarmerie en 2013, dans la catégorie des travaux universitaires.

Ses travaux de recherche portent depuis une vingtaine d’années sur les relations multiples entre les policiers et les gendarmes aux échelles locales, nationale et internationale aux XIXe et XXe siècle.

Quelques-unes de ses publications :

La guerre des polices n’a pas eu lieu. Gendarmes et policiers, coacteurs de la sécurité publique sous la Troisième République (1870-1914), préface de Jean-Claude Farcy, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Mondes contemporains, 2014.

« “Tout en police est affaire d’identification”. Techniques et pratiques de la police judiciaire par la 11e Brigade mobile (1908-1940) »

« Policiers, gendarmes et signalement descriptif. Représentations, apprentissages et pratiques d’une nouvelle technique de police judiciaire, en France à la Belle Époque »

« Avant les gaz lacrymogènes : les liaisons dangereuses du maintien de l’ordre, de la police politique et de la police judiciaire en France durant la Troisième République »,

« Les archives contre la statistique officielle ? Retour sur les brigades du Tigre (Dijon, 1908-1914) »

« Les gendarmes et la création des brigades du Tigre à la Belle Époque »

« La bande à Bonnot : l’assaut final à Nogent (14-15 mai 1912) »,

« Le lieutenant Camille Pierre, un passeur des innovations criminalistiques policières dans les pratiques judiciaires des gendarmes à la Belle Époque »,

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