Archives mensuelles : juillet 2017

Zinaïda ou la Liberté

Parution du livre en juillet 2017 – Zinaïda Hippius est une star du XXe siècle. Poète et écrivain original, sa personnalité anticonformiste en fait une icône du genre. En Russie, elle milita pour réformer l’Église, puis, liée à des terroristes, elle sanctifia la violence. La Révolution d’octobre a trahi son rêve. Détruit aussi son ménage à trois qui faisait scandale. Repliée à Paris avec son mari, elle s’imposa pour sauver du naufrage la culture de l’Âge d’Argent. Mission réussie : après soixante-dix ans d’oblitération, son œuvre suscite un grand intérêt. Sa vie aussi, dont les aspects épars sont réunis dans ce récit biographique.

Pour Anne Hogenhuis, les relations entre la France et la Russie forment un pont entre les deux cultures qu’elle partage. Historienne, elle a publié plusieurs ouvrages pour éclairer ce thème à travers les événements du XIXe et du XXe siècle. Elle y privilégie toujours le rôle joué par les personnes, avec une préférence marquée pour les artistes et les poètes qui sont les prophètes de leur temps.

Éditions Rod

Les filles d’Antigone – Ces femmes qui ont dit non

Parution du livre le 8 juin 2017 – De l’Antiquité à nos jours, la vie de femmes rebelles. Elles ont opposé leurs valeurs personnelles à la loi d’un Etat despotique. Elles ont dit non à la force brutale. Au-delà du féminisme, elles ont agi au nom du genre humain. Certaines l’ont payé de leur vie, telle cette jeune étudiante allemande, exécutée à Munich, en 1943, pour avoir déposé à l’université des tracts anti-nazis.

Claude Citharel a fait des études de lettres et de psychologie. Il est romancier, journaliste et essayiste. Après l’étude critique du féminisme et de la maltraitance dans un précédent ouvrage, l’auteur vous livre ici l’histoire tragique de femmes qui se sont révoltées pour une juste cause au péril de leur vie. Illustration de couverture : portrait de Sophie Scholl, par Annette Poupard

Bande-annonce de «Les Filles d’Antigone» de Claude Citharel

  • Éditeur : Edilivre
  • Collection : Classique

« Petite histoire de la braguette »

« La braguette au cours des âges » : Il fut un temps pas si lointain où les hommes n’avaient rien dans la braguette ! Et pour cause, jusqu’au XIVsiècle, tout le monde porte en effet une robe ou une tunique, les hommes comme les femmes. Pas très viril et encore moins pratique pour faire pipi contre un arbre… Seules les petites gens revêtent une sorte de caleçon long maintenu à la taille : les braies ou bragues, deux termes hérités du celte qui donneront plus tard les mots brayette et braguette. Mais la mode évolue. Lassés de leurs robes, les hommes troquent celles-ci contre une veste, le pourpoint, et des bas passablement moulants : les chausses. D’abord assez long, le pourpoint va se raccourcir jusqu’à dévoiler ce qui, jusqu’ici, était caché. Ce spectacle d’hommes se pavanant en moules burnes médiévales ne plaît évidemment pas à tout le monde. En 1467, le chroniqueur Mathieu de Coucy s’indigne par exemple de ces « hommes vestus plus court qu’ils n’eurent oncques fait. Tellement que l’on voit la façon de leurs culs et de leurs génitoires»…

Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site des Curieuses histoires

Ma vie d’esclave chez les mormons

Dix ans après son mariage, dans un cas historique qui a secoué la nation américaine et mené à la réécriture des lois, Ann a divorcé de son puissant mari mormon, prétextant la négligence et les traitements cruels.

En 1876, Ann Eliza a publié une autobiographie intitulée « Wife n° 19 ».

Elle explique la raison de son écriture : « Si j’entreprends la rédaction de cet ouvrage, c’est pour montrer au monde le véritable visage du mormonisme et dénoncer les pitoyables conditions de vie de ses femmes, réduites au pire esclavage qui soit. Ce n’est pas seulement leur corps qui leur est ravi, mais également leur âme. »

Son autobiographie est un document poignant révélant comment Brigham Young, président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et d’autres hommes mormons vivaient à la tête de nombreux ménages, visitant leurs femmes tour à tour, devenues de véritables servantes.

