Archives mensuelles : février 2018

Marie Curie, amoureuse vibrante

« À la lecture des archives comptables et des surprenantes variations des dépenses privées de la découvreuse du radium, c’est une amoureuse que j’ai vu surgir, vibrante, passionnée, une femme beaucoup plus attachante que l’icône de la sainte laïque et de la scientifique sacrificiellle. »

Le romanesque des archives

Le mot « archives » suscite souvent l’image d’un amas de paperasses poussiéreuses et rébarbatives. C’est tout l’inverse. Les archives sont à la connaissance du passé ce que les analyses biologiques sont à la médecine. Avec elles, on pénètre au plus vif du tissu humain…

Pour en savoir plus sur Marie Curie amoureuse

 

Femmes et filles envoyées en prison par la cour d’assises du Nord durant la première moitié du xixe siècle (1822-1850) – (Virginie Despres)

La part des femmes dans la population pénitentiaire a beaucoup diminué au cours du XIXe siècle en France. Leur faible participation à la délinquance et à la criminalité, ainsi que la relative indulgence des tribunaux à leur égard, expliquent cette évolution décroissante. Dans le Nord, de la fin du XVIIe siècle à la Révolution, puis pendant la première décennie duXIXe siècle, elles forment un quart en moyenne des délinquants et des criminels [1][1] Voir D. Blary et P. Guignet, La délinquance à Valenciennes…. Par la suite, devant la cour d’assises de Douai, cette proportion reste à peu près stable jusqu’au début de la Monarchie de Juillet, avant de diminuer progressivement tout au long du XIXesiècle [2][2] Ainsi, entre 1886 et 1900, la part des femmes traduites…. Bien que le vaste et très peuplé département nordiste ne figure pas parmi les plus criminels du territoire, son contentieux abondant en fait un exemple de choix pour toute étude abordant la place des femmes dans la justice pénale.2

Notre propos portera sur la répression de la criminalité féminine jugée entre 1822 et 1850, ces limites chronologiques correspondant à la période durant laquelle la centrale mixte de Loos était susceptible d’accueillir des femmes. En effet, l’année 1822 marque l’arrivée des premiers détenus dans cette prison destinée, comme toutes les centrales, à recevoir les individus condamnés à la réclusion criminelle ou à un emprisonnement correctionnel d’une année ou plus, de même que les femmes et les vieillards condamnés aux travaux forcés [3][3] La population pénale de Loos s’élève alors à 448 hommes…. Les enfants devant subir un emprisonnement correctionnel d’au moins un an sont également envoyés en centrale. À partir des années 1830, la prison de Loos se dote d’un quartier distinct pour les enfants mineurs, sans séparation entre les sexes. Cependant, en raison de leur faible nombre, les filles sont enfermées avec les femmes majeures et sont complètement séparées des garçons. En 1850, année du vote de la loi sur l’éducation et le patronage des jeunes détenus, certaines d’entre elles sont transférées avec les adultes à la centrale de femmes de Haguenau, ce qui doit permettre de récupérer l’ancien quartier féminin pour l’affecter aux mineurs et remédier à la surpopulation carcérale…

Pour lire le texte intégral sur le site de la revue Cairn Femmes et filles envoyées en prison par la cour d’assises du … – Cairn

Virginie Despres : Docteur en Droit de l’Université de Lille II, Virginie Despres a soutenu en 2004 une thèse sur Les différences entre les sexes dans la justice criminelle au xixe siècle. Les femmes devant la cour d’assises du Nord (1811-1914). Publication : « Les vols domestiques au xixe siècle, d’après les arrêts de la cour d’assises du Nord (1811-1914) », dans Juges et Criminels. Études en hommage à Renée Martinage, Lille, Publications de l’Espace Juridique, 2000, p. 629-64 …

Histoire, économie & société – 2005/3 (24e année) – Pages : 118 – Affiliation : Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr – ISBN : 9782200920388 – DOI : 10.3917/hes.053.0411 – Éditeur : Armand Colin

La nuit d’après (Yves Viollier)

Parution du livre le 5 avril 2018 – Joseph vient de mourir, presque centenaire. Cette vie qu’il a forgée de ses mains, lui, le menuisier, il l’a partagée pendant soixante-dix ans avec Églantine. Au fil des heures de la nuit « d’après », celle-ci se souvient de leurs jours heureux et des plus sombres, et de cette promesse qu’a faite Joseph avant de partir.
Les chênes ne meurent pas, au paradis.

