Nathalie Le Mel : une Bretonne révolutionnaire et féministe

ob_62dc14_electre-2-84109-421-9-9782841094219Le personnage de Nathalie Le Mel n’a pas eu dans la mémoire du mouvement communard la fulgurance de ceux de Louise Michel, d’Élisabeth Dmitrieff ou même d’André Léo, il constitue néanmoins le parcours exemplaire d’une militante populaire, liée directement à la classe ouvrière et à ses organisations de type syndical. Organisatrice avec Varlin de la grève des relieurs de 1865, elle représente le féminisme des travailleuses, celui de l’égalité des salaires. Avec Varlin encore elle essaie d’organiser la défense des consommateurs dès la fin de l’Empire, donnant à 1a gestion ouvrière tout son sens. Cette action elle la mènera avec obstination toute sa vie, dans la Commune, pendant sa déportation, après son retour. Fidèle aux options de sa jeunesse elle ne fera jamais de concession à ce qu’elle estime juste.

A sa mort à l’hospice d’Ivry le 8 Mai 1921 elle a 96 ans et est oubliée de tous et a perdu tous ses anciens amis communards, mais elle n’a pas faibli.

On sait gré au breton Kerbaul de s’appuyer sur sa solidarité d’appartenance à la fois à la Bretagne et à la tradition ouvrière et de nous permettre à nouveau de saluer Nathalie Le Mel, militante exemplaire. Raoul DUBOIS

ob_bb999d_rubon19Pour beaucoup, la présence des femmes dans la Commune se résume à un seul nom : Louise Michel.

On oublie ou on néglige les Marie Le Roy, Hortense David, Marie  Lecomte, Eulalie Papavoine, Paule Mink, Anne-Marie Menand, Elisabeth Dmitrieff, Aline Jacquier, Adèle  Gauvin, Marceline Leloup, Blanche Lefevre et Nathalie Le Mel.

Eugène Kerbaul consacre un ouvrage chaleureux et informé à celle qui fut proche d’Eugène Varlin, participant activement à la Marmite, cette coopérative où les travailleurs pouvaient prendre leur repas à des prix vrais, chanter, discuter.

Communarde active, Nathalie est condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. Cette dirigeante de l’Union des Femmes devait expier. Elle avait osé évoquer le « triomphe de la Commune, c’est-à-dire du Peuple » !

Proche de Louise Michel elle s’en écarte : elles n’ont pas la même vision de la politique. L’une se transforme en porte-voix de l’anarchisme, l’autre choisit une autre forme de lutte.

Malade, diminuée, aveugle, Nathalie s’éteint à 96 ans à l’hospice d’Ivry (8 mai 1921). Trois personnes suivent son convoi.

Cette biographie lutte contre l’oubli. L’affreux oubli qui recouvre trop d’héroïnes de l’épopée. Pierre YSMAL

  (*) « Nathalie Le Mel » par Eugène Kerbaul, Le Temps des cerises, 164 p,

Hommage à Nathalie Lemel : Exposition à Brest

ob_44227b_rechercheLa Maison d’édition a été créée en 1993 à l’initiative de 33 écrivains qui voulaient ouvrir un espace d’expression, hors des sentiers battus de la pensée dominante.

En choisissant comme nom le titre de la chanson de Jean-Baptiste Clément, ils voulaient indiquer à la fois leur attachement aux idéaux de la Commune et à une certaine tradition de poésie populaire, le plus souvent occultée. Le petit E de CERISES disant à sa façon que cette espérance maintenue l’est dans un temps de CRISES… Depuis, le Temps des Cerises a constitué un fonds éditorial de plus de 600 titres!

Une réflexion au sujet de « Nathalie Le Mel : une Bretonne révolutionnaire et féministe »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s