Ann Eliza Young a parcouru les États-Unis pour expliquer la dégradation de la polygamie et du mormonisme, mais aussi pour révéler la véritable personnalité de Brigham Young lui-même. Elle a témoigné devant le Congrès américain en 1875. Ses remarques ont contribué à un passage de la loi qui a réorganisé le système judiciaire du territoire de l’Utah, aidant le gouvernement fédéral à poursuivre les polygames.

Le mot de l’éditeur : En 1876, après être parvenue à s’échapper de la secte mormonne, Ann Eliza a publié une autobiographie intitulée « Wife n ° 19 ». Elle explique son «  désir de montrer au monde ce que le mormonisme est vraiment ; l’état pitoyable de ces femmes, détenues dans un système de servitude plus cruel encore que l’esclavage africain, car il prétend détenir corps et âme ensemble ». Son autobiographie est un document poignant révélant comment Brigham Young, chef de l’Église mormonne toujours très importante dans le monde, et les hommes mormons vivaient dans des ménages qui étaient essentiellement des harems, en utilisant leur religion pour justifier ce qui équivaut à de l’esclavage sexuel. Les femmes mormones sont contraintes encore aujourd’hui de partager leur amour et de souffrir en silence.  Ann Eliza Young, dont le divorce est un cas historique qui a secoué la nation américaine, a parcouru les États-Unis pour expliquer la dégradation de la polygamie et le mormonisme. Elle a témoigné devant le Congrès américain en 1875.  Son témoignage a contribué à la promulgation de la loi qui a réorganisé le système judiciaire américaine aidant le gouvernement à poursuivre les polygames

Éditions Jourdan

L’Arche de Noé – Réseau « Alliance » 1940-1945 (Marie-Madeleine Fourcade)

Parution du livre le 9 avril 1998 – L’incroyable épopée de Marie-Madeleine Fourcade, une belle et jeune bourgeoise devenue, dès 1940, chef de « l’un des premiers et plus importants services de renseignements sous l’Occupation » selon les mots du général de Gaulle : l’Alliance, appelée aussi « l’Arche de Noé ». Le plus averti des lecteurs sera saisi par ce témoignage unique, cette oeuvre militaire considérable.

Pour brouiller leurs traces, les membres du réseau Alliance ne se connaissaient que sous des noms d’animaux, Aigle, Hermine, Rossignol, Tigre. Les Allemands les appelaient « l’Arche de Noé ».

Trois mille soldats de l’ombre, cent postes émetteurs, une liaison aérienne tous les mois avec Londres, « l’Arche de Noé » a été selon le général de Gaulle « l’un des premiers et plus importants services de rensignement sous l’Occupation ».

Fonctionnant sans interruption en France de 1940 à 1945, l’Arche a fourni aux alliés des renseignements aussi précieux que l’existence des armes secrètes, l’emplacement de leurs rampes de lancement, le mouvement des escadrilles fascistes et des ravitailleurs allemands pendant la bataille du désert, celui des U-Boot dans l’Atlantique, la carte complète des plages du débarquement du 6 juin. Le roi George VI a pu dire que c’était « notre plus grande organisation indépendante de renseignement opérant en France ».

Marie-Madeleine Fourcade avait trente ans quand elle participa, dès 1940, à la création de l’organisation de résistance qui allait devenir l’Alliance. Elle restera à la tête du réseau jusqu’à la fin des hostilités et a le rare privilège d’être le seul témoin vivant tout au long du « combat des animaux » contre le IIIe Reich.

La qualité unique des archives utilisées explique pourquoi l’Arche de Noédonne, malgré le nombre de livre sur la Résistance, une impression de jamais lu.

Construite de main de maître avec le riche matériau de faits réels vécus par l’auteur, vouée à l’évocation d’êtres auxquels des événements exceptionnels ont forgé un destin hors série, L’Arche de Noé est une bouleversante aventure qui se compare aux plus grands romans de la littérature contemporaine.

Marie-Madeleine Fourcade est issue d’un milieu d’officiers. Avec quelques militaires, elle met en place le réseau de renseignements Alliance. Elle devient le premier chef d’Etat-major féminin du réseau. Ce réseau de 3000 membres sera intégré comme unité combattante dans l’armée française en 1943. Arrêtée en 1942, un commissaire de police la libère le 11 novembre de la même année. En 1943, elle part pour Londres. Revenue en France et arrêtée, elle s’évade de la prison d’Aix en juillet 1943.

