Archives mensuelles : décembre 2017

La communarde du Finistère : Nathalie Lemel

1936 et 1870 sont deux années qui, a priori, n’ont pas grand-chose à voir. Toutes deux ont pourtant en commun d’être très richement fragmentées puisqu’événements militaires (guerre d’Espagne ou franco-prussienne) et politiques (le Front populaire d’une part, la Commune de Paris de l’autre) se répondent en cadence pour d’ailleurs, en ce qui concerne ces derniers, devenir de véritables références, inscrites au cœur de la mythologie des gauches. Aussi, de la même manière que pour Kris, associé à Bertrand Galic et Damien Cuvillier, revenir sur l’affaire du C2 – ce sous-marin républicain espagnol réfugié en rade de Brest – permet de mettre de côté les contradictions du front populaire pour se focaliser sur le devoir d’ingérence vis-à-vis d’une guerre civile voisine, retracer le parcours de la communarde bretonne Nathalie Lemel est assurément le moyen d’insister sur l’importance et l’actualité des questions sociales et féministes1

Pour en savoir plus lire le billet publié par Erwan LE GALL sur le site de la revue En envor

En Envor est la revue électronique gratuite d’histoire de la Bretagne contemporaine. Périodiquement, retrouvez en ligne sur votre ordinateur des articles de qualité, richement illustrés, écrits par les meilleurs spécialistes de l’histoire contemporaine en Bretagne. Vous êtes mobile? Pas de problème: téléchargez gratuitement les articles sur votre tablette!

En envor est une revue ouverte; c’est-à-dire que chacun peut y contribuer en adressant au comité éditorial une proposition de texte.

Pour en savoir plus…

Une femme face à l’Histoire : Agnès Graceffa raconte l’histoire de Raïssa Bloch

Pour la dernière fois, image adorée

J’ose te caresser en esprit […]

Reçois, oh lointaine amie,

Les adieux suprêmes de mon cœur,

Telle une femme au seuil du veuvage

 

Parution du livre le 10 octobre 2017 – Tels sont les mots que Michel Gorlin adresse à sa femme avant de monter dans le train qui le conduit de Pithiviers à Auschwitz, le 17 juillet 1942. La veille, son épouse Raïssa, née Bloch, a échappé à la rafle du Vel d’Hiv et mis sa fille, Dora, à l’abri chez des amis. Ces deux jours de juillet 1942 ont scellé son destin.

Née en 1898 dans une famille aisée de la bourgeoisie juive de Saint-­Pétersbourg, enthousiasmée par l’aventure bolchevique de 1917, Raïssa fuit à travers l’Europe de l’entre-deux-guerres, de Berlin à Paris, cherchant avant tout à se consacrer à ses deux passions : l’histoire et la poésie. Son itinéraire est celui d’une exilée qui a rêvé trouver en France un havre de paix. C’est aussi celui d’une femme qui, par sa seule naissance, voit l’étau de la persécution se refermer sur sa vie.

Agnès Graceffa retrace le parcours bouleversant de cette figure oubliée de l’intelligentsia européenne, historienne du Moyen Âge, poétesse de la lumière, amoureuse passionnée et mère. Ce récit est celui de la lutte d’une femme pour la vie et pour l’art face aux tumultes de l’histoire du xxe siècle.

Docteure en histoire (Université de Lille 3, 2006). – Historienne spécialiste d’historiographie contemporaine et d’histoire culturelle. – Chargée de cours à l’Université de Lille 3 (en 2012). – Membre du LAMOP (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris, UMR 8589, Paris 1)

Éditeur : Belin

Les femmes tondues

« C’est affreux…on vous enlève votre dignité… j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps… »

A la fin de la seconde guerre mondiale, certains hommes cherchent un moyen de se venger des femmes ayant « entretenu une relation verticale » avec l’occupant. La sanction est la suivante pour ces femmes : elles seront tondues en public. Comment cela se passait-il ? Comment les « tondues » réagissaient-elles ? Découvrez-le dans ce podcast de 2000 ans d’histoire.

Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site de l’émission Blog-histoire.fr/2000-ans-histoire/6722-les-femmes-tondues.html

Découvrez également 1940-1945, années érotiques : Vichy ou les infortunes de la vertu.

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24294005_10155143598643997_666454150986299561_nVous pouvez aussi suivre mon activité principale dans le très sérieux Criminocorpus – Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des …criminocorpus.hypotheses.org/

L’administration des grossesses

Alors que, au début du XXe siècle, l’avortement a été réprimé en métropole sur fond de politique nataliste, il a été encouragé par les autorités dans l’île de La Réunion après 1945. Ces pratiques éclairent la construction d’un biopouvoir au croisement du genre, de la classe et de la race.

Depuis 2015, la question de l’accès à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) connaît une nouvelle actualité. En 2015 et 2016, la remise en cause de ce droit a provoqué des manifestations dans plusieurs pays d’Europe, à l’exemple de la Pologne ou de l’Espagne. La mort récente de Simone Veil, qui avait en 1975 porté la loi de dépénalisation de l’avortement, a suscité de multiples hommages, certains émanant d’anciens adversaires, d’« entrepreneurs de lutte » contre le droit à l’IVG, pour reprendre l’expression utilisée par Fabrice Cahen dans son livre Gouverner les mœurs. La lutte contre l’avortement en France, 1890-1950. Au même moment, le livre de Françoise Vergès, Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme, rappelle que des avortements forcés ont eu lieu à La Réunion en 1970…

Pour en savoir plus lire le billet publié par Caroline Muller , le 6 décembre 2017 sur le site de la La vie des idées

À propos de : F. Cahen, Gouverner les mœurs. La lutte contre l’avortement en France, 1890-1950, Ined, et F. Vergès, Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme,Albin Michel.

