Marianne Basler impeccablement émouvante dans « Un viol » (2009)

A la fin d’une journée très fatigante, Delphine, chirurgienne dans une clinique privée est raccompagnée par un collègue très estimé. Un processus, qui va mener à l’irréparable, commence. Max viole Delphine qui va se battre pour faire reconnaître ce crime, malgré l’avis unanime de tous ses proches d’enterrer cette histoire, d’éviter le scandale.

 

C’est l’histoire d’un double viol, celui réellement subi par une femme, et celui résultant d’une procédure policière et judiciaire qui met à nu et saccage la vie des protagonistes en présence, à commencer par celle de la victime « présumée ».

Diffusé sur France 2 le 6 octobre 2009
En compétition officielle du Festival de la fiction TV de La Rochelle 2009

« L’histoire commence où elle finit : en cour d’assises. Du côté des parties civiles, Delphine Odier, chirurgienne. Dans le box des accusés, Maxime Gallet, chirurgien dans la même clinique. Il l’a raccompagnée chez elle, l’a frappée et violée. Tout cela, on l’apprend en flash-back, depuis une allusion à la rivalité larvée des deux praticiens jusqu’au verdict, en passant par la scène casse-gueule du viol, filmée essentiellement au niveau des visages, et réussie, parce que aussi laide, brutale et odieuse que la réalité qu’elle décrit.

La bonne idée du film, c’est la victime : Delphine, femme de pouvoir, sûre d’elle et de sa capacité à surmonter son traumatisme, ce qui la conduira à porter plainte quinze jours trop tard. Face à une Marianne Basler impeccablement émouvante, Daniel Russo compose une saisissante figure de macho manipulateur, dénué de scrupules autant que de remords. La crédibilité de leur duo rend plus digeste un pédagogisme parfois ostentatoire, surtout vers la fin, quand l’insertion en voix off d’un texte de Virginie Despentes et une ultime séquence lourdement explicite nous renvoient à feu les Dossiers de l’écran. On se souviendra au moins du message, crucial : le viol est un crime, on n’en guérit pas tout(e) seul(e), et il ne faut pas attendre pour réclamer justice. » — Sophie Bourdais – Critique du 16/05/2015 – television.telerama

D’abord assistante de réalisation puis scripte, Marion Sarraut se forme ensuite à l’Ecole de la rue Blanche. Elle réalisera plus de 150 émissions de variétés, produites pour beaucoup d’entre elles par Gilbert et Maritie Carpentier. Elle réalise également un grands nombre de séries télévisées et de téléfilms. Elle signe notamment des épisodes de Une femme d’honneur, Julie Lescaut, Les cordiers juge et flic… mais réalisera également La surface de réparation, La femme qui travaille, La châtaigneraie… Au théâtre, elle a notamment mis en scène Boire fumer et conduire vite, Le jeu de la vérité, et dernièrement Soif avec Corinne Touzet dans le rôle titre.

De nationalité suisse mais née en Belgique, Marianne Basler obtient à 21 ans un Prix d’interprétation au Conservatoire de Bruxelles avant de s’installer à Paris. Elle apparaît pour la première fois au cinéma dans Meurtres à domicile en 1981 puis en jeune anarchiste dans La Femme publique de Andrzej Zulawski (1984). Encore un rôle assez court dans Trois hommes et un couffin de Coline Serreau (1985), puis Marianne Basler est engagée la même année pour interpréter le personnage éponyme de Rosa la Rose de Paul Vecchiali. Remarquée grâce à ce rôle de prostituée au grand coeur, elle obtient la reconnaissance de la profession en 1987 avec Les Noces barbares de Marion Hänsel où elle interprète une mère indigne.A la fin des années 80, elle abandonne les rôles de marginales pour enchaîner des films historiques en costumes, de La Révolution française de Robert Enrico et Richard T. Heffron (1989) à… Lire la suite

