Le code d’injustice militaire – Incident sur la colline 192 (Daniel Lang)

Vietnam, novembre 1966. Le soldat Sven Erikson est le témoin impuissant des viols répétés et de l’assassinat d’une jeune femme par une patrouille américaine. En 1966, après avoir alerté les autorités, il se confie au journaliste Daniel Lang. Une minutieuse enquête paraît alors dans “The New Yorker”.

Gilles Heuré – Publié le 26 mars 2018

A lire Daniel Lang, Incident sur la colline 192, éd. Allia, 128 p., 8 €. Lire un extrait de ce livre sur le site des éditions Allia.

Pour en savoir plus lire l’article de presse sur Telerama

Parution du livre en janvier 2018 –  ‘‘Avançant sans précipitation dans l’aube grise, ils avaient docilement suivi Meserve sur deux mille mètres vers l’est, ce qui, s’aperçurent-ils, constituait un détour évident par rapport à la route de l’ouest décrite si précisément par le sergent lors du briefing. Ils approchaient alors du hameau de Cat Tuong, dans le district de Phu My, et Eriksson se maudissait d’avoir écouté Rowan. En proie au doute et au désarroi, le cœur saisi de palpitations, il se rendit compte que Meserve ne tardait pas à mettre son plan à exécution.’’

Le 19 novembre 1966, Phan Thi Mao, jeune femme vietnamienne, est kidnappée et violée par quatre soldats américains, avant d’être assassinée. Un cinquième homme de cette unité, Sven Eriksson, assiste, impuissant, à la scène. Il prend la décision de dénoncer le crime mais risque de sévères représailles. S’ils sont convoqués devant un tribunal militaire, les quatre militaires encourront les travaux forcés à perpétuité.

Daniel Lang a rencontré Eriksson dans sa ferme du Minnesota. Loin de la justice froide des tribunaux militaires, l’ex-fantassin se livre sur sa décision de dénoncer ses camarades, quatre jeunes Américains comme lui, d’une vingtaine d’années, chacun dépendant des autres pour sa survie en territoire ennemi…

Seulement trois ans après le crime, alors que les États-Unis sont encore en guerre, Daniel Lang publie dans The New Yorker un long article, qui deviendra par la suite un livre à part entière, un reportage poignant sur les exactions commises dans les situations de combat.

Récit d’un conflit de loyauté, réflexion sur le statut des victimes et des bourreaux, cet ouvrage a été adapté au cinéma en 1989 par Brian de Palma, sous le titre Outrages. Il reste l’un des premiers reportages sur les atrocités commises par les Américains pendant la guerre du Vietnam. Extrait d’Incident sur la colline 192

 Traduit de l’américain par Julien Besse.

Une réflexion au sujet de « Le code d’injustice militaire – Incident sur la colline 192 (Daniel Lang) »

  1. 15ansdemafia

    Les viols durant des opérations militaires comme celle décrite au Vietnam, est la conséquence d’une absence d’encadrement, officiers ou sous-officiers. Les violeurs sont des criminels mais les supérieurs des violeurs sont des complices. Ne serait-ce que pour ne pas avoir donné et faire comprendre les consignes de respect envers la population. Attention, les Viêt-Cong ont fait pire (couper des bras et mains des civils, éliminer des villages entiers, etc..), auparavant les vietminh avaient laissé mourir 36.000 prisonniers français sur 45.000 dans leur camps d’extermination à ciel ouvert. Mais les atrocités d’un camp n’excusent pas celles de l’autre camp. C’est la guerre qui est condamnable.

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