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Marie-Madeleine Fourcade – Criminocorpus

Marie-Madeleine Fourcade – Un chef de la Résistance – Criminocorpus

Marie Madeleine Fourcade – Vidéo Ina.fr

Interview avec Marie-Madeleine Fourcade, la seule femme à avoir …

Les femmes dans la résistance – Vidéo Ina.fr

Ravensbrück, mémoires de femmes … et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Elles sont si peu nombreuses à être revenues du camp de Ravensbrück. Leurs voix n’ont jamais eu la possibilité de nous raconter et peu à peu elles disparaissent, victimes du temps, de l’âge et des souffrances.

Ravensbrück est le nom de l’ancienne commune d’Allemagne située à 80 km au nord de Berlin dans laquelle le régime nazi établit de 1939 à 1945 un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants…

Auteur / Réalisateur : Léon Desclozeaux
Coproduction : France 3

Ravensbrück, mémoires de femmes 

Portrait de madame Jacqueline Pery d’Alincourt :

 « … Un jour la porte s’ouvre. Un homme entre en uniforme d’officier allemand. Je suis sur la défensive. A mon étonnement, il me prend la main et me regarde avec une expression de profonde bonté. Je comprends que je n’ai rien à craindre de lui. C’est l’aumônier qui m’apporte la communion. Dans la détresse et la solitude de notre vie de prisonnières, cette visite inattendue me bouleverse. II revient encore une fois et m’apporte une bible. Je peux lire enfin. Les jours paraissent moins longs. Au revers de la couverture j’ai découvert le tampon d’un couvent où habite un prêtre ami de la famille. C’est un signe des miens. Mon sort n’est donc plus inconnu, et c’est aussi la preuve que l’aumônier allemand, au péril de sa vie, essaie d’aider les prisonniers.

Une autre surprise va changer mon existence. Je me sens mal, couchée sur la paillasse, Il est tard l’après-midi. Les gardiens sont occupés à distribuer le faux café. Tout à coup j’entends une voix qui vient du conduit d’aération. « Prends ton matelas. Roule-le. Mets ta chaise dessus. Essaie de monter sur l’étagère pour atteindre le conduit d’aération. Nous allons t’envoyer quelque chose. » Je me précipite, essayant encore et encore d’atteindre cette étagère très haute, très étroite, mais je suis bien trop faible pour réussir cet exercice d’acrobatie. Je tombe et retombe. Enfin je parviens à la hauteur de l’orifice et passe mon bras. A tâtons, je trouve un très petit paquet : un morceau de sucre, un mouchoir en papier, une mine de crayon et un message : « Nous t’enverrons quelque chose tous les jours à cette heure. Pour envoyer des nouvelles à l’extérieur, écris sur le mouchoir. Tu nous le renverras demain. » Ce miracle vient d’une cellule située deux étages au-dessus de la mienne. Les prisonnières qui ne sont pas au secret sont autorisées à recevoir des colis et à envoyer leur linge à l’extérieur. Les messages sont cachés dans les ourlets et parviennent ainsi au dehors. Les réponses arrivent par le même moyen. Tout étant soigneusement fouillé à l’aller comme au retour, je n’écris pas en clair, mais demande qu’on envoie du fil de telle couleur si ma mère est arrêtée, de telle autre si elle ne l’est pas, si mes frères et sœurs sont libres ou non, si Daniel Cordier et Claude Serreulles ont échappé à l’arrestation. La réponse parvient à ma nouvelle amie dans le colis suivant. Ce sont les bonnes couleurs. Ma famille est sauve, Daniel et Claude ne sont pas pris, notre combat continue. Je suis délivrée d’un poids d’angoisse. Aux environs de Noël 1943, je reçois par le même moyen un message de mon amie Claire. Elle est donc libre, elle aussi. Elle m’écrit en termes voilés que les alliés sont attendus pour Pâques. Cette date me paraît hors d’atteinte, je m’affaiblis de jour en jour… »

Pour en savoir plus lire le billet publié sur le site

Larochebrochard.free.fr/perydalincourt

Biographie publiée le 23 avril 2009 dans la revue Le Point –  La résistante Jacqueline Péry d’Alincourt, une des collaboratrices de Jean Moulin, déportée à Ravensbrück, est décédée mardi à l’âge de 89 ans, a annoncé jeudi sa famille dans le carnet du Figaro.

