La Belle Camarade (Martine-Marie Muller)

Parution du livre le 5 mars 2009 – Jeune fille en colère, femme libre, vieille dame insoumise… Martine Marie Muller éclaire toutes les facettes de la vie tumultueuse de Séverine (1855-1929), première femme grand reporter que Jules Vallès avait surnommée « la belle camarade ».

L’éducation bourgeoise que reçoit la jeune Caroline Rémy ne la prédestine nullement à devenir une pasionaria. Mais le spectacle des cadavres, lors du siège de Paris en 1870, la bouleverse à jamais. Elle a alors quinze ans. La rencontre avec Jules Vallès va s’avérer décisive. Secrétaire, puis collaboratrice de l’auteur de L’Enfant au quotidien Le Cri du peuple, elle y signe ses premiers articles sous le nom de Séverine. « Née dans le camp des heureux, vous avez crânement déserté pour venir, à mon bras, dans le camp des pauvres, sans crainte de salir vos dentelles au contact de mes guenilles », lui déclare Vallès.

Pour Séverine, passions amoureuses et combats politiques ne faisaient qu’un. Victime d’un mariage forcé et divorcée, elle se remarie et entretient, parallèlement, une fougueuse liaison au long cours avec un journaliste… avant, au soir de sa vie, de reprendre la vie commune avec son second mari, toujours éperdu d’amour pour elle. Sur le plan professionnel, Séverine prend la direction du journal de Vallès, après la mort de ce dernier. Première femme journaliste, ses reportages la conduisent partout où la « raison du plus faible » est bafouée : au fond des mines de Saint-Étienne, dans les ateliers des ouvrières en grève du Paris populaire, dans la salle d’audience de Rennes où se déroule le procès de Dreyfus, dont elle soutient la cause.

Quel visage de Séverine retenir ? Celui de la belle pour qui les hommes se battent en duel et dont Renoir peint le portrait ? Celui de la révoltée qui défend la cause des opprimés, qui fait campagne pour le droit de vote des femmes ou qui se pare de noir pendant toute la Première Guerre pour protester contre la guerre ? Ou encore celui de l’intellectuelle à la plume acérée, cofondatrice de la Ligue des droits de l’homme ? « J’ai toujours travaillé pour la paix, la justice et la fraternité », rappelle opportunément l’épitaphe que Séverine a fait graver sur sa tombe.

La Belle Camarade est l’histoire d’une rencontre miraculeuse entre une héroïne flamboyante et une romancière de grand talent. La plume sensible et le style ardent de Martine Marie Muller rendent le plus beau des hommages à Séverine.

Née en région parisienne d’un père alsacien et d’une mère béarnaise, Martine Marie Muller est docteur de l’Université. Elle enseigne en lycée dans le Val-d’Oise. Elle est mariée à un ethnologue spécialiste de l’Afrique, où elle a vécu, ainsi qu’au Mexique.

Elle a notamment publié aux éditions Robert Laffont La Porte, 1999 (prix Mémoire d’Oc), Le Dernier des pénitents, 2003 (prix Maupassant), la trilogie des servantes Mademoiselle des Palissages, 2010, La Servante de Monsieur Vincent, 2010, La Servante noire, 2011, et La vie était belle, 2013.

Martine Marie Muller est également chroniqueuse à l’hebdo Pèlerin.

Éditeur : Robert Laffont

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