Elle a tout de suite aimé les mains de Joseph dans les siennes. C’était il y a soixante-treize ans lors d’un bal de noces dans la campagne vendéenne. Désormais les mains de Joseph ne la caresseront plus. On vient de l’enterrer, presque centenaire en ce jour de mai 2016. Au fil des heures d’une longue nuit défilent pour Eglantine tous les souvenirs liés à Joseph ; d’abord paysan, il fut tour à tour tonnelier, charpentier, menuisier puis ébéniste ; un artisan respecté qui avait l’amour du bois, de l’ouvrage bien fait… Ils ont traversé plus d’un demi-siècle d’histoire, auprès de leurs enfants, partageant tout, des plus beaux instants aux blessures indélébiles.


A cette vie à  fois modeste et accomplie qu’ils ont forgée à quatre mains, Joseph et Églantine ont donné sens, amour.

Un roman universel et bouleversant. Une histoire de transmission.

4de0620e7b313434363231333437333139393338Yves Viollier est né en Vendée. Il commence très jeune à écrire des poèmes, devient professeur de lettres, et commence à publier des romans en 1973. Ses premiers ouvrages le font remarquer par Robert Laffont, qui édite en 1988 la trilogie Jeanne la Polonaise. C’est avec ses romans vendéens, Les Pêches de vigne et Les Saisons de Vendée, qu’il fait son entrée au sein de l’Ecole de Brive. Il a obtenu, entre autres, le prix Charles Exbrayat pour Les Lilas de mer, le prix du Roman populaire pour Les Sœurs Robin, et le Grand Prix catholique de littérature pour L’Orgueil de la tribu. Il a récemment écrit L’Oratorio du Pardon avec le compositeur Bruno Coulais et reçu le prix Charette pour son roman Même les pierres ont résisté. Il vient de publier aux Presses de la Cité Y avez-vous dansé, Toinou ?, et, en avril 2017, Le Marié de la Saint-Jean. Yves Viollier est critique littéraire à La Vie. (Photographie Yves Viollier ©(c) Emmanuel Robert-Espalieu )

391929_310601465626093_571540478_nChaque roman de la collection Terres de France aux Presses de la Cité est une invitation au voyage. Voyage au cœur de la passion, celle de nos auteurs dont la plume fait vivre d’extraordinaires destins, celle, aussi, de leurs héros qui, livre après livre, deviennent une part de notre mémoire. Voyage encore au cœur de nos régions, voyage enfin au doux parfum d’antan.

Le succès de la collection Terres de France ne serait pas ce qu’il est sans  vous, sans les Amis de Terres de France. Un fabuleux enthousiasme, témoin d’une passion partagée.

(Photographie Lætitia Matusik – Attachée de presse – Presses de la Cité, domaine français).

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Clarisse Enaudeau nous parle du métier d’éditrice – YouTube

Le cas de la féminisation de la Police nationale (Geneviève Pruvost)

Idées économiques et sociales 2008/3 N° 153 – Les concepts de genre et de travail sont au fondement de la réflexion anthropologique sur la « valence différentielle des sexes » – pour reprendre l’expression de Françoise Héritier –, dans la mesure où il existe dans toute société connue des travaux d’hommes et des travaux de femmes, organisés selon le double principe de séparation et de hiérarchie.

Si l’on rentre maintenant dans le détail du contenu même de la division sexuelle du travail, il repose notamment sur le monopole masculin, à de rares exceptions près, du maniement des outils les plus sophistiqués [1] [1][1] Les chiffres entre crochets renvoient à la bibliographie en…. Or, parmi ces outils, les armes constituent un cas particulier. Elles font l’objet d’une interdiction redoublée, qui s’est longtemps traduite par un verrouillage de l’armée et de la police, institutions spécialisées dans l’usage de la contrainte physique [2], longtemps réservées aux hommes.

