Tenue correcte exigée. Quand le vêtement fait scandale jusqu’au 23 avril au musée des Arts décoratifs, Paris.

tenue-correcte-exigeeLe vêtement est une affaire de conventions que certains se plaisent à transgresser comme le montre l’exposition du musée des Arts décoratifs.

Ce sont Adam et Ève qui tiennent le vestiaire de cette rétrospective consacrée au rapport que l’on entretient avec le vêtement. Représentés par Lucas Cranach l’Ancien, le père et la mère de l’humanité judéo-chrétienne nous rappellent que la façon de se vêtir – ou non – est liée au péché originel : « Le vêtement est le symbole même de la chute de l’humanité », explique Michel Pastoureau. Par-delà les scandales occasionnés par les défilés de mode, l’habillement interroge donc chacun d’entre nous.

En trois séquences non chronologiques, l’exposition « Tenue correcte exigée » nous révèle la permanence, à chaque époque, de règles de bienséance, de savoir-vivre et de respect d’autrui. Règles d’autant plus nécessaires au vivre ensemble qu’elles sont en permanence transgressées. La reine Marie-Antoinette pouvait-elle se faire représenter par Élisabeth Vigée Lebrun en robe-chemise, dont les formes souples relevant du registre de l’intime s’imposent vers 1778-1779 ? Le ministre Jack Lang pouvait-il s’adresser en 1985 aux députés dans l’Hémicycle habillé d’une veste au col « Mao » l’exonérant du port de la cravate ? La provocation comme la négligence vestimentaires sont considérées comme un manque de respect… qui varie selon le milieu professionnel.

Avec l’arrivée des femmes sur le marché du travail, les règles vestimentaires qui séparent les deux sexes deviennent confuses. Les scandaleuses Jeanne d’Arc et George Sand ont fait des émules à partir des années 1920, la victoire des « garçonnes » comme Marlene Dietrich et Gabrielle Chanel débouchant sur une mode « unisexe » doublement célébrée en 1966 par Yves Saint Laurent avec son smoking pour femme et Jacques Esterel avec sa jupe masculine.

La dernière partie de l’exposition est placée sous le signe de l’excès, déclinant à l’envi tout ce qui est « trop » et donc soumis à une censure morale : le burkini, malgré l’ampleur recherchée de ses formes, entrave la liberté de la femme, le pantalon baggy des jeunes garçons révèle un laisser-aller personnel condamnable, la minijupe d’André Courrèges signe la vulgarité de celle qui la porte tandis que les talons hauts de 50 centimètres portés en Espagne et à Venise au XVIe siècle annoncent un caractère menteur et vaniteux.

 

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