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Une trace dans le ciel (Agnès Clancier)

Parution du livre le 4 mai 2017 – Une trace dans le ciel relate l’histoire de Maryse Bastié, pionnière de l’aviation.

Elle s’efforce de vider son esprit. D’oublier ce qu’elle sait. Ce qu’elle a vécu ces derniers jours, ces derniers mois. Elle doit tout effacer. Tout sauf l’enfance, la jeunesse, l’amour, les défis, la folie, ce qui, d’elle, leur sera pour toujours inaccessible. Ce qui la rend invulnérable.

Arrêtée par la Gestapo, en mars 1944 pour ses activités de résistante, une femme tente, dans la solitude de sa cellule, de surmonter sa peur pour affronter l’épreuve de la détention et des interrogatoires, d’accepter la perspective de sa propre mort tout en gardant intactes sa détermination et sa foi en l’avenir.

Aviatrice célèbre pour avoir, dans les années trente, battu de nombreux records internationaux, elle se remémore son enfance, les moments heureux de son existence, les êtres qu’elle a aimés, les exploits accomplis, puisant dans ce passé et dans la résurgence d’émotions anciennes la force dont elle a besoin.

Ce roman est inspiré de la vie de Maryse Bastié, une héroïne de l’aviation, de la résistance à l’occupant et de la cause des femmes, qui a relevé tous les défis de son temps et mené tous les combats pour la liberté. C’est aussi un formidable témoignage de cette époque où des fous volants, de Mermoz à Hélène Boucher, ont laissé, souvent au péril de leur vie, des traces dans le ciel, ouvrant ainsi la voie à l’aviation moderne.

Agnès Clancier est l’auteur de plusieurs romans, dont « Port Jackson » (2007, Gallimard, coll. Blanche), d’un récit « Karina Sokolova » (2014, Arléa) et d’un recueil de poèmes « Outback, disent-ils » (2017, Éditions Henry).

« Une trace dans le ciel » (Arléa), paru en mai 2017, est son septième livre. Ce roman est inspiré par la vie de Maryse Bastié, héroïne de l’aviation, mais aussi engagée dans la cause des femmes et résistante pendant la seconde guerre mondiale. Site internet : www.agnes-clancier.com

Éditeur : Arléa

Collection : LITTÉRATURE GÉNÉRALE

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 Paroles d’experts de l’identité judiciaire. L’empreinte d’Alphonse Bertillon » (documentaires).Criminocorpus poursuit son enquête au service de l’identification judiciaire de la préfecture de police de Paris et vous propose, à travers la mise en ligne de 4 nouveaux documentaires, de découvrir différents aspects du.

Femmes, noires et communistes contre Wall Street — par Claudia Jones

« La journaliste communiste trinidadienne Claudia Jones est bien peu connue en France ; nous avons donc traduit un extrait d’un long article qu’elle publia en juin 1949 dans la revue du Parti communiste américain, après avoir été incarcérée puis expulsée des États-Unis en raison de son engagement poilitique : une exhortation féministe et révolutionnaire à la prise en considération de la spécificité de l’oppression qui affecte les femmes noires (celles-ci, en tant que travailleuses, noires, et femmes, sont les sujets les plus opprimés de la société, écrivait-elle en précurseuse de l’outil sociologique et militant intersectionnel) doublée d’un appel à « l’unité noire et blanche » contre Wall Street. »

Pour en savoir plus sur revue Ballast

La correction des femmes – Les criminelles en Angleterre (1853-1914) – (Alice Bonzom)

Si la femme victorienne idéale était censée être une fée du logis, la criminelle, elle, était vue comme un démon des prisons. Les détenues, perçues comme autant de déviantes perturbatrices qu’il fallait domestiquer, devinrent un problème majeur à la fin du XIXe siècle. Elles firent l’objet de tentatives de déconstruction et reconstruction identitaires visant à les transformer en « vraies femmes ».

Les détenues anglaises et galloises représentent actuellement environ 5% de la population carcérale. Entre 1995 et 2010, le nombre de femmes emprisonnées a connu une augmentation de 125%. Cette hausse inquiétante a relancé le débat sur la question de leur réinsertion. L’idée de réformer les criminels n’est pas nouvelle, mais elle se décline sous une forme différente à l’époque victorienne et édouardienne. Dans une société fascinée par l’esprit criminel [1], remodeler l’identité des délinquants selon des normes morales genrées apparaît comme fondamental. La femme criminelle en particulier devient la cible de nombreuses tentatives de reconstruction… English

 Pour en savoir plus lire le billet publié par Alice Bonzom , le 1er décembre 2017 sur le site de la La vie des idees.fr/La-correction-des-femmes.html

Alice Bonzom est doctorante en civilisation britannique (ATER) à l’Université Lyon 2. Son travail de thèse, dirigé par Neil Davie, s’intitule : « Criminelles ou rebelles, déviantes ou démentes : femmes victoriennes et édouardiennes dans l’univers carcéral londonien (1877-1918) ».