À ce titre, la féminisation de la police constitue la levée d’un interdit dont il importe de mesurer la portée, en allant au-delà du simple comptage des effectifs féminins. Il s’agit, en effet, de s’intéresser au cœur de la transgression que constitue la femme armée, en temps de paix, de manière officielle et au titre de fonctionnaire. En d’autres termes, les femmes policiers ont-elles accès [2][2] C’est pourquoi ont été exclus de cette étude les membres… aux « pleins pouvoirs de police » ? Les femmes usent-elles en ultime recours d’une « force coercitive non négociable » ? Puisque telle est l’habilitation spécifique dont la police a le monopole.

Le rappel des étapes historiques du processus de féminisation de la Police nationale depuis les années 1930 est fondamental pour comprendre le chemin parcouru : en 1935, la police municipale parisienne, sous la pression des féministes réformistes, recrute les deux premières femmes agents de police pour veiller sur la population féminine et les enfants errant dans les rues. Elles sont affectées très rapidement à la brigade des mineurs, au titre d’« assistantes de police », sans pouvoir accéder à d’autres brigades et étendre leur niveau de compétence. Cette expérience locale ne prendra une dimension nationale qu’en 1968 – date de l’ouverture aux femmes du concours d’officier de police adjoint (équivalent d’inspecteur). Dans les années 1970, s’ouvriront, un à un, tous les grades policiers, d’une manière assez originale, puisque la hiérarchie médiane et supérieure est féminisée avant le bas de l’échelle policière. Sont ainsi féminisés les concours d’enquêteurs et d’inspecteurs en 1972, le concours de commissaire en 1974, celui de gardien de la paix en 1978 et d’officier de paix en 1983. Cette entrée progressive est le signe d’une « révolution respectueuse », pour reprendre la formule de Catherine Marry dans son ouvrage sur les femmes ingénieurs – respectueuses des coutumes policières, qui considèrent que la féminisation doit rester un phénomène minoritaire. La féminisation de la police, comme celle de l’armée, obéit à des quotas restrictifs fixés au niveau ministériel. Sous la pression du Conseil de l’Europe, les quotas restrictifs sont abolis en 1992, mais, de manière officieuse, les quotas demeurent, que ce soit sous la forme de limites de taille ou de barèmes sportifs discriminants. La proportion de femmes policiers (titulaires dans la police active) est de 16 % en 2007. Même si elles subissent une sursélection, rares sont les postes qui restent fermés aux femmes : un seul bastion résiste, non des moindres, celui des CRS spécialisés en maintien de l’ordre au grade de gardien de la paix [3]…

Geneviève Pruvost est chargée de recherche au CNRS (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales). Ce livre est issu de sa thèse L’accès des femmes à la violence légale. La féminisation de la police (1935-2005) , soutenue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales en 2005. Elle travaille actuellement à une comparaison avec la féminisation d’autres métiers d’arme. Pour en savoir plus sur Cems.ehess.fr

Pour en savoir plus lire l’article de Geneviève Pruvostdu même auteur  (Chargée de recherche au CNRS-CESDIP (77) sur le site de Cairn

Idées économiques et sociales 2008/3 (N° 153) Travail et genre Pages : 80 Éditeur : Réseau Canopé  ISSN : 2257-5111 Site internet

 

Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie (Christiane Klapisch-Zuber)

L’entretien avec Christiane Klapisch-Zuber s’est déroulé à Lyon le 2 février 2013 pendant trois heures, après un comité de rédaction de la revue CLIO FGH auquel nous appartenons toutes deux depuis la création de la revue en 1995. Le but était d’obtenir un récit de son engagement pendant la guerre d’Algérie en faveur des nationalistes algériens et en particulier de son séjour à la prison de la Roquette où elle avait été incarcérée à la suite de son arrestation. Christiane m’avait conseillé pour préparer cet entretien plusieurs lectures, en particulier l’autobiographie d’Hélène Cuénat, La Porte verte et le livre de Didar Fawzy-Rossano, Mémoires d’une militante communiste (1942-1990)1, qu’elle cite à plusieurs reprises2. L’auteur avait été une des compagnes de prison de Christiane dans l’aile réservée aux détenues politiques arrêtées pour soutien au FLN et a fait le récit précis (p. 138-150) de l’organisation de l’évasion de six prisonnières politiques en février 1961 (évasion à laquelle Christiane ne participa pas mais qu’elle aida à préparer). Michelle Zancarini-Fournel

Pour lire le texte intégral sur Journals.openedition.org/clio/11928

Notice biographique sur Christiane Klapisch-Zuber – CRH – ehess