Daniel Russo débute sa carrière cinématographique en 1976 avec un tout petit rôle dans Le Juge et l’Assassin de Bertrand Tavernier. Très actif à la télévision et au théâtre, le comédien ne retrouve un vrai rôle sur grand écran qu’en 1982 dans La Boum 2, de Claude Pinoteau. Dès lors, son parcours est principalement orienté vers la comédie, Russo profitant de sa carrure bonhomme et de son bagout. En 1983, Daniel Russo s’illustre ainsi dans Le Jeune marié, Sac de noeuds, Black Mic Mac et Les Frères Pétard. En 1991, avec Génial, mes parents divorcent, il entame une collaboration fructueuse avec le réalisateur et acteur Patrick Braoudé. Les deux hommes se retrouvent ainsi en 1994 avec Neuf mois (où Russo, également scénariste, explose en mari très sanguin) puis en 2000 pour Deuxième Vie. En 1995, Daniel Russo explore des genres plus dramatiques, comme le drame L’ Appât ou le film histor… Lire la suite

Date parution: 20/10/2011 – Pour briser les murs du silence et de l’indifférence.

Le viol n’est pas un fait divers qui ne surprend que des malchanceuses tombées par hasard sur des monstres aux pulsions sexuelles irrépressibles. En France, une femme sur six est victime de viol ou de tentative au cours de sa vie. Après un viol, rien n’est plus comme avant. Mais la vie des victimes peut reprendre. Pourtant, dans notre pays, on ne les y aide pas. Le suivi dont elles bénéficient est aléatoire, parfois coûteux, voire maltraitant.

Le violeur peut être le père, le frère, le collègue, le voisin, le conjoint. Celui dont on ne se serait pas méfié et que personne ne soupçonne. Quand ils sont jugés et condamnés, les agresseurs sont sévèrement punis. Hélas, moins de 10 % des victimes portent plainte. Le viol est mis sous silence. Notre société a une fâcheuse tendance à excuser les violeurs et à culpabiliser les victimes.

Les moyens pour prévenir le viol, soigner les victimes et accompagner les agresseurs sont dérisoires. On laisse le viol perdurer alors qu’il détruit des milliers de vies et dégrade les relations entre les femmes et les hommes.

À partir de témoignages de victimes, d’interviews de juristes, de policiers, de soignants et d’analyses de criminologues et de sociologues, cette enquête décrypte ce qui ressemble trop, malgré les discours, à une tolérance face à un crime qui n’est pourtant pas une fatalité.

AUDREY GUILLER, NOLWENN WEILER

Parution du livre le 7 mars 2013 – On peut raconter dans un dîner que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse. Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs.»

En novembre 2012, à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, sont diffusés deux films documentaires (Viol, double peine et Viol, elles se manifestent) et une plateforme Web est mise en place sur le site de France Télévisions pour permettre aux victimes de viol de témoigner – celles-là mêmes qui trop souvent se taisent. A ce jour, plus d’un millier de personnes sont venues dire leur souffrance, leur colère ou leur peur.

Car, en France, un viol est commis toutes les huit minutes, et souvent une chape de plomb pèse sur les victimes, qui risquent les représailles ou la stigmatisation. Ce livre est un manifeste contre le silence. Il rassemble une centaine de témoignages de victimes qui tentent par la parole de sortir de la honte dans laquelle notre société semble les enfermer. Elles expriment dans le même temps leur courage et leur volonté de reconstruire leur vie et reconquérir leur dignité après ce double traumatisme : le viol et l’impossibilité d’en parler. Il est temps que la honte change de camp.

Pour lire un extrait du livre sur amazon.fr

Clémentine Autain, directrice de la revue politique Regards, est militante féministe et éditorialiste. En 2011, elle signe Un beau jour, combattre le viol, et est à l’origine, en 2012, du «Manifeste des 313» contre le viol.

  • Editeur : Don Quichotte éditions
  • Collection : NON FICTION

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