Laetitia Casta incarne, avec justesse, l’actrice coupable de « collaboration horizontale » : Arletty

Une photographie inédite d’Arletty et

de Hans Jürgen Soehring, en promenade à cheval

Rappel historique : « Arletty n’a jamais su garder sa langue dans sa poche, même quand elle fut accusée de « collaboration horizontale » au lendemain de la Libération de Paris, en août 1944. Les célèbres répliques de l’actrice, prononcées avec son accent parigot à couper au couteau, n’ont pas pris une ride. Peut-être lui ont-elles aussi permis de ne pas être tondue…

Avec le trio Carné-Trauner-Prévert, elle tournera en pleine Occupation son plus grand succès, « Les Enfants du paradis », où les répliques inoubliables s’enchaînent. Le film, inspiré de l’histoire d’un dandy-assassin, se déroule dans le Paris de 1840 : un « Paris tout petit pour ceux qui s’aiment », situé autour du boulevard du Temple, surnommé le boulevard du Crime.

Arletty est alors enceinte d’un officier allemand, de dix ans son cadet : Hans-Jurgen Soehring. Elle l’a rencontré par l’intermédiaire de son amie Renée, la fille du principal maître d’œuvre de la collaboration d’État, qui sera fusillé en 1945.

Les yeux cernés et le teint transparent, Arletty avortera pendant le tournage des « Enfants du paradis », obligeant Carné à recommencer plusieurs scènes tellement elle semblait épuisée sur certaines prises.

La mésaventure ne s’arrêtera pas là : sa passion pour son officier polyglotte aux oreilles pointues (elle s’amusait à le surnommer « Faune ») et son amitié pour Renée Laval lui seront vivement reprochés dès que Paris sera libérée.

En 1944, la justice est alors aussi expéditive que vindicative : les femmes accusées de près ou de loin de collaboration sont tondues et traînées comme des souillées, comme le montrent de nombreuses archives (par exemple « Le Cortège des tondues », présenté dans le dernier billet).

Une rumeur court selon laquelle Arletty aurait même eu la poitrine coupée : il n’en est rien, mais elle sera contrainte à dix-huit mois de résidence surveillée en Normandie, après un passage éclair dans une prison de la Conciergerie, puis à Drancy. C’est à ce moment-là qu’elle aurait dit, à la fin d’un interrogatoire : « Mon cœur est français, mais mon cul est international. » Les mots ne sont pas d’elle, mais d’Henri Jeanson, extraordinaire dialoguiste d’ « Hôtel du Nord ». Mais aurait-il pu les écrire sans penser à elle ?

Arletty n’a donc jamais été tondue. Peut-être est-ce dû à sa notoriété, son apolitisme revendiqué, ses origines populaires, sa ténacité pour sauver des amis juifs, ou tout cela à la fois. Ou parce que la justice était alors aléatoire.

Sa carrière au cinéma s’est pourtant arrêtée en 1945 : elle n’interprétera ensuite plus que des seconds rôles … » – Larges extraits de l’article de presse de Louise du Forum des Images – Plume cinéphile : Arletty : « Mon cœur est français, mais mon cul est international » en date du 10 août 2014.

Alors que Paris vit sous le joug de l’Occupation allemande, en plein tournage des « Enfants du Paradis », au cœur d’une période tumultueuse de l’Histoire, Arletty, anticonformiste, continue de vivre au gré de ses envies et tombe sous le charme d’un jeune officier allemand, Hans Jurgen Soehring. La liaison fera bruire le tout Paris, aussi bien dans les milieux collaborationnistes que résistants. Rien ne déstabilise la comédienne qui, portée par cet amour, refuse de se ranger dans un camp. Le portrait d’une époque trouble et complexe vue à travers la vie d’une femme, icône de sa génération, finalement rattrapée par ses choix à l’heure de l’épuration.

Parution du livre le 11 mai 2016 : Arletty ! Immédiatement, on pense à sa célèbre réplique : « Atmosphère, atmosphère. Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » Et que dire de « Si mon cœur est français, mon cul est international » répondant ainsi aux accusations de collaboration pendant l’Occupation.

De 1940 à 1944, Arletty a été l’actrice française la plus populaire, et, de loin, la mieux payée de son temps, invitée dans les salons les plus huppés de la Collaboration artistique et politique de Paris, et amoureuse à la folie d’un bel officier allemand, membre du parti nazi depuis 1938, un ami personnel de Goering. Pourtant, a-t-elle objectivement collaboré ?

Preuves à l’appui, David Alliot montre que l’Occupation a été la période la plus riche et la plus intense de la vie de l’actrice. Son chant du cygne, aussi.

Longtemps, le silence a entouré les amours féminines qu’Arletty entretenait secrètement. Grâce à des archives inédites, David Alliot brosse le portrait de la môme de Courbevoie, cette belle et insolente Garance des Enfants du paradis, avec son accent des faubourgs, ses répliques cinglantes et son anticonformisme, qui paiera cher sa passion pour un « boche ». À la Libération, elle sera arrêtée et emprisonnée quelques semaines pour « trahison » et « collaboration avec l’ennemi » mais jamais condamnée.

Avec subtilité, David Alliot retrace cette période de la vie d’Arletty où on la voit côtoyer Jacques Prévert, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur ou Sacha Guitry, tant elle a été l’une des actrices mythiques du cinéma français. Pour lire un extrait du livre : tallandier.com/pdf/9791021019652.pdf

Arletty. « Si mon cœur est français »

David ALLIOT

Genre : Biographie

Laetitia Casta par Pierre-Anthony Allard

réalisé dans le cadre du Studio Harcourt en 2005.

La beauté et le charme atypiques de Laeti­tia Casta ne laissent aucun français indif­fé­rent. D’un père corse et d’une mère normande, Laeti­tia voit le jour le 11 mai 1978 à Pont-Aude­mer. Alors qu’elle a quinze ans, un agent de l’agence de mannequins Madi­son la repère sur une plage de Corse. C’est le début d’une grande carrière pour la jeune fille ; elle ne tarde pas à gravir les éche­lons du métier, et devient une figure réfé­rence pour les marques et maga­zines de mode. Elle décroche les contrats les plus deman­dés (Victo­ria’s Secret, L’Oréal) et défile pour les plus grandes maisons de couture, Jean-Paul Gaul­tier étant le premier coutu­rier à la faire défi­ler. Très vite, celle que l’on surnomme dans le milieu « La Casta » pense à se recon­ver­tir dans le cinéma. Son premier grand rôle lui est accordé par Claude Zidi dans Asté­rix et Obélix contre César. Elle évolue ensuite vers des rôles plus sombres et profonds, comme La Jeune Fille et les loups (2008). En 2011, elle est à l’affiche de La nouvelle guerredes boutons de Chris­tophe Barra­tier. En mars 2015, elle incarne Arletty dans un télé­film diffusé sur France 2.

Côté vie privée, Laeti­tia Casta est mère de trois enfants : Satheene, issue de son union avec le photo­graphe Stéphane Sednaoui, Orlando et Athéna, avec l’ac­teur italien Stefano Accorsi.  Biographie établie avec Gala

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