« Le Pain Maudit de Pont-Saint-Esprit »

 Affaires sensibles mardi 7 février 2017 par Fabrice Drouelle

 Fabrice Drouelle

Fabrice Drouelle

Au mois d’août 1951, une petite ville du Sud de la France est la proie d’un mal mystérieux. 300 de ses habitants tombent brusquement malades. L’éventail de symptômes est complexe. Et personne ne comprend ce qui se passe ! Au fil des jours, la situation s’aggrave. Certains malades sont terrassés par des accès de folie, d’autres sont pris d’hallucinations. Une trentaine d’entre eux seront mêmes internés à l’hôpital psychiatrique !

Très vite, la Presse s’empare du dossier. De drame régional, « l’Affaire de Pont-Saint-Esprit » s’invite en Une de l’actualité nationale ! Et dans un jeu de la surenchère médiatique, les témoignages d’horreurs se succèdent. Au point qu’un grand quotidien de l’époque finira même par s’interroger si « ce n’est pas le Diable qui serait derrière toute cette affaire… »

A Paris, les autorités sont inquiètes. En Province, la population a peur. De leur côté, les enquêteurs piétinent. Le mystère du drame de Pont-Saint-Esprit demeure. Au point qu’en 2007, un journaliste américain ira même jusqu’à affirmer que les habitants de la ville auraient été victime d’une expérience secrète menée par la CIA ! L’Hypothèse est invérifiable mais elle en dit long sur l’intérêt que suscite encore ce dossier…

Aujourd’hui, 65 ans après, se replonger dans « l’Affaire de Pont-Saint-Esprit », c’est bien sûr revivre ses terribles journées d’août 1951 qui ont secoué les habitants de cette petite ville du département du Gard. Mais c’est aussi revenir sur le contexte de la France de l’après-guerre, pays dont la population fut divisée par l’occupation, dont le territoire fut meurtri par le poids des bombes et qui tente désormais de reconstruire. Pays enfin où la sécurité alimentaire était l’un des enjeux les plus importants. Un enjeu qui explique peut-être pourquoi l’enquête judiciaire n’a pas abouti… (Photographie à la une bande défilante : Reproduction d’une photographie de l’Affaire du pain maudit à Pont Saint Esprit . © Maxppp / Photo archives le Provençal/PHOTOPQR/LA PROVENCE)

L’invité de l’émission : Steven Kaplan. Historien, professeur d’histoire européenne à l’université américaine de Cornell. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de références sur le rôle et la symbolique du Pain. Il a écrit Le Pain maudit, retour sur la France des années oubliée 1945-1958, paru aux éditions Fayard en 2008.

Pour en savoir plus voir le billet publié par Affaires sensibles sur le site de France inter

9782213636481-tParution du livre le 7 mai 2008 – Le 16 août 1951, un terrible empoisonnement par le pain frappe la petite ville gardoise de Pont-Saint-Esprit : plus de trois cents personnes tombent malades. Une trentaine d’individus sont pris de démence et internés en hôpital psychiatrique. Une semaine plus tard, cinq Spiripontains meurent intoxiqués.

L’affaire connaît un retentissement exceptionnel, passionne et terrifie l’opinion. Des experts du monde entier tentent de percer le mystère du pain maudit.

Si cette tragédie a été si intensément ressentie, c’est parce que le pain en est la cause. Redevenu brièvement, sans doute pour la dernière fois, un produit de première nécessité, le pain a tué et rendu fou. Pourquoi ?

Ce livre majeur, fondé sur des archives en grande partie inédites, cherche à résoudre l’énigme. Steven Kaplan refait l’enquête, convoque les acteurs, interroge leurs hypothèses, et, en s’emparant de ce fait divers, raconte la France des années 1945-1958 – un pays encore vacillant après la guerre et sur le point de basculer dans la modernité triomphante des Trente Glorieuses. Il livre ici, avec un souffle digne d’un auteur de roman policier, l’histoire méconnue d’un secteur essentiel à notre économie et à notre culture : la meunerie et la boulangerie.

Steven L. Kaplan est professeur d’histoire européenne à Cornell University. Il fut le premier à faire du pain un objet d’histoire totale, au carrefour du matériel et du symbolique. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la France, notamment Les Ventres de Paris (Fayard, 1987), Adieu 89 (Fayard, 1993), Le Meilleur Pain du monde (Fayard, 1996), La Fin des corporations (Fayard, 2001) et Le Retour du bon pain (Perrin, 2002)

Les Éditions Fayard

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