Née de la Rochebrochard, en décembre 1919, dans les Deux-Sèvres, au sein une famille nombreuse de vieille noblesse bretonne, jeune veuve de guerre, elle décide de rejoindre la Résistance en 1942 après avoir vu un enfant portant l’étoile jaune dans le métro parisien. Elle est alors recrutée par Gautier, proche collaborateur de Jean Moulin, pour coder les messages destinés au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), services de renseignement de la France libre installés à Londres. Elle travaille ensuite sous les ordres de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin. « Elle était chargée de trouver des endroits sûrs pour la tenue de réunions de la Résistance ou pour le logement d’aviateurs anglais », a précisé Daniel Cordier à l’AFP.

Après l’arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943, à Caluire, près de Lyon, la jeune femme est chargée de trouver les « boîtes aux lettres », endroits où étaient déposés les courriers de la Résistance. Arrêtée le 24 septembre 1943 à Paris, elle est torturée pendant cinq jours, rue des Saussaies (VIIIe), par la Gestapo qui tente vainement de la faire parler. Emprisonnée à Fresnes, elle est ensuite déportée en avril 1944 à Ravensbrück, dans le nord de l’Allemagne, où elle partagera pendant des mois la même paillasse que Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du chef de la France libre.

Sauvée par la Croix-Rouge suédoise, elle quitte le camp de concentration en avril 1945.

Après la guerre, elle n’a jamais cessé de témoigner sur la déportation et Ravensbrück, notamment dans des universités américaines, où elle était régulièrement invitée. Son témoignage sur la Résistance, la prison et la déportation a fait l’objet d’un livre publié en janvier 2008 : Témoignages sur la Résistance et la déportation, autour de Jacqueline Péry d’Alincourt, par François Berriot (éditions de L’Harmattan). Jacqueline Péry d’Alincourt était commandeur de la Légion d’honneur et grand-croix de l’ordre national du Mérite. Elle était également titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes et de la Médaille de la Résistance.

Thérèse, le grand amour caché de Léon Blum

Parution du livre le 3 mars 2016 – Thérèse Pereyra sera durant 20 ans le grand amour caché et l’inspiratrice de Léon Blum. Alors que l’on célèbre les 80 ans du Front Populaire, Dominique Missika fait découvrir une femme lumineuse qui dut, malgré elle, rester dans l’ombre.

Née dans la bourgeoisie qu’on disait encore israélite, mariée à un agent de change, Thérèse, est une jolie fille, piquante, sportive, au tempérament d’artiste dans le Paris de la Belle Epoque. Infirmière décorée pendant la Grande Guerre, elle tombe amoureuse de Léon Blum, alors conseiller d’état, critique littéraire, dandy, et auteur d’un sulfureux ouvrage Du Mariage. Alors qu’elle divorce, Blum, lui, ne s’y résout pas. Commence une liaison qui durera 20 ans.

Libre, résolument moderne, Thérèse accepte, malgré son féminisme, de rester dans l’ombre du leader de la SFIO. Décoratrice, elle ouvre une boutique rue de Miromesnil au temps des Années folles, conduit son amant dans son bolide dans l’Aude où il est candidat, milite à la section la section du XVIe arrondissement de la SFIO, entre au Comité national des Femmes Socialistes. Les deux amants partagent une belle complicité intellectuelle et politique – non sans renoncements du côté de Térèse.

Leur mariage au moment du Front Populaire, fait d’elle le témoin privilégié de cette folle « embellie ». Première dame avant l’heure, celle que les socialistes désignent affectueusement comme la « citoyenne Blum », sacrifie sa santé à la grande aventure, luttant en cachette contre la maladie. Elle meurt lorsque tombe le Front Populaire.

Dominique Missika fait revivre la complexité du « métier de femme » dans ces années de grandes espérances où tout survient trop tôt.

Historienne et directrice éditoriale des éditions Tallandier, Dominique Missika a publié notamment deux biographies de femmes, Berty Albrecht (Tempus) et L’Institutrice d’Izieu (à paraître en Points) ainsi qu’une Histoire des Françaises au XXe siècle (Seuil 2014). En 2009, elle révélait dans « Je vous promets de revenir », le dernier combat de Léon Blum lors des années de guerre, de 1940 à 1945.

Alma Editeur